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21.11.14

Le temps dans l'Histoire (3).

Troisième et dernière partie de la série d'articles sur Le temps dans l'Histoire !
Je l'ai dit dans la première, le découpage arbitraire de l'histoire de l'Homme en 4 périodes est plutôt une convention qu'un fait incontestable, et en plus c'est très européo-centré, tout ça. Au Japon, on a très longtemps compté le temps en fonction du règne de l'empereur en titre (et je pense que c'est même encore le cas), ce qu'on a également fait en France où l'on parlait souvent de « telle année du règne de Machin » sans préciser le numéro parce que oui : ça aussi c'est une invention de l'historiographie, ça aurait été dévalorisant pour le roi que de se faire appeler, par exemple, le 13ème du nom. Le fils du roi Henri, père de Louis, et bah c'était le roi Louis, et puis c'est tout !

Bref, le découpage en quatre périodes est tout juste bon à fournir un repère de base. 476, fin de l'Antiquité, 1492, fin du Moyen-Âge, 1789, fin de l'époque moderne. Ou 1815 pour celle-ci, ça dépend.
Et là, c'est le moment où je vais mobiliser quelques dates historiques choisies et vous expliquer en quoi il est pertinent de les retenir, pour le propos, pour la culture générale, pour briller en société, pour la beauté du lol, tout ça !
Allez c'est parti !

Monnayage de Septime Sévère (193-211) avec le Prince sur l'avers, l'impératrice Julia Domna et deux Césars, Caracalla et Geta, sur le revers, à l'occasion des Jeux Séculaires de Rome (204), comme l'indique la mention Felicitas Saeculi.
L'avers mentionne, à droite de la pièce, la 10ème puissance tribunicienne et le 3ème consulat de Septime Sévère, et à gauche le nom du prince (SEVER), son titre d'Auguste (AUG) et de Grand Pontife : P[ontifex] M[aximus]. Le P avant AUG par contre je sais pas ^^
Ce que l'histoire ne dit pas à ce moment-là, c'est que l'aîné des garçons butera son cadet >_>


212.

Le lieu, les forces en présence ? L'Empire Romain, gouverné à ce moment par Caracalla, fils de Septime Sévère, frère et assassin du prince Geta (quand j'te disais, le lol, tout ça).

En quoi c'est important ? L'édit de Caracalla confère la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire. Jusque là, le statut des personnes dépendait de leur citoyenneté : romaine, grecque, pérégrine... et je peux pas vous citer beaucoup plus d'exemples parce que y'avait pas beaucoup d'endroits dans l'empire où il existait un droit constitué préalable à celui des Romains. En gros, ce qui se passe en 212, c'est qu'on supprime tous les droits (les statuts juridiques et lois) sauf le romain et qu'on le généralise à tout l'empire.
C'est la base des futurs codes de loi (dont le Justinien) qui seront eux-mêmes la base de nos propres codes de lois, hérités de Napoléon. Et c'est le premier exemple d'état où la majorité de la population partage les mêmes droits, quel que soit le statut social ou ethnique, au moins en théorie.


Personnellement je préfère l'expression "migrations germaniques".


410.

Le lieu, les forces en présence ? L'Empire Romain, les Germains.

En quoi c'est important ? À l'hiver 406-407, le Rhin gelé a été franchi par trois populations germaniques, les Vandales, les Suèves et les Alains. Il ne s'agit plus de marchands acceptés dans l'empire ou de mercenaires qui servent dans la légion pour devenir citoyens romains ou protéger les frontières (ou les deux). Il s'agit de familles, avec femmes et enfants, qui fuient la pauvreté et la guerre (les Huns commencent à faire parler d'eux) en se réfugiant dans l'Empire.
Celui-ci est forcé de les gérer, mais il a déjà plein d'autres problèmes, si bien que la vague migratoire se diffuse vers la Gaule, l'Espagne et l'Afrique du nord (où s'installeront les Vandales). Ces peuples sont surtout suivis par d'autres, dont les Francs, et en 410 la ville de Rome est saccagée par des Goths, qui sont ensuite envoyés s'installer en Aquitaine pour en virer les « barbares » déjà présents sur place.
C'est la première et dernière fois (elle n'aura plus le choix ensuite) que Rome décide d'intégrer à sa population et sur ses terres des peuples qu'elle avait passé des siècles à maintenir au loin (depuis l'échec de la conquête de la Germanie par Auguste), rendant totalement caduc le fonctionnement même du limes, la frontière. Après 410, les « barbares » établissent des royaumes dans l'Occident et l'empereur n'est plus qu'un objet de légitimité : celui qui le contrôle ou qui fait pression sur lui domine l'Occident aux yeux de Constantinople. Bref, mis à part la présence encore stable, mais plus du tout durable, du pouvoir romain en Italie, on est déjà dans le Moyen-Âge.

