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28.4.16

La portée sociale, sociétale et politique chez Disney

Je viens de m'abonner à une nouvelle chaîne Youtube – je vais l'ajouter à un article que j'ai prévu d'écrire depuis des mois et que je vais vraiment, vraiment rédiger très bientôt – qui m'a permis d'assister à des réflexions et des argumentations liées aux films d'animation Disney, à leur propos et à leur portée.
Ca, et le fait que, la veille, j'avais subitement eu à nouveau envie d'écouter la chanson Virginia Company de Pocahontas et du coup de partager ENCORE mes impressions sur ce film via Twitter, ce qui m'a permis au passage de les communiquer à Wiwine et Marion Luciole, qui semblent être en pleine période Pocahontas en ce moment, tout ça donc, me permet d'évoquer le sujet plus avant.
Les Disney et ce que, de mon point de vue personnel, ils recouvrent.

 Sans déconner putain -_-'

Alors je préviens que cet article, comme le reste de mon blog, ne vise ni l'exhaustivité, ni la vérité absolue. Je ne suis pas ce trou du cul de Durendal, je vous filerai aucune pilule rouge. Je vais juste mettre en rapport la culture et le filtre de mes connaissances personnelles dans les arts du cinéma, de la musique, de la littérature ou de la musique, et également dans le cas présent, le filtre de mes convictions socio-politiques. Je parle de filtre parce que, là encore, je n'ai ni la science infuse ni la connaissance infinie, je ne connais pas tout et donc les domaines que j'engage sont forcément limités par la faible maîtrise que j'en ai.

Ensuite, je ne vais pas parler de TOUS les films d'animation Disney/Pixar – oui je vais aussi parler Pixar. Inutile de revenir sur les Disney sur lesquels tout le monde est d'accord – Blanche-Neige, Cendrillon, Dumbo (totalement raciste), Les 101 dalmations, Toy Story et j'en passe – ou encore ceux qui n'ont, à priori, pas une portée socio-politique à tendance polémique.
Polémique, je rappelle, c'est ce qui appelle à débat, à argument. Rien à voir avec le foutage de merde. Échanger des idées n'a jamais eu quoi que ce soit de négatif (heureusement).

Let is go.
Pardon pour la musique que je viens de mettre dans votre tête.
(et on va faire ça dans l'ordre chronologique, f'pas déconner non plus)


La belle et le clochard (1955) et Les Aristochats (1970).

Ces deux-là, je les traite ensemble parce que grosso merdo, il s'agit à peu près de la même chose à mes yeux, à la différence que d'un côté on met en scène des chiens, et de l'autre des chats. L'un se passe en Nouvelle-Angleterre, et l'autre à Paris.
Mais en gros, le sujet reste le même, un (Lady) ou plusieurs personnages (Duchesse et ses enfants) d'un milieu social bourgeois et vivant dans un cadre huppé est confronté à une menace issue de son propre entourage socio-familial (une parente des maîtres de Lady et Edgar, le valet de la maîtresse de Duchesse et ses petits).
Ce ou ces personnages se retrouvent mêlé-s au petit peuple, à un nouvel environnement difficile, mais apprend ou apprennent à s'adapter à ces obstacles, à apprécier ce qu'il-s découvre-nt (amis, milieu populaire...), puis se sortent des difficultés grâce à un personnage libre et indépendant qui finit par être intégré à leur milieu bourgeois, et qui aime ça.


Non seulement ces films sont des copies quasi-conformes, mais en plus ils sont totalement opposés à un que je vais citer plus loin, Oliver et Compagnie. Contrairement à plusieurs de mes amis, je ne vois aucun problème à voir Thomas O'Malley et le Clochard être intégrés à la famille de Duchesse et de Lady, parce qu'il y a évolution sociale, et c'est le but de la société, sur le papier, que d'offrir le confort et le bonheur à chacun-e.
Raison pour laquelle j'adore ces films et les trouve tout à faits intéressants. En plus, leur esthétique audio-visuelle est géniale.

Non mais c'est bien connu, tous les chiens rêvent de liberté et de vivre à la rue, pourchassés par la fourrière. P'tain à quel point faut être con pour critiquer l'insertion familiale du Clochard et d'O'Malley ? -_-'

Oliver et Compagnie (1988).

Je vous avais dit que j'en parlerais. Je pensais qu'il y en aurait d'autres entre deux, mais non. Bref, Oliver et Compagnie, c'est l'histoire d'un personnage de vagabond qui erre dans les rues, mène une vie de pauvre, essaie de survivre, puis, par hasard, se retrouve catapulté dans un milieu social très confortable. Du coup, lorsque ses amis pauvres s'en rendent compte, ils essaient d'en profiter.
Et quand leur stratagème pour en profiter attire bien malgré eux le malheur sur la pauvre gosse de riches abandonnée par ses parents distants dans leur maison honteusement vaste et luxueuse, ils sont obligés d'intervenir pour la sauver.

Le pire ennemi des pauvres ? Bah non c'est pas les riches. Ni la société. C'est eux-mêmes. M'enfin voyons, c't'évident que c'est pas la faute des riches si les pauvres sont pauvres et opprimés ! #LaLogiqueDisney

Ce film est à mes yeux, socialement, un des pires Disney qui aient été réalisés. Culturellement j'ai vu pire, on verra ça après. Oliver et Compagnie ruine et piétine totalement l'image des pauvres aux yeux du public. Ils sont incapables de se prendre en main, si bien qu'ils se retrouvent pris à la gorge par de gros mafieux, ils essaient d'escroquer les riches pour s'en sortir, et attirent au passage des ennuis à ceux-ci.
Du coup, dans Oliver et Compagnie, les pauvres se battent pour réparer leurs erreurs, donc sauver la gosse de riches, et à la fin, tous les chiens retournent à la rue avec leur clochard, ni lui ni eux ne sont récompensés pour leur héroïsme, pendant qu'Oliver est adopté. Littéralement, les pauvres se battent pour maintenir intact l'ordre social inégalitaire, arrêter les mafieux, et les riches profitent de ce combat sans rien faire.
Le message est clair, l'ordre social est fait pour être préservé, parce que tout est bien comme ça. Vous voyez bien, les chiens sont pas malheureux à la fin, ils sont avec leur maître et ils ont fait adopter le chat chez les riches !

La Belle et la Bête (1991).

Contrairement à la plupart des gens – je vais me faire détester par beaucoup de monde, mais j'assume – je déteste le personnage de Belle. Je conçois parfaitement la complexité de ce film qui, loin de se résumer à un seul exemple du Syndrome de Stockholm, a déjà été traité avec pertinence par Linksthesun dans sa vidéo sur les Théories de Fans.
Alors certes, la Bête est un personnage tragique, qui a passé l'essentiel de sa vie sous une apparence difforme – encore que, bon, il est pas spécialement laid par rapport à, disons, Quasimodo, qui lui ne sera jamais plus beau que lors de sa première apparition, et puis quand on le voit dans son beau costume bleu, jaune et noir, on se dit qu'en vrai c'est plutôt une grosse boule de poils un peu nerveuse, malgré la présence des cornes du Diable – et ses serviteurs ont totalement subi les conséquences de son erreur à lui, mais à mon sens, là ne repose pas la plus grande méprise du public.

