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28.11.15

TFGA n°14 : le changement, c'est maintenant !


Le changement, c'est maintenant !
(c'était le message de campagne de notre président de la république et ça a été l'échec critique, en jargon spécialisé le fumble, parce qu'il n'a rien changé à l'orientation droitiste et policière de la société économique et sécuritaire en France)

Sauf que Le changement, c'est maintenant, c'est aussi le titre du nouveau TFGA sorti le 20 novembre dernier ! Et en contre-pied total au précédent, tout le monde – y compris moi – semble avoir compris qu'il fallait non plus dire ce qui était mieux avant dans les jeux vidéo, mais plutôt ce qui, à l'heure actuelle, était mieux que ce qu'on avait vu par le passé. Question un peu épineuse pour moi, il m'a fallu un certain temps avant de trouver 5 trucs.
Parce que bon, on a retenu l'idée générale du TFGA 13, c'était pas mieux avant « en général », mais tous les détails constitutifs de la chose étaient quand même meilleurs.
Allez, c'est parti ^^


  1. Les jeux de plate-formes.

Ca c'est une posture intellectuelle que je tiens à la fois de ma grande pratique des jeux de plate-formes, qui constituent un de mes genres préférés avec la stratégie et le RPG, mais également de mon expérience de la série Trine (enfin des deux premiers volets, 'paraît que le 3 est à chier).
Bref, toujours est-il que dans l'ancien temps les jeux de plate-formes ça consistait juste à sautiller partout en allant d'un point A à un point B. De nos jours, qu'il s'agisse des Trine, de Blocks that matter, d'Inside my radio, Braid ou encore Machinarium, ce genre se mêle très souvent à un autre tout aussi accessible et orienté grand public, dans une combinaison qui plaît toujours et permet régulièrement des contenus très originaux.
Je parle évidemment des puzzle-games.

Machinarium, un jeu de plate-formes où on réfléchit énormément. Ouaip.

Les Prince of Persia avaient posé ces jalons en étant davantage tournés vers l'exploration et la compréhension de l'environnement que vers les combats proprement dits, les God of War, malgré leur apparence et ce qu'on en dit quand on n'y a pas joué, ont fait la même chose – je te jure que tu passes bien plus de temps à crapahuter et chercher tes objectifs qu'à étriper des machins, j'te jure que le temple de Pandore sur le dos de Kronos ou les Montagnes de la Folie qui portent bien leur nom, c'est pas d'la tarte.
Eh bien les jeux de plate-formes pures ont continué sur cette lancée et désormais on passe autant de temps à manipuler le décor et à résoudre des énigmes qu'à sauter partout – la preuve en est les jeux Trine, Trine 2 et Blocks that matter dont les combats ne sont pas, loin de là, des modèles de créativité novatrice. Bref, le genre se renouvelle, et c'est trop bien ! ♥

  1. Les (éléments de) RPG.

Ca faisait partie de mes angoisses du TFGA 9 sur les peurs inavouables : qu'un seul studio, en l'occurrence Bethesda, soit désormais capable de m'offrir des RPG de grande ampleur, profonds, riches et immersifs. Récemment, j'ai commencé à jouer à The Witcher, premier du nom, mais Geralt se manie comme un camion 38 tonnes et malheureusement si je veux jouer au merveilleux Witcher 3 – du moins c'est comme ça que tout le monde en parle dans mon entourage internaute et irl – il me faut subir les deux précédents.
Fort heureusement, une des évolutions du jeu vidéo avec le temps a été d'introduire de plus en plus régulièrement des éléments de RPG un peu partout. On en trouve dans les jeux de plate-formes – Trine et Trine 2, encore une fois, en sont de bons exemples, dans les jeux de combat depuis Soul Calibur 3, dans certains jeux de stratégie – les héros qui gagnent des niveaux et débloquent des compétences c'est pas nouveau – mais aussi et surtout dans les FPS.

"Ouais ouais, je suis un FPS. C'est bon, tu l'sens mon RPG ?!?"

