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30.3.13

Meilleur SF 2013 !

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Cloud Atlas.

Film américano-allemand d'Andy et Lana Wachowksi et Tom Tykwer (2013) avec Tom Hanks, Halle Berry, Jim Sturgess, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Doona Bae, Ben Wishaw.
Genre : science-fiction.
Vu en VOST.

L'histoire intemporelle d'un groupe de personnages liés entre eux et au devenir de l'humanité. Adam Ewig, au milieu du XIXème siècle, Robert Frobisher, un siècle plus tard, Luisa Rey, en 1973, Timothy Cavendish, en 2012, Somni451, en 2144 et Zachry Bailey en 2321 sont les narrateurs d'une aventure complexe et dangereuse, où les choix, les conséquences et les destins seront bouleversés à tout jamais, au travers du temps et de l'espace.


...
D'accord, j'admets, le résumé est tout sauf limpide. Ne vous attendez pas à ce que je parle du scénario, y'aura pas UN MOT sur le sujet. Je veux que vous alliez voir Cloud Atlas, vraiment, parce qu'il est superbe, magnifique, incroyable, étrange, énigmatique, bouleversant, excellemment bien construit, bref, un film des frère et sœur Wachowski. Un film comme on en voit tous les dix ans, avec des thèmes tellement universels qu'ils frappent systématiquement le spectateur avec la même acuité. Matrix, Avatar, Cloud Atlas, même combat.
ALLEZ VOIR CE FILM.


Donc, Cloud Atlas, pour ce qui le concerne particulièrement, est réalisé par les Wachowski ainsi que par Tom Tykwer, un allemand que je connaissais pas mais qui a réalité Lola rennt (je sais pas ce que donne le titre en français, ça doit être un truc genre "Cours, Lola", c'est un film apparemment étrange et très intéressant dont arrêtait pas de parler ma prof d'allemand de 1ère et Terminale, la meilleure que j'aie jamais eue) ainsi que Le parfum, histoire d'un meurtrier. Là ça vous parle peut-être davantage.
Toujours est-il que, très très clairement, le film porte l'empreinte des Wach' (la flemme d'écrire toujours leur nom complet, je fais une faute de frappe différente à chaque fois), qui, une nouvelle fois, ont décidé de faire notre éducation. La temporalité est la première chose abandonnée dans ce film : oubliez que le temps est une ligne droite, la moitié des films de science-fiction des dernières décennies s'efforcent de nous apprendre que le temps est une boucle, et c'est précisément ce que fait Cloud Atlas. Le titre, qui est celui d'une partition classique absolument sublime (c'est les personnages qui le disent, pas moi, moi j'y connais que dalle en musique classique) composée en 1936 par Frobischer, voit donc les personnages faire des choix qui impactent leur existence, mais trouvent un écho au-delà, et des conséquences dans leurs vies postérieures ET antérieures.

A gauche avec le chapeau, c'est Tom Hanks. OUI. Et le capitaine là, avec la casquette, c'est Jim Broadbent. OUI OUI.

Le casting, proprement hallucinant, est ainsi composé de quelques acteurs et actrices qui jouent plusieurs personnages à travers le temps, ce qui est intéressant (le film veut que chaque choix réponde à un alignement moral et que les choix effectués conditionnent le karma de l'être pour ses vies suivantes, si je puis dire) tout autant que déroutant (début du film : "Merde, c'est Tom Hanks ! O_o". Première séquence 2012 : "Merde, c'est Tom Hanks !"). En effet, les barrières traditionnelles que sont l'ethnie et le sexe font également partie des débris mis en morceaux par la réalisation. Des acteurs occidentaux jouent des Asiatiques (et avec quel talent ! *Jim Sturgess official fan club*), Halle Berry et Doona Bae changent de groupe ethnique au moins une fois chacune, tandis qu'Hugo Weaving et Halle Berry changent de sexe une fois chacun. Et, il faut le savoir, mais Hugh Grant en 2321, c'est ça :

