Barre-menu

15.3.15

Marathon Saoirse Ronan - 5. Les chemins de la liberté


Film américain de Peter Weir (2010) avec Jim Sturgess, Ed Harris, Colin Farrell, Saoirse Ronan, Gustaf Skarsgård.
Genre : drame, histoire.
Vu en VOST.

Pologne, 1940. Janusz, un jeune officier polonais, est arrêté par les services politiques de l'occupant soviétique et accusé d'espionnage grâce à un témoignage arraché à sa femme. Envoyé dans un camp de travail en Sibérie, il est loin de se résigner.
Très vite, il planifie une évasion avec six autres détenus, dont un américain, « Monsieur » Smith, et un criminel « professionnel », Valka. Fragile et divisé, le groupe décide de s'échapper vers le sud et la frontière de la Mongolie, au travers de la Sibérie hivernale.

Inspiré d'une histoire vraie qui a fait l'objet de revendications apparemment illégitimes, The way back est un film assez surprenant et, encore une fois, un titre dans lequel la jolie Saoirse Ronan n'incarne pas un rôle principal, mais c'est pas bien grave, il m'aurait intéressé même si elle y jouait pas, en fait.
Du coup, des historiens de la 2GM ont effectivement fait des recherches sur le sujet à l'aide d'archives de la Russie et de l'Asie Centrale, et il s'avère que des gens ont effectivement fait le voyage vers la liberté, depuis divers points de la Russie, sans toutefois aller aussi loin que l'auteur polonais du livre The long walk le prétendait en 1955.


Parce que, concrètement, cette histoire semble hallucinante et difficile à croire, principalement en raison des difficultés rencontrées par un voyage aussi extrême. [ Je l'ai pas dit dans le résumé pour pas spoiler mais en fait, lorsque les évadés parviennent en Mongolie et s'aperçoivent que le stalinisme y a prise également, ils décident d'aller plus loin, direction le Tibet (alors relativement autonome) ou le Népal et aboutissent finalement en Inde britannique. ] Du coup, pour raconter une histoire aussi dingue il faut un type talentueux, histoire que ce soit un minimum crédible.
Peter Weir, pour le coup, est réalisateur de films aussi variés mais bons que Le cercle des poètes disparus, The Truman Show et Master and commander (dont j'ai parlé ici), du coup les drames et les voyages, il connaît.

*ronronne*

Bref, trêve d'introduction, The way back raconte donc l'histoire de ce polonais qui tient à retrouver sa femme et à rentrer au pays mais pour qui, ironiquement, le chemin le plus sûr va de l'autre côté de la planète. Le film est majoritairement centré sur le personnage de Janusz, présenté comme un jeune type débrouillard et capable de survivre en pleine nature (….ok, pourquoi pas !), donc c'est lui qui guide le groupe et, le plus visible, définit les points cardinaux avec juste un bâton de marche, une pomme de pin et la lumière du soleil. Balaise.
Autour de lui, un Américano-Russe, un Letton, un Yougoslave et des Polonais. Chaque personnage est plus ou moins rapidement caractérisé mais on se doute que dans un récit aussi héroïque et tragique, c'est pas essentiel pour chacun. Comprenez : à quoi bon s'appesantir sur un personnage qui mourra longtemps avant la fin du voyage ?


Sans être forcément des clichés, ces personnages très variés le sont peut-être un peu trop à mon goût. L'Américain, je vois pas bien pourquoi il est revenu en Russie, le Yougoslave, je vois pas ce qu'il y foutait à la base, et les personnages de Mark Strong et Colin Farrell sont tout aussi étranges : le premier ne parle que d'évasion mais simplement pour « se nourrir » de l'énergie du désespoir des candidats à la fuite (et, du coup, ne prend pas part à celle-ci) et le second est un meurtrier avéré tatoué de Staline et Lénine qui ne dépasse pas la frontière mongole parce qu'il a peur de quitter la Mère-Patrie.
Les hommes sont rejoints à un moment par une jeune fille, Irena, polonaise ayant passé l'essentiel de sa vie à Moscou, échappée d'un camp de travail pour femmes, Saoirse Ronan venant apporter un peu de fraîcheur à ce groupe dur et aride.


Je dois avouer que si j'ai aimé le casting, composé essentiellement d'acteurs peu ou pas connus (même Jim Sturgess, je l'ai vu seulement dans Cloud Atlas), avec entre autres le fils de Stellan Skarsgard (l'autre, pas celui qui joue dans True Blood), pour la narration c'est autre chose.
Alors bien sûr, c'est extrêmement intéressant et souvent touchant d'entendre chacun parler de son passé — ou en l'occurrence de se confier à Irena et de l'entendre le répéter aux autres — et plus encore d'observer l'impact du communisme sur la Mongolie (la séquence du temple bouddhiste est dramatique à l'extrême) mais le film s'attarde beaucoup sur des passages du voyage qui auraient pu être expédiés plus rapidement et à l'approche du dénouement (c'est un des problèmes quand on regarde ses films sur VLC ça, on sait quand on est pas loin de la fin) les survivants sont encore dans l'Himalaya, où en fait ils auraient pu rester trois mois de plus, attendant le printemps comme on le leur avait conseillé, si ce dingue de Janusz n'était pas aussi impatient.
Pareil, le voyage implique de traverser une partie de la Chine, à aucun moment ce n'est mis en scène, ne fût-ce qu'un instant.

J'ai toujours trouvé aberrant l'iconoclasme du communisme de la première heure, déjà parce que la religion n'a rien de politique, ensuite parce qu'en l'occurrence, les bouddhistes ne feraient pas de mal à une mouche. Littéralement.

Après, les paysages sont absolument superbes, y compris les plus cauchemardesques comme la steppe rocheuse de Mongolie ou le désert de Gobi (qui, on le ne dit pas assez, est un désert FROID, d'autant que le film a lieu en hiver). L'Inde, verdoyante et paisible, apparaît clairement comme un bel aboutissement aux efforts des héros, la Sibérie dans tout ce qu'elle a de sauvage et d'hostile est également joliment filmée, et les rares intérieurs, dans le temple bouddhiste, sont sympa également. La bande-son, en outre, est juste assez rare et discrète pour amplifier l'atmosphère d'isolement et de contrainte de la narration, il n'est pas question de valoriser ou de dynamiser un voyage, c'est une épreuve de bout en bout et ça se sent bien.
Bon par contre je suis déçu, c'est sensé être un film un minimum international, c'est même pour ça que j'me suis efforcé de le voir en VOST, et en fait ils parlent tous anglais sauf les officiers soviétiques du début et tout n'était pas sous-titré. Pff. Je vous hais.

En bref : un film très intéressant et bien filmé sur un élément peu connu de la 2GM, les fuites de prisonniers de l'Union Soviétique. Justement interprété par un casting plutôt bien choisi, The way back nous raconte une histoire héroïque et dramatique, souvent poignante dans sa réalisation. Peut-être pas le film du siècle, mais il a le mérite d'être là et je conseille franchement son visionnage, pour votre curiosité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire