Barre-menu

16.7.15

Le plus pitit des Avengers ^^


Ant-Man.

Film américain de Peyton Reed (2015) avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll, Michael Peña.
Genre : science-fiction, action.
Vu en VOST.

San Francisco, États-Unis, de nos jours. Scott Lang, récemment libéré de prison après le cambriolage d'une entreprise aux profits financiers intolérables essaie de se ranger, mais peine à trouver du travail en tant qu'ancien détenu. Son colocataire et ancien codétenu Luis lui propose alors « un plan d'enfer », le pillage du coffre d'un riche retraité.

Celui-ci se révèle être le docteur Hank Pym, grand scientifique et inventeur d'une combinaison dont le porteur est réduit à la taille d'une fourmi. Le vieil homme s'efforce de lutter, avec sa fille, contre les projets de son successeur, Darren Cross, qui aimerait contrôler la formule de rétrécissement pour semer le chaos sur la planète.

Ant-Man, petite annexe peu connue du projet Avengers, et dont beaucoup, moi compris, se demandaient un peu comment elle trouverait sa place au sein de ce dernier, était pourtant très attendu à cause d'un nom unique, celui de son réalisateur présumé, qui a quitté le projet avant son achèvement au grand désespoir de nombre de cinéphiles.
Pour ma part j'en ai rien à cirer, j'ai vu qu'un seul film d'Edgar Wright et du coup je suis pas en position de juger son cinéma et surtout pas de considérer que le film aurait été meilleur avec lui qu'il ne l'est à l'heure actuelle, et ce malgré la très bonne impression que m'ont laissé les deux Avengers réalisés par un Joss Whedon que j'aime d'amour.

Ouais, le méchant est pas spécialement génial en fait.

Bref, le film que je suis allé voir ce matin a pas été jugé sur son réal et c'est tant mieux parce qu'il m'a plu pour bien d'autres raisons. En fait, il m'a fait furieusement penser à Incredible Hulk, de Louis Leterrier avec Edward Norton, que cette pathétique tanche de Durendal déteste mais que moi j'ai adoré, parce que c'est effectivement un bon film.
Toutes mes excuses aux tanches, les poissons sont nos amis, on les mange pas.
En tout cas Ant-Man correspond au même schéma du héros qui évolue seul en fonction d'enjeux qui ne concernent que lui mais qui le poussent en fait à s'intéresser aux autres personnages et à leurs problèmes, raison pour laquelle il n'est qu'assez peu lié aux Avengers bien que, fait assez nouveau, il décide de faire état de leur existence.

De fait, le premier mouvement de Scott quand Hank lui parle des problèmes causés par sa compagnie, dont il s'est fait jeter par son ancien disciple, c'est de proposer d'appeler les Vengeurs, mais le vieux savant ne veut pas pour deux raisons. La première c'est qu'il essaie d'échapper à la convoitise des Stark comme le montrait le prologue, et la seconde c'est qu'ils sont, comme dirait Michael Douglas, « très occupés à faire tomber des cités volantes », ce qui placerait l'intrigue d'Ant-Man pendant ou juste après la bataille de Sokovie, à un moment où nos super-héros préférés sont très occupés à reconstruire partout.
Du coup, la narration repose sur la volonté de Pym d'offrir une chance de rédemption à Scott, principalement aux yeux de sa fille pour qui il est un héros, ce qui passe par l'acceptation de ses propres projets à l'égard de la super-combinaison et du type qui est prêt à vendre un engin révolutionnaire à des mecs de l'HYDRA, décidément increvable.

#passagedetémoin

L'intrigue assez simple de ce film permet cependant l'intervention d'un nombre un poil plus grand de personnages que les autres du projet Avengers, à l'exception peut-être des Captain America, ainsi que des lectures intéressantes qui placent parfaitement Ant-Man dans le contexte futuriste proche qui est celui de la saga depuis Iron Man. Par exemple, Darren Cross présente son projet Yellow Jacket aux actionnaires de la compagnie en parlant d'une armée si petite qu'elle pourra intervenir n'importe où, pratiquer l'espionnage et le sabotage industriel et, au-delà d'une grosse entreprise qui agit en se foutant totalement des lois, ce dont on parle là c'est surtout d'un état-policier voire totalitaire qui s'appuie sur la surveillance généralisée et des agences nationales qui font ingérence à l'étranger... entre la CIA, la NSA et le le projet de loi Renseignement en France, on est complètement dans le contexte actuel.

