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21.10.14

Ce que je suis ? Aucune idée. Misanthrope, froid et rationnel, c'est un bon début.

Je préviens par avance : ceci est un article vraiment très, très, très, très, très, très personnel (Jiminy, t'es sûr d'avoir mis assez de traits ? (ta gueule, Dark)), alors sache Internet que si tu es surpris, choqué, indisposé, perturbé, ébranlé dans tes convictions, dépaysé par rapport à mes écrits habituels et que tu te dis que tu veux surtout pas revoir ça ici, sois gentil-le d'aller voir ailleurs si tu y es, c'est mon blog et j'y mets ce que je veux (ouais pareil !).

Naftaline est l'une des personnes les plus importantes à mes yeux, et elle l'est devenue tellement inconsciemment pour moi et pour elle que c'est presque irréel de s'en rendre compte (si les gens s'imaginent que c'est not' copine ou not' copine en devenir ils pourraient pas se planter davantage, on est très bons amis, elle est très sexuelle et nous très asexuels. Ca peut pas coller sur le plan fessier (petit c dans un cercle Syrya-Etsocal, 2014, Tous droits réservés.)) J'ignore si la réciproque est vraie, je pense bien parce qu'elle m'a dit un truc approchant, mais au fond je m'en tape un peu, on est présents l'un pour l'autre en cas de besoin, on passe du temps ensemble, on discute, on s'aide mutuellement bref, on est amis.
Et ça doit être cette nouvelle et incomparable relation qui me donne à penser, probablement parce que mes autres amis se sont éloignés de moi, que je suis quand même un sacré veinard en fait. J'ai dû voir certains de mes amis quelque chose comme une ou deux fois en un mois et demi, Plume est à nouveau confrontée à un choix du type "le cœur ou la raison", Naftaline galère à la fois sur son master qui formate les étudiants pour les mettre dans des ptites cases au lieu de les laisser légitimement s'exprimer avec sincérité et avec sa colocation pleine de conflits, Syrya est devenu quasi-totalement absent de ma vie tellement il est fond sur sa meuf son concours, et même son frère Jonas passe tout son temps disponible en cours (non c'est pas vrai, il a joué à Mount and Blade toute la journée lundi (ah oui exact. C'est rassurant de voir qu'il y a toujours pire que soi (plus favorisé tu veux dire ? -_- (Dark, ta gueule)))). Mes problèmes me semblent tellement dérisoires à côté, haha. Moi il me faut juste plein d'bouffe, plein d'argent et un boulot (dans cet ordre) et un nouveau plan de vie parce que le système scolaire et universitaire français tout pourri m'a conduit pendant près de la moitié de ma vie sur un chemin dont je compte pas voir l'aboutissement, mais c'est bon, je suis large, easy, il s'agit juste de ma vie entière, aucun souci.
Finalement c'est pas plus mal ce repli sur soi, ça me permet de réfléchir au sens de mon existence (y'en a pas), d'écrire (si tant est que je sois publié un jour) et de passer mon temps à glander à l'appart. Ptain ne pas travailler c'est super en fait, tu m'étonnes que tous les riches disent que les pauvres sont favorisés. Oh wait, c'est pas un repli sur soi, c'est une mise à l'écart née de l'ignorance chaque jour plus blessante de tous ces favorisés amis. Enfin cela dit je comprends hein, c'est pas très intéressant un jeune chômeur désargenté sans repère, qui voudrait passer du temps avec ?


Bref. Naftaline. Je dirais pas que je comprends ce qu'elle vit parce que mes amis de longue date m'ont pas abandonné lâchement, je les ai tous largués en quittant Dunkerque (si tant est qu'on leur parlait encore à ce moment-là, souviens-toi qui a largué qui (toujours là pour me rappeler les détails désagréables hein ? -_- (c'est pour ton bien))) et le lycée pour aller dans la grande ville et à l'université. Mais on a pas mal de points communs que je peux comprendre, à défaut de compatir (compatir en allemand c'est mitleiden, souffrir avec. Je compatis jamais avec personne parce que je souffre jamais). Émotionnellement, de toute façon, je suis blindé. Plus rien n'a d'impact sur moi, tout rebondit sans heurt. Il n'est pas simple de m'émouvoir, très difficile de me choquer et virtuellement impossible de me blesser. M'atteindre jusque dans mon cœur, c'est de l'ordre de la fiction. Si la définition de l'amour est l'adoration sans limite d'aucune sorte d'un être cher, alors une unique fois dans ma vie je suis tombé amoureux, et elle est morte depuis des années, ce qui ne m'empêche pas de regretter régulièrement l'immaturité, l'ignorance et la jeunesse qui nous caractérisaient quand je l'ai connue, à chaque fois que je repense à elle. Quant à la haine, pff, je suis bien trop misanthrope pour ça. J'ai une opinion tellement basse de mes semblables qu'aucun ne s'attire jamais de moi un sentiment d'hostilité suffisamment fort pour être durable. Au mieux, je méprise. Je suis, la plupart du temps, froid et détaché, mesurant chacune de mes actions ou de mes réactions à l'aune de la pierre dure et compacte qui symboliserait ma capacité à ressentir. Régulièrement, pour déconner, il m'arrive de mentionner à l'occasion de publications rassurantes ou intéressantes, sur Facebook, les points de "Foi en l'humanité" gagnés grâce à cette découverte pleine de beauté ou de compassion. En réalité, ma foi en l'humanité est probablement tellement négative que la disparition immédiate et permanente de tout acte de violence et de toute inégalité sociale ne suffirait pas à la reconstituer.