On a souvent tendance à dire que Belle est la paria du village – c'est vrai – qu'elle est victime des assauts inlassables de Gaston – incontestable – et qu'elle a parfaitement raison de se faire la malle dans un immense manoir où elle vivra confortablement, pourvu qu'elle parvienne à éduquer un peu son encombrant propriétaire – totalement faux.
En réalité, je pense que Belle et son film sont conformes à un état d'esprit qui était celui de son époque – fin du XVIIIème siècle, début du XIXème. La bourgeoisie a triomphé de la Révolution et de la noblesse, elle est la nouvelle classe dominante, elle est cultivée, et pour s'affirmer socialement et politiquement, elle essaie de se démarquer le plus possible du milieu modeste, prolétaire dira-t-on un siècle plus tard, d'où elle est issue.

"Arrête Gaston, tu te fais du mal, c'est pas pour toi, la culture, reste dans ta merde." Merci Belle. Très progressiste, comme posture, connasse.

Du coup, alors que La Belle et le Clochard et les Aristochats sont, eux, conformes au mode de pensée du début du XXème siècle, avec sa bourgeoisie bienveillante et paternaliste à la Émile Zola qui essaie d'élever et d'améliorer le petit peuple en le protégeant socialement (ou en l'occurrence en élevant socialement O'Malley et le Clochard), Belle incarne ici, par son intelligence et sa culture, une caste sociale différente de tout le reste du village. Elle est rejetée pour ça, les ignorants voient, à tort, dans son attitude de la condescendance, ils la rejettent, ce qui, du coup, la rend méprisante et asociale. Elle les rejette parce qu'eux la rejettent en croyant qu'elle les rejette. Ils sont à l'origine d'un comportement, chez elle, qu'ils ont provoqué en croyant qu'elle, et pas eux, en est à l'origine.
Ça va, c'est clair ?

Et du coup, si elle faisait bien son travail de jeune intelligente et bienveillante, elle essaierait d'éduquer et d'instruire les grouillots. Au lieu de ça, elle les envoie chier. Par contre, la Bête, qui traite le savoir avec respect – il a une énorme bibliothèque et s'empresse de l'ouvrir à Belle, je rappelle qu'à l'époque de narration du film, les livres sont rares et précieux – donc il reçoit la bienveillance et l'instruction aux bonnes manières prodiguée par Belle.
Et ça, intellectuellement, c'est extrêmement dangereux. Ça revient à dire que les ignorants se montrent indignes du savoir et de la culture avant même qu'on le leur propose, alors ils ne sont de toute façon pas destinés à les recevoir. Laissons les ignorants dans leur merde, de toute façon ils aiment ça et n'en demandent pas plus.

"Venez on décide qu'on s'enferme dans notre château dans la forêt et on se tient aussi éloignés que possible des pauvres, des ignorants et des crétins. On risque d'avoir un peu faim quand on aura épuisés les réserves vu qu'on a pas de terres à cultiver mais eh ! on est entre gens de culture !"
Ce que la fin de l'histoire ne dit pas, c'est l'épilogue dans lequel les personnages principaux meurent seuls et oubliés de tous à cause de leur arrogance de merde.

Bref : j'aime pas Belle. Le film est beau, l'animation de la salle de bal pendant la danse est superbe, la musique est magnifique, mais le propos est dégueulasse. Laissons les intellectuels et les nobles vivre dans leur bulle, et laissons-les mépriser les pauvres ignorants qui ne méritent pas qu'on les éduque. WAW. C'est pas parce que quelqu'un ne veut pas qu'on l'instruise qu'il ne faut pas l'instruire. Vous imaginez si les profs décidaient de rejeter tous les élèves qui refusent l'instruction ?!? O_o

Pocahontas (1995).

Comme je l'ai dit récemment sur Twitter à propos de ce film, lors d'une conversation avec Wiwine et Marion-Luciole, et comme je l'avais dit un peu plus tôt lors d'une autre avec Mr Meeea et Ginger Force (cette fois-là à propos du féminisme) je pense que le propos final d'une œuvre culturelle peut se démarquer des éléments narratifs qu'elle utilise, raison pour laquelle je trouve nul que des gens, s'il faut les croire sur parole, sortent du cinéma quand le film leur déplaît, ou ne terminent pas une œuvre donnée parce qu'elle les fait chier.
Après, on peut le faire, moi-même, je n'ai jamais terminé le diptyque Le dernier elfe/Le dernier orc, de la fantasy italienne, mais je me prononce pas sur le sujet justement parce que je sais pas ce que ça dit au final. Je sais vaguement de quoi ça parle, quoi.
D'ailleurs, moi qui fréquente assez régulièrement les cinémas, je n'ai jamais vu de mes yeux une personne sortir en plein milieu du film. Alors si ça se trouve c'est du pipeau et de la bravade. Quand tu regardes un truc tu le regardes jusqu'au bout pour bien comprendre.

J'vous raconte pas à quel point je trépigne d'impatience à l'idée de voir Clavier, ce connard ami de Sarkozy, flinguer sa carrière en se faisant passer pour un intellectuel de gauche dans un film raciste sur les Roms. Plus personne va vouloir tourner avec cette tache après.

Bref, pour le dire plus clairement, à mon sens un film peut utiliser des ressorts narratifs sexistes et être une œuvre féministe au final, un film peut mettre en scène des minorités ethniques pour mieux les descendre bref, je dissocie les arguments et le propos. Je vous donne deux exemples : The saboteur, jeu de PC dont j'ai parlé ici, met en scène du sexisme, mais ça n'est pas un jeu sexiste, le propos est grosso merdo respectueux des femmes – l'une de celles mise en scène est un personnage fort et indépendant et la seconde le devient tout au long de la narration.
D'autre part, Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu, film de merde bien connu avec Christian Clavier – d'ailleurs, il va récidiver, cette fois-ci avec des Roms, et ça s'appelle Silvouplééé. Non je blague pas. Bref, Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu raconte l'histoire de 4 filles d'une famille française, blanche, bourgeoise et catholique, qui se marient toutes avec des étrangers (un Noir, un « Arabe », un Chinois et un Juif) et même si j'ai pas vu le film, j'en ai lu que c'était une daube parfaitement raciste et xénophobe.

Tout ce blabla pour introduire Pocahontas (le film, pas la nana. Ce serait dégoûtant).
A mon sens, le film met en scène un personnage éponyme fort et indépendant – elle refuse le mariage qui est imposé par son père pour choisir un homme qu'il déteste, un étranger de surcroît – mais le problème c'est que la plupart des gens, dans mon opinion, s'arrêtent à la couche superficielle du film. Soit-disant il est féministe, pacifiste, et il a un message positif et tout et tout.
Le problème c'est que je suis ancien étudiant en histoire et que j'ai l'expérience partielle de plusieurs millénaires de civilisation. Et ça, avec moi, ça passe pas.

Je comprends pas, il a l'air fort, protecteur, aimant de la nature, aimé par la tribu, et à long terme il rendrait sûrement Pocahontas heureuse, c'est quoi son problème à cette meuf ?

