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8.2.16

Borderlands 2 et demi


Borderlands : the Pre-Sequel !

Développé par : 2K Australia.
Genre : RPG FPS.
Date de sortie : 2014.
Support : PC/Mac, Playstation 3, Xbox360.

Helios, station orbitale gravitant devant Elpis, la lune de la planète Pandore. Jack, administrateur de la société Hyperion chargé de surveiller la planète, assiste à une invasion d'Helios par la Légion Oubliée, un groupe armé au service de la société Dahl.
Les quatre Chasseurs de l'Arche qu'il avait embauchés atterrissent avec fracas dans la station, au même moment, mais ne peuvent que fuir les forces du colonel Tungstena Zarpedon, qui dirige la Légion Oubliée. Jack, cependant, n'oublie pas son objectif : il y aurait une Arche éridienne sur Elpis.


Alors, Borderlands : la pré-séquelle, je le précise tout de suite parce que ce sera important pour après, a été développé par 2K Australia en collaboration avec Gearbox, et non pas par le studio américain lui-même. Je suppose que si vous lisez cet article, vous êtes soit très curieux-se soit fan de la série Borderlands (auquel cas vous voulez peut-être mon avis sur la question, merci, et le voilà), alors pour une version courte : ce jeu est bon mais m'a globalement déçu.

En version longue, on a quoi ? Une suite à Borderlands qui n'en est pas vraiment une, et qui témoigne de bout en bout des efforts de 2K Australia pour suivre docilement les règles et être un bon élève. Le jeu ressemble furieusement à Borderlands 2 en reprenant le système des Points Badass et donc des multiples défis à remplir, en conservant la gestion de l'équipement et de l'inventaire, les types d'armes, enfin bref, là où Borderlands 2 innovait et améliorait le concept du premier jeu, le troisième ne fait que reproduire.

Pour avoir fini le jeu avec Wilhelm, je vous le dis : il est extrêmement sécurisant. Il a une compétence en particulier, même s'il tombe en Combat pour la Survie et même s'il se relève pas, si y'a un ennemi à côté, il se relève XD

Après, il y a des nouveautés hein. Les Reliques ont disparu au profit des respirateurs pour une raison claire : toute l'action se passe sur Elpis, la lune de Pandore, et sur la station Helios, avec du coup plein de zones non pressurisées, sans oxygène, où le joueur doit gérer son O² – nécessaire pour ne pas perdre des points de vie, clairement, mais aussi pour les double-sauts et pour le Pilonnage, une attaque portée depuis les airs (on se laisse tomber lourdement en gros) – et donc le régénérer aussi souvent que possible – grâce aux ennemis qui lâchent des cellules d'oxygène en mourant ou aux éléments du décor – dômes d'oxygène et geysers d'O² sur Elpis – présents ça et là.
Autre chose, l'élément Glace, qui ne vient pas compléter les précédents, mais remplacer le Slag. Bah oui, la recherche sur l'éridium n'existe pas encore donc y'a pas ce résidu violacé. Là, gros point bonus pour le staff, congeler un ennemi sur place c'est très utile en pleine bagarre, surtout si on a le temps ensuite de briser la glace, et c'est parfois utilisé dans certaines missions. Et enfin, un nouveau type d'arme, les canons-lasers, qui n'ont jamais fait leur apparition sur Pandore, et sont systématiquement élémentaux : c'est puissant, lent et ça a des effets variés. Très agréable à utiliser.

Si c'était possible, ce jeu a rendu les fusils à lunette encore plus puissants : désormais avec une balle dans la tête dans le vide spatial, si le mec ne meurt pas, il suffoque sans son masque à oxygène.

Voilà, j'ai fait le tour des innovations de la pré-séquelle. Si vous comptiez vous balader dans le vide spatial c'est pas la peine, les chutes sans fin et les sauts de la foi sont légion dans ce jeu, le level-design est traître comme c'est pas possible (mention spéciale aux Veines d'Helios, le pire niveau du jeu) malgré la présence régulière de plate-formes de sauts (ce sont des boosters en gros) et manque assez de variété, ce qui s'exprime par une carte prodigieusement restreinte par rapport non seulement à Borderlands 2, mais également au premier.
En outre, les missions secondaires sont rares, les PNJ peu nombreux, et on a tout au long du jeu l'impression que la pré-séquelle n'est là que pour expliquer ce qui s'est passé entre les deux jeux plutôt que de poursuivre sur leur lancée. Oubliée, la folie déjantée des opus précédents, le côté élève sage et sérieux des développeurs australiens accouche ici de quelques intervenants un peu excentriques, et c'est tout. L'humour est moins bon, les méchants moins barrés, les boss moins nombreux, et si le boss de fin est absolument magistral, l'autre gros combat du jeu, un tout petit peu avant, fait pâle figure face à BNK3R, la grosse bagarre mémorable de Borderlands 2.

