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29.4.16

La Phase 3, on va l'appeler la Phase Marrons Dans La Gueule ♥


Captain America : Civil War.

Film américain d'Anthony et Joe Russo (2016) avec Chris Evans, Robert Downey Jr, Anthony Mackie, Scarlett Johansson, Sebastian Stan, Elisabeth Olsen, Paul Bettany, Don Cheadle, Chadwick Boseman, William Hurt, Jeremy Renner, Paul Rudd, Tom Holland et je vais m'arrêter là même s'il manque encore deux-trois interprètes secondaires comme Emily VanCamp ou Martin Freeman. Voilà, c'est fini. Pardon.
Genre : fantastique, action.
Vu en VOST.

Les États-Unis, de nos jours. Après avoir mené avec succès, malgré des dommages collatéraux, une mission contre le criminel et ancien membre d'HYDRA Brock Rumlow, les Avengers reçoivent la visite de Tony Stark accompagné du général Ross, devenu secrétaire d'état.
Celui-ci annonce que, lassés par la liberté sans limite et les dégâts avec laquelle les super-héros interviennent sans cesse sur la planète, 117 pays du monde se sont mis d'accord sur les Accords de Sokovie, un texte plaçant les Avengers sous l'autorité des Nations Unies. Très vite, la choix de signer la proposition ou de conserver une totale liberté de manœuvre divise les membres du groupe.


Commençons par une évidence, ce film est un hybride.
Ce n'est pas le nouvel Avengers, c'est un film qui jusque dans son titre est centré sur Steve Rogers, et pourtant, il intègre tous les membres de la bande, ce qui en soit est une innovation. Le précédent Captain America, Winter Soldier, s'il unissait les intrigues de Rogers et du SHIELD, mettait en scène Black Widow et présent le petit nouveau du moment, Sam « Hawk » Wilson, demeurait tout de même centré, lui aussi, sur le mec au bouclier, en tout cas dans son rapport à James « Bucky » Barnes, le Winter Soldier du titre.

Non mais rien à faire, il a toujours une tête de sale con.

En plus, contrairement à la plupart des films précédents – Avengers 2 prenait la suite d'Agents of SHIELD – à l'exception notable d'Ant-Man (raison pour laquelle ce dernier concluait la Phase 2 du Marvel Cinematic Universe), Civil War ne succède pas au(x) film(s) précédent(s) du point de vue de son personnage principal, mais plutôt par une perspective globale sur tout le groupe.
A un moment, dans le cadre de l'enjeu principal du film – devenir des agents de l'ONU ou rester libres, ce qui signifie entrer dans l'illégalité, un peu comme les Watchmen ont été appelés à le faire avec le gouvernement américain de Nixon dans l'œuvre d'alan Moore – y'a ce personnage qui fait le bilan des raisons, de son point de vue, pour lesquelles signer les Accords est une nécessité.

Et, assez justement, le voilà qui fait « alors là c'est quand ça a merdé à New York » (dans Avengers), « là c'est quand ça a merdé à Washington » (dans Winter Soldier), « là c'est quand ça a merdé en Sokovie » (dans Avengers 2) et il aurait même pu faire « là c'est quand ça a merdé au Wakanda » (dans Avengers 2 également).
Mais son but c'est d'incriminer les personnages présents et BrHulk Banner était pas dans la pièce, alors à la place il fait genre « et là c'est quand ça a merdé au Wakanda » et quelqu'un face à lui a vraiment pas bien pris cette remarque. En tout cas faut retenir que les personnages sont traités en tant que groupe, malgré la figure centrale de Steve Rogers.

Lui aussi est cool. Les scènes d'action le servent totalement dès le début du film, et j'adore le fait de lui avoir ajouté Redwing ^^

Parce que oui, bon, le principal écueil de Captain America Civil War, c'est celui sur lequel il aurait pu se planter comme l'a immanquablement fait – mais c'était prévisible et il fallait pas lui en tenir rigueur – le fameux Batman v Superman. Comment faire pour intégrer des nouveaux personnages qui n'ont pas eu leur propre film, dont on sait à priori trois fois rien, ou qui d'un autre côté peuvent être totalement réinventés parce que ce ne sont pas les mêmes que dans le reste du cinéma ?
Je parle de Spiderman là. Spiderman version Avengers c'est pas le même que celui de Sam Raimi, ni celui d'Andrew Garfield.
Bref, la raison principale pour laquelle le Wakanda a été évoqué dans Avengers 2 et l'est à nouveau ici, c'est évidemment parce que c'est le pays d'origine du super-héros Black Panther. Je ne vais pas évoquer le fait que c'est le seul endroit du monde où on trouve du vibranium – merde, c'est fait – parce que cet enjeu a été évacué par Age of Ultron.

Et là, la mise en scène comme l'écriture de ce film sont vraiment sympa. En même temps les Russo, manier plusieurs temporalités, plusieurs échelles de narration et plusieurs intrigues en même temps, ils savent faire, c'est déjà eux qui ont réalisé Winter Soldier et contribué (avec les scénaristes, n'oublions jamais les scénaristes) à réécrire l'histoire du soldat éponyme pour l'adapter à l'écran (mais je maintiendrai jusqu'à la mort qu'une confrontation USA-Russie au cinéma en termes d'actualité diplomatique ça aurait été l'éclate).
Bref, tout ça pour dire que ce personnage africain se pointe, parle à Black Widow, on sait pas qui c'est puis un autre arrive, lui adresse la parole et ah bah tiens, maintenant on sait. OK, nouvel arrivant intégré, subtil, efficace, pim. Pas besoin de raconter son passé, son propre film le fera pour lui, n'importent ici que les enjeux de son combat, ce que Civil War présente bien.

Ich bin totalement fan de ce mec ! Il est classe, il est puissant, il est sage et profond, et les phases d'action avec lui, pfff *_*

J'ai trouvé moins subtil et plus rentre-dedans l'intégration de l'autre nouveau, mais bon, c'est pas foncièrement désagréable. Deux personnages se disent qu'ils sont en sous-nombre (3 contre 2, ça reste legit) et doivent recruter. L'un des deux va recruter au sous-sol du bâtiment où ils sont, l'autre dans le Queens à New York. « Peter Parker, c'est ça ? Faut qu'on parle. » et bim, recrutement effectué.
Au moins pour Ant-Man ils se sont pas cassé la tête, ils l'ont mis, sans expliquer le pourquoi du comment (ce que, encore une fois, la fin d'Ant-Man avait fait en mode « le Faucon, il aimerait bien te parler » et c'est d'ailleurs génial que ça ait été « le Faucon », et pas « les Avengers »), point. D'ailleurs Scott Lang est toujours aussi drôle et devient aussi bien badass. J'ADORE. #TeamAntMan

Bon, à quoi on a affaire au final ? A la préparation d'une nouvelle série d'intrigues basées sur un, deux, trois, quatre, disons peut-être cinq grand maximum, personnages, lesquelles intrigues verront l'entourage de ces cinq-là s'impliquer aussi.
Mais aussi à un film dynamique et bien mis en scène, qui prend le temps de construire son intrigue – la plupart des plans iconiques des trailers, à commencer par le face-à-face des deux teams – interviennent relativement tard, un film dans lequel chacun des nombreux intervenants trouve sa place à l'écran avec justesse, et les scènes d'action certes assez nombreuses sont juste assez distillées pour qu'on s'y noie pas.


Bref, un film qui élargit l'univers des Avengers tout en questionnant la légitimité de leur combat – on savait d'emblée que ça pouvait pas être un film à McGuffin humain du genre « Team-On-Protège-Bucky » contre « Team-On-Défonce-le-Winter-Soldier » – et curieusement, il n'est pas non plus question des identités secrètes qui, sans vraie explication, semblent être connues (en tout cas celles de Rogers, ce qui est normal, et celle de Sam Wilson, ce qui l'est moins).
Juste ce qu'il fallait pour relancer la machine en intégrant du neuf dans ce qui est déjà présent. Nice.

Bon par contre esthétiquement, je sais pas du tout. Y'a vachement moins de science shots, comme dit Durendal, moins d'hologrammes et de Tony Stark qui manipule des trucs en 3D, les décors sont très jolis dans plein d'endroits différents (Roumanie, Autriche, Allemagne et... bon le dernier je le dis pas parce que spoiler, mais ironiquement la Civil War se passe jamais aux États-Unis ^^). Les costumes des personnages – mention spéciale à celui de Black Panther, magnifique, et celui de Spiderman, sur lequel l'intrigue s'arrête un moment – sont très sympa, Elisabeth Olsen a récupéré sa couleur capillaire naturelle et la Vision... bon, vous verrez dans le film x)


Par contre, mon scepticisme vient du fait que 1. j'ai pas vraiment noté de thème musical marquant, qui me reste en tête, et dans un film de super-héros c'est dommage mais ça doit venir du fait qu'ils sont nombreux (encore que, dans Avengers, premier du nom, quand Rogers se bat pendant la séquence « il faut réparer la turbine », on entendait son propre thème) et 2. les nouveaux lieux, quand on change de cadre, sont annoncés par un « carton », soit un mot en gros et en blanc qui couvre l'écran quelques secondes. POUM.
Dans Winter Soldier avec le Triskellion ils avaient géré ça plus discrètement, dans les Star Trek d'Abrams pareil, c'est propre, avec des lettres en métal argenté, mais là, je sais pas, ils ont opté pour ça, alors que ça aurait pu être vachement moins... POUM. VIENNA. BUCAREST. Sérieux ?

Ah par contre, truc très sympa, l'intrigue repose en partie sur la langue, ce qui fait que, en VO, bah on entend plusieurs langues. Et c'est cool. Loki qui gueule en anglais sur des Allemands à Stuttgart, personne s'en remettra je pense. Ici, en Autriche et Allemagne on parle allemand, les deux Wakandais parlent Wakandais (je suppose) et concernant certains personnages on parle... ah pardon, spoiler ^^
Les Russo ont fait mieux que Joss Whedon, j'hallucine.


En bref : c'est clairement ici un Captain America, et pas un Avengers, auquel on a affaire. Les enjeux sont multiples mais convergents et le parcours personnel de Steve Rogers par rapport au monde contemporain, aux Vengeurs, à James Barnes, demeurent au centre de l'intrigue. Les autres personnages – les nouveaux comme les déjà-présents-et-de-retour – sont bien intégrés et occupent efficacement l'écran, les dialogues et l'écriture (#TeamAntMan). L'esthétique est très sympa, quoiqu'inégale, du coup je vois pas du tout pourquoi ni à qui le film pourrait déplaire.


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