Revenons à des concepts simples. Pocahontas parle des Natifs Américains et il est réalisé par des Blancs, Anglo-Saxons, bon, disons Américains, avec tout un staff – féminin ou masculin j'en ai rien à battre – de Blancs. Éventuellement y'a peut-être des non-Blancs mais je m'en fous, ils sont intégrés à la culture Disney, ils travaillent pour le studio, on est en 1995, la boîte laisse encore peu de place aux initiatives personnelles.
Alors déjà, on a un film sur une ethnie et une culture quasiment exterminées qui est réalisé par les VAINQUEURS. Le film ne PEUT PAS être neutre. Je dis pas qu'il le serait s'il avait été réalisé par des Natifs, ce serait encore pire. Je dis pas non plus que le film ne peut pas être réalisé, bien sûr qu'il peut, mais acceptons d'emblée qu'il n'est pas neutre.


Tenez, à titre de comparaison, les tribus natives américaines lors de l'apparition des Européens sur l'autre continent, et à l'heure actuelle.

Ensuite. Les Natifs-Américains ont été quasiment exterminés par les Blancs à la fin du XIXème et au début du XXème siècle et leur territoire a été submergé par la culture des Anglo-Saxons Blancs chrétiens. Ça c'est un fait historique qu'il est impossible de nier et qui est ANTÉRIEUR au film. Donc il faut le prendre en compte dans le contexte.
Basiquement, quel est le message du film ? Les Blancs n'ont pas tous été cruels et sanguinaires avec les Natifs, les torts sont partagés – je vous renvoie à la vidéo de Linksthesun sur les méchants Disney et particulièrement à la partie sur John Ratcliffe qui commence à 2'45 – et le film montre ça par la relation entre Pocahontas et John Smith.
Alors, dans un monde où un peuple quasiment exterminé est dépeint dans un film, TU NE PEUX PAS dédouaner les gens qui les ont exterminés – et qui ont débarqué pour les envahir à la base. Même un tout petit peu. TU NE PEUX PAS. TU NE PEUX PAS DIRE QUE LES TORTS SONT PARTAGÉS. Ça revient à excuser le crime. J'adore l'histoire et la civilisation romaine, mais je supporterais pas de voir un film mettant en valeur Rome comme puissance impérialiste qui extermine des barbares pour s'étendre (fort heureusement, ça n'existe pas).

Exercice mental : remplacez l'année 1607 par l'année 1943, l'Amérique du Nord par la Pologne, les Natifs par des Juifs et les Anglais par des Allemands. PERSONNE n'excuserait les Allemands, ce film se ferait basher comme c'est pas possible, il serait boycotté, des associations seraient montées pour ruiner les auteurs bref, on s'emparerait du sujet.
Sauf que les Natifs-Américains, tout le monde s'en fout. Il existe un fort sentimentalisme autour de la Shoah (qui a du coup créé un sentiment d'impunité pour l'État d'Israël, lequel sentiment lui a permis d'envahir trois pays en six jours dans l'indifférence générale) qui n'existe pas pour les exterminations de peuples non-Blancs, parce que ce sont des non-Blancs. Les multiples peuples exterminés ou romanisés par la république italienne, tout le monde s'en fout parce qu'on parle de « la civilisation qui a fait reculer la barbarie », en plus on est héritiers des Romains alors on est pas enclins à dire du mal de leur modèle. L'esclavage, tout le monde dit que c'est mal, non parce que les Noirs en ont réchappé, mais par principe. C'est le concept qui est fondamentalement mauvais, asservir ça se fait pas. Les Natifs, y'a personne pour déplorer leur quasi-extermination. Et ça, c'est du racisme.

Écoutez les paroles, dès le début. Mais vraiment, écoutez. A AUCUN MOMENT la légitimité de l'expédition n'est questionnée. On a trouvé une nouvelle terre, on y va, on se sert. Point. #Impérialisme

Ensuite, Pocahontas, le film, ne se limite pas à être un gros film de racisme, c'est aussi une apologie du capitalisme libéral. Dès le début, la chanson Virginia Company défend la compagnie des Indes Occidentales en devenir – je rappelle qu'à ce moment-là, l'Amérique du nord n'est pas encore colonisée par les Blancs et donc que le réseau commercial n'est pas installé – en expliquant, d'une part, que les marins travaillent pour elle – « une petite pépite pour ma mie, une petite pépite pour moi, et toutes les autres seront pour toi, Virginia Company » – et d'autre part qu'il est parfaitement légitime pour les Blancs d'aller chercher de l'or en Amérique du Nord.
Bah oui, les Espagnols en ont trouvé dans le sud et ils se sont pas posés la question, pourquoi les Anglais le feraient ?

Alors déjà, répéter un crime déjà commis par un autre ne rend pas le crime acceptable. Répéter un crime commis par un autre, ça banalise le crime, et ça, c'est immoral. Ensuite, l'or qui se trouve – ou ne se trouve pas, comme le montre le film – sur le territoire des Powhatans, les Anglais n'ont AUCUN droit dessus.
Y'a un principe de base du libéralisme économique, adoubé et érigé en loi incontestable de l'économie mondiale par la colonisation de l'Afrique au XIXème siècle, qui dit que si un peuple « détient » ou « contrôle » ou « vit sur » des ressources dont il n'a pas l'usage ou dont il ne sait pas ce qu'on peut en faire, alors on peut les prendre.
On a trouvé du pétrole souterrain sur le territoire des Inuits, dans le Grand Nord canadien. Mais les Inuits n'en ont rien à faire. Ergo, le gouvernement fédéral canadien se gêne pas pour ruiner la forêt boréale et forer pour le pétrole. Et l'uranium aussi, je crois.

"Il nous faut ça. Vous avez déjà vu ce machin-là dans votre terre ? - Non. Vous êtes cons, ça se mange pas, c'est moche et ça sert à rien. 'voulez pas à manger plutôt ? Non parce que votre maison en bois là, ça tiendra jamais si vous avez pas à manger. C'est sûr, vous restez sur la merde jaune ?"

NON. Une ressource appartient à celui qui vit dessus, même s'il n'en a pas l'usage. C'est de la condescendance intellectuelle et de l'impérialisme économique que de dire « tu sais pas à quoi ça sert ? Donne-le moi, moi je saurai l'utiliser. »
Et une nouvelle fois, je rappelle que le territoire des Natifs-Américains a été submergé, que sur les centaines de tribus existantes à l'arrivée des Blancs, il n'en existe plus que quelques dizaines, que les bisons ont été presque exterminés alors même que les Natifs ont pu vivre en bonne entente avec eux et les chasser des siècles durant sans jamais mettre en danger l'espèce, sans parler de la pollution ahurissante et du continent nord-américain ravagés par la civilisation urbaine à l'européenne.
Pocahontas excuse tout ça, balaie tout ça d'un revers de la main avec une phrase simple : « tous les Blancs n'étaient pas mauvais. »

C'EST. DU. RACISME. CE FILM C'EST LE MAL ÉRIGÉ EN DOCTRINE POUR LES ENFANTS. Peu importe qu'il ait un personnage féminin fort et indépendant, des animaux rigolos, un héros masculin gentil qui révolutionne son mode de pensée, qui bouleverse ses croyances, peu importe que la bande-son soit superbe et les graphismes magnifiques, peu importe que la guerre soit empêchée en 1607. Elle a eu lieu, beaucoup plus tard, quand les Natifs n'étaient plus en mesure d'empêcher une occupation de leur territoire déjà effective grâce au poids démographique des jeunes États-Unis, du Mexique et du Canada anglais.
Dire que les Blancs n'étaient pas tous mauvais à ce moment-là, présenter les Blancs sous un jour positif à ce moment-là c'est occulter totalement le fait que ce sont ces Blancs-là qui, en rentrant au pays, ont permis l'invasion d'un territoire qui n'a jamais cessé à l'heure actuelle. Je me contrefous de ce que « la civilisation » a pu apporter en Amérique du Nord – ou même du sud, malgré les sacrifices sanglants et la violence des cultures méso-américaines – les Européens n'avaient rien à faire là à la base.