Pour en revenir au film, les enjeux et les difficultés de Scott Lang, efficacement joué par un Paul Rudd qui semble capable de jouer avec l'humour comme avec l'action, permettent d'intégrer Hope Pym, fille du professeur, dotée d'un caractère assez changeant et incarnée par la sublime, la magnifique, l'incomparable Evangeline Lilly, qui semble avoir signé pour un bon moment chez les super-héros. Sans vouloir vous spoiler, quand j'ai appris ça, j'étais absolument ravi parce que c'est une actrice que j'adore et il n'y a rien qui me ravit davantage que de voir des noms que j'aime chez Marvel, ça m'avait déjà fait ça avec Anthony Mackie dans le rôle du Faucon ^^

Y'a une histoire particulière entre ces deux-là, je l'ai trouvée vachement intéressante. [spoiler d'autant que ça permet d'intégrer également au projet Avengers la Guêpe dans une version réactualisée et technologique aussi pointue que celle d'Ant-Man fin de spoiler]

Également au casting, les potes braqueurs de Scott Lang, bons dans leur rôle à défaut d'être indispensables, dont le premier d'entre eux, Luis, est joué par Michael Peña que j'avais déjà adoré dans Gangster Squad et American Hustle.
Le film n'est donc pas dénué d'humour et je l'ai même trouvé, sinon plus drôle que les autres (Les Gardiens de la Galaxie est impossible à égaler dans ce domaine et c'est pas faute pour Iron Man 2 d'avoir relevé le défi), drôle de manière plus régulière tout au long de l'intrigue. Ajoutez à ça quelques références comiques (trois blaireaux qui dissertent sur la fin de Titanic) ou ironiquement pertinentes (Luis qui sifflote l'air de It's a small world, la chanson des parcs Disney, quand on sait qu'Ant-Man est pas bien grand ^^).

Un des trucs que j'ai adorés dans la mise en scène très réussie est le fait que Luis, archétype du latino-américain débordant d'enthousiasme et avec plein de connaissances, raconte de temps en temps des histoires à Scott, genre « machin m'a dit un truc que bidule lui avait dit », du coup on a la séquence des personnages en question, on a leur dialogue, mais c'est la voix de Luis calée sur les mouvements de leurs lèvres, intonations comprises, y compris avec le traditionnel caméo de Stan Lee XD
Bon, sinon, il paraît évident que tout le monde s'interroge sur la viabilité d'un super-héros fourmi dans le Marvel Cinematic Univers mais je vous rassure, ça colle parfaitement. La tenue du gars a été revue, il a des gadgets de haute-technologie, il met des gadgets sur ses fourmis, et la gestion de la physique et des races de fourmis m'a semblé plutôt correcte quand elle était traitée, parce qu'elle demeure parfois tout simplement allusive ou absente, ce qui ouvre de nombreuses possibilités.

"Salut, c'est un honneur d'être invité dans une maison qu'on a cambriolée !" *Oh putain le con XD*

Ant-Man offre donc quelques séquences émotives et du dialogue profond ou sentimental, mais essentiellement de l'action et du combat à haute vitesse et deux échelles. Les deux sont bien traitées, en particulier durant une séquence d'entraînement pleine de coupes qui ne brille certes pas par son originalité mais qui, traitant de fourmis, est vachement prenante. Autre qualité certaine, le film s'explique lui-même (encore une fois contrairement à ce que pense cet ahuri de Durendaube), depuis un bref aperçu de l'appartement d'en-dessous dans lequel se retrouve Scott Lang bien malgré lui lors de sa première transformation jusqu'au rôle secondaire du beau-père de sa fille, policier de son état, qui fait des apparitions régulières.

Les décors sont classes sans être originaux, à quelques exceptions près – une baignoire, une salle pleine de serveurs informatiques, une fourmilière, un train électrique – mais de manière générale j'ai bien aimé comment la caméra gère les changements d'échelle et les effets spéciaux. Le film se permet même une petite ingérence chez les (futurs) copains lors d'une séquence « c'est bon tu peux y aller, c'est un vieux stockage Stark désaffecté » et plus tard « professeur, c'est pas désaffecté du tout, y'a un grand A comme Avengers sur le toit !! », ce qui me donne à penser que Hank Pym pourrait à long terme être pour Ant-Man ce qu'a été Abraham Erskine pour Steve Rogers.
La bande-son, enfin, est diverse dans ses inspirations, un peu de musique latino-américaine et des thèmes héroïques : figurez-vous qu'ils ont réussi à donner un souffle épique à l'histoire d'un homme qui évolue avec des fourmis quoi XD


En bref : je conçois, maintenant que je l'ai vu, pourquoi Ant-Man conclut la seconde partie du projet Avengers, même si c'est pas évident. Le film est drôle, rythmé, bien mis en scène et vraiment très bien interprété. Son histoire est intéressante et parvient à se démarquer des schémas employés par les autres films (y compris L'incroyable Hulk dont il ne tire qu'une partie des mécanismes), tout en se calant avec une certaine logique dans la continuité longue. Bref, j'aime, rien à redire et je conseille ce titre ;)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire