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18.4.16

Perceptions de la mythologie grecque dans la culture

Une conversation récente avec Kazog (le mec de Marion la ptite fée, qui est aussi un gamer averti et un troll accompli) m'a placé une nouvelle fois face à un constat que j'avais déjà fait. A l'image de Batman et Superman, la mythologie grecque est mal connue par le grand public et, comme eux, les gens pensent la connaître en fonction de leur culture personnelle, parce qu'elle est, littéralement un ensemble de mythes et d'icônes qu'on voit partout.
En plus c'est intéressant pour moi d'en parler parce que La guerre anthropocène, que je vais écrire, adapte la mythologie grecque d'une manière aussi respectueuse que possible (après, je suis pas expert de la question) du coup autant que, si vous comptez me lire, vous en sachiez un peu aussi.

Faut avouer que la mythologie grecque est extrêmement vaste et composite, et que la traiter avec fidélité et indépendamment de toute autre n'est plus simple depuis qu'elle a été mêlée à la mythologie romaine (oui ça existe, et dans ce domaine comme dans les autres, les Romains sont plus terre-à-terre et pragmatiques que les Grecs, leur mythologie est plus liée aux mortels et à la politique qu'à la seule culture), surtout sachant que nous autres, contemporains, n'avons pas connu la brève période où elles ont probablement été séparées.

Bon alors pour commencer, deux évidences pour ceux qui connaissent le sujet, et un truc simple à savoir pour tous les autres.
D'abord, on connaît la mythologie grecque principalement par deux types de sources : les inscriptions sur pierre (merci l'épigraphie, l'étude de ces inscriptions) et la Théogonie. La Théogonie, d'Hésiode, est un très, très long poème qui dépeint la naissance du monde depuis le chaos originel jusqu'à l'âge des hommes, et qui sert donc de base aux croyances grecques antiques. On peut aussi évoquer l'œuvre d'Homère, l'Iliade et l'Odyssée, mais qui traite surtout du rapport entre les hommes et les divinités, d'autant qu'on n'est même pas sûr que « Homère » ait vraiment existé ni ne soit un auteur unique, mais peut-être un nom pour des textes compilés au fil du temps.

Ce buste POURRAIT représenter un poète archaïque, PEUT-ÊTRE Hésiode. Autant te dire que l'historicité et le visage des poètes de l'époque archaïque de la Grèce (du VIIIème au Vème siècle avant JC), on les maîtrise mal.

Ensuite, la mythologie grecque n'est pas unifiée. Elle tire ses inspirations d'autres ensembles de croyances (proche et moyen-orientales essentiellement), elle s'est diffusée partout où allaient les Grecs (je vais en parler dans un prochain article sur la Germanie, oui tu as bien lu), mais y'avait beaucoup de variations en fonction des croyances locales, des nécessités du pouvoir, de la société, de la culture bref, elle était adaptée aux besoins.
D'ailleurs, là comme en toute chose, les Romains ont poussé le concept plus loin encore : l'Énéide, qui se veut la continuation de l'Iliade et l'Odyssée, raconte les séquelles de la guerre de Troie et mène à la fondation de Rome comme adversaire des Grecs, les Métamorphoses d'Ovide racontent une partie de la mythologie gréco-romaine et se termine en glorification du règne d'Auguste afin que celui-ci mette fin à l'exil d'Ovide qu'il a lui-même prononcé et Jules César lui-même se disait descendant de Vénus/Aphrodite.
Dites-vous qu'on est pas à l'époque de la Raison et de la logique, et que pour les Grecs anciens, se réclamer des Dieux est tout à fait possible, et en plus ça donne du poids à ce qu'on fait ou dit.

Si l'on croit le mythe, les araignées (et tous les mots de la famille du nom) viennent d'Arachné, qui a été transformée en cet animal par Athéna, jalouse du talent de la jeune fille pour le tissage. Les Métamorphoses visent à expliquer plein de trucs du quotidien par le mythe grec, c'est vachement intéressant comme ouvrage.

Bref, avec cette idée en tête, on va maintenant s'arrêter sur quelques déformations de la mythologie grecque à travers la culture. C'est parti.


Le concept de divinité.

Je l'ai dit dans mon article sur Percy Jackson et la mer des monstres, mais je t'en veux pas si tu l'as pas lu, le film est à chier – en fait il est tellement naze avec la mythologie qu'il en devient hilarant, c'est le genre que j'adore regarder pour me fendre la poire – mais je vais le redire ici.
La plupart des déformations de la mythologie gréco-romaine sont dues au filtre impressionnant et dominant que l'Occident a connu après le déclin de celle-ci : le christianisme. L'Église chrétienne a, volontairement ou non en fonction des cas, déformé plein d'idées et de concepts qui existaient avant elle. C'est notamment le cas du concept de divinité. Pour les Grecs antiques, le monde se divise en trois types d'êtres (en excluant les animaux sinon ça fait quatre). Les mortels, les héros, qui sont enfants d'un-e mortel-le et d'une divinité, et tous les autres.

Ouais, tous les autres. Ici présents, Apollon et les Muses. Tu noteras que les Muses sont 9, et pas 5, et qu'Apollon, chose rare, est armé (en l'occurrence, d'un arc et de flèches, comme sa jumelle Artémis). 

