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8.7.14

Cette fascination permanente des occidentaux pour les dragons ♥


How to train your dragon.

Film d'animation américain de Chris Sanders et Dean DeBois (2010).
Genre : aventure, fantasy.

Le village de Berk, en Scandinavie, début du Moyen-Age. Le puissant Stoïck, chef du village, est respecté pour sa force, son courage, et les nombreux faits d'armes qu'il a réalisés face aux grands ennemis des hommes du nord, les dragons.
La frustration est donc d'autant plus grande pour son fils Harold que tout le monde s'accorde à dire qu'il n'a rien d'un grand guerrier et passe son temps à accumuler les catastrophes. Un jour, pourtant, Harold parvient à capturer une Furie Nocturne, le plus redouté des dragons.

Tu sais ce que j'aime avec le cinéma d'animation, Internet ? L'ambiguïté selon laquelle, si les sociétés de productions prennent bien plus de place que les réalisateurs, qui sont donc obligés de manger à tous les râteliers pour percer, elles accordent pourtant souvent une grande marge de liberté à ces derniers.
How to train your dragon, un titre bien plus éloquent qu'en français au passage, est un produit de Dreamworks, une société d'animation connue pour la grande qualité de ses oeuvres, réalisé par Chris Sanders et Dean DeBois, qui ont déjà officié ensemble sur Lilo et Stitch, un de mes Disney préférés et l'un des meilleurs que la société de Mickey ait jamais sorti. Il faut savoir aussi que Sanders a officié comme scénariste sur les Lilo et Stitch, les Mulan, Le roi lion, Aladdin et La belle et la bête. Je conclus avec concision : POPOPOOOOOOOOOO !

"Tu vas devenir un viking, mon fils, que tu le veuilles ou non ! - Ouais bah j'attends que ça, vieux sénile !"

Bref, comme je suis historien, je vais sortir la phrase indémodable que vous devriez considérer comme une règle de vie : replaçons les choses dans leur contexte. Dragons est sorti en 2010. En 2010, y'avait pas Brave/Rebelle, ni Raiponce (qui est sorti à la fin de l'année et n'a donc pas pu inspirer même un peu le processus créatif de Dragons), et le lieu d'animation le plus exotique en terme de folklore et rare en termes d'apparition à l'affiche, c'était Hawaï dans Lilo et Stitch. Autant dire que la culture celtico-nordique médiévale était encore un terrain inexploré pour ce genre de cinéma. Et là, y'a eu Dragons.
Y'a quelques années, Marion Luciole, une de mes meilleures amies et conseillères culturelles, m'a recommandé deux films. J'ai lâché l'un des deux http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasseurs_de_dragons_%28film%29 au bout de quelques instants, l'autre c'était Dragons.

Qu'est-ce que ça raconte, en gros ? Bah, l'histoire classique du mec dont la vie a été placée par les petites fées qui se sont penchées sur son berceau sous le signe de l'entropie (=le bordel imprévisible et permanent), qui est même devenu un topoï de l'animation (coucou Abu, Hercule, Mushu, Stitch, Milo Thatch et j'en passe !), mais dans une région, la Scandinavie brutale et dangereuse, où la survie humaine se compte en semaines. Curieusement, Dragons est un de ces films dans le cinéma en général (et pas juste dans l'animation) qui réutilise des codes ou mécanismes déjà bien employés par ailleurs, mais qui par l'originalité de son cadre ou de son propos les transcende complètement.

Geek, guerrière dangereuse et canon, héros, ressort comique et... euh... euh...

Une nouvelle fois, l'opposition entre la méthode forte (incarnée par Stoïck et Astrid, notamment) et la connaissance d'Harold et du forgeron dont j'ai oublié le nom, face à un ennemi qui n'en est pas vraiment un, mâtinée d'environnementalisme très japonisant en ceci que les hommes, les animaux et leur milieu naturel forment un tout cohérent dans lequel ils doivent s'intégrer. Avec de l'humour, des personnages sympas (j'ai bien aimé l'espèce de geek qui a avalé le bestiaire des dragons et peut pas s'empêcher de citer les caractéristiques de chacun, je vais expliquer pourquoi après) et une narration certes assez prévisible, mais quand même vachement prenante. C'est la mise en scène ça, direct on est happé dans l'histoire et ensuite tout un registre de genres nous fait pleurer à chaudes larmes : l'aventure épique, le drame, la comédie burlesque, à l'occasion le romantique...

