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13.10.12

Un peu de vocabulaire historique

La liste est probablement pas complète, elle sera allongée en fonction des besoins. Si à un moment donné tu as vu un mot qui est du domaine de l'histoire et que t'as pas compris, n'hésite pas à le dire ici !
En plus, si j'en utilise des bizarres dans mes articles, dis le aussi hein, je les expliquerai tout pareil ;)


Aristocratie (ou Oligarchie, du grec aristoï "les meilleurs", oligos "petit, peu nombreux" et árkhô "commander") : désigne une forme de gouvernement dont l'organe exécutif, le gouvernement, est incarné par un petit nombre de citoyens ou sujets, détenant un ascendant sur le reste de la population, social, militaire ou politique. Ce régime qui peut s'étendre à une ville ou un petit pays est très fréquent dans l'Antiquité (notamment grecque), mais a persisté jusqu'à l'époque moderne, à travers les cités-républiques italiennes (qui ont pour la plupart adopté ce régime dès le Moyen-Age) ou les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas)
De nos jours, la plupart des régimes prétendument démocratiques sont des oligarchies de fait, par la domination écrasante et incontestée exercée par les grands groupes industriels, bancaires et médiatiques, qui contrôlent plus ou moins directement les gouvernements.

Cité : terme un peu imprécis qui recouvre plusieurs réalités. Dans l'Antiquité grecque, les cités-états sont des micro-états indépendants constitués d'une ville et de la campagne qui l'entoure, qui s'appuient parfois sur des réseaux de colonies (cités fondées par des colons d'une autre et liées à leur "métropole" par les institutions ou le commerce). Les cités-états grecques s'opposent à l'autre forme territoriale qui domine l'époque, le royaume. Parallèlement, le concept de cité-état est repris en Italie, où nombre d'états de petites dimensions prennent cette forme, avant que l'un d'entre eux ne conquière tout le pays puis la majeure partie du continent : Rome. La cité désigne alors une grande ville dotée centralisant les activités économiques et politiques (commerce, fiscalité, administration impériale etc.). De manière générale, durant l'Antiquité, la cité est le lieu où sont prises les décisions politiques et où s'exerce la citoyenneté.

Au Moyen-Age, cette désignation se précise encore lorsque la cité ne désigne plus qu'une grande ville dotée d'une cathédrale, et constituant donc le siège épiscopal d'un évêque. La cité médiévale est le centre religieux de son diocèse et toutes les autres agglomérations sont des villes. L'expression médiévale "cité de Dieu" désigne en outre l’Église catholique et sa communauté religieuse.

Démocratie (du grec demos, le peuple, et kratos, le pouvoir) : régime politique dans lequel le peuple est souverain et contrôle le gouvernement de manière directe ou indirecte (démocratie représentative). Opposé à la république par l'absence de représentants élus (du moins à l'origine), mais aussi aux régimes monarchiques par le côté multiple du pouvoir : en théorie, aucun citoyen ne possède davantage de droits qu'un autre et le pouvoir n'est jamais concentré dans moins de deux personnes. La première vraie démocratie de l'Histoire est Athènes, au Vème siècle avant notre ère, qui met en place un savant système d'alternance entre les citoyens exerçant le pouvoir, la cité-état grecque étant constituée de la ville, de la campagne qui l'entoure, et de tous les citoyens qui se trouvent dans les deux (et ne pouvant donc, vu les dimensions des lieux d'assemblée de l'époque, tous gouverner en même temps).
De nos jours, les démocraties n'en sont jamais complètement, puisqu'elles empruntent la souveraineté populaire à la démocratie, le système de représentation par une assemblée à la république, et l'existence d'un chef unique, entouré de ministres, à la monarchie.

Église (avec une majuscule, à ne pas confondre avec église, le bâtiment) : désigne à la fois une communauté religieuse qui partage des dogmes communs (et plus ou moins différents de ceux d'une autre Eglise) et les membres de cette communauté. Bien que peu nombreuses à l'origine, les Églises, principalement chrétiennes, n'ont pas cessé de se multiplier depuis la Réforme Protestante, encouragées par la possibilité de fuir l'autorité catholique de Rome dans le Nouveau-Monde, ce qui explique la grande profusion des Églises aux États-Unis.

Hérétique : à ne pas confondre avec infidèle. Terme désignant des chrétiens dont le dogme religieux ou le mode de pensée dévie un peu de celui en vigueur (la doctrine qui détient l'autorité sur la communauté catholique, celle de Rome), sur la nature du Christ et de la Trinité, l'interprétation des Écritures ou les modes d'application de la foi. Ils sont réprouvés par le Pape et fréquemment pourchassés, voire excommuniés (mis au ban de la communauté religieuse). Les hérésies, par définition, sont les perdantes de l'Histoire en ceci que Rome a toujours conservé l'autorité sur le dogme, si bien qu'on ne les connaît qu'à travers les écrits orthodoxes (conformes à la foi), à l'exception notable de l'immense groupe qui constituera, sous l'égide de plusieurs théoriciens (Calvin ou Luther notamment) l’Église protestante. Parmi les hérésies connues, l'arianisme au début de l'ère médiévale, ou les cathares, dans le sud de la France.