La différence ? Y'en a qui viennent piller et d'autres qui veulent virer les pillards. Si demain un connard se pointe dans ton jardin et retourne ton gazon et ton potager parce qu'on lui a dit qu'il y avait de l'or en dessous, tu fais quoi ? Bah voilà. L'Histoire a donné raison aux vainqueurs, comme d'habitude, mais là comme bien souvent, la légitimité n'est PAS de leur côté.

Bref : voilà, de manière presque exhaustive, pourquoi je déteste Pocahontas. Si un jour j'ai des enfants, des bébés chats, un petit Beagle appelé Charlie ou des jeunes à éduquer, j'en sais rien, je leur montrerai ce film comme tous les autres Disney. Mais en leur montrant bien en quoi il est totalement condamnable. Faites-en de même de votre côté. Sensibilisez les jeunes à cette malveillance instillée dans la culture des enfants.

Les Mondes de Ralph (2012).

Alors là il sera pas tant question de sujet polémique – encore que, peut-être un peu – que d'incompréhension et de mésestime à l'égard de ce qui est rien de moins que mon Disney préféré, mais également un des meilleurs qui aient été réalisés (dépassé en cela par Zootopia).

Avant toute chose, Wreck-it Ralph (ça ira plus vite à taper) se démarque, dans le paysage de Disney par plusieurs éléments significatifs, même si certains se retrouvent par exemple chez Pixar. D'une part, il est centré sur un anti-héros qu'il est impossible de qualifier autrement. C'est pas un personnage qui défie la loi et l'autorité pour la bonne cause comme Robin des Bois (1973) ou Aladdin (1992), ni un héros malheureux et dramatique pour une raison donnée comme Quasimodo (1996) ou Oliver (1988), et il est incontestablement central dans son histoire, contrairement à Kuzco (2000) ou Stitch (2002).
L'histoire de Wreck-it Ralph commence et se termine par ce personnage, il est au centre de la situation initiale, il est l'élément perturbateur, l'élément de résolution, et il en est même le narrateur.
Sauf que Ralph est un méchant, ce qui, dans cette narration-là, fait de lui un anti-héros. Il est le méchant de son jeu et son objectif, du début à la fin, est d'apparaître comme un gentil auprès de son entourage. Tout ce qui tourne autour – aider Vanellope notamment – ne fait que servir cet objectif.

"Eh, j'avais raison et t'avais tort, j'ai eu une médaille, t'as vu ! - Bravo, t'as tout cassé, on va se retrouver sans abri, on n'aura plus que nos yeux pour pleurer, mais t'as une médaille. Tu veux une médaille, tête de nœud ?"

Outre ce personnage principal aux visées totalement égoïstes, bien qu'il soit écrit pour avoir l'air sympa, Wreck-it Ralph pourrait très bien être un Disney sans méchant. Cela aurait peut-être été une innovation, je sais pas, j'ai pas étudié dans le détail les Classiques d'Animation qui l'ont précédé, mais ça aurait pu arriver. On dit très souvent que Frozen pourrait être un Disney sans méchant, qu'Anna et Elsa suffisent à construire l'intrigue et que Hans est un peu superflu voire inutile, sauf que Wreck-it Ralph est sorti un an avant Frozen.
Et, contrairement à ce que j'ai lu récemment sur Disney wikia, Frozen n'est du coup pas le premier Disney dans lequel le méchant n'inspire aucune méfiance et n'apparaît pas, d'emblée, comme ce qu'il est, à savoir l'opposant principal au « héros ». Mais le succès très limité de Ralph face au rouleau-compresseur Dreamworks appelé Les Cinq Légendes ne lui a pas permis de faire date chez Disney, bien à tort.

Enfin, autre originalité, Wreck-it Ralph se déroule dans un réseau informatique matérialisé par les bornes de jeu d'une salle d'arcade. Alors c'est pas la première fois qu'un Disney se déroule dans un monde virtuel, mais Tron, en 1982, n'est pas un Classique d'Animation. Du coup, on nous présente un monde persistant qui évolue sans l'humain là où il ne devrait normalement pas y en avoir, mais pareillement, Toy Story est un Pixar, pas un Disney. Les baltringues qui diront que Disney a racheté Pixar sont invités à regarder en quelle année la société a procédé à cette acquisition et en quelle année est sorti Toy Story.

Un monde persistant et un multivers dans le même film ! Comme si l'œuvre de Disney n'était pas déjà un multivers, en voilà un autre ! ♥

Bref, Wreck-it Ralph aborde clairement et spécifiquement un autre médium que celui du cinéma, non pas comme élément de sa structure (comme la littérature dans les plus vieux CA, la poésie orale dans Hercule ou la musique dans les Fantasia), mais comme composant narratif parfaitement assumé par les personnages. Ils savent qu'ils sont dans un jeu vidéo. Et j'ai trouvé, d'emblée, que Disney avait traité le médium avec beaucoup de respect et de compréhension pour ses enjeux, sa nature même, bien que l'ayant intégré à ses schémas narratifs habituels – un personnage principal, des adjuvants, des opposants, une fin heureuse.

D'ailleurs tant que j'aborde cette question, y'avait déjà eu avant Ralph des films où les princesses Disney ont été lamentablement éclipsées parce que pas assez commercialisables auprès des petites filles – Kida et Eilonwy en sont de bons exemples (si tu sais pas qui est Eilonwy, dommage pour toi =_=) – tandis qu'aux dernières nouvelles, Pocahontas et Mulan ne sont toujours pas des princesses. C'est également ce qui arrive à Vanellope, l'un des deux personnages féminins du film. Disney ne semble pas aimer les filles et femmes fortes, puisque dès que c'est possible il leur est imposé un protecteur masculin ou une sentence narrative – Frozen, Raiponce et même l'excellent Zootopia sont emblématiques de ce mécanisme – si bien que la petite pilote de kart comme le sergent Calhoun sont tombés dans les abîmes de l'animation.
Indubitablement, Wreck-it Ralph se pose comme un film féministe, que personne ne semble avoir vu ou retenu.

Arrêtons-nous juste un instant sur le fait que c'est une femme qui manie le flingue, dirige une escouade d'hommes et défonce tout. DANS UN DISNEY.