Sous l'égide du Dieu Unique, il y a Dieu, les anges, les archanges, les démons et plein d'autres trucs. Chez les Grecs, il y a les divinités. Zeus, Cronos, Charybde, Pégase, Cerbère, Aphrodite, Pontos, Gaia, ils sont tous aussi divins les uns que les autres, y'a pas de hiérarchie du divin, seulement des catégories. En fait, la seule hiérarchie qui est réalisée l'est par les auteurs (notamment Hésiode) et sous l'angle de la morale pour dire que les mortels sont moins bien que les héros, que les Titans c'est bien (ou ça craint, ça dépend de l'auteur), et vive les Olympiens.

Les Olympiens.

D'ailleurs, parlons-en. On qualifie d'Olympiens les divinités, généralement quatorze, de la génération de Zeus et dirigées par lui, qui occupe le Mont Olympe et dominent la mythologie. Ce groupe est d'ailleurs divisé en deux, les « parents » et les « enfants ».
Pour vous la faire courte, dans la mythologie, chaque génération est appelée à être éliminée par la suivante, les Titans ont défait Ouranos (le Ciel, on parle du coup de divinités ouraniennes pour les divinités célestes), puis ont été vaincus par Zeus.
Les 14 qu'on considère généralement comme Olympiens sont les suivants : pour les parents, Zeus, Poséidon, Hadès, Héra, Déméter et Hestia, et pour les enfants Athéna, Arès, Apollon, Artémis, Hermès, Héphaïstos, Dionysos et Aphrodite.

Tu connais ce tableau, je connais ce tableau, on connaît tous ce tableau. La naissance de Vénus, Boticcelli, 1485. La Renaissance italienne, quoi. Elle reprend le mythe le plus courant dans lequel Aphrodite est une divinité issue de la mer, et pas des Titans.

Pourquoi je cite celle-là en dernier ? Parce qu'elle n'est à priori pas une Olympienne. Si on en croit Hésiode, quand Cronos, le plus jeune de Titans, a vaincu son père, il lui a coupé le pénis (le symbole de la virilité conquérante, comme Zeus le démontre bien en enfantant à tout va), et le sperme qui est tombé dans l'océan a engendré, entre autres, Aphrodite. Ce qui ferait de cette dernière une divinité de la génération des Titans, donc « plus vieille » que Zeus ainsi que ses frères et sœurs.
Oui parce que je l'ai pas dit même si c'est bien connu mais Zeus, Hadès, Poséidon, Héra, Hestia et Déméter sont tous de la même fratrie. Et Zeus, le plus jeune, est celui qui a survécu à leur père Cronos (qui dévorait ses enfants pour éviter de réaliser l'oracle selon lequel l'un d'eux le vaincrait) pour lui faire recracher les autres et le tuer (en fait sa mère, la Titanide Rhéa, a remplacé Zeus-le-bébé par une pierre et a caché le vrai pour qu'il grandisse et triomphe de son père).

On trouve vraiment tout sur Pinterest...

Ce qu'il faut savoir également sur les Olympiens, c'est que Zeus et sa sœur-épouse Héra s'entendaient très mal. La culture a souvent fait de ces tensions des enjeux narratifs. Par contre ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'ils n'ont eu, parmi les Olympiens qu'un enfant ensemble (ou deux en fonction des versions), Arès, dieu de la guerre dans ce qu'elle a de plus absurde et illégitime, qui est connu pour être un gros bourrin mal dégrossi.
En outre, Athéna, déesse de la guerre juste, de la sagesse et de l'astuce, est née de Zeus seul, sortie toute armée de son crâne (toute armée ça veut dire avec le casque, la lance, la cuirasse et l'égide, le fameux bouclier dont le nom est passé dans le langage courant). Par jalousie, Héra engendre (seule selon les versions, avec Zeus selon d'autres) Héphaïstos (Vulcain chez les Romains), dieu du feu et de la métallurgie, laid et boiteux. Une version du mythe veut que c'est en constatant qu'elle a raté son coup qu'elle jette son fils du haut de l'Olympe, ce qui cause sa claudication et sa difformité. #LaMèreParfaite

Paysage avec Apollon et Diane, Lucas Cranach l'Ancien, 1530.
Dans la plupart des représentations, vous allez avoir Artémis/Diane et Apollon/Phœbus qui chassent ensemble, voire pire, lui qui chasse et elle désarmée. En réalité, c'est le contraire. C'est un duo féministe avant l'heure. Elle manie l'arc, elle tue (une activité masculine) et lui incarne "la tarlouse en jupette qui joue de la harpe (en vrai c'est de la lyre)". Apollon est généralement plus représenté avec sa lyre qu'avec une arme.

Basiquement la tension dans le couple provient du fait que les enfants « parfaits » de Zeus sont nés des tromperies de celui-ci à l'égard de son épouse : la mère des jumeaux Artémis et Apollon est Léto, celle d'Hermès est Maïa.
Pour ce qui est des attributs, Dionysos, est évidemment dieu du vin et de la vigne, Déméter est déesse des céréales et de la moisson qu'elle a enseigné aux mortels (on l'appelle Cérès chez les Romains, ça a donné céréale), Apollon, qu'on méconnaît assez souvent, c'est le soleil et la musique (souvent représenté avec une lyre), Artémis est déesse de la lune, de la chasse et de la nature sauvage.

