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18.6.15

[Rattrapage] TFGA n°4 : les femmes dans le jeu vidéo


Je continue mon rattrapage de TFGA, je suis presque à jour sur les 4 que j'ai décidé de faire, et justement aujourd'hui c'est le 4ème en date, remontant à janvier 2015. Le sujet choisi à l'époque : les femmes dans les jeux vidéo.
Ouais parce que 47% des joueurs sont des joueuses, d'après des informations qui circulaient pas mal l'an dernier, et ça a pas dû changer ou en tout cas diminuer depuis. Alors logique qu'on s'intéresse à la question (en plus on est féministes (non mais ils le savent ça Jiminy, pas besoin d'le rappeler)).

Alors, les femmes dans les jeux vidéo ! Inutile de rappeler le concept du Top Five Game Addict, c'est assimilé maintenant !


5. Jade Raymond.

Ancienne développeuse devenue productrice chez Ubisoft jusqu'en octobre dernier, Jade Raymond est la seule femme réelle que je vais citer dans ce top. Néanmoins, elle me semble quand même très importante : elle est l'une des premières femmes à intégrer l'équipe de direction d'un très gros studio, en l'occurrence Ubisoft Montréal, filiale d'un éminent membre historique du jeu vidéo français, avant d'être carrément placée à la tête d'Ubisoft Toronto, extension de la franchise canadienne.

Au début les seuls commentaires qu'elle suscitait c'était qu'elle était trop mignonne. Ça a dû vite changer j'pense.

Alors certes, travailler chez Ubi, ça lui a permis de rentabiliser une licence aussi pourrie et mal exploitée que capitaliste à l'extrême, je parle évidemment d'Assassin's Creed, mais Jade Raymond a quand même ouvert la grande porte aux femmes dans le jeu vidéo. Sans être expert de la question, il me semble que c'est en bonne partie grâce à elle que ça choque plus personne (du moins parmi les joueurs intelligents) de voir une femme développer ou diriger une équipe de développement vidéoludique. Quand on sait les bons résultats que ça a donné à l'occasion (regardez Portal et, de manière générale, les studios indépendants) et vous admettrez que le sexisme n'a pas sa place dans le 9ème art.

4. Mad Moxxi – Borderlands 1 et 2.

Rencontrée pour la première fois comme propriétaire de l'Underdome, une arène de combat impitoyable, Moxxi est une redoutable femme d'affaires et une mangeuse d'hommes impénitente. A la fin de Borderlands, on lui connaît déjà au moins 3 mariages. Deux ans plus tard, dans Borderlands 2, elle en a un de plus, et une relation amoureuse échouée avec le sniper Mordecai.
Sublime, intelligente et dotée d'une sexualité agressive, Moxxi enchaîne les sous-entendus suggestifs et les coups de force.

Le design de cette femme est tellement classe et élaboré, on trouve bien plus de cosplays que d'image d'elle sur Google ^^

Mais, dans ce monde brutalement hostile, c'est une lionne qui protège ses intérêts et ses enfants comme personne. C'est une survivante indéniablement talentueuse qui prodigue régulièrement de bons conseils aux Chasseurs de l'Arche, les défend passionnément en tant que manager dans La Campagne de Carnage de Mr Torgue, le second DLC, et s'avère finalement plus affectueuse et gentille que réellement nymphomane et meurtrière. Mad Moxxi est drôle, représente une force certaine avec laquelle il faut compter sur Pandore, ce qui à mes yeux la place très légitimement dans ce top.

3. Edea - Final Fantasy VIII.

Edea, c'est le personnage énigmatique qui domine la première moitié de FF8. D'abord présentée comme un ennemi mystérieux et redoutable, elle devient rapidement la menace numéro 1 à la paix mondiale, sorte de Reine Branet avant l'heure, forte des armées de Galbadia qui dominent déjà leur continent.
Et puis, au fil des révélations et des informations fragmentaires délivrées par le proviseur Cid Kramer, ses employés et protégés, les mercenaires du SeeD, Squall et ses amis, réalisent qu'ils partagent tous une histoire commune avec ces deux personnages. Edea acquiert une grandeur dramatique impressionnante et devient le cœur de choix cornéliens et de cas de conscience désespérés, avant de redevenir le mentor érudit mais effacé qu'elle fut toujours pour ses enfants.