Enfin, et je terminerai là-dessus, malgré un positionnement politique honteux mais tellement subtil qu'on peut le louper si on n'est pas très attentif (ou pas sensibilisé aux questions politiques) – à savoir que Vanellope supprime la monarchie au profit d'une démocratie parlementaire, un peu comme les Américains ont supprimé les Anglais au profit des États-Unis, le roi à Londres contre le président et la Chambre à Washington – Wreck-it Ralph bénéficie d'une écriture très ingénieuse.
Clairement, le méchant principal de ce film, parce que finalement il y en a bien un, raison pour laquelle Ralph est un anti-héros et pas un méchant, est l'un des personnages les mieux écrits que j'aie vu dans un film d'animation Disney, voire un film d'animation tout court. Ce pourquoi il n'apparaît pas, d'emblée, comme un méchant.
Bref, Wreck-it Ralph est typiquement un de ces films bourré de qualité et d'un niveau largement supérieur au reste du panthéon Disney – comme Le bossu de Notre-Dame, Atlantide ou Kuzco – pas forcément compréhensible par les enfants, en tout cas pas dans toute sa subtilité, qui est condamné, par la ligne éditoriale de la société, à ne pas faire date à moins de bénéficier d'un sacré bouche-à-oreille.


La reine des neiges (2013).

On vient juste d'en parler, et malheureusement à mes yeux, l'un des deux grands aspects de Frozen dans le paysage Disney, c'est qu'il occulte totalement le film précédent, Les mondes de Ralph – mais il me semble que c'est pas la première fois que ce phénomène se produit, bien que les années 90 ont littéralement été un mitraillage de films parfaits qui ont tous fait date.
L'autre grand aspect qui prévaut pour moi, et duquel découle le premier, c'est que Frozen me semble largement surestimé.

Ah c'est sûr, y'a plein de trucs intéressants, des personnages féminins centraux et forts, et principalement Elsa qui rejette tour à tour le cliché de l'amour au premier regard incarné par sa sœur puis le carcan social de la princesse Disney (de fait, elle est reine ^^) qui doit être acceptable par la communauté, gentille et soumise comme une petite Japonaise. Le souci de ce film et de ce personnage c'est qu'elle est résumée, dans l'imaginaire public, à sa fameuse chanson, alors que celle-ci ne fait que poser les bases d'Elsa alors que, par la suite, elle continue à évoluer et notamment à devenir une vraie méchante qui envoie chier Anna (laquelle s'est tapé la route, les loups et le bonhomme de neige chiant à crever juste pour raisonner sa blonde de sœur).

Ouais c'est tout ce qu'ils ont réussi à faire avec le folklore nordique. Un ressort comique et un deus ex machina vivant en même temps. Waw.

Par ailleurs, les trolls sont totalement gaspillés dans le film, et c'est bien dommage parce qu'ils sont réduits à moins que des faire-valoir humoristiques – ça c'est le rôle de l'autre taré neigeux qui ne sert que de prétexte à des produits dérivés – et, encore une fois, si le méchant du film est totalement dispensable, la narration aurait pu être très correcte avec juste les enjeux familiaux des filles, ce n'est pas la première fois qu'un Disney aurait pu se passer d'un vrai méchant, si toutefois la société était disposée à renoncer au manichéisme, ce qu'elle ne risque pas de faire.

Et puis faut pas déconner, Frozen est une putain de comédie musicale, y'a que quatre chansons que je trouve vraiment sympa, Do you wanna build a snowman, Let it go, Frozen Heart et Vuelie. Si vous savez pas ce que sont ces dernières, tas d'incultes, je vous les remets, Frozen Heart est celle qui ouvre le film avec cette magnifique séquence des tailleurs de glace.

Eh, vous avez déjà fait gaffe aux paroles de Frozen Heart ? On dirait une prémonition à propos d'Elsa. La glace a une magie qui ne peut être contrôlée, plus forte qu'un, plus forte que dix, plus forte qu'une centaine d'hommes ! Il y a là de la beauté et du danger. Prenez garde au cœur gelé !

Quatre sur la quantité ahurissante de la bande-son, c'est vraiment peu. Et honnêtement, c'est extrêmement lassant de voir les chansons s'enchaîner tous les trois plans, y compris en plein milieu des dialogues.
Surtout que les personnages, pour la plupart, sont particulièrement stupides ou font des choix aberrants. Je l'ai dit quand je l'ai articlé, Anna qui se lance sans préparation à la suite de sa sœur, l'absence totale de gouvernement ou de conseil royal (alors que bon, les princesses étant mineures, au minimum devrait y avoir une régence), du coup on confie le pouvoir à un prince étranger quand les filles disparaissent. Je demande pas du réalisme politique et social façon Game of Thrones ou Black Sails, mais quand même, faut pas déconner.

'fin bref, j'aime pas Frozen, je le trouve moyen, largement en-dessous du bombardement médiatique dont il a fait l'objet, contrairement aux Mondes de Ralph qui n'a presque pas fait de bruit, et ses rares innovations dans l'univers de Disney sont loin d'être neuves par ailleurs (Shrek a pas mal débité en morceaux le carcan social de la princesse). Et franchement je parlerai pas du white-washing parce qu'à mon sens ça n'a pas lieu d'être dans Frozen. Mettre des minorités visibles, ça se fait quand y'a lieu, et je crois vraiment pas que ce soit le cas ici.


Rebelle (2012).

Peut-être le seul Pixar, parmi ceux que j'ai vus, qui à mon sens ait suffisamment de niveaux de lecture et d'interprétations possibles pour qu'on puisse ne pas en saisir toutes les implications. Non parce que les Toy Story, Wall-E ou Là-haut ne sont pas bien complexes dans leur compréhension, sauf si vous adhérez à la magnifique Pixar Theory dont Linksthesun a parlé ici (c'est précisément à 22'49).
Je précise en outre que Rebelle est un de ces nombreux films pour lesquels, après les avoir vus, j'ai entendu exposer – par mes amis, par des échanges sur Internet, par des articles – une interprétation possible qui s'est avérée assez juste à mes yeux pour que, n'ayant pas saisi toutes les implications à la base, je décide de l'adopter. En l'occurrence, ce que je vais dire vient de (ouuuuh, le vilain plagieur... ah bah non, je cite la source) ce site, Le cinéma est politique, qui démonte les films et films d'animation, avec lequel je suis parfois (pas toujours, l'exemple de Mulan est éloquent) d'accord.


Quelques années après Raiponce, des années après Jasmine, Kida ou Belle, sans même parler de Nala qui, dans le genre personnage féminin fort, se pose quand même là – je rappelle que chez les lions, le mâle enfante, garde les mômes et protège la troupe contre les menaces, mais que les lionnes chassent, donc font l'essentiel du boulot – on a présenté à tort Mérida comme une incarnation du féminisme. Une princesse libre qui n'obéit pas au carcan social, qui refuse le mariage, pratique le tir à l'arc et l'équitation, pas sur un palefroi pour dames non, mais un bon gros cheval d'Écosse, bref, une princesse totalement atypique.
Jusque là c'est tout à fait vrai.

