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18.10.15

La guerre des bestioles, quelle connerie !


Digimon World.

Développé par : Bandai.
Genre : aventure, gestion.
Date de sortie : 1999 au Japon, 2000 aux États-Unis et 2001 en Europe.
Support : Playstation.

Non, pas de résumé cette fois, parce que l'histoire est connue et prévisible, et aussi parce que le héros a pas d'nom alors c'est pas simple pour en parler x) Notez aussi que j'ouvre aussi avec cet article une nouvelle catégorie dans laquelle vont sûrement aller plein de commentaires d'œuvres déjà publiés. Bienvenue dans Jiminy Nostalgie, la zone des trucs aimés il y a et depuis longtemps !

Alors, j'ai eu l'envie d'écrire cet article au moment de mon article de FAQ, bikoze Alwine m'a demandé mon avis sur Digimon, et s'il faut dire qu'à l'époque de leur apparition j'étais pas personnellement engagé dans la guerre des bestioles – j'ai eu ma première Game Boy Color en 2000 avec Pokémon version Jaune, soit après tout le monde, ce qui m'a pas empêché d'enchaîner avec les Or, Argent et Cristal dès leur sortie et oui, je nomme cette console au féminin parce que c'est UNE console portable et que c'est comme les navires et les vaisseaux dans les films, c'est affectueux, on en parle au féminin – j'ai des années après bien plus de connaissances qui m'auraient fait prendre position dans le temps. Pokémon a toujours défendu ou promu une culture de l'innocence, de la légèreté et de la superficialité qu'on ne retrouve pas chez Digimon où les thèmes et le propos sont autrement plus matures et sérieux, ce qui a desservi son image auprès des gosses à l'époque.

Ouais, au début y'a que des bébés et des Entraînements, c'est à nous de faire tout le boulot en recrutant les autres !

D'ailleurs le simple fait d'en faire une guerre des bestioles est aberrant. Les Digital Monsters sont nés sur des petits gadgets en plastique genre Tamagotchi où il fallait les élever, les soigner, les faire évoluer puis les faire combattre, dans cet ordre. L'Occident a retenu « bestioles, combats » et a fait le lien avec les trucs qu'on capture à la chaîne comme un terroriste environnemental. Bravo les mecs, vous avez été rapides à démontrer que vous aviez rien compris au pitch. Il n'est même pas question de choix ou de prise de position, on peut apprécier également les deux univers vidéoludiques, comme je le fais moi-même.
Bref, depuis les digivices, les digimon ont migré direction le jeu vidéo, alors que les monstres de poche y avaient déjà fait irruption, et à la fin du siècle nous est parvenu cette version qui me paraît extrêmement aboutie et fidèle au propos. Je précise d'emblée que je vais parler de la version anglophone parce que j'ai pas joué à la française depuis des années – et pour cause, elle était buguée dès sa vente dans notre pays et infinissable telle quelle, à la grande frustration des joueurs.

Alors, reprenant le concept de base des monstres digitaux ainsi que, grosso merdo, l'intrigue de la première saison de l'animé (que j'ai vue et qui est très bien, mais je suis pas allé au-delà), Digimon World suit les aventures d'un jeune joueur de digimon, les machins en plastique, qui est plutôt doué dans ce qu'il fait, si bien qu'il a été aspiré par son digivice dans le digimonde. Celui-ci est confronté à un grand péril : File City, la capitale, a quasiment disparu, la plupart de ses habitants étant redevenus sauvages et ayant tout oublié du lien social, de la civilisation et même de la parole. L'île des fichiers binaires est la proie d'une menace planquée dans le Mont Infinity et Jijimon, le chef des derniers survivants, exclusif à ce jeu vidéo, pense qu'en rassemblant les digimon, on triomphera.
Et comme Riketz, on va l'appeler comme ça, est un joueur de Digimon, bah il a déjà une bestiole et en fonction de nos réponses à deux questions, on commence soit avec Agumon, soit avec Gabumon, littéralement le jour ou la nuit.

Ils font pousser de la viande. ILS FONT POUSSER DE LA VIANDE. C'EST GÉNIAL !!!

Digimon World se présente autant voire davantage comme un jeu d'élevage que comme un jeu d'aventure. Comme à l'origine, il faut faire grandir les bestioles, les nourrir, leur inculquer la discipline en les rendant heureuses pour provoquer des digivolutions correctes. Il faut savoir également que le nombre de disciples – le niveau de base du digimon moyen, Agumon, Gabumon, Patamon et tous les autres – est assez limité par rapport à un nombre de champions beaucoup plus vaste, du coup pour les évolutions ils se sont un peu carré sous le coude les liens personnels vus dans l'animé. D'autant que certains des monstres digitaux les plus populaires de ce dernier, comme Tentomon, Togemon, Gomamon (c'était le genre de petit phoque blanc et violet qui parlait avec une voix de mini-wesh) et son évolution Ikkakumon (l'énorme morse tout doux) ne sont même pas présents. Attends si, je crois que Tentomon est présent au Pays des Scarabées, mais on peut pas l'entraîner ni le recruter... je sais plus.