Depuis le premier Deus Ex, le grand-père des RPGFPS actuels, jusqu'à Human Revolution que j'ai terminé récemment, les deux genres ne se sont jamais aussi bien mélangés que dans les légendairement magnifiques Borderlands que vous devriez tous avoir explorés intégralement. Des classes de persos, des levels, des compétences, des profils différents en fonction de votre manière de jouer, des générateurs d'objets puissants voire inépuisables... trop la classe.
Bref, le RPG trouvant son origine dans le JDR papier transposé dans les calculateurs des ordinateurs, je trouve extrêmement logique que l'aspect évolutif des personnages se retrouve un peu partout dans les jeux vidéo, et en tant qu'amoureux du genre, j'adore voir des éléments de RPG partout ^_^

  1. La dématérialisation.

Quand j'ai commencé à jouer aux jeux vidéo (5ème, SNES) j'avais pas des masses de jeux, mais ils avaient une rejouabilité de malade ou étaient relativement longs (notamment Super Mario All Stars et Bomberman). Par la suite, sur PSX et PS2, j'ai commencé à vraiment posséder de petites collections de jeux moins rejouables mais beaucoup plus longs – les Final Fantasy, KH 1 et 2, les MGS, et j'en passe.
Puis je suis passé sur PC en arrivant à Lille – parce que j'utilisais presque plus ma télé et qu'au contraire j'avais une configuration sans cesse meilleure – et le phénomène s'est amplifié même si dès la fin du lycée j'avais acquis l'habitude de revendre les jeux que j'avais terminés et dont j'avais la certitude de ne pas y retoucher pour pouvoir m'en procurer d'autres.

La dématérialisalisation a mis fin à ça. Désormais, je n'ai pas des masses de jeux en format physique, mais il ne me reste que ceux dont, quoi qu'il arrive, je refuserai toujours de me débarrasser. Et puis il y a mon Steam, qui est un poil plus développé que chez certains de mes amis, mais vachement moins que chez au moins un autre (Jaak Danial, acheteur compulsif ^^). J'ai 49 jeux Steam dont quatre viennent d'ailleurs (City Life, Paraworld et Loki, format physique, et The Saboteur, Origin d'EA) et ne sont là que pour la capacité de Steam à faire des captures d'écran, j'ai joué ou projette de jouer à tous les autres.
'doit y avoir genre 5 jeux grand max qui m'aient dégoûté dès le premier test et auquel je rejouerai pas (Two Worlds 2, The Guild, Gauntlet, The Undergarden qui requiert une manette...).

Précisément le genre de jeu superbe auquel je pourrais probablement pas jouer s'il était pas sur Steam, tellement l'original est vieux et sûrement inadapté aux nouveaux systèmes d'exploitation.

En plus, j'achète généralement pas mes jeux à plus de 5€ pièce et par paquets de 15 à 25 euros (et vive les soldes), du coup ça me permet d'en acheter plus. Par comparaison ma liste de souhaits c'est 94 jeux dont 2 DLC (Dawnguard et Dragonborn sur Skyrim), au moins 2 MMO (Ark Survival Evolved et TESO) et 3 jeux que j'avais en physique y'a quelques années et veux récupérer.
Bref, la dématérialisation me permet, comme à beaucoup de monde je pense, de découvrir mes jeux plus vite, en plus grande quantité, de les conserver sans avoir à consacrer toute une pièce juste pour eux, et d'explorer les genres avec plus de liberté que jamais notamment en interrogeant mes amis sur leurs titres pour savoir si ça peut me plaire. C'est mieux qu'avant.

  1. Le message et la portée des jeux vidéo.

Vous vous souvenez de l'époque idyllique et innocente où le jeu vidéo était un loisir détaché du monde, un truc peu connu et médiatisé qu'on pratiquait dans notre petite communauté pour se détendre et honorer la créativité ? Moi oui.
Sonic, Mario, les premiers Zelda, Bomberman, Alex Kidd, Donkey Kong, Mortal Kombat, Street Fighter, autant d'univers archi-connus qui ne traitent que de leurs propres problèmes. Le temps d'un jeu vidéo, on s'évadait dans un autre monde et on oubliait le nôtre.

Je vous donne juste un exemple, un seul, terriblement pertinent, de la position actuelle.
This war of mine.

 Je rappelle ceci à ton souvenir, au cas où tu l'as toujours pas vu. Le drame et l'idée générale du jeu résumés en une petite vidéo.