Sauf que, comme tout personnage féminin aspirant à la liberté, Mérida est remise en place. Pas par son père, non, c'est plus insidieux. Le sexisme vient des femmes. Je crois inutile de rappeler la domination masculine dans la plupart des corps de métier et probablement dans l'animation. Imaginez la scène, des hommes issus d'une société sexiste et patriarcale qui dessinent une fille écrasée dans son genre et son sexe par une femme. L'homme dans tout ça ? Eh oh, il va pas s'occuper de l'éducation de sa propre fille, il est trop occupé à faire des trucs de roi, comme chasser l'ours, organiser des jeux calédoniens ou se biturer avec les copains pendant les banquets, c'est à peine s'il a le temps d'être un papa cool et indulgent avec sa fille, quitte même à aller dans le sens opposé à celui de sa femme !
En français clair ça laisse entendre que le problème du sexisme dans la société, il vient des femmes, les hommes n'en sont pas du tout à l'origine, la preuve, ils sont gentils avec les pauvres femmes opprimées. Un instant, j'me facepalme et je reprends l'écriture.
*paf*

"Non Elinor, je peux pas me charger d'éduquer la ptite là, je suis occupé !"

Voilà.
Par la suite, Mérida essaie de régler son problème par la magie, ce qui change sa mère en ourse, poussant jusqu'à l'imprudence et au chaos (on parle de la reine, quand même) sa propre soif de liberté, ce qui en soit crée une originalité narrative des plus intéressantes. C'est vrai qu'une erreur dramatique du personnage principal suivie d'une transformation en ours, à l'issue de laquelle le personnage transformé peut réfléchir à ses conneries et en tirer une grande leçon sur la vie, c'est jamais arrivé dans le cinéma d'animation, PAS VRAI FRÈRE DES OURS ?!?
Et histoire de pousser dans ses derniers retranchements l'ambiguïté dégueulasse du sexisme attribué aux femmes par une gent masculine patriarcale et décomplexée, Mérida utilise cette expérience pour renouer avec sa mère et apaiser les tensions. Faut admettre, dans notre société, la principale menace au bien-être des femmes, ce sont les tensions avec les autres femmes, et pas le patriarcat, le sexisme ordinaire, le harcèlement de rue, la culture du viol, l'inégalité salariale, les taxes surélevées sur les produits d'hygiène féminine, les... je dois continuer ou bien ?

Enfin, voilà, les femmes ne se font plus la guerre entre eux, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mérida, après avoir démoli à l'épée – un instrument d'hommes pour cette archère accomplie – la tapisserie du bonheur familial idyllique, accepte contrainte et forcée de réparer celle-ci sur les instructions de sa mère, à l'aide d'une aiguille et sûrement d'un métier à tisser – les meilleurs amies de la femme médiévale, des instruments féminins pour cette archère accomplie. Je vais rester courtois et ne pas m'attarder sur l'immensité libérale de la condition féminine au Moyen-Âge, Game of Thrones le fait déjà beaucoup.
Et puis comme si ça suffisait pas, Elinor, la mère de Mérida, accepte dans sa grande miséricorde d'accorder à celle-ci la liberté de chevaucher librement sur son cheval – ce qu'elle faisait déjà au début, en fait – en échange de cours de princesse socialement acceptable, avec probablement de la danse, de l'étiquette et du métier à tisser.
Pas un mot sur la position du roi à l'égard de sa première héritière et du traitement princier qui devrait lui être accordé.

Honnêtement je peux la comprendre, cette daube ne rend honneur à aucune des personnes représentées. Et accessoirement, matérialise la soumission de la condition féminine médiévale.

Bref : Mérida est obligée de négocier AVEC UNE FEMME les conditions de la liberté qui lui a été arrachée PAR UNE FEMME et qui lui a été rendue, contre négociation du coup, PAR UNE FEMME, et ce dans l'indifférence insouciante de l'Homme principal, le père, le roi – je dois vraiment parler du poids politique, social et familial de la figure masculine dans les monarchies médiévales ? – qui s'est efforcé depuis le début de tempérer l'autoritarisme de sa femme en laissant sa fille faire ce qu'elle voulait.
Je répète : le propos du film, c'est que le principal ennemi de la femme en quête de liberté sociale, c'est la femme qui interdit la liberté sociale. Les hommes sont des êtres gentils, protecteurs, ouverts à l'égalité des sexes et des genres, à l'évolution sociale, et tout et tout.

PUTAIN DE BORDEL DE MERDE C'EST L'HYPOCRISIE LA PLUS ÉHONTÉE QU'ON AIT JAMAIS VUE CONCERNANT LA CONDITION FÉMININE AU CINÉMA ET DANS LA SOCIÉTÉ ET ELLE A EU UN ÉNORME SUCCÈS AUPRÈS DES GOSSES PARCE QU'ELLE NOUS EST VENDUE PAR UNE ROUQUINE AVEC UNE BELLE TIGNASSE, UN GROS CHEVAL SYMPA ET TROIS PETITS FRÈRES TOTALEMENT INUTILES À LA NARRATION, QUI NE FONT MÊME PAS LEUR BOULOT DE RESSORTS COMIQUES, LE TOUT SOUS LA DIRECTION D'UNE ÉQUIPE DE RÉALISATION ESSENTIELLEMENT MASCULINE ET EN PLEINE PÉRIODE DE VACANCES D'ÉTÉ HISTOIRE DE TOUCHER LE PLUS GRAND PUBLIC POSSIBLE.
PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, SI VOUS ÊTES FÉMINISTE, VOUS AVEZ LE DEVOIR DE CONDAMNER CETTE MERDE, VOUS POUVEZ PAS VOUS PRÉTENDRE FÉMINISTE ET APPROUVER CE MESSAGE.

Ah et puis un moment d'intimité dans une longue promenade seule avec son cheval. Ca non plus elle a plus le droit. Maintenant c'est des promenades courtes et surveillées par maman.

Aux filles, ce film dit qu'elles doivent obéir à leur mère et ne surtout pas chercher à disposer d'une liberté absolue, SINON C'EST LA MERDE. Aux mères, ce film dit qu'elles doivent être autoritaires et ne pas accorder à leurs filles une liberté absolue, mais au contraire imposer leurs conditions pour la restreindre, SINON C'EST LA MERDE. Aux pères, ce film dit qu'ils ne doivent surtout pas se mêler de l'éducation de leurs filles d'abord parce c'est pas leur boulot, ensuite parce que leurs femmes gèrent très bien ça toutes seules. Après tout, le modèle d'une fille, c'est sa mère, pas son père.
Aux petits frères (ou petites sœurs d'ailleurs), ce film dit que l'attention parentale est focalisée sur les aînés, ils peuvent faire toutes les conneries qu'ils veulent, non seulement ils seront pas les premiers à les faire, mais en plus ça passera comme une lettre à la poste (parce que je rappelle que les triplés rouquins là, ILS DEVIENNENT DES OURSONS). Aux fils aînés, ce film dit que la famille repose sur eux, qu'ils doivent absolument se trouver une copine et que si celle qu'ils veulent n'est pas d'accord, c'est pas grave ! La société lui demande pas son avis et de toute façon elle sera obligée de se marier et d'enfanter pour respecter son rôle de femme !