Le rapport à la nature.

D'ailleurs tant qu'on en parle, le rapport à la nature est également quelque chose qu'on perçoit très différemment de nos jours, par rapport à l'Antiquité. J'ignore si c'est le fait de l'influence chrétienne mais la chasse aux sorcières n'est pas un « mythe culturel » sans fondement (je précise qu'on parle de « mythe culturel » comme on parle de mythe littéraire, à savoir un concept réel et avéré qui a été tellement traité et remanié qu'il est passé dans « le domaine collectif ». Don Juan est un mythe littéraire par exemple).
Il est vrai que l'Église catholique a cherché à mettre fin au paganisme et aux usages ruraux dans les régions les plus reculées, et que présenter les résistances comme totalement coupables et servantes du Malin a pu accroître la légitimité de son combat.
D'un autre côté, dès lors que la science a commencé à se mêler de la nature – au XVIIIème siècle, dans la lignée de Linné, Buffon et Lamarck – le naturalisme avait en partie pour objectif de glorifier l'humain par sa maîtrise et son contrôle sur le monde, jusqu'à ce que Darwin replace l'humain parmi les animaux, et même après lui dans le cas du Jardin des Plantes et autres ménageries dont l'existence était une mise en scène de la nature au service de l'humain.


Toujours est-il que, dans la croyance grecque comme chez les Romains, on n'aime pas beaucoup la nature sauvage. L'idéal défendu par la société, c'est celui de Gladiator. Le citoyen-paysan qui prend les armes pour défendre sa terre et sa cité, qui aime sa femme et honore les dieux. La ville devient vite un lieu de débauche et de décadence, et la nature sauvage est réservée aux animaux incontrôlables, ceux qui ne servent pas l'homme (les prédateurs et les proies, par opposition aux « animaux utiles », encore un thème increvable de la zoologie humaine dans l'Histoire), et aux humains qui se comportent comme des bêtes. Je suppose que, jusqu'à ce que Tacite écrive sa Germanie et fasse l'inventaire des peuples d'outre-Rhin et Danube, les tribus devaient pas être considérées comme beaucoup mieux que des bêtes sauvages, des loups et des ours.
Au passage, je rappelle que, comme le disent fort judicieusement Léo Grasset et Manon d'Une autre Histoire dans cette vidéo, y'avait à priori des espèces léonines dans les forêts en Grèce.


Bref, tout ce qui est lié à la Nature sauvage est perçu comme au mieux méconnu, au pire dangereux – les loups, les lions, les ours, dans la mythologie les Centaures, Artémis et sa colère de déesse vierge vengeresse... Habituellement, quand un personnage s'enfuit, c'est dans la forêt – on le retrouve régulièrement dans les pièces de théâtre se déroulant dans l'Antiquité ou inspirées de cette période, je vous renvoie à mon article sur le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare – quand un personnage est mis en danger, c'est également souvent en pleine nature, et surtout, concernant les divinités les plus « interventionnistes », la nature sauvage est le meilleur endroit pour faire son apparition : Artémis la première, mais également Aphrodite, qui s'y cache avec ses amants mortels, les divinités inférieures qui y jouent et dansent...
De fait, de nombreuses divinités de la mythologie grecque sont issues de la nature : les nymphes, naïades des eaux et dryades de la terre, les fauves, centaures, satyres...

Alors que, de nos jours, la nature est non seulement bien connue, la plupart du temps, mais elle ne représente pas davantage une source danger de ou d'étonnement qu'un mystère. L'humain s'en fiche ou pire, fort de son état d'esprit de domination sur la planète, la voit comme une ressource potentielle, plus qu'un lieu de retirement, de méditation ou de contemplation.
Là où pour les anciens elle était facteur de magie et de merveilleux, notre monde rationnel ne prend plus la peine de s'y arrêter. Ça se voit dans la culture, puisque bien souvent films et littérature adoptent cet aspect négligeable de la nature sauvage, ne mettent en scène sa luxuriance que pour la rendre dangereuse, et rares sont les cas où elle est présentée sous un jour positif (Jurassic World, Robin des bois prince des voleurs ou une partie de l'animation japonaise comme les Ghibli en sont de bons exemples).

 La nature, c'est COOL ! (chez Ghibli)

Le Bien et le Mal.

Dans le même ordre d'idées que la dichotomie de la civilisation et de la nature sauvage, dans la lignée de la Théogonie d'Hésiode, le rapport des mythologies polythéistes au Bien et au Mal a toujours été très mal compris par l'ensemble des gens dépendant, volontairement ou non, de l'influence chrétienne. Nous tous, donc.
Comme l'a expliqué assez clairement Baf, entre autres clichés démontés sur la mythologie nordique, dans cette vidéo sur la représentation des Vikings au cinéma, on a tendance à voir du manichéisme là où il y a souvent de l'ordre et du chaos (dans la mythologie égyptienne par exemple).