La diffusion de l'Islam entre 622 et 750.

632.

Le lieu, les forces en présence ? L'Arabie, Mahomet, les empires byzantin et sassanide.

En quoi c'est important ? L'année de la mort de Mahomet coïncide avec le début de la diffusion de l'Islam, troisième et dernier grand monothéisme, qui prend via sa parenté avec les deux autres la ville de Jérusalem comme lieu saint (avec La Mecque). Son expansion très large (de l'Espagne à l'Asie centrale et de l'Afrique subsaharienne aux marges de l'Europe) et très durable aura des conséquences déterminantes en termes de rapports internationaux religieux, militaires, culturels et économiques. En outre, contrairement aux Juifs (religion très longtemps marginalisée et qui ne dispose que depuis très peu de son propre état) et aux catholiques, les dirigeants musulmans ont, jusqu'à un certain point, fait preuve d'une grande ouverture aux autres monothéismes, ce qui a pu favoriser les échanges, et d'une grande curiosité intellectuelle, ce qui a incontestablement permis la sauvegarde de nombreux savoirs antiques.

On ne le dit jamais assez : les portraits de Charlemagne barbu ne sont pas réalistes. Les rois carolingiens étaient imberbes.

800.

Le lieu, les forces en présence ? Le royaume carolingien et son roi, Charles le Grand.

En quoi c'est important : depuis le début du Moyen-Age, les rois germaniques ont été baptisés puis sacrés par le Pape afin de diffuser au mieux dans leur population le christianisme. En 800, le roi carolingien est carrément sacré empereur. Non seulement y'a une dimension religieuse dans le titre, mais c'est aussi le premier empereur d'Occident depuis Rome. Pour rappel, les Byzantins avaient toujours un empire bien balèze de leur côté, et ils ne s'appelaient eux-mêmes pas Byzantins (c'est, comme souvent, une appellation née des époques ultérieures) mais « Romains », en dépit de leur culture très grecque.
Le titre impérial passera à Louis, fils de Charles, en 814, puis disparaîtra aussitôt lorsqu'en 843, l'empire sera divisée entre ses trois fils, jetant les bases de la France et du territoire allemand.

C'est la carte la plus lisible que j'aie pu trouvé sur la 1ère croisade uniquement, mais elle est dans une langue chelou XD

1095.

Le lieu, les forces en présence ? Urbain II, pape, et Jérusalem, cité du Levant.

En quoi c'est important ? Le pape en appelle à la sainte croisade, une action armée des rois catholiques, pour reprendre la Terre Sainte qui depuis le début de l'expansion musulmane est de moins en moins accessible aux chrétiens. Bon, dans les faits, les sultans ont toujours été assez cools avec les autres monothéistes. Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, ces afflux réguliers ça devait avoir l'air menaçant.
Urbain invente le concept de guerre sainte qui sera repris dans l'autre sens, notamment par Saladin, sous le nom de Djihad. Jérusalem sera prise en 1099, des États Latins d'Orient seront constitués, et on va passer à peu près 300 ans à se foutre sur la tronche entre religions dans la Méditerranée sans réelle nécessité puisque les affronts ne serviront qu'à laver d'autres affronts. C'est en petite partie à cause de ça qu'on est toujours aussi hargneux de nos jours avec les musulmans et qu'on aime assez peu l'idée d'un État, en particulier musulman, gouverné par la religion. Pourtant que les USA soient gouvernés par la chrétienté ça choque personne, et j'parle même pas d'Israël >_>
Accessoirement, un certain nombre de bons rois catholiques mourront à la croisade au lieu de gouverner leurs terres (Louis, Frédéric, c'est de vous que je parle), et Venise en profitera pour saccager l'empire byzantin à un moment parce qu'elle aura la flemme de pousser jusqu'à Jérusalem.