Il n'y a aucun public concerné par ce film qui reçoive de Rebelle un message positif ou encourageant. Tout ce qui est émis par ce film est déviant parce que soumis à des thèses rétrogrades, conservatrices, opprimantes, et le tout en dédouanant totalement les hommes de ces thèses alors que dans la réalité ils sont les premiers à les diffuser partout dans la société.
Je déteste sincèrement Rebelle et il n'y a rien dans la culture ni où que ce soit dans l'univers qui me fera jamais apprécier le propos de ce film. Qui je le rappelle est un patchwork de Shrek, de Mulan, d'Aladdin, de Frère des Ours, de Raiponce et d'un paquet d'autres films d'animation qui ont précédé.


VOILÀ. Désormais vous avez mon avis sur ces quelques Disney et ce Pixar qu'à mon sens la majeure partie du public ne comprend pas ou pas totalement, dans lesquels je pense qu'une partie du message ou des enjeux sociétaux ou de la portée politique et sociale ont échappé au public, et vous avez la manière dont, à mon avis, ces enjeux et cette portée sont amenés.
Loin de moi l'idée de vouloir changer votre opinion de ces films (si : Pocahontas est raciste et Rebelle est totalement sexiste), mais j'aimerais qu'à l'avenir, à l'aune de votre culture et votre intelligence (qui sont indubitablement grandes, parce que je m'entoure pas de baltringues, je me lie à des gens dont je peux apprendre beaucoup), vous considériez avec davantage de précaution et de précision certains films d'animation soumis à votre jugement.

On dit souvent – et c'est probablement vrai – que les enfants apprennent plus vite que les adultes. De fait, c'est lors de l'enfance et l'adolescence qu'on assimile ce qui fera notre imaginaire, notre culture, pour la plupart de notre vie, à moins de sacrés bouleversements dans les convictions sociales ou politiques.
Songez donc que les films d'animation, en particulier les Disney et les Pixar, visent un public jeune, et demandez-vous quelles valeurs et quelles thèses Disney veut inculquer à nos jeunes. Veut-on entretenir le mythe parfaitement abject de la supériorité masculine ? Offre-t-on aux générations futures des avatars du féminisme, ou au contraire des pantins manipulés pour servir la cause patriarcale qui divise pour mieux régner ?

Vous voulez des enfants intelligents, cultivés et avec les bonnes convictions ? Commencez par leur filer des films d'animation de qualité.

Réfléchissez. Comme dit mon ami Syrya, les films d'animation, c'est pas que pour les enfants. Si les petits sont pas à même de tout comprendre, discutez-en après coup avec eux.
Et regardez Les mondes de Ralph parce que putain en plus d'être mon Disney préféré c'est un film d'animation de grande qualité qui, bien que sans vraie portée sociétale ou politique (encore que : soyons tous différents, mélangeons-nous, mais Zootopia est plus clair avec le même message) reste une œuvre très mésestimée.
Culturez-vous, lisez, regardez, écoutez, jouez, aimez.

Voir aussi :
 - Atlantide aurait-il pu être un bon Disney ?, par le Bolchegeek.
 - Le bossu de Notre-Dame, le Disney dissident, par le Bolchegeek.
 - les princesses Disney et le féminisme, par le Bolchegeek.
(comme ça vous avez aussi la chaîne Youtube dont je parlais à la première ligne de l'article. La boucle est bouclée.)

4 commentaires:

  1. Je vais pas commenter tous les films que tu as cité, déjà parce que genre Oliver et Cie je l'ai eu en livre et je suis incapable de te dire si au final je l'ai vu ou pas, je n'ai aucun souvenir de ce film. Mais bref, juste Pocahontas, Frozen et Rebelle.
    Pocahontas, même étant petite, n'a jamais été mon Disney préféré. Parce que, même sans être allée aussi loin dans la réflexion comme toi, j'ai toujours trouvé le message (le 1er message que Disney veut montrer) trop niais pour être crédible. Tout le monde part en guerre et se déteste, tout le monde est prêt à faire couler du sang, MAIS la fille du chef vient dire un pauvre discours plat et nul sur l'amour et hop, tout le monde s'aime finalement. LA MAGIE DE L'AMÛR tintintin.
    D'ailleurs au final le vrai méchant c'est que Radcliffe, tous les autres blancs sont des suiveurs un peu cons mais dans le fond gentils parce qu'il faudrait pas montrer plusieurs méchants...
    Et puis un autre truc : qu'est-ce qu'il se serait passé si Pocahontas avait été moche ? John Smith serait pas tombé amoureux et en aurait eu rien à foutre de son peuple.

    Enfin bon, j'aime bien regarder ce film parfois pour son esthétique, sa musique, la voix de Laura Mayne et pour le côté nostalgie de mon enfance, mais voilà.

    Frozen, ce qui plait tant aux gosses (filles) c'est juste le côté belles robes et princesses. Je le vois avec ma nièce et ma petite cousine, et ça me saoule. J'ai l'impression que le tripe les filles sont des princesses a encore de beaux jours devant lui... On n'est pas sortis de la berge. Perso je trouve ce film ennuyeux et relou à cause de toutes ses chansons. Y a juste la 1ere au début que j'aime bien. Mais c'est avec mon regard de fille de 27 ans. Ptet que si je l'avais vu à 5-6 ans j'aurais eu un autre regard. Bien que je me suis jamais identifiée aux reines et aux princesses.
    Mes Disney préférés c'est le Roi Lion et les Aristochats et c'est en grande partie parce que les héros sont des animaux.

    En ce qui concerne Rebelle, je suis ok avec toi à 1000%. Quand j'ai vu la fin du film je me suis juste dit "ok, tout ça pour ça ??.." Depuis le début elle nous bassine avec sa volonté de se démarquer de ses parents et son envie d'indépendance, pour au final se soumettre. Ok super. Next.
    J'ai rien à rajouter, je valide ton propos.
    Mulan est un vrai film féministe. En plus elle sauve la Chine quasiment à elle seule. LA CHINE. En terme de superficie et de démographie c'est pas Mont-Louis sur Loire quoi.