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Ah ouais, quand même, hein.
Le truc, c'est que j'ai encore dit récemment à Syrya l'Erudit que, contrairement à lui, et donc aussi à Elika et à Durendal, je n'avais pas du tout le regard analytique et quasi-professionnel qui est le leur : tous les trois, ils sont capables en regardant un film d'examiner les effets de style, les techniques de caméra et même parfois de dire avec quel matériel a été conçue telle partie visuelle ou sonore, c'est balèze !
Alors du coup, moi, quand je critique les intervenants d'une histoire, parce que je m'intéresse davantage au contenu, j'ai tendance non à dire "cet acteur est mauvais ou pas crédible" (le genre de truc que vous me verrez pour ainsi dire jamais dire ici), mais plutôt qu'à la place de l'auteur ou du réal', j'aurais écrit le personnage différemment, lui aurais donné un autre caractère, bref, pour moi, le problème (ou la réussite) vient pas de l'acteur mais de l'écriture du personnage (ce qui, évidemment, m'empêche de distinguer un bon d'un mauvais acteur XD).

Jim Broadbent et Tom Hanks, segment 2012. Krkrkr ^^

Et bah là, justement, c'est le contraire ! J'veux dire, on a des acteurs qui changent d'époque, de tête, de sexe, de race, de milieu politique ou social, et le spectateur est tenu en haleine tout du long, happé par ce multivers cohérent et magnifique, à aucun moment on n'envisage de lien autre que scénaristique entre les personnages, et CA c'est la marque d'un bon acteur ! Je le dis souvent, mais un comédien de talent, on est même pas censé le reconnaître dans son film, on ne voit que le personnage ! (si tu veux un contre-exemple, bien que je m'en veuille énormément de vous infliger ça, regarde quelques épisodes de l'excellente web-série Noob, puis quelques épisodes de l'éprouvante merde Warpzone Project, avec le même réal' et les mêmes comédiens : AUCUN jeu d'acteur. Ce sont les persos de Noob dans un autre monde.)

Hugh Grant et Doona Bae, ici dans le segment Neo Seoul 2144, sont ceux qui changent le plus de visages d'une époque à l'autre. Ah ouais, avec Hugo Weaving aussi.

Bref, cela va sans dire, mais la construction de l'intrigue et le montage final, intemporels et erratiques, ne nous permettent jamais de voir la résolution d'une séquence d'un coup, on se contente de voir les événements se répondre d'une époque à l'autre, en se demandant comment ça va finir, et waw. Ce genre d'histoire, existentialiste et universaliste, n'est pas de celles où on dit "le dénouement est heureux" ou bien "ça finit pas bien". On s'en fiche de comment ça finit, niveau intrigue, ce qui compte, c'est la mise en scène et le propos. Et le message du film est splendide.

Comme il se doit logiquement, Cloud Atlas a donc une esthétique à la mesure de son fonctionnement : les paysages sont terriblement beaux, que ce soit en milieu ouvert (2321) ou dans un monde contre-utopiste (2144) façon Total Recall. Les couleurs et les lumières sont d'autant plus classes que pour une fois, on a affaire à des réal' qui connaissent leur métier (ce qui est surprenant de la part des Wach' qui habituellement filment du virtuel ^^), et la bande-son n'est jamais trop présente, car elle se contente de souligner une intrigue déjà pas mal chargée. Même Cloud Atlas, la musique, n'est trop mise en avant (j'ai en tête deux séquences où elle est citée clairement par les personnages), ce qui dans l'ensemble correspond au voyage fantastique qu'offre ce genre de film : il s'agit moins de regarder que de se plonger dedans, et pour le coup, la reconstitution des environnements est impressionnante.


En bref : ce film n'est clairement pas un divertissement. On ne va pas voir Cloud Atlas pour voir du grand spectacle et des explosions, il s'agit d'une expérience à vivre pour les réal' comme pour le public, une découverte lourde de propos, intéressante et intemporelle dans sa narration et dans son message. Ce genre de film qui donne une vraie leçon de cinéma à ses contemporains devrait clairement être plus présent : c'est beau, c'est riche, c'est pertinent, et ça vaut immanquablement le coup d’œil. Sincèrement, si vous loupez Cloud Atlas, vous allez manquer quelque chose de grand.

Hugo Weaving dans le segment 2321 post-apocalyptique. Ouais c'est le type qui a joué Elrond et l'agent Smith.

Voir aussi : cette image, qui, je vous préviens EST TRUFFÉE DE SPOILERS. CLIQUEZ A VOS RISQUES ET PÉRILS.

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