Ah ouais ça commençait à puer un peu du cul pour les Byzantins ^^

1453.

Le lieu, les forces en présence ? Constantinople, les Byzantins et les Turcs.

En quoi c'est important ? Après des siècles d'expansion musulmane jusqu'à l'Espagne dans un sens et l'Asie centrale dans l'autre, les rivalités avec l'empire byzantin, rencontré presque dès la prédication de Mahomet et déjà connu avant celle-ci, atteignent leur paroxysme au XIIème siècle. Constantinople sera dès lors plongée dans une guerre quasi-permanente contre les Turcs, notamment Ottomans et Seldjoukides, et alimentée en partie par les rois catholiques et l'empereur germanique, mais aussi des dirigeants locaux comme en Valachie (Vlad II Dracul et Vlad III Dracula passeront une partie de leur règne à essayer d'exister entre les deux ennemis).
En 1453, après un blocus insistant de la flotte turque, Constantinople est prise par les Ottomans de Mehmet II le Conquérant. Cet événement marque à la fois la disparition du dernier reliquat de l'empire romain, l'apogée de l'empire ottoman (qui ira même à un moment assiéger Vienne, en Autriche !) et la diffusion persistance de l'Islam des Balkans à l'Anatolie en passant par le Bosphore (bien que dans les faits le christianisme et l'orthodoxie se maintiendront parce que je l'ai dit, les sultans sont plus cools que les dirigeants catholiques avec les autres monothéistes).

Martin Luther en 1526, huile sur toile, Hambourg.

1517.

Le lieu, les forces en présence ? Le Saint-Empire Romain Germanique, Martin Luther, les autorités du catholicisme au Vatican.

En quoi c'est important ? Un siècle et demi de guerres de religions, deux siècles de tensions religieuses et au moins trois d'expatriations pour causes religieuses direction l'Amérique.
Blague à part, 1517, année de publication des 95 thèses du moine allemand Martin Luther marque le début de la Réforme protestante contre tout un tas d'aberrations du catholicisme (parmi lesquelles les indulgences : payer pour sauver son âme). Le texte inspirera le calvinisme de Jean Calvin en France, l'anglicanisme en Angleterre et il faudra attendre la Révolution Française pour que la confession religieuse cesse de devenir un critère de jugement des individus (encore que, de nos jours, je doute fort qu'on trouve beaucoup de réformés au milieu des cathofascistes français, ils sont plutôt de l'autre côté, si vous voyez c'que j'veux dire).

Bartolome de Las Casas, auteur inconnu, 1566.

1550-1551.

Le lieu et les forces en présence ? L'Espagne, Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepúlveda, les autorités espagnoles du christianisme et Charles Quint.

En quoi c'est important ? En 1492, les Espagnols prennent pied sur une île proche d'un continent sans nom (et auquel ses habitants n'en donneront jamais) qui deviendra le Nouveau-Monde. Après avoir découvert les États et sociétés locales et notamment leurs pratiques religieuses (dieux violents et sacrifices humains), Charles Quint, empereur germanique et roi d'Espagne, qui souhaite diffuser le christianisme sur ce continent, s'interroge sur le mode de diffusion. Un échange épistolaire (de lettres) a lieu entre deux catholiques mais qui réunit bien plus de lettrés espagnols, l'un privilégiant la voie pacifique et le modèle à suivre, l'autre la conquête armée et la conversion institutionnalisée.
La controverse de Valladolid ne porte pas sur l'existence ou l'absence d'une âme chez les peuples d'Amérique du sud, mais sur leur statut juridique et religieux. A terme, les deux thèses triomphent mais la conquête espagnole progresse peu parce que l'essentiel des terres exploitables est déjà entre leurs mains.
Plus important, l'institution espagnole organisant le statut et les droits des travailleurs (ceux-ci étant exploités dans les faits) ne pouvant être appliquée aux Natifs du Nouveau-Monde, elle le sera à d'autres : c'est le début du commerce transatlantique et de la traite des esclaves Africains qui l'a accompagné durant des siècles.
Un livre sur la Controverse et un film adapté de ce dernier ont été produits en 1992 en France, mais traitant à tort de l'âme des Natifs, bien qu'ils demeurent très justes par ailleurs et sont un excellent moyen de comprendre le propos.

