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31.5.16

Le joueur solo et les MMO.

Faut pas que je revienne trop souvent sur la manière dont je suis devenu gamer sinon ça va faire comme l'assassinat de Sam et Martha Wayne dans Batman v Superman, un running gag que tout le monde connaît déjà.
Bref (non, pas d'intro aujourd'hui, la flemme et pas d'idée), j'ai commencé les jeux vidéo quand j'étais en primaire sur la Megadrive de mon frère puis sur ma propre (grosse, noire), Game Boy (on dit UNE Game Boy, bordel de merde!), mais le vrai départ, définitif cette fois, a eu lieu en 5ème avec une SNES, suivie d'une Playstation (celle de mon frère à nouveau, mais prêtée deux ans durant pour lutter contre la solitude auvergnate) en 4ème-3ème.

Tout ça pour dire, ça m'a l'air évident, que mes débuts vidéoludiques ont été placés sous le signe de la solitude. J'ai connu cette époque où être invité chez des potes à jouer ça voulait dire être invité à les regarder jouer et de temps en temps avoir la manette.
Cela dit à cette époque-là on pouvait aussi se prêter les jeux – on se gênait pas – et puis la plupart avaient, contrairement à moi, des frères ou sœurs, et donc des manettes en surplus et des jeux multijoueurs.

Bien que mon genre vidéoludique préféré, actuellement, soit les jeux de plate-formes, au collège et lycée c'était les RPG et j'en avais plein. Et les RPG ça se joue en solo.

C'est dans ces origines que trouve sa naissance un des problèmes les plus récurrents – parce que j'estime que problème il y a – de mon parcours vidéoludique. Je suis taillé pour jouer en solo. J'ai toujours aimé ça, préféré ça même, et j'ai jamais vraiment eu les moyens de jouer en multi jusqu'à maintenant – c'est le cas depuis quelques années et je le fais toujours pas, mais je vais y revenir – principalement pour des raisons techniques.
Encore aujourd'hui, même si je les utilise plus parce que j'ai pas de télé (il me faut décidément une VGA box pour jouer sur écran de PC), ma Playstation 2 et ma Wii ne sont dotées, respectivement, que d'une seule manette et un seul duo Wiimote-Nunchuk.

Je pense que, si je devais chercher une explication là-dedans ou me pencher sur la question façon introspection en ligne, c'est-à-dire précisément ce que je suis en train de faire, j'irais chercher dans le profil culturel et personnel du mec.
Confronté à la solitude et à un milieu familial globalement hostile, je me réfugiais dans la fiction. Je lisais beaucoup, et je jouais encore plus. Maintenant, à l'âge plus ou moins adulte, si le monde est beaucoup plus hostile à mon égard (il l'est envers nous tous, mais je pense que je fais pas partie des moins harcelés par Dieu, le destin, le ptit con qui gouverne le grand Tout ou je sais pas quoi d'autre), mon entourage est totalement aimant, dévoué et protecteur (Armance, Marine, Mao, Aurel, tous les membres de la Twitter Family, c'est de vous que j'parle). Du coup, désormais, je peux subordonner ma culture et mes découvertes à l'enjeu qui a toujours guidé mon existence, la soif de connaissance et la recherche d'une forme de sagesse par l'érudition.

"Un mage ne vaut que par ce qu'il sait", nous dit Urag Gro-Shub le mage-bibliothécaire orc ronchon de l'Académie des Mages de Fordhiver.
Mais c'est valable pour tout le monde Urag, si on ne sait rien, on ne vaut rien, c'est bien pour ça que j'essaie de me cultiver en permanence.

Au collège et au lycée, c'était pas la même. J'étais plus ou moins seul et assez asocial, parce que les personnes dont j'étais proche (les deux seuls amis que j'ai eus à Dunkerque à la fois avant et après mon isolement en Auvergne), je les voyais pas très souvent, on n'allait pas en cours au même endroit. Remarquez, c'est à cette époque que j'ai commencé à lire de la fantasy. Alors à la volonté de m'évader dans la fiction s'est ajouté un goût prononcé pour la narration et les grands univers, qui ne s'est jamais démenti depuis (coucou je suis romancier en devenir ^^).
Et ça, c'est probablement un des éléments qui fait le plus de moi un joueur solo. Vous avez déjà essayé de jouer à Final Fantasy 7, 8, 9, 10, Oblivion, Skyrim ou Fable en multi ? Les RPG sont mes jeux préférés après les jeux de plate-formes, alors du coup...

Bien sûr, une fois devenu pécéiste, ça a changé. J'ai brièvement joué à Donjons et Dragons Online en prévision d'une partie en multi avec mes amis, ceux-là même avec qui on fait du JDR papier, mais ils ont jamais débarqué. Le frère d'un de mes meilleurs amis m'a fait découvrir les Borderlands et j'ai même fini avec lui ma partie du premier, avant de jouer le second... en solo, parce que j'en avais assez de l'attendre.
C'est un peu le problème avec moi, je suis impatient de découvrir tous ces univers, je souffre du fait d'avoir énormément de jeux et une nette tendance à les recommencer sans cesse sans jamais les finir (le pourcentage de jeux que j'ai possédés dans ma vie par rapport à ceux effectivement terminés est assez angoissant), alors du coup pour compenser et me rattraper, j'essaie de perdre le moins de temps possible à attendre les gens pour jouer.
C'est pareil avec le cinéma, je veux voir un film, j'attendrai pas que mes amis soient dispos pour le voir (surtout qu'eux ils y vont le soir et je tiens pas à donner un rein à chaque fois que je veux me faire une toile, parce que j'en ai que deux et j'en ai l'usage).

