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20.12.15

Le temps dans les Mille-Griffes


Contrairement à la géographie ou aux peuples et races qui occupent le territoire et ses environs, le temps est une notion extrêmement souple et changeante dans les Mille-Griffes. Il ne dépend d'ailleurs pas de la religion bien qu'il soit conditionné pour refléter la croyance dans les Six, les Éléments et les Essences.
En outre, sa conception a été modifiée à plusieurs reprises, la dernière en date remontant à la conquête du royaume par l'Empire Dordanien, 998 ans avant le début de la narration des Mille-Griffes.

Il faut en premier lieu savoir que le principal concept régissant la temporalité dans les Mille-Griffes est le climat : les années, leur durée et leur écoulement sont calculés en fonction du temps qu'il fait, ce dernier état perçu, dans ce territoire majoritairement rural, par ses effets sur les cultures agricoles.
L'année ordinaire est divisée en 4 saisons de trois mois chacune. Elle commence et se termine au début du printemps, après la fonte des dernières neiges qui ne manquent pas de tomber régulièrement depuis aussi longtemps qu'on se souvient avoir compté le temps qui passe. L'ensemble de l'année est placé sous la protection des Six, qui sont présents en toute chose de la vie, grand événement ou déroulement du quotidien.


Le printemps est la saison de la Terre et de la renaissance. Il est marqué par un temps de plus en plus doux à mesure que le temps passe, mais aussi par des pluies régulières venant arroser les plantations d'automne et d'hiver. Les animaux qui hibernent émergent de leur sommeil et c'est pour beaucoup la période des amours. Pour les humains, les elfes et les Reptiles, le printemps est le temps des grands projets qui ponctueront l'année à venir, celui des voyages, des constructions et des échanges qui recommencent. De fait, de nombreux marchands considèrent cette saison comme celle qui leur est personnellement dédiée.

L'été est la saison du Feu, de la chaleur et de la lumière. Parce qu'il n'y pleut que rarement et de manière spectaculaire, c'est aussi la saison des longues journées, des travaux et des fêtes, plus rarement également des batailles. Nombre de guerres, dans l'histoire des Mille-Griffes, ont connu leur apogée en plein été, malgré la puissance des orages que cette période suscite. L'été est pour cette raison et parce qu'il est placé sous l'autorité du Feu, la saison la plus détestée par l'Empire Dordanien, aux yeux de qui c'est le moment où ses ennemis sont les plus virulents.
Pour certaines espèces animales, l'été est également le temps de la chasse, qu'elles s'adonnent à la prédation ou soient les proies des humains. L'usage a démontré depuis très longtemps que, dans le sud du territoire, l'été est le moment où les marchands-caravaniers venus de terres lointaines terminent leur voyage dans les Cités-Franches et pratiquent le négoce avant de s'en retourner aux confins du monde.


L'automne est la saison de l'Air, celle des vents et des températures qui fraîchissent. La plupart des habitants des Mille-Griffes préparent l'hiver en stockant des vivres, du fourrage et des matériaux bruts en prévision des longs mois d'enfermement quasi-total. C'est à ce moment en effet que sont effectuées les récoltes des plants nourris par les pluies du printemps et la lumière de l'été. On met, en automne, la dernière main aux grands projets, on commence à planifier l'année suivante et surtout on ensemence les champs dans lesquels les cultures pousseront à l'abri du sol durant les mois suivants.
Si certaines espèces parmi les plus grosses prospèrent dans les forêts d'automne, la plupart des animaux se font discrets et même la chasse n'a presque plus cours. Le Clan des Loups n'a jamais caché sa prédilection pour l'automne et se montre souvent d'autant plus hyperactif que le froid approchant empêche ses rivaux de réagir après coup.

L'hiver est la dernière saison de l'année. La croyance veut qu'il constitue un rempart pour les Mille-Griffes et si toutes les saisons sont enclines à s'attarder et à durer dans le temps, l'hiver est celui qui, d'après les écrits compilés à l'Académie et dans les Archives Royales de Toreno, a atteint le plus systématiquement les extrêmes temporelles. C'est la période la plus froide de l'année, celle qui est dédiée à l'Eau, dominée par la pluie, la neige et la glace.
Durant l'hiver, les hommes, les elfes et les Reptiles ne sortent presque plus et se consacrent à des travaux dans leurs demeures et leurs châteaux : c'est le moment idéal pour réparer ou fabriquer des outils et des vêtements, comptabiliser et accumuler les marchandises qui seront envoyées ou vendues au printemps, réorganiser les intérieurs et se consacrer à l'étude. Les animaux sont quasiment introuvables durant l'hiver et il n'est guère que dans les provinces les plus nordiques que certains prédateurs représentent une menace.

