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11.7.14

How to know your dragon


Film d'animation américain de Dean DeBois (2014).
Genre : aventure, fantasy.

Le village de Berk, en Scandinavie. Cinq ans après la fin de la guerre éternelle entre hommes et dragons, le jeune Harold est pressenti pour succéder à son père, Stoïck le Brave, comme chef de la communauté, mais ses voyages incessants avec son dragon Krokmou lui offrent une échappatoire aux responsabilités qu'il ne se sent pas prêt à endosser.

Un jour, alors qu'il découvre avec sa compagne Astrid un archipel inconnu des leurs, ils rencontrent par hasard des trappeurs, qui capturent des dragons au profit d'un seigneur de guerre, Drago Poing-Sanglant.

Bon, j'ai révisé en revoyant le premier l'autre jour (et je l'ai articlé dans la foulée, mais t'as dû remarquer ça, Internet), que j'avais oublié, et c'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé le charme épique et les paysages que j'avais aimés dès le premier visionnage. Autant dire que pour cette suite, mes attentes étaient grandes et j'ai pas été déçu.
How to train your dragon 2, qui porte du coup mal son nom (moi j'aurais mis "How to know your dragon"), parvient à réussir ce petit exploit de pousser encore plus loin le travail des registres (épique, comique et maintenant dramatique) et de la culture nordique que ne le faisait le premier film. En même temps c'est la même équipe : Dean est seul réal' mais Chris (Sanders) est producteur exécutif.

Oooohh, Astrid est trop badass, je l'aime *__*

Pensé et assumé comme le second volet d'une trilogie, Dragons 2 raconte donc l'histoire, cinq ans après, de ce monde des hommes où les dragons sont maintenant bien connus et appréciés. Avantage surprise : pas la peine d'avoir vu le premier film pour tout comprendre, Harold explique ce qui s'est passé durant ce dernier à un personnage.
Après, y'a une ambiguïté là-dessus parce que, comme on ne voit que peu de communautés humaines dans le film (trois en fait : les pro-dragons et les anti en deux factions), on ne sait jamais si la symbiose des hommes et des dragons à Berk est la règle ou une exception. Reste que le propos, complexe parce que multiple, demeure simple à saisir puisqu'expliqué plus ou moins volontairement par de nouveaux personnages, adjuvants et opposants : les dragons ayant longtemps été perçus comme des prédateurs brutaux et des ennemis naturels des hommes, ces derniers voient régulièrement des vengeurs s'affirmer parmi eux.
Dragons 2 reprend donc la thèse de son aîné, bien connue par ailleurs, selon laquelle les hommes et tous les animaux (en l'occurrence ici, les dragons, mais Godzilla ça aurait marché aussi) font partie d'un cycle naturel et ne se conçoivent qu'ensemble (et égaux), malgré des rapports de hiérarchie très marqués et avouons-le, parfois légitimes. J'ai dit parfois.


Et puis avec ça, parce qu'on a affaire à un film plutôt destiné à un public jeune, les classiques apprentissage du héros qui devient adulte, quête de soi, affirmation du modèle des aînés et héritage des hommes à leurs enfants et individualisme forcené (qui est d'ailleurs un des traits majeurs de mon œuvre écrite en devenir, j'le précise si vous comptez lire l'auteur que je vais essayer d'être) malgré la pensée légitime que les individus ne valent qu'unis par des liens émotionnels forts.
Au passage, ce que j'ai adoré et qui n'était qu'esquissé dans le premier Dragons, j'en ai un peu parlé précédemment, c'est le traitement de la culture nordique. How to know your dragon (c'est un bon titre, j'le garde ^^) ne bénéficie pas de l'aspect précurseur que j'ai évoqué en parlant du premier, mais ça ne l'empêche pas de traiter avec autant de respect le milieu dans lequel il baigne. Avec des références claires au Valhalla, à la mythologie nordique et à ses Ases, Valkyries et concepts d'honneur guerrier. Ceci alors que, cerise sur le gâteau, on bâtit le modèle d'un chef complet, brave et fort à la bataille, dévoué envers son peuple et démonstratif en amour, qui fait la cour à sa dame et honore autant sa beauté que son courage et sa sagesse. Stoïck, je t'aime. Oh pardon, spoiler alert. Hahaha ^^

Bref, dans le fond, il n'y a rien à dire sur ce film qui hérite des traits majeurs de la licence et les réutilise efficacement, jusque dans la multiplicité des dragons mis en scène.
Dans la forme, je n'aurai qu'un seul, énorme reproche. Y'a de la pop dans la bande-son. Vers le début, à moins de vingt minutes du début, je pense, y'a une CHANSON dans la musique. De la pop aux accents folkloriques. NON. Pas dans DRAGONS ! Pour le reste, c'est top, on n'a plus besoin d'attendre le générique de fin pour entendre du folk, du vrai, irlandais et scandinave bien comme on aime et le doublage français est tout aussi réussi : les discours forts ne tombent pas à plat et les répliques comiques, alliées à la mise en scène (les personnages secondaires et leurs intrigues amoureuses XD), sont hilarantes. En VO, on a Djimon ♥ Hounsou, Gerard Butler, Jonah Hill, Kit Harington, et ♥ Cate ♥ Blanchett ♥ Voilà voilà.

Je pense que le dragon de droite aurait gagné à être plus expressif. Celui de gauche l'est toujours autant ♥

Outre une mise en scène volontairement suggestive et comique (il faut profiter des interactions des personnages au second plan, par exemple quand Astrid bisoute Harold juste après que celui-ci ait été intégralement lavé par la langue râpeuse de Krokmou, ou qu'Eret essaie de se débarrasser de Tempête, le dragon d'Astrid), How to know your dragon est, visuellement, réalisé à l'aune de l'animation actuelle, dans la veine d'How to train your dragon, d'Epic et des 5 Légendes. Traduction : c'est très, très beau. C'est moins évident sur les textures parce qu'on s'attarde moins sur les décors, la végétation, au profit de la mise en scène, mais les nuages, la glace et le bois sont fort jolis. Les dragons sont plus nombreux, plus variés, plus colorés (ok, ça et les dimensions insuffisantes des ailes, c'est pas réaliste ^^), certains d'entre eux, dans leur conception comme dans leur design, sont absolument parfaits (bon, deux en fait, ceux qui ont vu le film comprendront), et les humains sont tout aussi classes, depuis leurs fringues jusqu'à leurs expressions et, concernant certains, leur pilosité. Limite on a l'impression de pouvoir compter les cheveux tellement c'est fin et élaboré.

En bref : digne héritier d'un film qui était déjà difficile à égaler, How to know your dragon poursuit, par sa narration, le chemin héroïque et dramatique tracé par son prédecesseur. La conception du milieu géographique et culturel ainsi que les rapports entre personnages sont excellents et on est visuellement bluffé par la maîtrise technique dont il fait preuve. Si le scénario est un peu prévisible sur la fin, les trois premiers quarts sont pleins de surprises. Dreamworks gère toujours autant au pays de l'animation.


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