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31.3.15

Nathaniel, Bartiméus, Kitty Jones, suite et fin.

La porte de Ptolémée.
Auteur : Jonathan Stroud.
Origine : Angleterre.
Nombre de livres : 3.
Date de publication : 2005.
Genre : fantasy.
Ce livre est la suite de L'amulette de Samarcande et de L'œil du golem, et conclut donc la Trilogie de Bartiméus.
L'auteur.
Né en 1970 à Bedford, Angleterre, Jonathan Stroud a commencé à écrire très jeune. Grand amoureux de livres, il est diplômé de littérature de l'université d'York et a travaillé comme éditeur à Londres avant de connaître le succès comme auteur dans les années 90. Il vit à l'heure actuelle à St Albans avec son épouse, illustratrice de romans pour la jeunesse, et ses deux enfants, où il se consacre à l'écriture.

Nathaniel alias John Mandrake, magicien et maître du djinn Bartiméus, est maintenant ministre de l'Information de Rupert Devereaux. Si sa tâche principale est de présenter l'empire britannique comme triomphant dans la guerre en Amérique, il poursuit avec Jessica Whitwell, Jane Farrar et quelques autres la lutte contre les infiltrations des puissances européennes sur le sol anglais.
Cependant, Bartiméus, à qui Mandrake a attribué cette tâche, est épuisé par deux années d'invocation consécutive et se montre plus amer que jamais.

De son côté, Kitty Jones, ancienne membre de la Résistance plébéienne, a commencé à étudier la magie, avec l'intention de retrouver le djinn qui l'a tant fascinée durant l'affaire du Golem...

Bon, alors ce troisième et dernier volet de Bartiméus, si on excepte L'anneau de Salomon qui comme son titre l'indique se déroule durant la Haute-Antiquité au Proche-Orient et qui est donc une préquelle, c'est celui des trois que j'ai le moins aimé. C'est con parce que c'est aussi le plus intéressant en termes de narration ^^
Concrètement, il est dans la lignée directe des précédents, à savoir que l'empire britannique est plus écrasant que jamais avec les plébéiens, autoritaire et intransigeant, essayant même cette fois de les envoyer écraser l'insoumission des colonies américaines, ce qui attise la colère du peuple, lequel s'intègre de lui-même au vent de révolution qui commence à souffler, renforçant la surveillance policière et très vite on est dans un cercle vicieux qui ne peu mener qu'à l'éclatement.

Bartiméus en avait parlé à la fin de L'œil du golem à Kitty, lui expliquant qu'il avait déjà vu de ses yeux des empires s'écrouler et être remplacés par d'autres, que c'était juste une question de temps et que l'immunité partielle ou totale à la magie allait se révéler de plus en plus courante au sein de la population, mais le truc c'est que Kitty, elle compte pas attendre 50 ans pour voir le résultat. D'un autre côté, elle est intriguée par l'apparence régulièrement adoptée par le djinn, celle de Ptolémée, et ne parvient pas à se l'expliquer, raison pour laquelle, alors qu'elle jongle entre trois identités et un travail de serveuse dans un café de plébéiens qui sert de lieu de réunions à des dissident, elle se fait embaucher comme assistante d'un vieux magicien excentrique, dans le but d'apprendre la magie et d'invoquer Bartiméus, ce qui confirme ce que je pensais déjà ma lecture du premier volet : il n'y a pas de différence fondamentale entre magiciens et plébéiens et l'exercice de la magie est tout à fait possible pour ces derniers.

Et là on en arrive à la grosse innovation de l'écriture, qui renforce encore l'impression laissée par le prologue de Prague au début du volume précédent, à savoir la multiplicité des temporalités. Pendant que Nathaniel, Kitty et Bartiméus ont leurs propres chapitres, au présent et à Londres, le djinn raconte aussi la période la plus agréable qu'il ait vécue auprès d'un magicien, le seul qu'il ait aimé et en hommage à qui il prend régulièrement l'apparence d'un enfant égyptien, bien évidemment le jeune Ptolémée, cousin du pharaon du même nom.
Alors si c'est une partie très intéressante de l'ouvrage, elle n'est, jusqu'à un certain point, pas très riche en révélations puisqu'il s'agit surtout d'approfondir la relation d'estime mutuelle déjà soupçonnée entre l'enfant et le djinn, et seulement vers la fin de La porte de Ptolémée d'évoquer la création magique éponyme par laquelle l'érudit acquit aux yeux de Bartiméus une place unique dans l'Histoire, qui explique son cynisme à l'égard des humains mais également les rapports entre mages et « démons ».

Cela dit, ce livre est toujours aussi bien écrit que les précédents, et s'il décrit clairement une société inégalitaire ne donne pas dans le cliché de la résistance et des méchants oppresseurs, non plus qu'il décrit une guerre manichéenne au possible, principalement d'une part parce que les personnages ne s'impliquent pas personnellement dans les événements (je pense à Mandrake, qui est plutôt du genre éminence grise, et Kitty, qui observe plus qu'elle ne rejoint la nouvelle résistance) et d'autre part parce que la guerre en Amérique n'est jamais représentée, les combats sporadiques de Londres et de Bartiméus étant en fait liés à complot de magiciens, encore un, qui dénoue l'intrigue à mesure que le livre progresse, et mène à un final des plus inattendus.
[spoilers, attention] Oui parce que c'est l'un des traits marquants et je dois dire les plus talentueux de Jonathan Stroud que de ne jamais oublier la ligne directrice de sa trilogie et de révéler enfin l'identité de la personne qui avait soutenu Simon Lovelace dans son complot manqué du premier livre et manipulé Duvall pour qu'il invoque le golem du second tome, sans parler de la Résistance  et du pillage de la tombe de Gladstone, qu'il avait complètement orchestrés ^^ [fin des spoilers]

En bref : si je l'ai moins apprécié que les deux premiers, en partie à cause de ce que j'ai perçu comme de l'inutilité persistante dans les souvenirs ptolémaïques de Bartiméus, La porte de Ptolémée demeure tout aussi bon, sinon plus, que les précédents volumes de la trilogie et encore plus riche en rebondissements. Les personnages sont bien écrits, Bartiméus se révélant plus humain et vulnérable que jamais, le style est fort appréciable et ce livre conclut plutôt judicieusement la narration de la série.

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