"Notre Dieu est le seul vrai dieu, le reste n'est que mensonge, lui seul peut vous protéger du Mal, embrassez la vraie foi !!"
Ah bah c'est sûr que ça vous donne un autre regard sur le catholicisme, le judaïsme et l'Islam hein. Le monothéisme seul peut protéger du mal ? Mais le monothéisme est le seul à avoir inventé le Mal dans la religion !

En fait, c'est même tout à fait typique de la religion du Dieu Unique que de considérer, parce que ce dieu représenterait le Bien, la lumière, la vie, enfin bref, tout un paquet de valeurs positives, que tout ce qui est autre est forcément négatif, dangereux, maléfique. Je vais prendre des exemples fictifs mais regardez les religions de Westeros et Essos : les Sept sont multiples, chacun a une fonction propre et aucun ne représente le Mal (même l'Étranger, qui est l'inconnu, l'altérité, mais pas forcément la menace). Le Dieu Noyé et même le Dieu Multiface, dont le culte se résume pourtant à semer la mort et, quand on est un Sans-Visage, à buter en son nom, ne sont pas maléfiques. En revanche, R'llor, le dieu de Lumière, est considéré comme unique par ses fidèles, qui rejettent les autres croyances, et son opposé, l'Autre, est l'idée même de Mal, de froid, de ténèbres et de mort.

C'est pareil, la vision des ténèbres qu'on a de nos jours, la noirceur, le froid, la peur et l'angoisse, bah c'est principalement au christianisme qu'on la doit. L'absence de lumière est, par définition, neutre, pas négative.

Dans la réalité c'est pareil. Les Romains, je l'ai déjà dit dans d'autres articles, acceptaient parfaitement les divinités des autres peuples dans lesquelles ils voyaient des versions alternatives de leurs propres dieux (le culte oriental de Mithra a même sacrément gagné en influence dans l'empire au IIIème siècle de notre ère), alors que les chrétiens, qui n'ont eu de cesse d'éliminer les polythéismes, ont présenté ceux-ci comme le Mal, et surtout ont souvent considéré, parce que leur religion est manichéenne, que les autres le sont aussi.

Et cette méprise des contemporains, elle se voit genre TOUT LE TEMPS. Dès qu'il s'agit de réaliser ou d'écrire une œuvre sur la mythologie grecque, les méchants sont tout trouvés : les monstres (minotaures et cyclopes en tête, parce que les centaures c'est gentil, HEIN NARNIA, PERSONNE A PARLÉ DE LA CENTAUROMACHIE A CLIVE STAPLE LEWIS, PAS VRAI ?!?) et les Titans, qui sont les grands ennemis des nobles et preux Olympiens. Parlons-en, de la noblesse des Olympiens, je rappelle que dans la Théogonie, l'âge d'or d'innocence et de liberté des humains récemment créés correspond au règne de Cronos, donc des Titans, avant que Zeus n'envoie celui-ci dans le Tartare et n'entame, avec sa génération, l'Âge d'Argent durant lequel les mortels en prennent plein la tête de la part des divinités.

Lucas Cranach l'Ancien, L'âge d'Or, 1530.
Note que l'âge d'or, pour beaucoup (à cause de l'influence chrétienne) c'est être enfermés dans le Jardin d'Eden pour y vivre dans la quiétude. L'âge d'or c'est être enfermés. Voilà.

Parfois, quand on veut se simplifier la tâche pour faire de la merde, on se casse pas la tête pour les méchants : certains Olympiens eux-mêmes font très bien le job.
Poséidon et Hadès, les deux frères jaloux qui veulent le pouvoir absolu accaparé par Zeus, la pauvre victime de leurs complots, sont souvent les adversaires de choix, tel qu'on le voit par exemple dans Le choc des titans de Louis Leterrier, ou encore Percy Jackson et le voleur de foudre, qui a, je pense, la pire représentation possible d'un Hadès – ou de la mythologie grecque en général – égalé en ceci par sa suite, Percy Jackson et la mer des monstres.

 RT si toi aussi tu t'es fait du mal avec cette daube. Hashtag la souffrance. Hashtag la consternation. Hashtag facepalm.

Les Enfers.

Exactement dans la suite logique de ce manichéisme mal placé et de la représentation d'Hadès comme d'un grand méchant cruel et impitoyable, les Enfers sont souvent sujets à la perception chrétienne du monde des morts. L'exemple le plus éloquent est dans Percy Jackson et le voleur de foudre, dans lequel Hadès est un rockeur vêtu de cuir (parce que le rock, c'est le MAL) qui règne sur un monde empli de flammes et de lave, habitant dans un immense palais aussi flamboyant qu'excentrique. Pareil, dans The Elder Scrolls IV Oblivion, les plans d'Oblivion, du moins ceux du domaine de Mehrunes Dagon, sont des plans infernaux où quelques terres sont isolées par de la lave en fusion, alors même que l'extension Shivering Isles nous montre un autre plan d'Oblivion, celui de Sheogorath, ici placé sous le thème de la folie et du foisonnement.
De même, les Enfers dépeints dans la série de jeux vidéo God of War, ou en tout cas dans le premier jeu, sont un lieu de torture perpétuelle, noyé dans le feu, le sang et les hurlements des âmes damnées.

