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6.2.15

Marathon Saoirse Ronan - 1. La cité de l'ombre

(je trouve l'affiche espagnole super classe)
 
Film américain de Gil Kenan (2008) avec Saoirse Ronan, Harry Treadaway, Bill Murray, Toby Jones, Tim Robbins, Mackenzie Crook.
Genre : fantastique.

La Terre, dans un futur indéterminé. Face à une mystérieuse catastrophe globale, les plus grands esprits de ce monde décident de bâtir une cité souterraine, Ember, pour y abriter le plus de monde possible et la scellent pour une durée prévue de 200 ans, en y laissant à la garde du Maire une mallette à n'ouvrir qu'au terme de ce délai.

La mallette est cependant perdue après quelques générations et au bout d'un certain temps, le générateur d'Ember connaît ses premiers dysfonctionnements. La jeune Lina Mayfleet, récemment intégrée au corps des Messagers, et son ami Doon Harrow, affecté à la tuyauterie souterraine, trouvent malgré eux la mallette et ses secrets, et tentent de sauver Ember.

Ce film est le premier d'une série relativement longue de titres qui n'ont aucun lien entre eux à l'exception de la jeune et jolie actrice qui y joue à chaque fois, et à laquelle j'ai décidé de consacrer un marathon, sur le modèle de Darkly et de son marathon Robin Williams. Saoirse Ronan, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, est un jeune génie américain d'origine irlandaise, et si j'ai cru récemment l'avoir déjà vue à plusieurs reprises, j'ai constaté qu'en fait, je ne l'avais découverte que dans le Grand Budapest Hotel bien qu'elle avait déjà attiré mon attention par sa présence dans Lovely Bones de Peter Jackson (2010).
(clique sur cette image !)
Alors mettons les choses au point tout de suite : Saoirse se prononce « sirsha », c'est irlandais, elle a le plus beau regard et le visage le plus adorable de la terre, et elle a sûrement autant de talent que Chloë Moretz, autre joueuse de la catégorie « je suis jeune et je fais ce que je veux de mon parcours ciné ».

Pour ce qui est de La cité de l'ombre, j'étais pas très enthousiaste à la base parce que je croyais que c'était de la fantasy, puis j'ai découvert que c'était du fantastique plutôt orienté jeunesse (et merde) adapté d'une série de romans pour la jeunesse ('chier !) et que le prologue du film n'est pas très vendeur. Narré en voix off, on voit les vieux s'enfermer dans un genre de salle de réunion dans un bunker, enfermer un papier et une plaque de verre dans cette mallette blindée à fermeture numérique, le tout avec maints gestes solennels qui confèrent un aspect ridiculement cérémoniel à la séquence.

Bon déjà moi le maire j'y crois pas trop ^^

Cela étant, le reste du film est bien. Déjà, parce qu'à mon sens, ce film est probablement une uchronie. La fin du monde ne justifie pas qu'on enferme des gens dans une cité souterraine en les laissant végéter à un niveau de développement pratiquement pré-industriel, ce qui donne au film l'impression à la fois d'un sacré décalage temporel et d'un côté un peu steampunk bienvenu. Si vous savez pas ce qu'est le steampunk, je peux rien pour vous et j'compte pas vous l'enseigner.
En plus les décors sont superbes, vachement bien conçus, construits, à la fois détaillés pour nous immerger dans cette cité fourmillante éclairée par une nuée d'ampoules ('utain j'adorerais être messager comme Lina, déjà parce que l'uniforme est classe, ensuite parce que tu cours partout dans les rues sinueuses, mouahaha *__*), mais également imprécis, filmés à la va-vite ou pas complètement pour laisser juste ce qu'il faut de mystère et d'inconnu. Par exemple, on sait jamais vraiment, même à la fin du film, à quoi ressemblent les environs immédiats de la ville.


En plus, y'a l'air d'avoir un monde pas possible dans cette ville, les maisons sont petites mais spacieuses, pratiquement les unes sur les autres, avec des allées et des venelles qui serpentent d'un croisement à l'autre, carrément on dirait une cité ouvrière ! Du coup, rien de surprenant à ce que la figure du Maire soit celle d'un personnage paternel et bienfaisant, qui dirige sa communauté comme un berger guide son troupeau, y compris face au risque inéluctable de la cité qui commence à s'éteindre (au sens propre).
Confrontés à cette crainte, les habitants sont donc pour la plupart complètement paumés, minoritaires étant ceux qui soient sont du côté du Maire (ah ouais, ça va être tout noir (ta gueule !) et on va manquer de tout mais c'pas grave, j'me suis mis plein de bouffe dans une cache secrète) ou ceux qui pensent que les Bâtisseurs viendront les sauver dans un genre de croyance quasi-religieuse à l'égard des Créateurs d'Ember.

Même s'ils payent pas de mine, je trouve les costumes plutôt sympa, pour le coup.

Les personnages principaux et secondaires, guère nombreux, ont donc un rôle tout à fait déterminant dans cette histoire même s'ils en ont pas l'air (salut Tim Robbins !) et surtout, un truc que j'adore par-dessus tout, le film se justifie. C'est d'ailleurs pour ça que je déteste les deus ex machina, tu peux me raconter les trucs les plus hallucinants du monde, si ça tombe pas comme un cheveu sur la soupe mais que c'est amené avec intelligence, ça passe. En l'occurrence, certains détails, genre la voix sur le répondeur, la mallette oubliée, son contenu dégradé, le fait de graver son nom sur son casque quand on bosse dans la tuyauterie (ce qui amène cela dit une séquence de pleurs Saoirsiens totalement gratuite), tout ça est utilisé intelligemment dans l'intrigue.
Mention spéciale à une petite trouvaille vers la fin du film : Lina et Doon arrivent à un débarcadère, trouvent une boîte contenant des bougies, une boîte d'allumettes, et un papier qui décrit comment utiliser les deux ensemble. Bah oui, ils viennent d'une ville qui fonctionne entièrement à l'électricité depuis plus de deux siècles !

 Oué, il a l'air un peu fou hein.

Bref, ce film est super intéressant et également bien interprété, alors que c'est l'un des premiers de Saoirse Ronan. Tim Robbins incarne un personnage très particulier, dans son rôle et son état d'esprit (au début j'ai juste cru qu'il était barge. Mais genre vraiment dérangé.), mais que j'ai assez apprécié, de même que le gamin qui joue le second rôle principal. J'ai aussi retrouvé Toby Jones après les Captain America et les Hunger Games (je l'adore toujours autant (chuis surpris que Stanley Tucci soit pas de la partie tiens XD)), de même que Mackenzie Crook, le Ragetti des Pirates des Caraïbes (qui est décidément bon pour jouer les sous-fifres de méchants), casting fort plaisant s'il en est, pour un film plutôt méconnu, mal médiatisé et sous-estimé.
Eh, c'est Walden Media qui produit, vous pouvez pas dire après le premier Narnia (le seul bon quoi) et Térabithia, qu'ils font de mauvais films ;)

En bref : un petit film sans prétention apparemment destiné à la jeunesse, mais quand même appréciable pour tout le monde, qui manque certes de dynamique action-aventure (cela dit c'est pas le propos, l'intrigue repose sur le mystère) mais pas de panache ni de mise en scène. Les décors sont très bien, la bande-son est extrêmement joliment composée, et y'a Saoirse Ronan. Le film parfait quoi.


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