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8.6.14

Les Maîtres des Brisants.


Auteur : Erik L'Homme.
Origine : France.
Nombre de livres : 3.
Date de publication : 2004, 2005 et 2009.
Genre : science-fiction, jeunesse.
L'auteur.
Erik L'Homme, né dans les Alpes, est un amoureux de la nature qui a réalisé durant sa jeunesse un voyage autour du monde dont il rapporte de nombreux récits. Il devient auteur de fiction après avoir publié un de ceux-ci, Parlons khowar : langue et culture de l'ancien royaume de Chitral au Pakistan. La trilogie des étoiles, publiée entre 2001 et 2003, est la première série de ses oeuvres destinée à la jeunesse, suivie de la trilogie des Maître des Brisants, de Phaenomen et d'A comme Association.

Agé aujourd'hui de 46 ans, Erik L'Homme publie toujours régulièrement à la fois des romans et des récits de voyages tiré de sa propre expérience.

Système solaire de Drasill, galaxie d'Eridan. L'Empire de Nifhell contrôle douze des vingt-et-une planètes connues et dispute régulièrement son espace au khanat de Muspell à l'aide de sa suprématie sur Planète Morte, depuis laquelle il contrôle les Chemins Blancs, les voies spatiales grâce auxquelles les voyages interplanétaires longs et dangereux par les Brisants ne sont plus nécessaires.
Mais, sans crier garde, le Khan envoie un jour une armada s'emparer de Planète Morte, qui tombe en quelques heures. Nifhell décide d'envoyer le capitaine Xaintrailles dit Chien-de-la-Lune, son meilleur officier, afin de reprendre la clé de tout le système solaire.

Bon alors j'admets que j'ai acheté cette trilogie complètement par hasard l'an dernier (ou il y a deux ans, me souviens plus) lors de la Braderie de Lille, principalement parce que j'avais entendu du bien d'Erik L'Homme (les blogueuses littéraires...), et aussi que j'ai lu cette trilogie à la faveur d'un challenge (le Week-end à 1000) en me disant qu'elle serait facile à expédier. Effectivement, ce fut le cas, mais ça ne veut pas dire que mes attentes, assez modestes en l'occurrence, furent déçues en la matière.
Concrètement, la trilogie des Maîtres des Brisants commence comme de la mauvaise science-fiction et de la mauvaise littérature jeunesse : on essaie de créer un univers futuriste en utilisant des mots étranges qui font exotiques et lointains. Hyper-machin, super-quelque chose, et j'ose même pas supposer ce que sont le polyverre et le polymétal (des alliages sans doute... wait, des alliages de verre et de quoi ?), sans parler de tout ce qui est de notre époque (bah oui, ça se passe dans le futur) et qui chez ces gens est appelé paléo-truc. Genre le sport apprécié pes les enfants sur Nifhell, c'est le paléotennis. Hum.
L'autre moyen, verbalement, pour faire croire que ça se passe loin d'ici, sans toutefois empêcher l'identification des jeunes lecteurs aux personnages décrits est de modifier légèrement les noms : outre les héros adultes de la trilogie, les enfants au coeur de l'intrigue s'appellent Xâvier, Mörgane et Mârk. Ambiance ! Sérieusement, ça passait beaucoup mieux dans Wang où les Français du futur s'appelaient Frédric Alexandre ou Delphane Miorin ! Enfin, je termine sur le côté "mauvaise littérature jeunesse", on trouve dès le début du récit des points d'exclamation dans la narration : le narrateur externe, comme c'est le cas ici, raconte l'histoire sur un ton neutre et détaché, et le point d'exclamation est l'exacte inverse du détachement, c'est l'émotion, l'enthousiasme ou la colère, ça n'a rien à faire en narration, sauf pour insister inutilement sur le côté spectaculaire de ce qui est décrit, dans les mauvais récits - ou dans le cas d'une histoire destinée à être déclamée oralement, mais ça c'est en Grèce y'a deux mille cinq-cents ans.


