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7.7.14

Western et science-fiction, mais sans Firefly


Borderlands.

Développé par : Gearbox Software.
Genre : FPS, RPG, science-fiction.
Date de sortie : 2009.
Support : PC.

Pandore, une planète isolée aux confins de l'espace. Sur cet avant-poste minier dominé par les bandes de criminels et les compagnies d'armement naissent les rumeurs de l'existence d'une Arche, objet ou lieu de nature inconnue, et qui dissimulerait un énorme butin.

Ces rumeurs suscitent l'envoi par la société Dahl d'une scientifique, Patricia Tannis, pour enquêter sur le sujet, mais attirent surtout un groupe d'aventuriers, Roland, Brick, Lilith et Mordecai, qui ne savent pas encore quels dangereux obstacles ils vont rencontrer.

Borderlands est un jeu vidéo développé par Gearbox, qui a notamment commis d'autres crimes mémorables, souvent en collaboration avec Valve, comme Half-Life, Counter Strike ou encore la série Brothers in Arms. Bref, les FPS, ça les connaît, et la qualité aussi. Dans la lignée de l'excellent Deus Ex dont j'ai parlé ici, le père des FPS modernes, Borderlands se dote également d'éléments de RPG (un niveau d'évolution, des compétences, des classes de personnages), bien que son point fort indéniable soit la narration.


Sans échapper aux topoï de la SF vidéoludique (et notamment à celui de la civilisation très avancée mais disparue qui a laissé ses jouets apocalyptiques derrière elle), Borderlands se place dans un univers cohérent, complet et très immersif dans lequel se plonge le joueur dès le premier instant. Fait assez rare pour être signalé et également marque des meilleurs jeux vidéo de tous les temps, les aspects narratifs et esthétiques sont régulièrement mêlés avec une maîtrise parfaite.
Par exemple, comme on est dans un FPS, les flingues sont de plusieurs types (7, du plus petit au plus gros : revolver, pistolet, mitraillette, fusil d'assaut, fusil à pompe, fusil à lunette et bazooka), et toujours fabriqués par une compagnie d'armement donnée. Les compagnies se partagent des concessions minières sur Pandora, elles produisent des armes différentes en apparence et en performances, et le joueur apprend peu à peu (notamment grâce aux écrans de chargement parfaits : assez longs pour filer des infos importantes sur le jeu, assez courts pour pas faire chier) quelles armes ont quels effets (les Tediore se lancent et explosent au rechargement, Maliwan prône l'effet élémental, Vladof la cadence de tir, Jakobs la puissance brute, Hyperion produit des armes de très grande qualité, et j'en passe).

De manière générale, le système de jeu, en étant très riche (chaque objet du jeu, à cause d'un générateur hyper puissant, est virtuellement unique), est très lisible et intuitif pour le joueur (la qualité des armes est rangée par couleur croissante : blanc vert bleu violet orange), les contrôles sont vite pris en main, les raccourcis vers la Carte, les Missions, les Compétences bien rappelés, l'interface est régulièrement expliquée par des boîtes à l'écran et par ClapTrap, le robot-guide, si bien qu'avec la souris et le clavier, on n'a qu'à se concentrer sur l'aventure et l'histoire, lesquels se placent donc sur une planète-pionnière, sauvage et hostile où chacun est plus ou moins liés aux compagnies d'armement. Et là on touche à un des aspects majeurs de Borderlands : ses personnages.

Moxxi, la mère de Scooter, star du 2ème DLC de Borderlands, Mad Moxxi's Underdome Riot, une arène de combats brutaux (et un peu chiants, les trois autres DLC sont meilleurs)

Porté par une narration brillante et élaborée (des luttes intestines entre groupes armés, bandes de bandits et civils désespérés) sous des dehors très simples (des chasseurs de trésor, un trésor potentiel), Borderlands met en scène des personnages qui, à cause de leur passé tumultueux et de leur environnement hostile, sont tous devenus timbrés à leur manière. Scooter, le créateur d'Auto-loc, les bagnoles à louer, T.K. Baha, un aveugle qui t'accueille en te braquant au fusil et te dit ensuite "putain, t'aurais dû voir ta gueule !", le docteur Zed, spécialiste en expériences chelous, et surtout l'irrésistible Patrica Tannis, ils sont tous plus fêlés les uns que les autres. Bon, y'en a infiniment plus, et moi je vous cache pas que je préfère Tannis.
A la base, c'est juste une scientifique un peu hautaine, puis elle a connu la mort, la peur, l'isolement, et est devenue une angoissée sociale psychopathe récemment sortie d'une relation amoureuse conflictuelle avec son enregistreur numérique Echo. Voilà.