Ouais c'est carrément le genre de femme avec qui t'as envie de déconner un bon coup... juste avant qu'elle te transperce avec ses doigts façon Lust de Fullmetal Alchemist.

Edea est, en outre, une sorcière, ce qui la place dans une position très particulière dans l'univers de FF8 et dans l'intrigue du jeu, de son apparition au rôle nouvellement confié à Linoa Heartilly vers la fin de la trame. Clairement un personnage ambivalent et très richement développé, comme on en trouve très rarement même dans les Final Fantasy connus pour leur character-design de haute qualité.

2, The Boss - Metal Gear Solid 3 : Snake Eater.

Je l'ai dit dans le TFGA précédent, The Boss est un personnage dramatique de grande prestance, comme on en trouve que dans les jeux vidéo les plus scénarisés, les plus proches du cinéma interactif et de l'art au sens noble. Et je confirme.
Mentor du personnage principal, conseiller austère mais férocement protecteur, elle demeure tout au long de l'histoire un personnage énigmatique : même après sa trahison, elle se refuse régulièrement à tuer Naked Snake, lui brisant régulièrement un os ou deux mais le laissant suffisamment en vie pour le mettre à l'épreuve, le pousser à se dépasser et à affronter les redoutables Cobras qu'elle a constitués et qu'elle dirige.

"De quoi ? Utiliser ses deux mains pour tirer avec un fusil à canon scié aussi puissant ? Bah pourquoi ?"

The Boss incarne surtout, dans l'univers de Metal Gear et Metal Gear Solid, l'idéal du soldat d'honneur, qui choisit ses propres causes, lutte vaillamment et ne cesse jamais la lutte, un idéal que Big Boss ne cessera de poursuivre et, après lui, Liquid et Solidus Snake. Cette femme est puissante, sage, crainte et admirée à la fois en Amérique et dans l'Union Soviétique, faisant d'elle un boss doté de bien plus de classe et de prestance que cette grosse poubelle à chenilles qu'est le Shagohod.

1. Lara Croft – Tomb Raider.

Je n'ai jamais joué à un seul Tomb Raider, du moins pas assez pour que ce soit notable, pas plus de trois heures au total sur Tomb Raider Legend et la démo de Tomb Raider 3, y'a si longtemps. Cela dit, je reconnais à Lara Croft un statut unique dans le jeu vidé. Héroïne féminine, forte et courageuse, elle a toujours été marquée, malgré un volume mammaire sans cesse croissant et toujours plus sexiste, malgré les errements scénaristiques des différents jeux, par une personnalité affirmée et une paire de flingues plutôt efficace.
Et une certaine tendance à buter des espèces menacées, certes.

Ouaip, elle revient de loin, la gamine. J'veux dire, la grand-mère des femmes d'action vidéoludiques.

Quoi qu'il en soit, Lara Croft a clairement réduit le cliché de la damsel in distress et a ouvert la route à de nombreuses héroïnes vidéoludiques, des plus célèbres comme Claire Redfield (Resident Evil), Bayonnetta et Jade (Beyond Good and Evil) aux filles moins connues genre Kya (Kya Dark Lineage) ou Jennifer Tate (Primal).
Si, à notre époque, il n'est plus rare de voir un personnage de jeu vidéo avec des seins et un utérus se lancer à l'aventure, éventuellement faire un carnage voire sauver des hommes, c'est en bonne partie grâce à Lara Croft, et dans un sens, ses concepteurs adeptes de l'augmentation mammaire ont ainsi fait bien plus pour le féminisme qu'ils n'ont essayé de le pourrir.


Comme quoi, bien que le cœur de cible de beaucoup de développeurs ou de gros studios demeure encore le jeune mec blanc, hétéro et un peu sexiste ou raciste sur les bords, le jeu vidéo en tant qu'art étroitement lié à son public a beaucoup évolué avec celui-ci, s'est incroyablement féminisé dans sa conception et sa narration, évidemment pour plus d'intérêt et de diversité. Les femmes sont des actrices incontournables du jeu vidéo, dans des postures très variables et heureusement plus aussi réactionnaires qu'avant : il n'y a plus qu'à intensifier la tendance pour que la réalité rejoigne la fiction que le travail de jeunes femmes comme Anita Sarkeesian (que j'aurais pu citer ici) ou Mard_Lard devienne complètement obsolète :)

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