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15.3.15

Encore une série marrante avec des morts dedans.


Dead Like Me.

Créateur : Bryan Fuller.
Origine : Etats-Unis.
Date de diffusion : entre 2003 et 2004 sur Showtime aux États-Unis et en 2004 et 2008 sur Jimmy en France.
Nombre de saisons : 2.
Genre : fantastique, comédie dramatique. 

Interprètes principaux.
Ellen Muth : Georgia Lass, faucheuse d'âmes morte à 18 ans.
Mandy Patinkin : Ruben Sofer, mort dans les années 20, chef du groupe de faucheurs.
Callum Blue : Mason, faucheur paumé essayant sans cesse de gagner sa vie illégalement.
Laura Harris : Daisy Adair, faucheuse, ancienne actrice, sophistiquée et égocentrique.
Jasmine Guy : Roxy Harvey, faucheuse cassante et bourrue.
Cynthie Stevenson : Joy Lass, mère de George, control-freak qui gère mal son récent deuil.
Britt McKillip : Reggie Lass, jeune sœur de George, qui décide de lui ressembler après sa mort.

Seattle, de nos jours. Georgia « George » Lass est une jeune femme cynique de 18 ans, découragée à la seule idée d'entreprendre quoi que ce soit. Alors que sa mère l'a forcée à chercher du travail, elle échoue chez Happy Time, une société de travail temporaire dirigée par l'excentrique Dolores Sapair. Lors de son premier jour, elle est tuée par la chute de la lunette des toilettes de la station spatiale Mir dé-satellisée par les Russes.

A sa grande surprise, elle est alors contactée par Ruben et Betty, deux « Faucheurs d'âmes ». Elle apprend aussitôt qu'elle a été appelée à devenir une des leurs : désormais connue sous l'identité de Mildred « Millie » Hagen, George Lass, la fille de la lunette des toilettes, doit capter les âmes des gens juste avant qu'ils ne meurent, et les conduire dans l'au-delà.
Pour sa famille, continuer à vivre malgré son décès est cependant difficile.

Dead Like Me, série créée par Bryan Fuller, également connue pour l'excellente Pushing Daisies dont j'ai parlé dans cet article, est une série dans le même genre que cette dernière qui est en fait sortie plus tard. Il s'agit là encore de dédramatiser la mort en faisant de l'humour dessus et en racontant une histoire sympa dans un univers détaillé.
Alors que Pushing Daisies parlait d'un mec qui a le pouvoir de ranimer des morts et des conséquences professionnelles et morales que ça peut donner, Dead Like Me passe de l'autre côté en montre, à sa manière, comment est géré le passage de vie à trépas.

Concrètement, le pitch, c'est que la Mort n'intervient jamais elle-même, qu'elle n'est jamais présente dans sa grande incarnation bien connue de la culture, la cape noire, la faux, tout ça, mais qu'au contraire ce sont des petites mains qui font tout le boulot. Parce que la série a été annulée, un paquet de trucs n'ont pas été expliqués, et même pendant son déroulement, elle a connu des difficultés puisque le showrunner Bryan Fuller s'est cassé à la fin de la première saison, précédé par Rebecca Gayheart, interprète de Betty, la meilleure amie Faucheuse de George.

Dans l'épisode 1 on découvre que les vivants ne voient pas les Faucheurs avec leur visage réel (pour éviter de reconnaître sa grande sœur récemment morte), mais ce n'est plus évoqué ou utilisé dans la narration par la suite, dommage :( Cela dit, l'apparence publique de George craint un max.

Personnellement, je dois avouer que ce scénario me passionne au plus au point, on est complètement dans mon délire, je suis très bon client, puisque, de mon côté, dans mon roman à venir, Crise de foi (je cherche encore une meilleure idée de titre), les divinités œuvrent à l'aide d'une vaste administration lourde et procédurière et que ça fait chier tout le monde ^^
Dans Dead Like Me, le postulat de base c'est que les faucheurs vivent dans le monde des mortels et, à ce titre, doivent manger, se loger, dormir, et que comme ils sont pas payés pour leur boulot de moissonneurs d'âmes, ils doivent trouver un nom d'emprunt, un boulot régulier et squatter dans un domicile abandonné.
Du coup, l'un des premiers enjeux de la narration pour George, c'est de se faire réembaucher chez Happy Time et de trouver un logement rendu vacant par la mort de quelqu'un dont elle est venue faucher l'âme ^^

La série est assez équilibrée parce que le devenir des Lass après la mort de Georgia intervient pas mal dans l'histoire. Et c'est elle qui a donné ce chien à sa ptite sœur. Anonymement hein.