Patricia Tannis, folle(ment intelligente)
Même si Borderlands met en théorie en scène un groupe de 4 aventuriers différents et complémentaires, on n'en contrôle qu'un à la fois et on considère implicitement que les Chasseurs de l'Arche se déplacent ensemble. Cependant, parce que le système de partie en réseau local ou en ligne est très bien foutu, il est tout à fait possible de faire une partie à plusieurs (on l'a fait avec Syrya sur le jeu et on a commencé avec son frère Jonas sur Borderlands 2) en profitant des spécifités de personnages qui, déjà, sont cinglés eux-mêmes, et ensuite, sont très abordables au niveau des arbres de compétences.

Qui plus est, le doublage français de ce jeu est absolument excellent, très politiquement incorrect avec des menaces de mort, des insultes, des moqueries et autres, le tout placé sous le signe de l'humour déjanté. L'esthétique du jeu, de manière générale, est de très bonne qualité.

Santé, bouclier et capacité spéciale à gauche, niveau, boussole/carte et expérience au milieu, armes, grenades et munitions à droite avec les objectifs en cours discrètement placés en haut à droite. L'interface plaisante et lisible par excellence.

Si Borderlands ne mise pas sur la puissance physique et graphique, le rendant accessible aussi aux configurations moyennes, il a cela dit une identité marquée par un univers vaste aux allures de western-science-fiction. Des déserts poussiéreux, des montagnes sèches, des villes isolées et des bases militaires en pleine zone sauvage, dans un mélange de nature et de SF que je n'ai vu jusque là que dans les Ratchet et Clank, une des meilleures séries de plate-formes de la PS2, rien à voir donc. Les musiques sont aussi superbes, on se sent direct dans l'ambiance, et elles ont le mérite de la variété.
En effet, et c'est intéressant pour un jeu PC, les DLC (contenu additionnel payant téléchargeable) sont peu nombreux mais absolument énormes et enrichissent beaucoup l'univers de Borderlands. Sur le plan narratif ET esthétique. Par exemple, dans le premier, y'a un DLC qui met en scène une plongée dans l'horrifique-burlesque avec des zombies, alors que dans Borderlands 2, on a un DLC axé sur la piraterie et un autre qui passe carrément au médiéval-fantastique avec un jeu de rôles dans le FPS/RPG ^^ A chaque fois, les décors et les musiques adoptent le style local, soulignant le travail incroyable de l'équipe.

Si le jeu est sorti en 2009 et sa suite en 2012, c'est devenu très accessible de nos jours avec la plate-forme de téléchargement Steam, surtout grâce aux soldes : j'ai acheté Borderlands avec 4 DLC pour pas très cher lors de soldes d'hiver et Borderlands 2 avec autant de DLC pour 11€24 sur Steam pendant les soldes d'été qui ont eu lieu en juin dernier. On le dit rarement, surtout moi, mais là j'hésite pas : si vous voulez un jeu de qualité en solo comme en multi, pensez à Borderlands qui est à mon sens un des meilleurs FPS qui soient et si vous y jouez, ACHETEZ des DLC avec, ils sont pas chers et dépassent largement la valeur qu'on les paie !

En bref : Borderlands est, comme sa suite, le fruit parfait d'un mélange équilibré des genres et des styles. Le western et la SF, le jeu de tir à la 1ère personne et les RPG, avec une histoire intéressante et des personnages déjantés. L'univers est génial, le système de jeu et l'interface intuitifs, et il convient aux joueurs solos comme multis. Pour ma part, je suis des premiers et je suis passé aux seconds grâce à Borderlands avec mon colocataire-mentor Syrya. C'est dire !

Les armes, l'objet et l'argent sont aisément repérables à leur lumière et identifiables à leur couleur. Décidément ce jeu est tellement intuitif que c'est impossible de s'y paumer !
Par contre c'est impossible de trouver un trésor pareil hein, même lors des braquages après les boss ^^

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