La Vie et la Mort, en revanche, ne voient aucune saison leur être exclusivement dédiée, puisqu'ils dominent toute l'année : chaque jour durant ils sont par les cultes locaux et la religion des Mille-Griffes et des territoires voisins et continuent d'exercer leur influence sur les grands événements de la vie quotidienne.


Parce que la temporalité est soumise au climat dans les Mille-Griffes, il arrive régulièrement que les années ne couvrent pas la même durée lorsque les saisons durent et que le temps se maintient plus qu'à l'accoutumée, avec parfois des conséquences dramatiques pour la vie agricole et les récoltes. Il n'existe cependant pas d'exemple, de mémoire d'homme ou de texte, d'année lors de laquelle une saison ait duré moins de trois mois.
En revanche, lorsque le cas opposé se présente, ce qui est fréquent, les érudits et les Seigneurs du territoire ont pour habitude d'ajouter des mois intercalaires tant que la saison n'est pas terminée, si bien que le calendrier n'est pas fixe et que les années soient très inégales entre elles.
A l'origine, les mois portaient les noms de grands personnages ou de faits majeurs de l'histoire du royaume, mais cette forme de commémoration a été supprimée par la bureaucratie dordanienne et les mois sont désormais désignés par des numéros, tout comme les jours qui les composent, bien que les anciens noms persistent parfois, notamment au sein du petit peuple et à la campagne.

Quelle que soit la saison, le mois ordinaire compte 24 jours répartis en 4 périodes de 6 jours chacune.
Chaque journée est consacrée à l'un des Six : reflétant le parcours effectué durant l'existence, une période de six jours débute par le jour de la Vie. Puis viennent le jour de l'Eau dans laquelle chacun et chacune vient au monde, le jour de l'Air que l'on découvre en quittant la matrice maternelle, celui de la Terre que l'on apprend à fouler peu après. Le cinquième jour est celui du Feu que font brûler en tout être les maladies, et le sixième celui de la Mort, avant qu'une nouvelle période ne soit ouverte par la Vie qui est une renaissance.
Chaque période, le jour de la Mort, est également l'occasion d'une communion de tout le monde dans les chapelles de chaque ville et village du royaume, sous la direction du prêtre local, afin d'appeler ensemble la protection et la bénédiction des Six, d'évoquer les dernières nouvelles de la vie locale, de se rappeler les disparus, de signaler les naissances et les unions.

Organisation d'un mois ordinaire (ininterrompu) de 24 jours dans l'année des Mille-Griffes
1er jour de la Vie
2ème jour de la Vie
3ème jour de la Vie
4ème jour de la Vie
1er jour de l'Eau
2ème jour de l'Eau
3ème jour de l'Eau
4ème jour de l'Eau
1er jour de l'Air
2ème jour de l'Air
3ème jour de l'Air
4ème jour de l'Air
1er jour de la Terre
2ème jour de la Terre
3ème jour de la Terre
4ème jour de la Terre
1er jour du Feu
2ème jour du Feu
3ème jour du Feu
4ème jour du Feu
1er jour de la Mort
2ème jour de la Mort
3ème jour de la Mort
4ème jour de la Mort

Fortement lié à la croyance dans les Six à laquelle il est clairement lié, le calendrier est pourtant l'occasion de célébrer tout autant les grands événements de l'histoire des Mille-Griffes que les valeurs défendues par la religion que tous partagent. De plus, à cause de la nature composite de la culture sur le territoire et de la division des Clans, certaines traditions demeurent locales ou liées à de grands moments du passé local, bien que la majorité des fêtes célébrées durant l'année le soient uniformément par les humains des Mille-Griffes, malgré la méconnaissance relative des usages chez les Reptiles et les elfes.
Enfin, il est courant que lors des fêtes soient organisés des spectacles et des événements à la gloire des seigneurs de la région où elles sont organisées, ce qui entretient la fidélité locale, la solidarité au sein des Clans et la rivalité de ces derniers.