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  2. Merci pour cet article, ça me fait plaisir de voir des réflexions détaillées et réfléchies sur ce genre de sujet. On nous sert ces charmants dessins animés qui, oui, mine de rien, font entrer des stéréotypes dans nos têtes. C’est effectivement édifiant et dangereux puisque la cible première est le gamin, le futur citoyen. Ce qu’il voit prêché comme bon ou mauvais lui servira de modèle à l’avenir, s’il n’a pas de références pour les contester par la suite, et youpi.
    Comme tu l’as justement souligné, ce sont des films réalisés par des blancs, majoritairement mâles, qui montrent avec ces belles images le reflet de la société telle qu’ils la voient, telle qu’ils la façonnent, et contribuent à perpétuer.
    Je crois que le Disney que j’ai le plus détesté est Merlin. Il montre une vision du Moyen-Age complètement obscurantiste où il n’y a absolument rien à sauver. C’est quelque chose qui est bien ancré dans les mœurs. Résultat, aujourd’hui le terme « moyenâgeux » est entièrement péjoratif, alors que merde, c’est une période longue, riche et prolifique au niveau de la culture, de l’art, de l’architecture… je ne nie pas qu’il y a eu des horreurs et que c’était un monde brutal, mais au XXIe siècle est-ce qu’on peut se vanter d’être dans un monde qui l’est moins ? non.
    Preuve en est avec les films que tu nous présentes. Oui, Pocahontas, c’est la honte. C’est la honte de montrer ça à des gamins et de leur faire croire que ce genre d’agissement est normal. Parce que bon, autrement, niveau mentalité européenne, c’est plutôt fidèle malheureusement. L’Eglise qui se fait une joie de décréter que les Indiens n’ont pas d’âme (mais on les convertis quand même parce que plus Dieu a de fidèles et plus il est fort, mais WTF s’ils n’ont pas d’âme mais bref) du coup, on peut les massacrer, les spolier de leurs biens, les réduire en esclavage, pas de soucis, ce sont des créatures inférieures. Et comme les envahisseurs ont triomphé, on peut le montrer de façon entièrement décomplexée et dire que les Indiens l’avaient un peu cherché.
    Heureusement, il y a aujourd’hui des travaux d’historiens qui se défont de la pensée des vainqueurs pour étudier celles des vaincus, genre la vision de la conquête espagnole par les Incas (La vision des vaincus, de Nathan Wachtel, une honte que je l’ai pas encore lu)
    Bon, pour être honnête, je suis convaincue que chaque peuple, chaque civilisation a une propension à vouloir s’accaparer les biens de ses voisins, et il va falloir chercher longtemps pour trouver une civilisation qui n’aie pas commis de massacres ou ne se soit pas emparée arbitrairement de biens appartenant à autrui. Mais je suis également convaincue que les champions toute catégorie en la matière restent les européens. Ce n’est effectivement pas parce que les Aztèques aimaient bien peler les gens et leur arracher le cœur de façon festive que les européens avec leurs berceaux de judas et le démembrement par 4 chevaux (qui n’était pas moins festif) avaient le droit de tous les massacrer et de les piller joyeusement. Ou qui que ce soit qui n’adhère pas à la vision du monde qui en font les maîtres.
    Les européens en Amérique, c’est un sujet délicat au vu du traitement réservé aux autochtones, c’est difficile de la ramener là-dessus, mais quand en plus on se cherche des excuses, bon…
    Donc je plussoie tes propos à fond les ballons.

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  3. Je reviens sur la Belle et la Bête après, bon. Cet élitisme mal placé me rappelle furieusement celui de notre beau pays. Ou la reconstitution historique est encore mal vue et assimilée à du carnaval, alors que ça et l’archéologie expérimentale qui peuvent se rejoindre font bien avancer les recherches. Le monde de la culture ici est la mainmise de cette élite bien-pensante qui pète plus haut que son cul et jette un regard méprisant sur ceux qui oseraient ne pas être érudits ou pas assez. Mais se plaignent quand même que la masse ignare ne désire point élever son esprit dans les musées. Bon, ces dernières années, il y a beaucoup de progrès de la part des musées, mais nos élites dirigeantes puent quand même cette autosuffisance à la Belle.

    J’ai bien aimé Wreck-it Ralph, contrairement à Frozen que j’ai trouvé naze sur bien des points. Et j’ai effectivement bien aimé la révélation du « méchant » puisqu’il en faut un dans les films d’animation empreints du manichéisme chrétien qui imprègne nos sociétés (et hop comme ça je fais le lien avec ton article sur la mythologie ^^). La fille badass était la très bienvenue, mais il y a quelque chose qui m’a vraiment irrité dans le traitement de son personnage. Félix tombe amoureux d’elle au premier regard parce que c’est une bonnasse, et passe le reste de son temps à lui faire du rentre dedans pas très fin. Et finit par l’avoir de guerre lasse. Super. On reste dans l’optique du « gentil » (gros lourd) qui se tape la fille à la fin et c’est quand même très dommage.
    Rebelle, je ne l’ai pas vu. J’ai effectivement beaucoup entendu dire que c’était loin d’être féministe, et ton analyse le confirme. Après, on ne peut pas nier que certaines femmes sont en première ligne pour défendre des lois ou des traditions misogynes, genre l’excision, mais ce sont des pratiques d’abord initiées par des hommes, pour le contrôle et la domination des hommes sur les femmes, et qui leurs profitent à eux exclusivement. Et on voit bien dans notre culture que c’est l’apprentissage dès le plus jeune âge de la normalité d’une société patriarcale et misogyne qui rendent acceptables à force de répéter que ça l’est des situations qui ne le sont pas.
    Mais si le propos du fil est effectivement que tout ça c’est des femmes qui l’ont décidé pour les autres femmes donc c’est de leur faute et le patriarcat c’est cool, heuuu… J’ai l’impression que le père s’en lave juste les mains d’après ce que tu en dis. Il jouit de sa position sociale et de ses avantages, et ne va pas chercher à modifier quoi que ce soit pour aider sa fille, puisque c’est un système qui marche bien, pas vrai ? Pour lui… Mais j’ai bien envie de le regarder maintenant pour voir ce qu’il en est de tout ça.
    Bon encore un petit pavé, j’espère qu’il ne te sera pas trop pénible… Vale !

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    1. Dans mon Anvrak sur les Disney (le 1er ou le 2nd article, je sais plus), qui était un ensemble de minicritiques à chaud des vieux CA que j'ai découverts à ce moment-là, j'avais justement détesté ça chez Merlin : le fait que le Moyen-Âge soit totalement traîné dans la boue pour mieux vanter le modèle sociétal du film, les années 50/60, donc les Trente Glorieuses, la société consumériste, tout ça.

      Pour ce qui est de Belle j'avais jamais fait le rapprochement avec notre époque mais pour avoir des amis issus de la bourgeoisie et pour constater régulièrement comment la société et l'Éducation Nationale traitent les masses populaires et leur manque de culture (totalement involontaire), on remarque clairement, en effet, une posture de dédain égocentrique. Heureusement comme tu dis que des initiatives sont prises.

      A propos de Ralph, ça aussi je l'avais noté, il est bien gentil Félix mais basiquement il a un comportement de harceleur, d'autant qu'il ne fait rien de spécialement héroïque qui lui attire l'admiration et l'affection de Calhoun, c'est insensé, il la bisoute et hop, elle répond. What ?
      Mais je pense que le pire (enfin, le moins bon dans un film excellent) doit être ce qu'a évoqué le Nostalgia Critic lui-même mentionné par le Bolchegeek, à savoir le fait que les princesses sont présentées comme telles (et pas comme des reines) dans un but clairement biaisé, y compris concernant celles (comme Vanellope) qui succèdent à un roi...

      Je termine sur Rebelle, il faut que tu gardes à l'esprit, si tu décides de le regarder, que comme Pocahontas et Frozen avant et après lui, il est visuellement très beau, avec une bande-son vraiment magnifique. Par contre le fond est à chier. Et encore, Lecinémaestpolitique évoque aussi, dans le cadre du sexisme, le fait que les personnages masculins n'attirent pas Mérida parce qu'ils sont ridiculisés et pas conformes à l'archétype du prince charmant (ce dont j'ai pas parlé). Y'a aussi une réutilisation de folklore, celte ou inventé par le film je sais pas, et Rebelle s'intègre dans la fort jolie Pixar Theory, du coup il vaut sûrement le coup d'œil, mais probablement pas plus d'une fois à mon avis !

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