#CestToujoursMieuxAPlusieurs

C'est pas faute de proposer à mon entourage des parties en ligne, mais y'a toujours un truc qui va pas. Avec ma ptite sœur Elika, on avait commencé Borderlands 2 mais je connaissais déjà le jeu pour l'avoir fini, je voulais juste l'intéresser, et j'ai eu l'impression que l'univers la branchait pas, qu'elle voulait juste défourailler avec Salvador. Du coup, inconsciemment, on s'est pas investis et on a vite laissé tomber.
Avec Khanapay, on avait joué à Don't Starve Together – je le regrette parce que maintenant j'ai acheté un casque avec micro et ce jeu, basiquement, pour rien – et ça a pas duré, parce qu'elle est infoutue de jouer à autre chose qu'Hearthstone (et parce qu'elle a une opinion de merde sur la télé, cette brebis indigne et décérébrée (Jiminy t'es sûr que c'est moi le méchant et toi le gentil?)).

Prenant les devants sur mes amis, je suis allé explorer Borderlands : la pré-séquelle, mais comme elle est à chier, c'pas la peine. Trine 2, pareil, j'ai/ai eu quelques amis avec qui j'aurais pu le jouer (on regrette aussi de l'avoir offert à Khanapay vu qu'elle y jouera jamais, rapport au fait qu'elle est bloquée sur Hearthstone, cette ahurie) mais bizarrement, dès que je fais découvrir un jeu potentiellement multi à des amis, ils y jouent en ligne... avec leurs amis et sans moi.

La forteresse d'Amakna avec son leader local, Géror Deuxpardeux ♥

Le top, je crois, ça a été Wakfu.
Ce jeu est absolument merveilleux, je l'ai adoré. Il a une esthétique très sympa, un peu cartoon – de fait, il est développé par la société roubaisienne Ankama, spécialisée dans l'animation et les nouveaux médias – des musiques superbes, une ambiance bucolique et légère, mais avec de l'humour et des milliards de jeux de mots. Il est très sympa à jouer, j'avais pris une classe de personnage un peu tanky, mais avec quelques sorts pratiques, si bien que je pouvais le jouer en solo – ce qui a inspiré à mon amie Lia l'excellente appellation de MMOCPS, pour « chacun pour soi » – et effectivement me mêler assez peu des autres joueurs ni avoir besoin de leur aide.


En plus la musique des champs d'Amakna est tellement jolie, je l'aimerai toujours celle-là ^_^

L'intérêt de ce jeu c'est le très faible nombre de PNJ qui s'y trouvent. A la manière d'Eve Online, le jeu repose sur les interactions entre joueurs, jusque dans son économie, ses échanges financiers et tout. La gestion de l'environnement, de l'agriculture, de la végétation – les joueurs doivent avoir l'intelligence de replanter arbres et fleurs pour éviter de changer le monde en désert, mais aussi pour pouvoir laisser les autres joueurs récolter et semer à leur tour – l'exploitation des ressources naturelles et leur transformation en objets finis, tout dépend des joueurs.
Mais pour que ce soit plus clair, voilà une vidéo qui en parle bien et qui rappelle, une fois n'est jamais de trop, que World of Warcraft et ses imitateurs ne sont pas des MMORPG.
Ce sont des MMO hack'n slash. Le nombre d'arguments qui le démontrent est trop grand pour que je m'y arrête ici.

De manière générale, je trouve plus intéressante l'idée d'un univers fictif reposant sur les interactions des joueurs plutôt que tournant par lui-même.

En parlant de MMOCPS, je me plaisais donc bien dans Wakfu, j'adorais par exemple m'adonner à l'artisanat ou cultiver et entretenir l'environnement d'Amakna dans mon coin, mais j'ai arrêté parce que ça m'ennuyait. J'avais aucun sentiment d'accomplissement, la narration évoluait peu – elle était pas terminée quand j'y jouais, l'an dernier – et je doute que ce soit très différent dans TESO, que Lia m'a conseillé et auquel Elika me presse de jouer. Les MMO sont par définition des jeux sans fin, et moi j'essaie de finir le plus possible des miens. Alors farfouiller dans mon coin d'un univers, même si plein de gens s'y trouvent aussi, je le sens moyen.
Il reste la possibilité de jouer en ligne et en multi à des jeux qui ne sont pas centrés sur ça, comme la plate-forme, le RPG (Baldur's Gate notamment) ou les FPS type Borderlands, sans parler des jeux indépendants et créatifs façon Don't Starve, mais encore une fois, j'ai passé l'essentiel de ma vie de joueur à n'attendre personne, à découvrir seul les univers et les narrations, à m'y plonger avec passion pour en fouiller les moindres détails, et on a toujours du mal à se défaire d'une habitude longuement ancrée.

Tout ça pour dire que je fais, occasionnellement, des efforts pour jouer davantage avec mon entourage, mais que la plupart du temps je me heurte à un mur. Ils ne veulent pas jouer avec moi, ils jouent déjà avec d'autres, ils ont pas le temps, etc., si bien qu'au final je demeure un joueur solo. Pour quelqu'un qui reste aussi attaché aux gens, c'est quand même dommage de continuer à se passionner pour les grands univers et la narration tout seul hein =_=

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