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29.12.15

La série de l'âge d'or des pirates ♥


Black Sails.

Créateur : Jonathan E. Steinberg et Robert Levine.
Origine : Canada, Irlande.
Date de diffusion : dès le 25 janvier 2014 sur Starz aux États-Unis et à partir du lendemain sur OCS en France.
Nombre de saisons : 2 diffusées et deux autres prévues.
Genre : aventure.

Interprètes principaux.
Toby Stephens : le capitaine James Flint.
Zach McGowan : le capitaine Charles Vane.
Hannah New : Eleanor Guthrie.
Luke Arnold : John Silver.
Toby Schmitz : Jack Rackham.
Clara Paget : Anne Bonny.
Tom Hopper : Billy Bones.
Jessica Parker Kennedy : Max.
Louise Barnes : Miranda Barlow.


XVIIIème siècle, l'âge d'or de la piraterie. La colonie anglaise de Nassau sert de plaque tournante à la piraterie caraïbe, qui y écoule ses butins auprès du gouverneur Richard Guthrie et de sa fille Eleanor, dans l'illégalité la plus totale. Alors que les capitaines rivalisent de pillages pour enrichir leurs équipages, le capitaine James Flint capture un navire marchand dans lequel il met la main sur le journal de navigation de l'Urca de Lima, un formidable galion espagnol chargé de transporter les richesses du Nouveau-Monde vers l'Espagne.

Très vite, son ambition d'attaquer par surprise le galion est évoquée et répétée dans tout Nassau. De son côté, le capitaine Charles Vane voit d'un très mauvais œil la rivalité de Flint.


Black Sails, littéralement « voiles noires », série découverte grâce à mon amie Sarah/Maelynn (le Feunard de la Pokéblogroll) dont vous pouvez trouver le blog littéraire ici, est une œuvre très singulière dans son propos, mais demeure cela dit excellente.
Concrètement, il est question d'un aspect méconnu de la piraterie, tel qu'il a réellement eu lieu dans l'Histoire, mais c'est centré sur un personnage totalement fictif inventé par le roman de Robert Louis Stevenson, L'île au trésor (que j'ai lu et que, je crois, je possède encore).
Bah oui parce que même si le cinéma aime bien simplifier à mort par exemple dans Pirates des Caraïbes en assimilant flibustiers, boucaniers, corsaires et pirates (ce sont des choses différentes, je vous renvoie d'ailleurs à cet excellent Point Culture de Linksthesun sur les pirates https://www.youtube.com/watch?v=qp1egLxoj6o) et surtout en racontant que les pirates stockent leur butin dans une cache secrète dégoulinante d'or et de joyaux, la réalité est toute autre.

Alors déjà, il était rare que les pirates envoient par le fond les navires qu'ils capturaient, déjà parce que c'était pas très rentable, ensuite pour éviter de se bouffer une guerre totale de la part des puissances navales. Ensuite, quand les navires pillés allaient signaler les attaques, tout le monde savait qui étaient les pirates et qu'il fallait pas accepter leur or. Du coup il fallait des circuits de blanchiment, les pirates n'allaient pas acheter du ravitaillement en pierres précieuses et en objets volés. Et bah justement, Black Sails parle d'un de ces circuits de blanchiment.

Billy Bones, le quartier-maître intègre, James Flint, le capitaine insoluble, M. Gates, le second mystérieux, et John Silver, le cuistot manipulateur. L'équipage de rêve quoi.

En apparence centrée sur le personnage fictif de James Flint, la série met en fait en valeur un casting bien plus riche puisque la communauté de Nassau est soudée, bien malgré elle, par le fait que tous ceux qui en font partie sont des rejetés d'un monde qui se referme sur eux : l'Angleterre développe sa marine et son commerce international, et il arrivera bien un jour où l'armée régulière et la légalité viendront frapper aux portes du fort de Nassau à grands coups de canon.
Certains s'en moquent et voient là une occasion de crier leur rejet du monde, comme Charles Vane, et d'autres veulent préparer l'avenir, ce qui est le cas de Flint.
Y'a aussi du sexe mais contrairement
à d'autres séries Black Sails n'en fait pas
des caisses. Oh, Max et Eleanor sont
super belles et bien jouées aussi.
Loin de se réduire à cette dichotomie, Black Sails intègre également John Silver, dont la capacité à séduire et charmer son auditoire dans son propre intérêt contribue beaucoup à l'intérêt de la narration, Billy Bones, le jeune pirate puissant et intègre, Jack Rackham et Anne Bonny dans un duo très intéressant, subissant le comportement de leur incontrôlable capitaine, Vane, ou encore Max, une prostituée de Nassau qui navigue dans les eaux troubles de la rumeur publique et des plans secrets de chacun.