#PasLesBonsEnfers

La série Stargate SG1, dans ses deux dernières saisons (qui traitent du mythe arthurien) avec l'opposition de l'héritage des Anciens (donc les Terriens et les autres races humaines) et des Oris, décrit très bien ça. Alors que les Oris font du feu un élément de vie et de lumière au cœur de leurs pratiques religieuses, l'archéologue Daniel Jackson décrit le mécanisme de la façon suivante : les Anciens sont opposés aux Oris, les premiers défendant la curiosité et la découverte par altruisme et les seconds la croyance pour leur propre intérêt (y compris, dans les deux cas, concernant les formes d'existence inférieures qui voient eux des êtres divins). Ils ont décidé de présenter le principal symbole de leurs adversaires, le feu, comme quelque chose de maléfique et dangereux, et cela a inspiré la culture en général dans la Voie Lactée.

 Faut quand même admettre que les œuvres culturelles dans lesquelles le feu est présenté comme élément positif et bienfaisant dans le cadre d'une religion, bah c'est pas courant. D'ailleurs, histoire de renforcer le côté positif de cet aspect, les Oris entrent en contact avec leurs fidèles à Celestis, la cité des dieux...

Qui est juste absolument magnifique !! ♥

Bon, c'est une explication fictive, mais elle a beaucoup de résonance dans la réalité : pour les Anciens, le feu n'a rien de maléfique, la preuve en est l'existence d'Héphaïtos/Vulcain et d'Hestia/Vesta parmi les dieux principaux des Gréco-Romains.

Moi je dis non. Franchement et totalement non.

Du coup, Hadès est très souvent présenté comme un être détestable que chacun redoute par-dessus tout, qui règne en maître sur un univers de terreur et de châtiments.
En réalité, les Enfers grecs sont décrits par plusieurs auteurs antiques, de plusieurs périodes de l'Antiquité, comme complexes et hétérogènes. Pour commencer, les âmes des défunts doivent passer l'Achéron (ou le Styx, ça dépend des versions), gardé par le passeur Charon (ça se prononce comme un K et pas un Ch, n'en déplaise à Florence Porcel et aux astronomes français qui évoquent mal une lune de Pluton), l'Achéron étant l'un des quatre fleuves des Enfers.

Bon, c'est issu d'un OAV qui est lui-même tiré des Chevaliers du Zodiaque, mais ça reste une vision intéressante des Champs Élysées.

Les autres sont ceux qui séparent le Tartare, la région des châtiments éternels réservés aux criminels et aux ennemis des Olympiens – c'est par exemple là que sont casés les Titans – les Champs Élysées qui sont un lieu de béatitude souvent dépeint comme abondant de vie et de beauté (le monde des vivants en plus beau, avec des fruits et des champs de fleurs, mais réservés aux vertueux), et le Pré de l'Asphodèle, où se trouvent tous les autres morts.
Globalement, l'une des bonnes représentations des Enfers est celle qui est faite dans Kingdom Hearts 2, elle-même reprise de la version Disney, même si elle n'est pas complète : un lieu de froid et de noirceur. Aucune évocation de la flamboyance des enfers chrétiens.

Ensuite, il faut savoir que les Enfers sont un lieu de silence, comme on le sait parfaitement grâce à l'histoire d'Orphée et Eurydice – un jeune musicien dont la fiancée meurt soudainement, qui va la chercher dans le royaume des morts, la retrouve muette, n'a pas le droit de la regarder avant qu'ils aient regagné le monde des vivants, et arrive ce qui devait arriver, il la regarde à un moment pour ne pas la perdre.
Les morts ne parlent pas, les Enfers sont silencieux.

C'est extrêmement caricatural, mais ça reste plus proche de la vision grecque antique que ce que les chrétiens en ont fait. Ironiquement, en anglais, y'a deux mots pour les Enfers. Hell et underworld, qui n'ont pas la même connotation et le même sens, comme les deux visions de l'enfer, chrétien et antique.

De fait, Hadès lui-même n'est pas une divinité cruelle et sanguinaire. Selon les versions, il préside ou non au tribunal des Enfers avec d'autres juges – et notamment Minos, ancien roi de Crète connu par le mythe du minotaure et du labyrinthe – qui examine les âmes des défunts et définit leur dernière demeure – Tartare, Champs-Élysées ou Asphodèle. D'ailleurs, ce concept de jugement des âmes, déjà présent dans la mythologie égyptienne, a été assez justement repris dans l'univers de Dragon Ball où Enma Daioh sanctionne l'envoi des âmes des morts dans l'Autre Monde.
En outre, Hadès est également le mari de Perséphone/Proserpine, fille de Cérès, déesse des céréales et des moissons. On le qualifie généralement d'Olympien, ce que j'ai fait moi-même, mais la seule occasion où il a quitté les Enfers a eu lieu quand il a enlevé la jeune divinité : le différent avec sa mère a été tranché par Zeus : Perséphone passe une partie de l'année (automne-hiver) en Enfer et l'autre (printemps-été) avec sa mère.