Infidèle : terme générique appliqué à quiconque n'appartient pas à la religion de celui qui l'emploie (le christianisme pour un musulman ou l'islam pour un chrétien, par exemple).

Islamique : à ne pas confondre avec islamiste. Terme se rapportant à tout ce qui est du ressort de la religion musulmane, troisième et dernière des religions révélées ou religions du livre. Synonyme : musulman.

Islamiste : à ne pas confondre avec islamique. Mot évoquant le radicalisme religieux musulman, parfois exprimé par l'agression armée, et qualifiant les individus, gouvernements ou courants de pensée extrêmes de l'Islam, ouvertement opposés aux autres religions du livre (en contradiction totale avec le texte du Coran qui reconnaît et prône la parenté indirecte tant avec les Juifs que les Chrétiens). En outre, le fondamentalisme islamiste se caractérise évidemment par un conservatisme très autoritaire dans les mœurs et la société, souvent plus visible ou stigmatisé qu'au sein des fondamentalismes juif ou chrétiens.

Machiavélisme : principe développé par l'italien Nicolas Machiavel tout au long de ses écrits, et qui ne correspond absolument pas à la cruauté manipulatrice que décrit la définition contemporaine du terme. Nicolas Machiavel (1469-1527) est un penseur politique et un philosophe, qui réfléchit aux problèmes de son temps et établit plusieurs théories quant à l'art du gouvernement, qu'il publia dans son oeuvre Le prince.
Dans la théorie, le machiavélisme se traduit par un sens réaliste et une considération des circonstances qui vont à l'encontre de l'exercice du pouvoir traditionnel, basé sur les classes sociales et leurs privilèges respectifs, sur le respect de la tradition et des pouvoirs locaux. En pratique, Machiavel énonce qu'il est tout à fait légitime pour le prince ou le roi d'exercer un pouvoir sans limite au détriment de l'ordre établi et de l'immunité des féaux (les inférieurs dans l'ordre féodal médiéval), tant que les circonstances l'exigent, comme par exemple une guerre, une menace sur le royaume ou une crise politique, économique ou sociale. Historiquement, la stricte application des théories machiavéliques par des dirigeants français tels que Louis XIII, Richelieu ou Louis XIV a permis l'émergence de la monarchie dite 'absolue', unique exemple de concrétisation aboutie des thèses de Machiavel.

Religions du livre : également possible : religions révélées. Confessions religieuses au nom de trois, s'appuyant sur un livre saint, et issue d'une révélation théorique de ses dogmes et ses fondements par la divinité à un mortel, le prophète. Ces religions constituent l'essentiel des confessions encore actives à l'époque contemporaine et partagent un même héritage mythologique : les anges, la divinité, l'ancêtre humain Abraham et ses deux fils, la fin du monde, sont des éléments existants dans les trois, qui dans la théorie sont destinées à coexister en bonne entente.
Les religions du livre sont évidemment, dans l'ordre chronologique, le judaïsme (prophète : Moïse, livre saint : l'Ancien Testament, qui comporte la Torah), le christianisme (prophète : Jésus Christ, livre saint : le Nouveau Testament) et l'islam (prophète : Mahomet, livre saint : le Coran). A noter que seuls deux de ces trois prophètes bénéficient d'une historicité incontestable (leur existence est certaine) et que toutes considèrent, de par leur parenté commune, Jérusalem comme la ville sainte par excellence.

République (du latin res, la chose, et publica, publique) : forme de gouvernement dans lequel le peuple est dirigé par une assemblée (élue, nommée ou constituée par les circonstances, la hiérarchie sociale ou économique) qui détient le pouvoir seule ou en collaboration avec un magistrat particulier. Cette assemblée n'étant généralement ni populaire ni choisie par le peuple, la république au sens classique n'est pas un régime démocratique : les cités italiennes de l'époque moderne, par exemple, ou les Provinces-Unies, sont des républiques. Le terme ne doit pas être confondu avec ceux d'oligarchie, aristocratie, mais aussi démocratie : la plupart des régimes contemporains de ce que l'on nomme "l'Occident" sont ainsi des formes de gouvernement qui adoptent des traits de la république tout comme de la démocratie sans être absolument l'un ou l'autre.
Par exemple, les États-Unis sont un agglomérat de républiques ayant chacune leur propre législation, assemblée, dirigeant (le gouverneur d'état), sous le commandement d'un hybride de république et de démocratie que l'on appelle régulièrement l’État Fédéral ou "l'Union".

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