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25.7.15

Surtout pense bien à manger avant la nuit hein !


Don't Starve

Développé par : Klei Entertainment.
Genre : aventure, survival.
Date de sortie : 2013.
Support : PC/Mac, Playstation 4 et PS Vita.


Je mets pas de résumé parce que je connais pas l'intrigue de l'histoire.
Après, j'ai évidemment entendu parler de ce jeu il y a bien longtemps, dès qu'il a commencé à faire du bruit peu après sa sortie, principalement par sa mise en avant sur Steam, et c'est d'ailleurs sur la fameuse plate-forme de dématérialisation qu'il a attiré mon attention, lorsque je voyais mes amis y jouer de plus en plus régulièrement.
Ce n'est que quand, à l'occasion d'une soirée (et après un épisode de Game of Thrones, donc un lundi en fin de journée), mes amis Solène et Léo (le plus beau couple de l'univers avec Unikitty le chaton-licorne et Mao) nous ont vraiment montré de quoi ça s'agissait, avec une nouvelle partie et tout, que j'ai vraiment trouvé le concept intéressant.

Je l'ai trouvé diablement prenant et accrocheur plusieurs jours plus tard quand, à l'occasion des soldes Steam, le jeu a mystérieusement glissé de ma Liste de Souhaits à ma Bibliothèque. Bon, il apparaît après coup que je l'ai acheté avec son DLC, Reign of Giants, pour pas cher du tout, même si je me souviens pas l'avoir fait ^^
Bon alors, qu'est-ce que le point de Don't Starve ?
Bah, apparemment c'est l'histoire d'un scientifique nommé Wilson, qui ressemble furieusement à Victor dans Les noces funèbres et à Victor dans Frankenweenie, mais ça je vais y revenir, qui se retrouve après une expérience ratée paumé au milieu de nulle part sans rien d'autre que les vêtements qu'il porte. Et son but c'est de rentrer à la maison après s'être fait narguer par un grand type maigrelet appelé Maxwell, visiblement adepte de l'humour noir et des cigares.

La première fois que j'ai été confronté à la pluie sur mon feu la nuit j'étais en mode "naaan, reste allumé, reste allumé, reste allumé !" Puis y'a eu un éclair, et "ah, en voilà de la lumière !" suivi de "RESTE LOIN DES ARBRES !!"
Récemment j'ai aussi cramé l'équivalent de Fangorn sans attirer l'attention des gardiens des arbres (que j'ai jamais rencontrés en fait), j'étais fier de moi.

Le principe de ce jeu est extrêmement simple : il faut survivre. Je suppose qu'au bout d'un moment et d'une sacrée dose d'exploration, quelques éléments de scénario ou d'échappatoire font leur apparition – j'ai croisé une immense porte à un moment mais j'me suis souvenu 1. que j'étais pas outillé pour jouer au con et 2. que les grandes portes ça finit jamais bien, y'a qu'à voir Fullmetal Alchemist, alors j'me suis abstenu de la franchir et je l'ai jamais revue depuis – mais durant les débuts du jeu, tout se résume à ça, la survie.

Le système de jeu est aussi accessible que le jeu est simple : une barre au bas de l'écran affiche l'ensemble des possessions du personnages, depuis les ressources brutes (herbes sèches, branchages, pierres) jusqu'à l'équipement (hache, pioche, pelle, lance, armure de bois, casque de football américain... bah quoi ?) en passant par la nourriture, les proies et tout ce qui peut être cueilli, ramassé, coupé, récolté ou tué d'une manière ou d'une autre.
A gauche, les différentes sections du menu de transformation, dans lequel tous ces biens et objets peuvent être raffinés ou assemblés pour former des trucs plus complexes (les outils et armes, déjà, mais aussi une machine scientifique, un séchoir à viande, des fringues et autres), bien rangés par catégories (survie, alimentation, combat...), et tout en haut à droite les trois jauges du jeu : l'appétit, la santé et l'équilibre mental.

J'aime bien leurs yeux ronds qui leur donnent un air ahuri ^^

Non parce que survivre, c'est bien joli, mais il faut encore savoir à quoi. Et c'est là que ça devient pervers, pernicieux, périlleux et d'autres trucs en per-. Tout ou presque dans le jeu peut être utilisé ou interagi d'une manière ou d'une autre, on est pas dans un titre où la décoration est abondante, ici il s'agit d'exploiter chaque chance de rester en vie. Si Skyrim avait été développé sur le modèle de Don't Starve, chasser les mammouths aurait un intérêt tout autre que de juste se la péter, et on pourrait récupérer sur leurs dépouilles les os, la graisse, la peau, les défenses, la viande et la trompe.

Ce qui est ironique c'est que le titre Don't Starve, signifie « ne meurs pas de faim » ou « ne succombe pas à la famine » alors que, si on se débrouille bien et qu'on cherche assez souvent et assez loin, la nourriture a tendance à abonder dans le jeu. Mourir de faim n'arrive guère que pendant un hiver auquel on est mal préparé et la jauge d'appétit est vite celle dont on se préoccupe le moins.
Alors je sais bien qu'on dit souvent, par dérision, dans les jeux vidéo, le cinéma ou les séries télé, que « l'univers veut ta mort. » Comme le dit si bien Timon la mangouste, « si le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde ».
Il n'a jamais eu aussi raison puisque dans Don't Starve, « l'univers veut ta mort », c'est une réalité quotidienne. Les araignées, les chiens sauvages (ces horreurs quasi-impossibles à éviter et difficiles à tuer), les abeilles tueuses (eh, je voulais juste un peu d'miel ^^) les Tallbirds (remarque ceux-là si on s'éloigne de leur nid sans avoir leur œuf sous le bras, ils lâchent vite l'affaire), l'obscurité totale, le froid, la nourriture avariée ou les champignons empoisonnées, les tentacules dans les marais, les cochons quand ils sont de mauvais poil, les êtres mécaniques que j'ai pas encore pris le risque d'approcher de trop près, les cavernes souterraines truffées d'araignées, TOUT DANS CE JEU essaie d'attenter à ta vie.

