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15.3.15

Marathon Saoirse Ronan - 6. How I live now


Film britannique de Kevin McDonald (2013) avec Saoirse Ronan, Tom Holland, George MacKay, Harley Bird.
Genre : drame.

L'Angleterre, dans un futur proche. Daisy, une jeune Américaine, vient passer les vacances dans la maison de sa tante maternelle. La jeune fille, introvertie et sarcastique, y découvre loin d'un père absent et d'une mère défunte des cousins attachants et ravis de la rencontrer.

Quelques jours plus tard, cependant, sa tante doit s'absenter pour aller en Suisse. Durant son absence, les tensions politiques qui sévissent dans le pays dégénèrent : Londres est détruite par une explosion nucléaire dans un attentat et l'Angleterre sombre dans la guerre civile.

How I live now est un film qui était sur ma Liste 2013 y'a deux ans et que j'avais pas pu voir parce qu'il était pas en salles à Lille. C'est maintenant chose faite grâce à ce marathon Saoirse Ronan, et j'en suis bien content.
Concrètement, cela dit, ce film est plutôt perturbant. Sous des apparences de film indépendant assez paisible, il cache une dystopie dans laquelle l'arrivée à Heathrow, l'aréoport de Londres, est ponctuée par l'annonce d'un attentat à la bombe à Paris. Comme ça, normal. Et ensuite c'est l'apocalypse. Décidément ce thème-là elle connaît Saoirse Ronan.


Bref, l'élément le plus intéressant du film n'est pas tant que c'est la guerre et la dévastation que ces événements sont racontés d'un point de vue très extérieur. Déjà, Daisy est américaine, ce qui pousse le consulat à lui envoyer un billet de retour à la première occasion, ensuite c'est une fille – ça joue dans la narration – enfin elle n'est jamais présente au cœur des combats mais en observe les conséquences après coup. Et je trouve ça aussi original qu'intéressant, un film sur la guerre qui s'abstient totalement de filmer la guerre.

Du coup, la majeure partie du temps, la caméra fait la part belle à la campagne anglaise, paisible et insouciante, même si on sent dès le début une menace sous-jacente, ne serait-ce que par la hausse des prix hallucinante — quelque chose comme plusieurs dizaines de livres pour 15 minutes de stationnement à Heathrow — ou les rares apparitions de la tante de Daisy (dont j'ai oublié le nom d'ailleurs), qui travaille au gouvernement et passe son temps enfermée dans son bureau. La première fois qu'on la voit elle est d'ailleurs en train de travailler sur une projection des pertes civiles potentielles en cas de conflit entre deux coups de téléphone, grosse ambiance.
Cela étant, le casting, britannique peu connu à l'exception notable de la jolie Saoirse Ronan (qui, d'ailleurs, est américaine d'origine irlandaise) plonge vite le film dans une ambiance « t'es à la maison, c'est les vacances d'été, on va s'baigner à la rivière ça va être bien ». La gamine qui joue Piper, la cousine de Daisy, ou encore celui qui joue le cousin Eddie m'ont semblé particulièrement bien choisis.


Ce qui met en valeur le caractère de Daisy, introvertie, hantée par les innombrables restrictions qu'elle s'impose et qui fusent dans son esprit comme autant de pensées que le spectateur entend toujours, et qui se refuse à toute sorte de loisir avec sa famille, jusqu'à un certain point.
A partir de là, j'ai apprécié le fait que le film, qui aurait pu virer complètement mélodramatique, parvient à rester équilibré. How I live now n'est pas davantage une histoire d'amour qu'il n'est une dystopie post-apocalyptique (à une échelle restreinte, mais quand même). Les jeunes gens sont séparés en fonction de leur genre, on découvre plus tard ce qu'il advient des garçons (c'est pas beau à voir), les filles sont placées sous surveillance de l'armée dans un domicile privé, travaillent à l'effort de guerre dans les champs au milieu d'un pays en guerre contre lui-même et le premier réflexe de Daisy est de tenter un retour à la maison.


La seconde moitié du film est dominée par ce thème, sur fond de rationnement, de traversée des zones de combat, mais How I live now n'en fait jamais trop sur cette histoire d'amour. Daisy rêve de son cousin Eddie (oui c'est sûrement de la consanguinité mais chut, c'est la guerre !), c'est l'envie dévorante de le revoir dans la chaleureuse maison de campagne qui sert de moteur à son envie d'évasion et à l'autoritarisme dont elle fait preuve auprès de la jeune Piper.
Par contre, si le fond narratif est sans équivoque, la manière de filmer, les paysages traversés, le camp militaire aux objectifs apparemment morbides, tout ça s'éloigne du couple pour dépeindre la guerre elle-même.
De fait, les péripéties du séjour des jeunes filles dans la maison étrangère, les personnages d'Isaac et Joe, la présence permanente des militaires donne à l'ensemble une atmosphère de crise aussi bien rendue par la caméra — et ce qu'elle montre ou au contraire ne montre pas — que par la bande-son légère et paisible au début, rare et mélancolique vers la fin.

En bref : on est carrément dans le cinéma indépendant avec ce film (aucune major dans les boîtes de prod'), et ça se voit. La narration, les personnages, le cadre spatio-temporel, tout concourt à rendre cette histoire étrangère et pourtant fascinante. Saoirse Ronan est superbe dans son rôle, aidée des quelques personnages secondaires, et ce film est vraiment très beau et agréable à regarder :D


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