Ca n'a rien à voir mais je trouve cette image magnifique alors je perds jamais une occasion de la replacer ☺

Du coup, le couple vit dans un palais et a charge, notamment, d'empêcher les âmes des morts de rejoindre le monde des vivants pour épargner aux hommes et aux dieux l'horreur de leur vision. Là encore, on pourrait croire que cela a pu servir d'inspiration à Final Fantasy X dans lequel les morts, jaloux de la vie qui anime les vivants, deviennent des monstres pour les détruire à moins que l'on n'envoie leur âme, les furolucioles, dans l'autre monde.
Bref, Hadès et les Enfers sont loin d'être maléfiques. L'ironie, c'est que l'une des références que j'ai considérées pour la représentation des deux dans la culture est le jeu vidéo Loki, dans lequel les Enfers sont fidèles à la tradition gréco-romaine, mais où Hadès est un monstre parfaitement maléfique...

Bon faut quand même garder à l'esprit que cette reprise du jugement des âmes est aussi vachement influencée par la perception du travail de bureau dans les entreprises japonaises. Évidemment.

Il faut savoir enfin que, comme toutes les divinités de l'Antiquité, Hadès reçoit divers épithètes dans le cadre son culte (qui est très ponctuel, contrairement à celui de bien d'autres), parmi lesquels Πλούτων, autrement dit Hadès Plouton « celui qui enrichit » – cet attribut deviendra même son nom chez les Romains, Pluton – Hadès « Κλυμένος » (Klyménos) « le Renommé » ou encore Hadès Ζεὺς Χθόνιος, « Zeus le Chthonien ». L'adjectif chthonien fait ici référence aux divinités de la terre, par opposition aux divinités ouraniennes, du ciel.
Bref, Hadès est présenté parles Grecs antiques comme une divinité tout à fait acceptable et positive qui reçoit et prodigue les éléments minéraux et de la terre (d'où son lien avec la fille de Cérès, à moins que ce soit ce lien qui crée cet attribut, mais l'effet reste le même), et les Enfers comme un monde complexe qui fait partie intégrante du cycle de la vie et de la mort, au point même que plusieurs héros et mortels bien vivants y sont allés plus d'une fois et en sont ressortis – le champion en la matière étant rien de moins qu'Héraklès lui-même.

Comme vous le voyez donc, plusieurs éléments fondamentaux de la mythologie gréco-romaine ont été largement déformés et modifiés dans la culture populaire, la plupart du temps à cause de l'incompréhension suscitée par la distance temporelle avec le sujet, le manque de documentation, mais aussi, assez régulièrement, par la distance culturelle entretenue par le christianisme.
J'aurais pu prendre d'autres exemples, mais ceux-là sont déjà bien assez riches et j'ai conscience que l'article est très long, mais comme pour mon article récent sur Auguste, la Germanie et les Julio-claudiens, écrire moins serait revenu à faire des raccourcis inexacts ou à dire n'importe quoi.

J'espère en tout cas que, à la lumière de ces informations, vous aurez l'envie de vous cultiver davantage à propos de la mythologie grecque, ou au moins de prendre avec plus de précautions les œuvres culturelles qui la choisissent pour thème ou pour fond narratif, afin de repérer celles qui abordent leur sujet avec respect et fidélité, ou au contraire celles qui dépeignent l'Antiquité à travers un filtre clairement orienté par la pensée chrétienne et occidentale (comme c'est le cas des Percy Jackson).

6 commentaires:

  1. Excellent article, très bien écrit et pensé. J'ai dû réfléchir à tout ce que j'avais appris en latin (j'ai pas fait grec mais j'avais une prof qui nous mettait les deux en lien niveau mythologie) et tout ce que j'ai travaillé durant ma licence et c'était cool un petit rafraîchissement de mémoire 😊

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  2. Aah un article sur la mythologie grecque! Ça fait plaisir ça, du coup impossible de me la fermer sur cet article, j’en ai peur.
    Je ne sais pas quand tu comptes te mettre à l’écriture de la guerre anthropocène mais je suis très curieuse de voir ça. Les mythologies, c’est vraiment un sujet passionnant et riche à foison pour l’inspi, surtout quand c’est aussi barré que les Grecs, qui, on va dire, ne montrent pas toujours leurs dieux sous le meilleur jour.
    Les poètes et les philosophes on aime bien les représenter vieux. Ça fait mystérieux. Et puis, c’est classe un vieux. Ça me rappelle mes cours de sculpture grecque, sans déconner on a eu une leçon sur l’évolution de la représentation des poils pubiens, mais bref là n’est pas le sujet, c’est juste que c’est riche la sculpture grecque et WTF parfois.
    Et la mythologie pareil ! Effectivement, le mythe est une carte d’identité aussi pour les cités grecques, un lien social, on a SA version du mythe, SON héros local. « Ici notre source a jailli grâce au sabot fougueux de Pégase ! ça te la coupe, hein ? » « tu parles, nous on a une excuse en béton pour jeter les femmes de la politique ! parce qu’elles étaient trop nombreuses et ont voté pour Athéna et pas Poséïdon, alors que sa source d’eau salée, c’était quand même mieux comme promesse électorale qu’un olivier ! ahahah ! »
    Et plus encore à l’époque hellénistique, la mythologie ça fait partie de l’ensemble de culture et de croyances qui unifient tous les Grecs, donc c’est du lourd.
    Le monothéisme récupère les dieux anciens pour les déchoir. Pas de bol, coco, tu as cru les mensonges de démons qui se faisaient passer pour des dieux ! Mais maintenant tu connais la vérité du dieu unique et si t’es pas d’accord t’es qu’un connard de païen et on va te péter la gueule avec notre religion basée sur l’amour du prochain et la rémission des péchés.
    Les crises conjugales du couple Zeus/Héra et les humeurs des dieux en général, même si ça fait partie du folklore des croyances, n’étaient pas approuvés par tous les grecs. Bon en tout cas, Socrate l’a discuté, dans l’Euthyphron, apparemment. Il me semble qu’il s’élevait contre toutes les sottises que l’on faisait dire et faire aux dieux, comme si ils ne valaient pas mieux que des humains capricieux, et que cela en faisait ni plus ni moins qu’un blasphème vis-à-vis des dieux. Il faudrait que je retrouve ce dialogue, c’était vraiment intéressant comme point de vue.
    Pour le rapport à la nature, c’est vrai qu’il est assez conflictuel chez les Grecs, vu qu’ils sont sur une terre quand même très aride, où faire pousser la moindre connerie relève de l’exploit. D’où une jalousie pour les Egyptiens qui pour eux n’en glandent pas une pour avoir du blé à foison. Ils lâchent les porcs pour semer, ils attendent que le fleuve fasse le reste, plus qu’à ramasser. Bandes de faignasses, dénonce en substance Hérodote. Et quand c’est pas aride, c’est sauvage et hostile, en effet.

