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17.6.15

[Rattrapage] TFGA n°2 : Les morts marquantes dans le jeu vidéo


A nouveau un rattrapage des TFGA que j'ai manqués avant de découvrir ce merveilleux concept !

Cette fois-ci, je rattrape le TFGA n°2 de novembre 2014, où il était question des morts les plus marquantes dans les jeux vidéo. Attention, il va y avoir des spoilers sur les jeux cités ! Allez c'est parti !


5. The Boss – Metal Gear Solid 3 : Snake Eater

Comme lors du TFGA n°8 où j'ai placé Squall Leonhart en bas de classement, The Boss occupe ici la 5ème place parce que sa mort est relativement prévisible. De fait, elle est même prévue par le scénario puisque la première partie de MGS3, la Mission Vertueuse, s'achève par la trahison de The Boss, ce qui motive la mission Snake Eater dont l'un des objectifs est clairement d'abattre la renégate légendaire.
N'empêche, sa mort conclut un jeu absolument magnifique, plus cinématographique que jamais (et encore, j'ai pas joué au 4 ^^), et le cadre est terrible dans sa mise en scène. Un plateau circulaire plein de fleurs blanches qui virent à l'écarlate au moment fatidique, un combat singulier et à mains nues entre le Maître et son apprenti, adoubé Big Boss pour avoir tué celle qui était pour lui un mentor et une mère.


La révélation est encore plus terrible quand on apprend que la trahison puis la mort constituaient une mission finale, le sacrifice d'une vraie patriote au profit de la CIA, ce qui explique la rancœur durable de Big Boss envers les USA et leurs agences, laquelle est à l'origine de tout le reste de la série Metal Gear et Metal Gear Solid.
Clairement l'une des morts les plus dramatiques que j'aie vues dans un jeu vidéo.

4. La reine Branet d'Alexandrie – Final Fantasy IX.

Là encore, ce n'est guère surprenant, d'autant plus si on en croit un article que j'ai lu il y a des années, à l'époque de FFX-2, qui retraçait les éléments récurrents des Final Fantasy et parmi eux le supposé Méchant qui se fait vaincre par un Méchant encore pire (la Shinra dans FF7, Branet dans FF9 et je vais pas parler de FF8 pour pas spoiler Alex).
Non, la mort de Branet n'est pas surprenante, il s'agit d'un des grands adversaires du jeu et il était logique qu'à un moment les héros la défassent en combat.

Et c'est là que ça devient marquant. Déjà, elle n'est jamais défaite par les héros. Ensuite, il s'agit quand même d'un tyran au féminin dont l'armée avait parcouru tout le Continent de la Brume en massacrant tous les obstacles ainsi que la reine d'une puissance qui était redoutée par tous et qui projetait même ses forces sur le Continent Extérieur. Jusqu'à la fin du disque 2 de FF9, Branet d'Alexandrie ne souffre aucun rival digne de ce nom, principalement à l'aide des Mages Noirs et de Beate.
Du coup, la voir se faire tuer apparemment sans effort par Kuja, un type qui prend le contrôle des Chimères qu'on lui expédie à la tronche, ça fait très peur, et on réalise que là ça commence à vraiment puer du cul. Comment le pauvre royaume de Lindblum, qui n'était déjà pas au niveau contre Branet, peut-il lutter contre ça ?

Branet dans les ruines de Bloumécia, la cité des souris... ouaip, quand elle veut elle est terrifiante.

Branet est marquante en tant que Méchant, et c'est ainsi que sa mort l'est encore plus. Ses liens avec Grenat/Dagga font de ce genre de victoire une défaite certaine, et on vient à regretter ensuite la grotesque prestation qu'elle offre face à un Méchant, un vrai de vrai, qu'on prend au sérieux.

3. Martin Septim – The Elder Scrolls IV : Oblivion

Une intrigue narrative extrêmement riche et surprenante comme seuls peuvent en proposer les Elder Scrolls, voilà sur quoi repose Oblivion. Quand on apprend que l'empereur assassiné avait un fils illégitime dont personne ne connaît l'existence, on s'attend à trouver un pauvre type sur lequel l'Empire de Tamriel tombe sans prévenir en pleine guerre contre le daedra Mehrunes Dagon, et c'est exactement ce qu'on trouve dans le ruines de Kvatch.