Ils ont aussi refait le coup de la ville qu'on doit rejoindre, mais avec trois missions secondaires et demie, elle est vachement moins importante que Sanctuary.

Et je vais terminer sur les contenus additionnels : la pré-séquelle est sortie fin 2014, soit il y a un peu plus d'un an au moment où j'écris ces mots, et n'offre en guise de DLC qu'une extension, Claptastic Voyage, sortie en mars 2015, deux personnages bonus, le clone de Jack et Lady Aurelia Hammerlock, soit un personnage apparemment très complexe à jouer et une tireuse d'élite tournée vers la glace... et c'est tout. Rien depuis mars 2015.
Pour un joueur comme moi qui a acheté les deux premiers Borderlands en GOTY avec leurs 4 premiers DLC (soit les 4 meilleurs pour le 2, dont les excellents Captain Scarlett and her pirate's booty et Tiny Tina's Assault on Dragonkeep), c'est un peu limité. D'ailleurs, globalement, à cause de la pauvreté des missions secondaires, des personnages et le nombre réduit de régions dans le jeu, Borderlands : the pre-sequel en devient même plus court que chacun des deux jeux précédents.

Par contre, là où l'erreur n'était pas possible, c'est au niveau de la narration. Et là on est totalement servis. C'est absolument génial.
Concrètement, Borderlands : la pré-séquelle commence après la fin de Borderlands 2 avec l'interrogatoire d'Athena par Lilith, Brick et Mordecai. Parce que bon, les 3 autres personnages jouables (basiques), Nisha la justicière, Wilhelm le chasseur de primes et Clap Trap, ils sont à ce moment soit morts soit du côté de la Lance Écarlate. Et donc Athena se voit obligée de raconter son histoire, depuis sa fuite de la Lance Écarlate du général Knoxx à la fin de Borderlands jusqu'à la suprématie de celui qu'on appelle Handsome Jack.

Y'a aussi certaines zones super classes qui multiplient, en plus de la narration, les clins d'œil aux autres jeux. Ici, une partie de la station Helios qui préfigure clairement Opportunity.

Et je dois dire que ça a été superbe. Ce personnage est l'un des mieux écrits que j'aie jamais vu dans un jeu vidéo. C'est fascinant de voir ce type sans histoire jouer les héros, rester en arrière en risquant sa vie pour couvrir la fuite des Chasseurs d'Arche, reprocher à Zarpedon de menacer des vies civiles innocentes en s'attaquant à Hyperion bref, être un gentil.
La pré-séquelle illustre sa montée en puissante très lente et progressive (en fait les déclencheurs n'ont lieu en gros que pendant le dernier chapitre du jeu), suivant une plongée cauchemardesque dans les entrailles d'Hyperion : le premier Porteur, le premier Constructeur, la technologie qui a fait de Jack un tyran impitoyable dans Borderlands 2, tout y est, jusqu'à la raison pour laquelle Jack souffre du complexe du héros et croit très sincèrement que Lilith, Moxxi et les autres sont des criminels endurcis ne valant guère mieux que des bandits de bas étage.
Absolument génial je vous dis.
Et en prime, avec les enregistrements Echo présents ça et là, quoiqu'en nombre plus limité que dans Borderlands 2, j'ai également appris comment Wilhelm est devenu la machine désincarnée qu'on affronte dans ce dernier jeu : à la base, il n'a qu'un œil cybernétique, mais développe très vite une addiction aux augmentations mécaniques, or Hyperion et Jack en développent en abondance, et le chasseur de primes froid et impitoyable devint un Ingénieur.

En bref : dommage que ce jeu n'excelle que dans sa narration. C'est une copie passable de Borderlands 2, distrayante mais pas mémorable, probablement hilarante à jouer avec Clap Trap, un personnage en partie tourné vers le multijoueur, mais qui ne parvient pas à surpasser ni même à égaler le jeu précédent, et même moins bon que le premier dans certains domaines. Bon, le jeu est intéressant, drôle et agréable, mais il est aussi court, peu innovant et totalement desservi par une quasi-absence de contenu additionnel. Fans de la série, jouez-y, mais n'en attendez pas trop.

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