Alors là le but du jeu c'est d'attirer les méchants assez près pour que les ruminants fassent ton boulot, puis de récupérer les restes.

Alors ok, on est confronté à un die and retry, mais ça veut vite devenir punitif et même exaspérant. Pour ma part, en ce moment, j'ai même arrêté le jeu pour plusieurs jours pour éviter de péter un câble devant tellement je sentais la tension monter (je mûris pas mal, à une époque j'aurais pris du recul après avoir pété un câble) à force de m'entraîner, de refaire les mêmes actes (construire mon bivouac, m'armer, m'équiper, farmer le bois et construire les meilleurs trucs pour accumuler de la nourriture) durant les quelques premiers jours du jeu et malgré tout me faire tuer connement par ces pétasses d'araignées qu'il ne faut surtout pas avoir dans son voisinage sous peine de voir leur « ruche » évoluer en reine araignée quasi-invincible.

Cela étant, il existe certaines créatures qui ne veulent pas la mort du joueur (ou pas tout le temps). Les lapins et les oiseaux sont tout juste bons à finir dans des pièges, les Bisonbœufs (Beeffalo en anglais) fournissent laine et éventuellement cornes (si on peut en voir un se faire buter par un truc moins amical) tout en errant placidement dans la plaine (sauf en période de chaleurs, là ils ont le cul tout rouge et tu l'approches pas le bestiau !), les pingouins (contrairement à ma première impression) ont l'air gentils comme tout (ils sont juste dix mille à bondir de l'eau en plein hiver quand tu passes à côté), ce qui permet de se concentrer sur la jauge de santé (et d'identifier les moyens de la remonter) et sur celle d'équilibre mental.
Qui descend à chaque fois qu'on bute une créature innocente, qu'on passe la nuit dans la pénombre ou qu'on mange certains trucs de sauvage (viande crue, viande de monstre, champis) et qui peut générer l'apparition de cauchemars parfaitement tangibles et agressifs. Comme on dit, "suggérer c'est plus efficace que montrer", ce qui explique la musique angoissante, les grondements sourds et les paires d'yeux dans le noir quand la santé mentale du perso prend la tangente.

Tel un ninja, je surgis de la nuit. Trois coups de rasoir, et dans les ombres je m'évanouis.

Bon, malgré la dimension d'oppression permanente qui émane de ce jeu et la possibilité d'une correction mémorable que chaque partie promet (mon record ça doit être 24 ou 25 jours, j'avais plus de bouffe alors j'me suis lancé dans le froid hivernal à la recherche de pitance, et je suis tombé sur des araignées...), Don't Starve est quand même très sympa à jouer.
Déjà, les idées des inventions sont assez logiques et intéressantes, bien qu'on n'ait pas la possibilité de juger de l'utilité d'un truc avant de l'avoir monté (ce qui du coup nous empêche d'avoir l'idée de construire des choses très utiles, merci le wiki !). Ensuite, plus important, de nombreux personnages sont jouables et ont tous une particularité (y'en a une qu'a pas peur du feu, une qui est protégée par sa sœur fantomatique, un qui devient un castor-garou quand il coupe trop d'arbres...) et donc une approche différente de la survie.
…..moi je prends plus de risque, Wilson est bien, il a une belle barbe qui tient chaud, ça me suffit.

Don't Starve se dote indéniablement d'une esthétique très burtonienne, principalement dans ses graphismes. Le design des personnages, des décors, des animaux, on est complètement dans une ambiance sombre et torturée avec de grands yeux ronds, des visages anguleux et un côté un peu monstrueux qui me rappelle L'étrange Noël (JE SAIS il est de Selick, mais le visuel est de Timothy !) ou Les noces funèbres.
Clairement, ce jeu ne brillera pas davantage par le détail ultra fin de son graphisme que par la débauche visuelle qu'il suscite, même les animations sont discrètes, mais au moins quelle que soit votre configuration de PC y'a des chances que vous puissiez le faire tourner et en plus c'est vachement joli, dans ce style particulier.

Par contre, la musique a quelque chose de tourmenté et d'angoissant totalement conforme au style visuel du jeu, là encore on serait pas surpris de voir Tim Burton inspirer ce genre de chose, les mélodies sont discrètes et les bruitages nombreux, pas mal de sons d'ambiance pour favoriser l'immersion, mais contrairement à mon habitude c'est pas le genre de bande originale que j'écouterais hors du jeu à moins de vouloir me filer le cafard ou des cauchemars ^^


En bref : très intéressant et diablement accrocheur, Don't Starve est aussi un jeu difficile qui requiert l'apprentissage des mécanismes de jeu, des recettes d'objets indispensables à la survie et des petits détails ou astuces à connaître pour rester en vie. Il paraît qu'il est plus ardu encore avec Reign of Giants (je vais attendre de passer un hiver vivant avant de me risquer à activer le DLC) et plus sympa en multijoueur, mais dans tous les cas c'est un excellent petit jeu indépendant qu'il serait fort dommage de ne pas découvrir tant son univers et son esthétique audio-visuelle sont réussis.

 Les gens des internets sont des malades.

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