Bataille de Rocroi, 1643, tableau d'Augusto Ferrer-Dalmau. Oui c'est un espagnol qui illustre la déroute espagnole.
Il faut savoir que les tercios, redoutables piquiers espagnols, étaient considérés comme invincibles jusqu'à ce jour où le Grand Condé, prince de France, leur a mis la branlée du millénaire, peu avant de prendre la tête de la Fronde nobiliaire "au nom du roi" contre son principal ministre, le Cardinal de Mazarin. Un vrai troll, ce Condé, et un génie militaire aussi.

1618-1648.

Le lieu et les forces en présence ? L'Europe continentale et toutes les puissances européennes (états du Saint-Empire, France, Espagne, Pays-Bas, Danemark, Suède...) sauf la Russie (et l'Angleterre, forcément).

Pourquoi c'est important ? Les Européens passent trois décennies à s'envoyer des marrons dans tous les sens pour tout un tas de raisons qui varient en fonction du point de vue. Les Pays-Bas ont commencé la gigateuf dès 1568 en se révoltant contre l'Espagne et la France, dernière arrivée à la petite sauterie en 1635, vient régler ses comptes avec le royaume ibérique. Le Saint-Empire héberge tous les convives et, à terme, les populations, les économies, les territoires et les sociétés sont ravagés, en particulier chez l'hôte, qui ne se remettra jamais d'une cuite pareille.
La Guerre de Trente-Ans est la mère de toutes les guerres de religion (même si la France, catholique et abritant des protestants, affronte des puissances catholiques, mais ça c'est la base de la Raison d’État que le jeune roi Louis va appliquer systématiquement) et elle a des conséquences durables : les Pays-Bas sont indépendants (et vont devenir une sacrée puissance commerciale), la France s'apprête à devenir le taulier de l'Europe, tous les autres sont en miettes, le Brandebourg abrite les germes de ce qui deviendra un teigneux impitoyable du nom de Prusse, et deux idées émergent : la première est celle de l’État, indépendant et inaliénable, au lieu d'une Europe unique et indivisible (on accepte les différences de chaque pays et la diplomatie les fait traiter d'égal à égal (les Hollandais ont dû aimer)). La seconde, ironiquement, est celle de nationalité : parce que, à l'exception des Allemands, chaque camp correspondait grosso merdo à un pays, et que chacun défendait ses propres intérêts au sein d'une guerre pourtant multiple, les élites européennes se trouvent plus cohérentes au sein d'elles-mêmes qu'à l'échelle du continent (alors que la noblesse d'Ancien Régime est traditionnellement un groupe social supra-national).
Ce qui donnera au XIXème siècle l'autodétermination ou « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », contrairement au droit des États à disposer des peuples.

En bleu et rose, ce que la France donne aux Anglais en 1713. En bleu, ce qu'elle leur donne en 1763. Louis XV nous l'a un peu mis profond (cet abruti).

1756-1763.

Où, qui ? Dans les colonies anglaises et françaises du Nouveau-Monde et en Europe. Les Français, les Anglais, les Allemands, enfin tout le monde quoi.

Pourquoi c'est important ? Déjà, c'est une répétition de la Guerre de Trente-Ans pour des motifs différents. Il n'est plus question de religion mais de contrôle des territoires et donc des ressources qui vont avec, ainsi que d'équilibre des puissances. Ensuite, c'est en Amérique une répétition avant la Guerre d'indépendance. Tout le monde cogne sur tout le monde sauf que cette fois, la Russie et l'Angleterre sont aussi invitées à la fête (cette dernière avait même commencé à s'amuser avant les autres et devinez avec qui ? Cocorico ! ).
Plus que le déroulement, parce qu'une guerre ne ressemble à rien de moins qu'à une autre guerre, surtout à l'époque moderne (ça sent la poudre, le métal, le sang et les beaux uniformes tachés), c'est l'issue qui est importante. Déjà, on a appris que le roi Louis de France était un gros couillon. Il a abandonné le jeune et terrible royaume de Prusse pour s'allier à cette vieille mégère impotente, l'Autriche, et du coup il a misé sur le mauvais cheval. Et concrètement, voir un royaume adolescent martyriser un royaume du 3ème âge, ça donne une bonne idée du renversement d'équilibre dans l'espace allemand. Ensuite, la Grande-Bretagne a arraché à la France tout son territoire continental américain et donc presque tout son empire colonial (qui est empaqueté dans un package appelé Louisiane, sera filé à l'Espagne, rétrocédé à la France et vendu par Napoléon aux Américains), initiant la domination de la culture anglo-saxonne et planifiant le massacre des Natifs en Amérique (nous au Canada on était plutôt du genre à traiter avec eux). Enfin, en perdant ces terres, la France a perdu les fourrures (ce qui est une bonne chose), le sucre, le chocolat (CA CRAINT UN MAX) et tout le fric qui allait avec.
Et si on regarde à plus large échelle, cette victoire anglaise permet la domination des mers pendant deux siècles par nos voisins du nord-ouest, tout en expliquant l'esprit de revanche français qui poussera un autre couillon, le roi Louis fils de Louis, à s'engager dans une certaine guerre d'indépendance en ruinant son propre pays (et en accélérant l'organisation de la surprise-partie suivante dans l'agenda, la soirée à thème Révolution).