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  3. Je plussoie fermement le paragraphe du manichéisme monothéiste. En Egypte on a quelques grandes figures chaotiques, genre Seth et Apophis, mais voilà, elles sont surtout représentées comme chaotiques, et pas comme incarnation du mal. Ça va déraper pour Seth suite aux invasions successives où il perd son rôle de gardien des frontières et où on l’accuse de tous les maux (et là on le recycle en Satan). Bon, et puis Apophis et tous les trucs dangereux, mieux vaut les représenter plantés de partout au cas où quand même, mais c’est du prophylactique.
    Mais c’est vrai qu’il faut garder à l’esprit que les polythéistes ont une vision de la divinité que je qualifierai de plus réaliste. Comme Tezcatlipoca, chez les aztèques ; typiquement un dieu chaotique, qui donne d’une main et reprend de l’autre, mais jamais on va dire que c’est le Mal.
    Et oui, qu’est-ce que ça m’énerve tous ces films qui prennent Hadès comme méchant. Putain, alors que Hadès il est tranquille dans sa piaule à faire chier personne… on l’appelle pas l’invisible pour rien quand même. C’est même l’un des rares à pas tromper sa femme, pour dire. (bon ok j’ai trouvé un mythe où il avait une liaison, et il pas très répandu). Mais enfers = méchants, bravo le veau. Bon, dans St Seiya ils l’ont pris comme méchant aussi bien sûr, avec la nuance que ses intentions sont pas mauvaises, juste il a un point de vue personnel des choses. D’ailleurs merci pour la référence Saint Seiya ça aurait quand même manqué à l’article ^^ La vision des Enfers dans ce manga est très intéressante car elle prend autant à Virgile qu’à Dante, et bien sûr ça suffit à ma béatitude (même avec l’ajout de trucs plus wtf genre le temple d’Abou Simbel mais pourquoi pas, après tout)…
    (j’ai beaucoup ris les 10 premières minutes de l’attaque des titans. Après, c’était juste atterrant et chiant, mais on remercie quand même la réplique « release the kraken » qui reste dans les annales. )
    Je rêve de fictions où Hadès et Seth ne sont pas représentés comme maléfiques. Cela dit, c’est le cas pour Hadès dans Save me Pythie, si tu connais pas je recommande. Manga français drôle et plein de références geeks.

    Sinon, c’est vrai que la partie « tortures » des enfers Grecs est quand même réduite. Mais le reste demeure tout de même assez peu joyeux. Même les champs Elysées, qui représentent le moins pire, sont quand même pas très folichons. En gros, tout le monde se fait chier. Ils pourraient crever d’ennui si c’était possible. Cette perspective peu enthousiasmante de l’au-delà a expliqué la passion des Grecs et des Romains pour l’au-delà égyptien qui présentait vachement mieux sur la brochure, et l’adoption massive à leurs cultes funéraires pour ceux qui étaient installés en Egypte. Cette absence de réconfort pour l’après-vie a aussi fait le succès grandissants des cultes avec des au-delàs attrayants (dont christianisme donc)
    Enma est un vrai bureaucrate infernal (LE bureaucrate même) au Japon et en Chine, et quand je l’ai découvert j’ai encore plus apprécié sa représentation dans DBZ.
    En tout cas, je compte sur toi dans tes écrits pour représenter des Enfers et un Hadès convenables et libérés des clichés maléfiques, si jamais tu les utilises. A la limite un Hadès bien cliché goth avec des phobies sociales ce serait beaucoup plus drôle si on veut faire dans l’irrévérencieux. C’est avec des œuvres nouvelles, donc de nouvelles références que les représentations pourront changer ! Hardi !