Anne Bonny a l'air de s'en foutre royalement mais l'actrice interprète très bien les subtilités de ce registre. Quand son personnage n'est pas en train de tuer froidement. Anne Bonny quoi ♥
(sinon y'a Jack Rackham le Cool au milieu et Charles "je fais ce que je veux et je t'emmerde" Vane)

L'intrigue est d'ailleurs plutôt équilibrée, je trouve, du moins au début : la première saison traite essentiellement de l'Urca de Lima, insaisissable trésor que convoite Flint, et expose les enjeux de cette ambition : quel intérêt pour les pirates, quelles menaces cela suppose, quelles réactions attendre... La difficulté est d'autant plus grande que, pour renforcer le réalisme du traitement de son sujet, Black Sails rappelle régulièrement au spectateur que les capitaines pirates n'ont rien de maîtres tous-puissants.
Malgré les légendes et les idées préconçues sur la question, il est vrai que beaucoup de pirates s'engagent par aspirations libertaires et contre la société hiérarchisée monarchique : chaque poste à responsabilité fait donc l'objet d'une élection et chaque pirate a son mot à dire lors des réunions d'équipage où les décisions sont prises. Du coup, logiquement, la série appuie en partie sa narration sur ces moments décisifs et l'enjeu qu'ils représentent, autant que sur les mutineries que cette organisation sociale suppose.

J'adore cette époque durant laquelle les séries font aussi bien que le cinéma tout en durant plus longtemps !

Durant la saison 2, en revanche, est bien plus approfondi le passé de James Flint, qui n'existait pas dans L'île au trésor, et si je dois saluer l'inventivité des scénaristes, qui fourmillent de bonnes idées, on a vite tendance à trouver que le personnage principal est trop présent, dans deux temporalités différentes, pendant que sur Nassau c'est le bordel et ça piétine.
L'apparition régulière ou furtive de pirates célèbres et réels – Jack Rackham, Anne Bonny, Charles Vane ou en l'occurrence Edward Low – fournit bien quelques intrigues secondaires, mais on reste sur sa faim, du moins jusqu'à un épisode final absolument génial qui me fait trépigner d'impatience à l'approche de la saison 3, dans une séquence qui donne un côté très Richard III à Flint. « Si vous ne voyez en moi que le monstre que vous méprisez, alors soit, je serai ce monstre que vous allez apprendre à craindre. » Paf, ça c'est posé.

Le pirate Edward Low. Personnage historique réel. Aussi méchant qu'il en a l'air.

Question mise en scène, ma découverte assez récente – il y a quelques mois – de l'excellent film Master and Commander, qui évoquait la marine de guerre à l'époque de Napoléon, soit un siècle après Black Sails, avait suscité chez moi quelques appréhensions, qui ont vite été dissipées. Pas de longues séquences de navigation dans cette série, mais au contraire des passages en mer ouverte relativement courts, malgré les incontournables scènes sur les navires, et surtout la colonie de Nassau, filmée sous tous les angles. Bordel pour le pirate de base, auberge d'Eleanor pour les capitaines et les seconds, plus occasionnellement l'autre côté de l'île avec les demeures de Richard Guthrie et de Miranda Barlow, ou même la forteresse dans la saison 2.

Les intérieurs sont bien aussi ! Et puis on voit Dufresne, parce que oui, il y a des pirates français !

Les séquences d'action sont, en outre, assez nombreuses mais justement distillées, qu'il s'agisse de combats à terre ou d'abordage tous plus sanglants les uns que les autres. Cette série a le bon goût de rappeler les réalités de la piraterie, et notamment le fait que les pistolets peuvent faire long feu, que les duels se finissent souvent à l'arme blanche, que les canons font énormément de dégâts et surtout beaucoup de fumée.
Par ailleurs, le design des personnages, de leurs fringues à leurs coiffures en passant par leurs armes, leur caractère, est vraiment sympa, et il faut regarder la série en version originale pour apprécier la saveur des dialogues, notamment lorsqu'il arrive, à plusieurs reprises, à Max de parler français pour elle, preuve qu'elle vient probablement d'une colonie française ^^ (l'actrice est canadienne ♥) Et moi j'ADORE entendre du français dans une œuvre étrangère en VOST ♥ ♥


En bref : excellente série qui, à l'instar de la magnifique Rome de 2005-2007, tisse de la fiction sur un tissu réel et historiquement tout à fait fidèle, Black Sails est une réussite à la fois dans sa mise en scène, son esthétique, sa narration et son interprétation. Malgré l'absence d'acteurs de renom, les personnages sont attachants et on se prend à s'inquiéter pour eux, à attendre avec impatience la suite de leurs aventures. En plus, Black Sails permet de découvrir un aspect souvent mésestimé, à tort, de la piraterie caraïbe, et ça c'est pas du luxe :)

 Image promotionnelle de la saison 3 : Ray Stevenson en Barbe-Noire. Je sais pas vous mais moi JE TRÉPIGNE D'IMPATIENCE !!! *o*


 Ah et puis voilà, sans déconner, ce générique de malade *o*

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