Cela dit, tout ce que j'ai dit sur la forme, là, ça ne vaut que pour le premier volet, parce que la plume de l'auteur s'améliore grandement à partir du second et devient très mature avec le troisième.
Donc c'est l'histoire de Vrânken (=Frank) de Xaintrailles, jeune capitaine talentueux d'un "perceur de Brisants", un vaisseau spécialement conçu pour traverser le vide spatial, aventure quasi-mortelle dont il a fait sa spécialité, qui est pris dans la guerre entre un empire et un khanat, aidé de jeunes prodiges (un pauvre, un jeune gosse de riche et une jeune prophétesse) aux talents extrêmes (le courage, la stratégie et les visions mystiques, respectivement). S'il semble au début très manichéen (les Gentils vivent sur une planète hostile, peu habitable et froide, les Méchants sur une planète dangereuse, désertique et chaude), le récit devient plus profond par la suite et se dote de plusieurs niveaux de lecture.
Si les Gentils le sont irrémédiablement, les Méchants le sont pas tant que ça et le récit se permet même d'accepter les deux cultures, les deux systèmes politiques, en critiquant à l'occasion l'un et l'autre (parce que si le khanat est autoritaire et sauvage (les Mongols, c'est le MAAAAAAL, on a compris -_-), l'empire est une putain d'oligarchie conservatrice basée sur le luxe et l'oisiveté), et on pourrait même envisager un peu de féminisme par-ci par là, au moins dans l'importance centrale des Fräs, ces prêtresses qui, outre qu'elles sont garantes de l'Histoire, ont traditionnellement une place attitrée dans les vaisseaux afin de guider ceux-ci dans les Brisants.


En fait, Erik L'Homme nous propose la vision assez cohérente d'un univers dans lequel la société n'a pas énormément évolué malgré l'exploration spatiale, comme si à terre on en était resté à l'industrialisation (steampunk. Voilà, je l'ai dit : steampunk !), et les voyages spatiaux par les Brisants et les Chemins Blancs font un peu office pour nous de navigation à voile (lent, dangereux) et d'aviation (rapide, sûr, direct). La technologie n'est pas si évoquée que ça et finalement pas très présente, même sur le Rongeur d'os (qui est en fait un vaisseau greffé sur un animal spatial spécialisé dans les longs voyages, d'où sa particularité), ce qui rend le récit très tangible et aisé à maîtriser.
Les personnages sont sympa, attachants, même ces trois petits cons (enfin ces deux ptits cons et cette gentille petite), parce qu'ils finissent par évoluer et gagner en maturité face aux épreuves. J'ai DETESTE le fait que, dès le livre 1, Mârk demande au maître queue (vu que sa spécialité à lui, c'est la cuisine, il est stagiaire en cuisine) si pour le petit déjeuner, ils auront accès à du nutella (comme ça, paf, sans majuscule, genre c'est entré dans le langage... PATE A TARTINER !!), parce que c'est pas un message à passer aux gosses, mais sinon c'est bien écrit, agréable et rapide à lire. Après, ça reste de la littérature jeunesse hein x)

Et puis surtout, même si c'est un peu normal dans la littérature jeunesse, le récit est illustré (couvertures internes et externes, en-têtes de chapitres et bas de pages) et le style est très sympa parce que c'est à la fois joli et tout à fait conforme à ce que l'auteur et le lecteur ont en tête, excellent moyen de visualiser ce qu'on lit. Certains personnages (Xaintrailles par exemple) n'en sont que plus attachants, et le récit se dote également d'une carte du système solaire de Drasil, au début de chaque volume. Esthétiquement, très beau produit que cette trilogie ! :)

En bref : Une histoire intéressante en trois petits livres (un peu plus de 700 pages au total), mal écrite au début mais qui s'améliore très vite. Le récit gagne en profondeur et verse même dans le drame façon space-opera dans le troisième tome, c'est sympa, original et on s'attache assez à certains personnages. Je recommande à tous les curieux :)

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