Mais Martin, qui n'a rien d'impérial jusque dans son nom, se révèle digne de ses ancêtres, brave et érudit comme il le devrait, et ne recule pas devant le danger quand il est enfin en possession de l'amulette grâce à laquelle il peut renvoyer Dagon dans l'Oblivion d'où il n'aurait jamais dû sortir.
Seulement voilà, le combat fatidique s'avérant insurmontable et Dagon s'incarnant directement en Tamriel, Martin n'a d'autre choix que de mélanger son sang à celui du dieu-dragon Akatosh contenu dans l'amulette en brisant celle-ci, devenant l'avatar d'Akatosh.
Dans une symbolique aussi grandiose que dramatique, l'héritier bâtard renoue avec la lignée impériale des Enfants de Dragon, paie le prix suprême pour sauver son monde et offre à Tamriel un sacrifie héroïque digne des Septim qui clôt la Troisième Ère.

Adieu, Martin. Tamriel te doit tout et tu as fait une excellente sortie dramatique.

Cette mort est marquante parce que le jeu tout entier consiste à l'éviter, à la repousser, et qu'à la fin Martin s'y résigne en faisant ce choix draconien. Non seulement il disparaît avec autant de grandeur tragique que Vérité Loinvoyant dans L'assassin royal, devenant comme lui la statue d'un dragon, mais il élimine sa propre lignée : après lui, plus les empereurs ne sont plus Enfants de Dragon, mais de simples mortels.

2. Roland – Borderlands 2

Il est très rare qu'un jeu vidéo décide d'éliminer un personnage jouable, comme on le verra en numéro 1. Ce n'est pas le cas ici puisque si Roland est un Chasseur de l'Arche dans Borderlands, il devient dans la suite le chef des Pillards Écarlates, constitués des anciens ennemis du premier jeu menés par les héros de ce dernier, et incarne la résistance au pouvoir totalitaire d'Hyperion et de son président, Handsome Jack.

Cela dit, on a quand même affaire à un soldat éprouvé et à un héros incontestable dont le courage, la bravoure et l'astuce avaient raison de tous les obstacles jusque là – même si c'est le joueur qui fait le boulot de terrain – cependant même qu'on avait tendance à ne pas prendre au sérieux cet imbécile théâtral de Jack. Grosse erreur.
Cette mort aussi soudaine que cruelle s'intègre du coup dans une longue série de catastrophes qui avaient commencé un tout petit peu plus tôt et qui donne à Borderlands 2 une dimension dramatique que le premier jeu n'avait pas, laquelle est encore renforcée par le traitement qui en est fait par Tiny Tina dans son DLC, Tiny Tina et la Forteresse du Dragon. Un des décès les plus percutants auxquels j'ai assisté dans un jeu vidéo.

Le mec on le rencontre en chair et en os pour le libérer dans une forteresse imprenables de bandits armés jusqu'aux dents, il commence par démonter deux robots d'Hyperion sans arme. Narmol.

1. Aeris – Final Fantasy VII.

Guère surprenant de trouver ce nom au sommet de ce top, je suis loin d'être le seul à avoir été frappé par cette mort et à lui accorder tant d'importance. Pourtant, contrairement à la plupart des joueurs, je pense, elle ne m'a pas touché très personnellement parce que, n'ayant jamais joué à un RPG avant FF7, j'étais pas très au fait des systèmes de classes, aux particularismes des personnages, et donc j'utilisais pas Aeris comme guérisseuse. Mes deux équipes permanentes successives, au fil de mes parties, ont été Cloud-Nanaki-Tifa et Cloud-Nanaki-Cid. Du coup j'ai jamais eu la sensation qu'on m'avait arraché un des éléments forts de ma stratégie.

En revanche, remettons les choses en contexte. Aeris est, pour autant que je sache, unique dans l'histoire des Final Fantasy. Jamais plus par la suite le jeu n'a privé le joueur d'un de ses personnages principaux, en tout cas pas durablement et encore moins définitivement.
La mort d'Aeris est prévisible parce qu'elle est la dernière d'une espèce éteinte, les Cetra, du coup pour l'humanité en général et Sephiroth en particulier, la voir disparaître est logique. Triste constat sur l'humanité, mais c'est logique. Aeris est centrale dans l'intrigue et ce statut est encore confirmé par sa mort – la Materia Blanche, la Comète, tout ça.


Dans ce cas précis, les développeurs nous retirent un personnage principal avec tout son inventaire, ils réduisent les possibilités de jeu, réécrivent certaines stratégies et encore une fois, c'est hyper rare les jeux vidéo où un personnage jouable disparaît sans recours possible.
Aeris, la mort vidéoludique la plus marquante, à la fois dans sa narration et son gameplay. Pour le coup je suis content qu'ils n'aient pas répété l'expérience chez Square ^^


Voilà, c'est la fin de ce TFGA, c'était pas joyeux, mais la prochaine fois on aura du plus lourd et du plus badass (ou pas), puisqu'il sera question des femmes dans les jeux vidéo ^^

1 commentaire:

  1. La mort de Duncan et du roi dans Dragon Age Origins mériterait bien d'y figurer !

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