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    1. Je sais pas si je vais utiliser les Enfers et Hadès dans La guerre anthropocène parce qu'en termes d'univers c'est loin d'être mon projet le plus développé pour l'instant, mais il va de soi que si je le fais ils seront bien utilisés et pas maléfiques, ce serait con de tomber dans le travers que je dénonce par ailleurs x)

      Tiens, ton évocation de la mythologie aztèque me rappelle que, alors que j'ai rapidement mentionné la mythologie nordique (enfin son évocation par Baf) comme également sujette au chaos plus qu'au manichéisme, y'a un monstre nordique qui correspond parfaitement à la définition chaotique que tu as précisée.
      Tursas. Un gros monstre marin et tentaculaire qui incarne à la fois la dévastation des océans et les bienfaits de leurs richesses et leur poisson (qu'il se charge d'apporter aux mortels). Et Tursas, je le reprends (en le modifiant un peu) dans Les Mille-Griffes ^^

      Après, contrairement à toi, je connais très mal les philosophes antiques et les cultes de la religion grecque, mon Antiquité est plutôt romaine, et c'est pareil, du coup, pour l'Égypte, mais je suis ravi d'apprendre et d'avoir tes lumières sur le sujet ^^
      Pire encore, j'ai jamais vu Saint Seiya, ou à peine, je me souviens juste d'une fraction d'épisode où le jeune en rouge grimpe une montagne et s'accroche à sa boîte et pouf l'armure sort et j'ai même plus le contexte x)

      Après, je suis ravi de voir qu'on est d'accord : va savoir pourquoi, alors que Perséphone ne voulait pas aller dans les Enfers à la base et que ça attriste vachement sa mère, je les imagine parfaitement, Hadès et elle, en couple uni et aimant qui dirige leur petite société familial de gardiennage d'âmes x)

      Enfin bref, t'as apparemment commenté chaque partie de mon article, je suis moins expansif, j'ai pas trouvé à dire sur tout ton commentaire, mais merci encore, à notre prochain échange ! ♥

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    2. TURISAS ! You can count on us !
      https://youtu.be/lw8FdsQPxXA
      (j’aime bien ce groupe, mais je sais pas pourquoi, j’ai l’impression que leurs chansons sortent tout droit d’un Disney. Si le prochain Disney est sur les Varègues ça pourrait se faire remarque)
      Je connaissais Tursas en tant qu’évocation du chaos, mais sans plus, ça me donne envie d’approfondir la question. De façon générale, ces représentations dans la mythologie sont vraiment intéressantes, car rarement purement maléfiques. Ça fait partie de l’ordre du monde. Même Azathoth dans la mythologie Lovecraftienne n’est pas une figure hostile, juste parfaitement idiote. Dévastatrice, mais pas maléfique. C’est plutôt ce que certains comptent faire du chaos qui peut être malveillant.
      Du coup une figure chaotique dans les Mille-Griffes, j’adhère ! et je suppose que ce n’est pas la seule !
      Le plus drôle c’est que ma spé en master c’était la période romaine… mais en Egypte, du coup, très grecque. Mais je suis passionnée par trop de périodes et de civilisations pour en connaître une vraiment bien. Du coup tes articles en romaine sont les bienvenus !

      Saint Seiya c’est super quand on a grandi avec. Après… c’est plus difficile d’y accrocher je suppose. Mais tu peux jeter un œil à la série abrégée qui est vraiment hilarante : http://www.dailymotion.com/user/CDZAOfficiel/1
      Et si l’univers te paraît pas mal, je recommande surtout the Lost Canvas, qui est plus récent, très beau, et plus fouillé au niveau scénar, mais avec toujours du mythologique revisité, des chevaliers masochistes et tout et tout. Et… bon je ne suis pas très objective après car il y a mes 2 de mes figures mythologiques préférées plutôt bien représentées donc je suis un peu en mode fangirl devant XD
      Oui, je crois que Perséphone n’est pas trop malheureuse aux Enfers, franchement, elle aurait pu plus mal tomber, à mon avis. Hadès est quand même un super parti, quand on y pense !

      Oui j’ai tout commenté je voulais rien louper muhahaha

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    3. Hadès est sûrement, parmi les Olympiens, le parti le plus sécurisant et le moins instable, surtout comparé à ses frères x) D'ailleurs, rien ne dit qu'il soit forcément sinistre et froid, la preuve, dans un autre de mes projets (encore XD), avec plein de dieux qui sera plutôt de la fantasy burlesque, le dieu de la mort, en partie inspiré d'Hadès, est un type très sympa avec un sens de l'humour assez affirmé ^^

      Et non. Ta remarque m'a tiré un ricanement ^_^ Non, Tursas n'est pas la seule figure chaotique que j'utiliserai dans l'univers des Mille-Griffes. En fait j'écrirai d'abord l'histoire, puis une préquelle, puis une suite, et dans cette dernière, j'emprunte aux Nordiques un autre dévastateur, un certain Surtr. Un géant de feu qui s'illustre surtout pendant le Ragnarok et qui explique pourquoi la chanson I see fire d'Ed Sheeran, et sa mise en scène dans la trilogie du Hobbit, est une de mes inspirations...

      T'en fais pas, j'ai encore prévu quelques articles d'histoire romaine, l'un d'eux est déjà terminé, mais pour le publier j'ai besoin d'en écrire d'autres pour arriver à la période qu'il évoque ^^
      Et je note les références que tu me proposes, je suis toujours ravi d'en avoir de nouvelles :)

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