J'ai l'air de me morfondre comme ça, mais pas du tout. La vérité c'est que, malgré ma perte totale de repère et d'avenir, je prends tout avec philosophie. J'en ai pris suffisamment dans la gueule durant ma jeune vie pour que plus rien ne m'atteigne. Quand t'as perdu ta sœur aînée avant d'avoir 12 ans, que tu t'es senti banni à 600 bornes de la maison sans repère ni connaissances avant d'apprendre que finalement le déménagement familial aurait pas lieu, que la région que tu apprends à aimer sera qu'une phase passagère de ta vie et que ta mère a quitté de manière aussi soudaine qu'incompréhensible le foyer familial, le reste passe comme une lettre à la poste. Tu sursautes même pas quand tu apprends que si elle est partie c'est pour cesser d'être donnée en pâture à des inconnus par son proxénète de mari, ce qui explique soudain très clairement pourquoi toute ta famille - maternelle - déteste ce type et par extension son dernier enfant, toi (avec le recul j'me demande comment j'ai fait pour pas m'interroger avant sur la possibilité financière d'avoir trois enfants en étant chômeur de longue durée). Et tu regrettes aussi que ton immaturité et ta méconnaissance des faits ait pas plongé le malfrat dans un abîme sans fond et qu'il ne soit pas davantage possible de revenir sur l'affaire dix ans plus tard, avec une lucidité et une sagesse dures et froides qui ne lui laisseraient aucune échappatoire si l'occasion en était donnée, même si ce regret ne fait naître aussi sentiment particulier, comme un constat neutre et détaché (tu vois, je t'avais dit que ça ferait du bien d'extérioriser tout ça (ouais. Si seulement la police nous rappelait (si seulement on pouvait voyager dans le temps façon Hiro Nakamura tu veux dire (carrément -_-)))).


C'est sûr qu'après tout ça, intérieurement, tu rigoles doucement quand tu vois tes amis choqués pour un rien, s'offusquer ou se lamenter sur la déchéance morale et intellectuelle d'une société pourrie jusqu'à la moelle, sur la situation politique et environnementale mondiale catastrophique et sur le mur indestructible vers laquelle fonce l'humanité à une allure sans cesse plus grande. Les innombrables merdes de l'internet, les haines qui portent le faux nom de "peurs", le sionisme, les américains, la guerre, la maladie, les crises démographiques, financières et politiques, l'oligarchie dominante sur la planète Capital-Libéral, tout ça, t'en as rien à cirer. Tu as vu pire avant même d'atteindre l'âge adulte. Les tréfonds de l'âme et de la perversion humaine, tu connais déjà, alors pourquoi tu t'étonnerais de l'insouciance négligente de quelques personnes pour qui tu ferais rien en sachant que la pareille ne serait pas rendue. Ou même de ces innombrables êtres humains obnubilés par leur propre existence, leur propre progression, leur propre survie bâtie sur la misère et la souffrance de leurs semblables et qui se rendent pas compte, dans leur aveuglement et leur superficialité, qu'ils constituent avec leurs proies un organisme unique, une énorme tique plantée sur le dos d'une Terre mourante mais dont les anticorps ne demandent qu'à chasser l'intrus.
Pourquoi même se soucier d'autrui, dans ces conditions ? A un moment, le retour de bâton viendra. Par la voix électorale si on croit en ce bon vieux Jean-Luc et ses bonnes promesses, violentes et justes, ou par la destruction généralisée si on en croit l'expansionnisme toujours plus détesté de certains. A moins que les consciences collectives se rendent compte que le salut est juste à portée de main et qu'il suffit de renverser l'oligarchie socio-politique pour l'attraper d'une main leste. Ouais, je conçois que dans une telle période, on se retrouve seul au monde au moment où on a besoin plus que jamais de la présence confiante et rassurante de son entourage.


C'est même pas une déception ou une lamentation, simplement un constat neutre et objectif. Émotionnellement, je suis blindé. Je note juste les conclusions et j'en tire une expérience salutaire, comme toujours, à réutiliser de manière empirique. On m'y reprendra plus. Aimer. Ressentir. Vraiment des conneries, tout ça. Comme si autrui en valait la peine.

(les images viennent de là)

2 commentaires:

  1. "Qui suis-je" (ou plutôt, Que suis-je...) Une question à laquelle on peut difficilement répondre soi-même pour soi, puisqu'on ne peut que difficilement être sujet et objet de sa propre analyse...
    Face aux difficultés de ta vie, tu t'es blindé... carapaçonné ! Qui ne l'aurait fait !
    Méfies-toi pourtant : on se croit "insensible"... Un coup dur de la vie ou une rencontre viennent parfois nous démontrer que nous demeurons sensibles et vulnérables...Heureusement, en un sens !
    Merci d'avoir coupé l'autoplay... Sauf liaison internet rapprochée, çà "crachouillait"...

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  2. C'est marrant, c'est exactement ce que je ressens en cet instant.

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