1848.

Où, qui ? En Europe continentale, la majeure partie des peuples européens.

Pourquoi c'est important ? Le Printemps des Peuples est la base de notre principal dogme politico-culturel actuel : l'autodétermination. Les guerres napoléoniennes (1799-1815) ont provoqué un éveil des consciences nationales ensuite frustrées par le Congrès de Vienne (1815) qui n'a servi qu'à restaurer l'ordre monarchique et la Raison d’État en Europe. Malgré un sursaut en 1830, les nationalismes ne sont toujours pas satisfaits et remettent ça en 1848. Bon, ça suffira toujours pas et il faudra attendre la fin du siècle, 1918 ou même 1991 pour que certains peuples se voient enfin gratifiés d'un pays qui leur est propre (bon, pour ma part, je suis pas d'accord dans certains cas comme celui de l'Ukraine, mais passons).
Depuis 1848, le Printemps des Peuples est devenu le symbole de la prise en main du destin des peuples par eux-mêmes, bien que, très ironiquement, toujours repris de manière faussée, manipulée voire complètement aberrante (genre le Printemps Arabe qui est un bouleversement provoqué par l'Occident pour neutraliser des rivaux africains et proche-orientaux ou le Printemps Français qui est juste un rassemblement de trous du cul, de connards, de pouffiasses et de cathofascistes qui entrent dans les 3 catégories précitées au nom du conservatisme et de la haine des minorités ethniques ou sexuelles).
A ce sujet, je vous conseille la lecture de la série d'articles que j'ai écrits sur le XIXème siècle (le 4ème et dernier va arriver bientôt), qui résume vite et clairement le propos des nationalismes et des états entre 1815 et 1914 (c'est du cours de licence alors forcément). Le premier article de cette série est ici.

Voilà, j'ai terminé ma liste, je me suis efforcé de ne choisir que des dates qui avaient des répercussions larges et durables dans leur contexte ou dans l'histoire de l'Humanité en général, raison pour laquelle j'en ai rejeté d'autres (843, 1549, 1585-1595, 1643-1661, 1688, 1920) qui ne concernaient qu'un pays ou un nombre faible de pays, n'avaient que des conséquences limitées ou encore ne me semblaient pas pertinentes du point de vue moral ou intellectuel (raison pour laquelle j'ai commencé par l'édit de Caracalla et ai cité la Controverse de Valladolid).

J'ai également renoncé à citer la colonisation, bien que j'aurais voulu le faire, tout simplement parce qu'il est difficile de trouver une date de début unique et universelle : la France a commencé vers 1830 avec l'Algérie, mais l'Angleterre avait déjà un pied dans le golfe de Guinée, l'Italie et l'Allemagne s'y sont prises sur le tard bref c'est très hétérogène, mais je reconnais évidemment que c'est le genre de phénomène qui impacte : c'est à cause de cette merde longue d'un siècle et demi que l'Afrique est dans son état actuel.

Allez, cette série est finie, le prochain article d'histoire sera un one-shot, à la prochaine et culturez-vous !

1 commentaire:

  1. Intéressant à lire : j'ai bien aimé les illustrations par cartes (dont le Canada... C'est vrai que les Français se sont alors bien faits "rouler" à cette époque). Sur le "fond", pas historienne, je ne peux émettre d'avis...

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