A part Kunemon qui est un peu spécial, les disciples du jeu sont vachement limités, je trouve. Mais bon, on peut pas tout avoir ^^

Alors à l'époque, soit on y allait plutôt au pif et à l'expérience empirique, soit on allait voir dans un magazine qui offrait la soluce du jeu pour savoir ce qui était requis pour avoir quoi, et tout de suite ça simplifie la tâche. Dans l'ordre, le digimon est d'abord un bébé, puis un digimon en Entraînement, un Disciple le lendemain, un Champion trois jours plus tard et si on a de la chance et un max de talent, un Ultime six jours après être devenu un champion. Une année digimon dure 30 jours, il n'existe ni mois ni semaines et une bestiole moyenne a une espérance de vie de 15 à 17 jours.
Durant ce laps de temps, il faut veiller à tout instant à nourrir correctement le digimon, à l'emmener faire ses besoins, à ce qu'il ne soit pas malade, blessé, épuisé à l'entraînement, à ce qu'il dorme quand il en a besoin, parce que les erreurs de soin sont primordiales dans le processus d'évolution. Et durant ce laps de temps, la bestiole a la possibilité d'apprendre plein d'attaques génériques en fonction de son type – feu, glace, air, nature, insecte, machine et même saleté – les fameuses attaques de l'animé étant les finish propres à chacun – Dinoflamme pour Agumon, Dinoflamme bleue pour Gabumon, et j'en passe.

Grosse ambiance dans la planque de Meramon. Chaud bouillant le mec. Premier gros adversaire du jeu.

Par contre, faut pas oublier qu'on est dans un monde digital. Donc les digimon sont des données. Quand le fichier est obsolète, il est détruit, certes, mais les données sont reconverties en autre chose. Et c'est ce concept de réincarnation qui permet à Riketz d'élever un grand nombre de bestioles : à chaque décès, on choisit un œuf sur une liste de quatre, et on reprend la chaîne à zéro. Ca a l'air fastidieux comme ça mais c'est le seul moyen de faire d'autre choix, de parcourir tous les digimons entraînables et d'augmenter le niveau d'entraîneur qui rend plus facile l'accès aux Ultimes, tout en récoltant un maximum d'attaques génériques et donc de faciliter les combats qui sont au cœur du gameplay.
La narration, cela dit, se concentre sur le sauvetage de l'île des fichiers binaires et donc sur le rassemblement que cela suppose.
Depuis la Forêt Originelle jusqu'au Pays des Dinos (divisé en espace-temps préhistorique, très lent, et express, très rapide, ce qui suppose de surveiller l'alimentation et l'âge du digimon) en passant par le Mont Panorama, la Mécanosavane ou le Bosquet des Brumes, de nombreux digimons doivent être rencontrés et convaincus, la majeure partie en leur lattant la face, que retourner en ville est une bonne chose, se faire casser la tête leur permettant de recouvrer les souvenirs de leur vie quand ils étaient civilisés et savaient parler.

Bon, en gros ça ressemble à ça, c'est un peu compliqué si on connaît pas ouais x)
(ses stats sont pourries mais vu que le fichier de carte mémoire a merdé, j'ai perdu la partie où j'avais fini le jeu et donc les gros balèzes que j'y avais entraînés)

Au fur et à mesure, ces digimons offrent des services – extension du champ de viande, transformant les gigots en mégagigots et en gigagigots (la VF est à chier, on est d'accord) pour nourrir des digimon plus gourmands, étal puis échoppe, clinique de soin, arène d'entraînement de ce gros taré de Greymon, restaurant – qui permettent de faciliter l'entraînement et la quête et donc de progresser dans le jeu. C'est là que le bât blesse : à un moment dans le jeu, on apprend par les rumeurs d'un Bébé qui se charge de les collecter que des bandits sévissent dans le Grand Canyon et, après avoir botté le cul d'Ogremon, on devrait avoir accès à la Forteresse des Ogres et à quelques zones supplémentaires, aboutissant à terme au recrutement de deux digimons dont l'un – Shellmon – installe à File City un bulletin de nouvelles qui permet davantage d'infos insolites sur l'île, et donc de recrutement.
Et dans la version française, quand on se pointe devant la Forteresse, l'Agumon qui garde l'entrée ne fuit pas à toutes pattes, tronquant le jeu d'une bonne partie de son contenu et rendant le jeu bien plus difficile puisque l'autre digimon recruté, Whamon, la baleine, ouvrait l'accès à des zones secrètes pleines d'objets super utiles.