Voilà. On en est là. De nos jours les jeux sont des créations artistiques et médiatiques extrêmement connues et discutées un peu partout, avant même leur sortie publique, si bien qu'ils ne peuvent généralement plus se permettre d'être totalement détachés du monde. La preuve en est les Deus Ex qui offrent une réflexion sur le pouvoir et la société – je rappelle que dès le premier, en 1999, l'Union Européenne était présentée comme une grosse entité impérialiste et bancaire – les Metal Gear qui en font autant avec un aspect un peu plus militaire, les jeux de stratégie ou les Assassin's Creed qui réécrivent l'histoire au point de mobiliser les politiciens – vous l'ignorez peut-être mais Jean-Luc Mélenchon, héritier revendiqué et assumé de Jean Jaurès et Robespierre, s'est fermement insurgé contre le portrait de celui-ci dans l'AC sur la Révolution – et jusqu'aux FPS ou aux jeux de plate-formes qui introduisent également des thèmes sérieux – là encore, les Borderlands avec le pouvoir, les compagnies industrialo-militaires ou encore, dans Tiny Tina et la Forteresse du Dragon, le deuil...
Sérieux, même un jeu aux enjeux aussi lointains que Skyrim offre une réflexion sur le pouvoir et la légitimité de l'autorité (de l'Empire sur Bordeciel, pour le coup) !

Le deuil. T'en connais beaucoup des jeux anciens qui traitent du deuil ?

De nos jours, les jeux ne sont plus juste des loisirs, ils font réfléchir le joueur et deviennent parfois des laboratoires de test psychologique ou sociologique sur les thèmes qui dominent la société et le monde contemporain. Et c'est une excellente chose parce que ça ne les fait que gagner en qualité et en richesse d'écriture.

  1. L'esthétique.

Tôt ou tard, il fallait en arriver là. C'est une évidence et pourtant je la présente quand même. Ce que j'aime par-dessus tout dans les jeux actuels, c'est qu'ils sont plus beaux à tous les niveaux. Certes, ce n'est pas la faute des créateurs des années 80 et 90, la technique ne se prêtait pas à toutes les fantaisies de l'imaginaire humain et de sa capacité à inventer ou reproduire des mondes, mais voilà, on vit à une époque dorée dans laquelle les graphismes sont détaillés et les musiques savamment composées.

"Salut, alors moi je suis Trine 2, un jeu tellement sublime et foisonnant que ça en devient surnaturel."

Et là, je ne parle pas de grokiki et de puissance, le TFGA 13 devrait vous avoir informé sur ma position à cet égard, là je parle du soin apporté aux jeux par leurs concepteurs.
Je sais bien que je vais ENCORE prêcher pour ma paroisse, mais si vous n'avez pas pris connaissance de la beauté des effets visuels et de lumière présents dans les Trine, j'ai écrit un article sur le 2 ici. Il en va de même pour Child of Light que j'ai commencé récemment et de plus en plus de jeux utilisent les effets esthétiques non plus comme de l'emballage et de la mise en forme mais comme des éléments impliqués dans le gameplay. Inside your radio traite la musique comme A blind legend traite le son, l'indépendant et trop peu connu Crayon Physics sur PC oblige le joueur à dessiner le décor et les éléments mécaniques pour résoudre des énigmes, des tas d'autres exemples similaires existant par ailleurs.

Crayon Physics est un des jeux les plus beaux auxquels j'aie joué, à la fois niveau musique et graphismes, précisément parce que c'est le joueur qui fait tout dans ce dernier domaine.

Y'a quelques années, The legend of Zelda : Phantom Hourglass poussait à son paroxysme l'exploitation des capacités matérielles de la Nintendo DS. Désormais les jeux font pareils avec l'esthétique, qui est toujours plus belle, plus originale et intéressante. On vit incontestablement dans une des meilleures périodes qu'ait connues l'histoire vidéoludique.


Voilà, ça c'était les éléments que je trouve supérieurs à tout ce qui a précédé dans le même genre s'agissant du jeu vidéo, mais si vous avez un avis sur la question, n'hésitez pas à vous réapproprier mensuellement le TFGA et à vous prononcer, c'est pas du tout interdit.
Vous avez des raisons de penser que le changement est une bonne chose ? Dites-le ! ☺

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