Une des grandes originalités de Dragons, à la fois dans son propos et son esthétique, et qui tient peut-être à l'oeuvre originale, un livre que je n'ai pas lu, est sa manie obsessionnelle de tout référencer et classer. Très vite, parce qu'on atterrit dans un monde inconnu et que l'histoire est narrée par Harold, il nous explique les différentes "races" de dragons, avec leurs habitudes, leurs niveau de menace et autres. Bon, on oublie vite les noms de chacune, mais ça fait très pro, très souci du détail, ça s'inscrit parfaitement dans la tradition des nombreux dragons du folklore médiéval occidental et si ça manque de choérence visuellement (parce que l'envergure d'un animal ailé est proportionnelle à sa taille, certains dragons devraient avoir des ailes comme des terrains de foot, et je parle même pas du dernier qu'on rencontre), ça permet de faire des parallélismes sympa (entre les jumeaux et le dragon bicéphale notamment) et d'enrichir fort joliment la narration (Harold ne gagne que parce que ses potes l'aident à connaître les dragons) et les apparences.
D'un autre côté, le film s'attarde énormément sur la technique, dans un schéma certes un peu linéaire, mais très logique et instructif. Harold est un bras cassé, Toothless (Krokmou en français, à cause de ses dents rétractiles (ses quoi ? O_o)) est son équivalent draconique. Donc on passe du temps à apprendre qu'un machin volant ne vole pas s'il n'a pas de portance et de gouvernail, et donc qu'il faut améliorer cette queue atrophiée, ce qui au passage souligne le talent intellectuel et pratique d'Harold pour le travail du cuir et du métal. Un domaine que je surkiffe over the universe. Et même après ça, l'intello de service doit apprendre à voler, avant de lâcher ses aide-mémoire parce que finalement, rien ne vaut la pratique.

Il est trop mignon, il est hyper expressif, et il se comporte comme un gros chat. Adoptez-le.

Disons-le clairement, et pour cette raison je regrette de pas avoir vu Dragons en salles et en 3D, ce film envoie du pâté intergalactique. L'animation est à son plus haut niveau de qualité, les textures de l'eau, de la roche, des nuages et des plantes sont magnifiques, les visages sont très expressifs tout en étant variés (la pilosité notamment est assez cliché mais tellement travaillée !), et je parle même pas des somptueux paysages de la Scandinavie, les brumes de la mer, les reliefs et les forêts. Sérieux, je veux déménager à Berk !
Les musiques sont également à l'honneur dans cette mise en scène épique, bien qu'il soit un peu regrettable qu'il faille attendre le générique de fin pour avoir vraiment du folk, et le doublage français est tout à fait correct. Nope, aucune critique là-dessus.

En bref : How to train your dragon est une histoire magnifique, peut-être un peu prévisible mais placée dans un cadre parfait, sublime, et qui travaille sa cohérence. Très drôle, mais aussi très émotionnel, ce film est équilibré et ne verse jamais trop dans le familial père-fils ni dans l'action pure. Et il est aussi techniquement irréprochable. Regardez-le sans hésiter, c'est ce que l'animation a fait de mieux ces dernières années. Encore merci, merci, merci beaucoup à Marion de m'en avoir parlé ! ♥


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2 commentaires:

  1. Moi je maintiens que Chasseurs de dragons est aussi une merveille à sa façon. "Je n'te crains pas, gros moche! Mon cœur est pur comme de l'eau d'roche!" Pas du tout le même style de films d'animation mais bon...t'as pas accroché, je peux pas t'en vouloir pour ça.

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  2. A Brisbane, je l'ai "loupé" et il ne figure plus sur aucune liste de cinoche, ton gentil dragon... Sinon, je crois que j'aurais fait un effort pour aller le voir (en 3D, çà doit valoir le coup)...

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