Au quotidien, les personnages ayant eu une existence différente, un caractère unique, leurs efforts pour s'adapter à leur vie sont variés et très drôles à observer, depuis Mason qui enchaîne les combines jusqu'à Roxy qui bosse dans la police au stationnement et qui braque les cons qui se plaignent de ses amendes, en passant par Daisy qui, entre deux anecdotes sur des grands acteurs de l'âge d'or de Hollywood à qui elle a fait une gâterie (sa spécialité durant sa vie mortelle), essaie de monétiser chacun de ses transferts d'âme en récupérant du butin chez les morts...
En plus, chaque personnage a un rapport différent à la mort et à la manière dont on traite les défunts juste après leur décès, ce qui joue aussi dans la mise en scène burlesque et le ton mélodramatique de la série.

Comme dans Pushing Daisies, les personnages de Dead Like Me ont un QG confortable et classe où ils vont manger, ça s'appelle Der Waffle Hause, la maison des gaufres, toujours à la même table dans ce box.

Côté narration, je pense que ça appartient un peu au style de Fuller que d'égrener ses infos au compte-gouttes, parce qu'ici comme dans Pushing Daisies on n'apprend que petit à petit et très brièvement quelle a été l'existence de chaque faucheur avant sa mort, l'accès étant mis sur leur décès proprement dit dans un épisode, si je me souviens bien, et sur le passé de Ruben vers la fin de la série.
Le reste du temps, les personnages secondaires gravitent autour de Georgia en l'épaulant ou en la pourrissant selon le moment, et c'est surtout elle qui évolue. Annulée, la série ne dure que 28 épisodes de 45 minutes, la première saison se focalisant sur le passage de la jolie blonde chez les morts et les conséquences sur sa famille, la seconde évoquant plutôt les autres personnages, leur passé, leurs rapport et la réussite progressive de George dans sa vie professionnelle publique et secrète.

Ils ont encore craqué leur zlip sur les costumes, c'est pas Bryan Fuller pour rien ^^

Contrairement à Pushing Daisies, qui avait une esthétique très Big Fish, à la fois intemporelle et difficile à situer géographiquement, Dead Like Me assume parfaitement le fait de se dérouler à notre époque et il paraît qu'en regardant bien on peut déceler de nombreux éléments qui placent l'action à Seattle mais pour ma part, n'ayant fait que des recherches sommaires sur cette ville pour ma nouvelle (oups, spoiler alert ^^), je ferais confiance aux Américains sur ce point.
Toujours est-il que la série adopte une apparence assez classique dans sa manière de filmer, dans ses objets visuels, à l'exception de ceux propres à la narration : les Sépulcreux, qui exécutent les mises à mort proprement dites (on apprend durant la saison 2 d'où viennent ces petites saloperies), le fait de choper l'âme de quelqu'un quelques minutes avant sa mort (toujours de la même manière, par un geste un peu caressant, ce que je trouve bizarre) et bien évidemment le ridicule consommé des décès proprement dits, qui rivalisent d'aberration dans les circonstances XD

Dans la saison 2 elle devient inspecteur, et là elle est encore pire XD

Par contre, la bande-son, quoique pas extensible à l'infini, est composée de musiques et de chansons assez particulières qui donnent souvent à la série une coloration mystérieuse voire exotique, et le doublage français (parce que tous les épisodes n'étaient pas dispos en VOST et que je voulais de la cohérence sur l'ensemble) est plutôt bien interprété, donc ça se refuse pas. Même les jeux de mots sont traduits, par exemple Dolores Sapair « comme sa paire d'yeux noisette », en VO c'est Delores (?) Herbig, « like her big brown eyes ».
Après, le départ de Bryan Fuller a eu des conséquences nettes parce que si la première saison s'appuie sur les acteurs, leurs gestuelle et leurs mimiques (par exemple les sourires forcés d'Ellen Muth devant l'ironie dans laquelle elle est perpétuellement plongée), la seconde met davantage l'accès sur le cadre, la mise en scène, et ça se voit dès l'épisode 2.1 dans une scène entre les parents de George.
En tout cas, Mandy Patinkin est un super acteur et si on est dans une série télé peu connue avec un budget modeste, les interprètes sont irréprochables, notamment la jolie blonde qui joue Daisy ou encore la petite dynamite incarnant la redoutable Roxy.

En bref : série fantastique à la fois courte et appréciable, Dead Like Me ne conclut peut-être pas sa narration à la fin des 28 épisodes, mais on nous avait annoncé dès l'épisode 1 que c'était impossible — un faucheur ne pouvant passer le flambeau à un autre qu'au moment de collecter sa dernière âme et ignorant perpétuellement combien il lui en faut pour arriver au compte. En revanche, elle est drôle, bien mise en scène, justement interprété, et ses thèmes à la fois larges comme son propos délirants sont plus rafraîchissants que les sempiternelles histoires politiques, sociales ou policières vues par ailleurs.

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