Si jamais ton digimon manque d'énergie, tu peux... ah bah non, tu peux pas brancher des fichiers en RGB ^^

Bon, l'objectif étant quand même de combattre le mal du Mont Infinity, au fur et à mesure de son voyage, Riketz collecte les infos notamment auprès de Cherrymon, un digimon-arbre ancestral, pour apprendre finalement qu'il n'est pas le seul humain de l'île, mais que l'autre est un connard qui a décidé de prendre le contrôle des bestioles par soif de pouvoir. Bah tiens. En tout cas les combats dans ce donjon sont ahurissants, on commence avec des Devimon, le premier Grand Méchant de l'animé, qui est réduit ici à un rôle de sous-fifre, et on termine avec le boss de fin, un Machinedramon absolument monstrueux. La dernière fois je l'ai battu mais j'ai eu la chance hallucinante que mon Champion devienne Vademon, l'Ultime extraterrestre, ce qui a 50% de chances d'arriver à tout moment après 15 jours vécus dans le jeu...

Esthétiquement, il faut dire que si Digimon World est à la hauteur de son contenu extrêmement fouillé et élaboré, il n'exploite pas autant qu'il le pourrait les capacités moteur et graphiques de la Playstation. Cela dit, on n'est pas très loin avant le superbe Final Fantasy IX et ses magnifiques cinématiques. En l'occurrence il n'y en a pas des masses ici, une ou deux au début et à la fin de l'histoire, je pense, ainsi que l'intro qui voit le combat dantesque de Metalgreymon et Metalmamemon, mais de manière générale les graphismes sont super beaux. Les paysages sont classes, malgré une caméra imprévisible – des plans fixes sur chaque écran, mais on ne sait jamais à l'avance sous quel angle – on a souvent droit à des plans d'ensemble, notamment dans la Mécanosavane ou le Mont Panorama et le tout est joliment coloré et détaillé, j'aime.

Un dernier petit instant de chaleur avant de plonger en enfer. Kabuterimon est un insecte, il aime pas le froid.

Les digimons présents dans le jeu sont eux aussi relativement bien conçus et extrêmement variés – les versions « sauvages » n'étant cela dit que des versions d'une autre couleur des personnages principaux, mais comme ce sont des fichiers, un digimon est toujours identique, alors s'il ne l'est pas, c'est que c'est pas le même ^^
Bref, entre ceux qu'on entraîne et ceux qu'on combat ou recrute, on passe de la mignonnitude d'un Biyomon, d'un Elecmon ou de cette tache inutile de Patamon à la puissance cataclysmique de Skullgreymon, Megadramon ou encore Phoenixmon, en passant par des horreurs lentes qui sont aussi des gouffres à barbaque, Shellmon, Whamon ou encore Tyrannomon. Ouais, le casting est vaste, tu m'étonnes qu'on ait besoin d'une soluce.

Bon ok, le personnage principal manque singulièrement de charisme, mais faut avouer que cette intro pète la classe.

En plus les niveaux sont variés, parmi lesquels deux forêts, une jungle, un marais, des régions arides (montagnes et canyon), une ville de jouets – maintenant vous savez pourquoi la catégorie de jeux vidéo de mon blog s'appelle Ludobourg – une toundra/banquise et même une vaste et luxuriante forêt pleine d'insectes au-delà d'un immense lac, sans oublier un manoir hanté abritant un vampire (Myotismon), un fantôme (Bakemon) et un énorme dinosaure-squelette meurtrier (Skullgreymon, qu'il faut affronter pour le recruter, sinon c'est pas drôle). Et au passage, comme on est dans un monde digital, un peu partout il y des fiches de branchement qui traînent, des batteries, des ports RGB au milieu des reliefs et des incontournables cabinets d'aisance ^^
Ah, et puis surtout, la bande-son est absolument magnifique. L'un de ses rares défauts réside en ceci que les mélodies sont très courtes parce qu'elles se réinitialisent à chaque changement d'écran, y compris au sein d'une même région. Par contre les thèmes sont tout à fait adaptés au milieu, depuis les percussions austères et inquiétantes du Pays des dinos en passant par les thèmes éthérés et mystiques du Bosquet des Brumes. Assez peu de musique dans le Pays des glaces, mais bon, on est en plein blizzard, et les bruitages forestiers de la Native Forest ou du lac Dragonœil sont très sympa aussi ^^

La Mécanosavane, le jour et la nuit, le Bosquet des Brumes de jour, File City, le jour et la nuit, et le Sanctuaire des glaces. Parce que ces musiques sont magnifiques !!
En bref : si en termes de gameplay on a affaire ici à un jeu très spécifique qui vise un public amateur du genre et risque de répugner les autres, l'œuvre est très belle et autrement plus intéressante dans sa narration et dans sa liberté de manœuvre que les Pokémon linéaires et dirigistes. Point de compétition à remporter ici, il s'agit de sauver un monde et de pratiquer l'élevage minutieux. En l'occurrence, le contenu est très fouillé et en plus, plongé dans un univers visuellement et musicalement irréprochable. Le genre de jeu que je cesserai jamais d'aimer.

1 commentaire:

  1. Oh la la... XD
    Je l'avais ce jeu! J'ai jamais rien compris à son fonctionnement. Le digimon ne disait toujours qu'il avait faim et j'arrivais pas à le nourrir :'D
    Du coup j'ai pas pu aller bien loin...........

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