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Débutant fort logiquement l'année, la Fête de la Renaissance est l'occasion de se réjouir de la fonte des neiges et du retour du printemps. En outre, elle permet également de se débarrasser des dernières réserves de nourriture périssable qui sont consommées lors de fêtes publiques et de grands banquets festifs et conviviaux où chacun peut offrir des présents à ceux qui lui sont chers.

Au printemps, la Fête de l'Unité est la principale commémoration de la naissance du royaume des Mille-Griffes, mais aussi, avant cela, de la diffusion généralisée du culte des Six dans son territoire en devenir. Elle est célébrée par l'ensemble des habitants et demeure un moment privilégié pour le partage et la tolérance. De fait, cette célébration a fait l'objet de tentatives de suppressions de la part de l'Empire dordanien, lesquelles tentatives se sont confrontées à des oppositions massives et parfois virulentes.

Dans le sud-est du territoire des Mille-Griffes, à la jonction entre le fief de l'Académie, la forêt des Elfes et de l'ancien domaine des Fauves, les Cités-Franches ont toujours été plus ou moins indépendantes des Seigneurs. Les Collines Marchandes qu'elles occupent sont depuis longtemps la porte d'entrée qu'empruntent les caravanes venues de terres lointaines pour venir faire négoce : de là vient l'autonomie et la prospérité de ces 6 villes, parmi lesquelles 2 de chaque culture (humaine, elfique et fauve). Le Festival de l'Amitié a donc pour vocation de commémorer annuellement cette relation dans une célébration que ne connaît nulle autre province des Mille-Griffes, et qui dure toute la première moitié du premier mois d'été, sans que l'Empire dordanien n'ait jamais pu intervenir pour sa suppression.

En plein cœur de l'été, le Festival de la Chasse organisé sur le territoire des Loups est une ancienne tradition qui remonte à l'assimilation du Clan avec les prédateurs de la Grande Forêt du Nord, à une époque où leurs meutes et leur cohésion sociale ont pratiquement été les seuls moteurs de leur survie face à l'hiver. Tous les ans, un nombre limité de chasseurs se livrent à un concours qui récompense le plus gros gibier rapporté de la Forêt autour du château seigneurial afin de valoriser la force du Clan des Loups et sa place dans le monde nordique.


Le premier mois de l'automne est de la même manière l'occasion de se rappeler la solidarité qui unit les Mille-Griffes face aux périls. En souvenir d'une année particulièrement longue lors de laquelle un été de près de sept mois brûla sur pied les plantations avant qu'elles ne puissent être récoltées, ce qui causa une dramatique famine, tous les habitants organisent des banquets où chacun est convié. Riches et pauvres des Mille-Griffes peuvent s'y inviter en apportant des plats pour partager les victuailles comme leurs ancêtres l'avaient fait pour lutter contre les éléments. Fait rare, les Dordaniens ne se sont jamais opposés à cette fête, qu'ils ont tendance dans les grandes villes à récupérer en la plaçant sous l'autorité de leur empereur, présenté comme unificateur de toutes les terres connues.

Soulignant la grande proximité culturelle du domaine des Loups et de la Lisière depuis la fondation du royaume des Mille-Griffes dirigé par les premiers, les habitants du nord commémorent à leur manière le Grand Hiver : se souvenant que les grands herbivores avaient quitté la Forêt pour trouver un refuge et surtout de la nourriture dans les plantations humaines, ils rendent hommage aux meutes de loups qui avaient protégé les cultures en chassant cerfs, élans, sangliers et autres bœufs musqués. Cet événement est donc marqué par des banquets de gibier et des mises en scène à la gloire du loup et se limite à la seule province de la Lisière.

Clôturant l'année, la Fête du Soleil est la dernière occasion qu'ont les habitants de célébrer la lumière et la chaleur de l'année avant l'hiver, qui a plus souvent que les autres saisons tendance à être inhabituellement long. Il arrive parfois que des étrangers, artistes et marchands, s'attardent dans les Mille-Griffes à cette occasion, mais le plus souvent cette célébration se traduit par des rites religieux à la gloire des Six, des foires et des marchés, de la musique et des danses, dans un ensemble qui se diffuse uniformément dans tout le territoire.

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