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16.7.16

Stardust : le mystère de l'étoile


Film américain de Matthew Vaughn (2007) avec Charlie Cox, Claire Danes, Mark Strong, Michelle Pfeiffer, Robert de Niro.
Genre : fantasy, humour.
Vu en VOST.

Village de Wall, Angleterre, au milieu du XIXème siècle. Le jeune Dunstan Thorn est fasciné par l'existence potentielle d'un royaume magique, au-delà de la muraille qui donne son nom à son village, et dont la brèche est gardée en permanence depuis toujours.
Après avoir réussi à tromper la vigilance de la sentinelle, il parvient au village du Mur et y rencontre, en plein milieu d'une foire, une jeune femme esclave d'une sorcière, avec qui il passe la nuit.

Neuf mois plus tard, un bébé du nom de Tristan lui est apporté par la sentinelle du Mur.


Autant commencer par ce qui influe le plus sur mon opinion quant à ce film. Matthew Vaughn, outre qu'il est l'un des meilleurs adaptateurs de tout le cinéma actuel (il a réalisé 5 films à ce jour, tous des adaptations, parmi lesquels les excellents Kick-Ass, Kingsman : Services Secrets et X Men First Class), est un de mes réalisateurs préférés. Justement à cause des trois films que je viens de citer et de celui du présent article.
Ensuite, j'ADORE la fantasy. C'est de loin mon genre préféré tous genres (jeux vidéo, littérature dont bande dessinée, cinéma dont séries télé) confondus. Enfin, c'est l'adaptation d'un livre de Neil Gaiman, brillant auteur anglais de fantasy.
Bref → Stardust est un de mes films préférés de tout l'univers.

Faut voir le contexte aussi. Le Seigneur des Anneaux a ouvert une voie royale pour la fantasy au cinéma, laquelle a été empruntée par des projets plus (Stardust, le premier Narnia, Jack le chasseur de géants) ou moins bons (Eragon, les derniers Harry Potter, les autres Narnia, et surtout Eragon), et tout d'un coup le monde s'est aperçu que de nombreux écrivains avaient produits des ouvrages de qualité en fantasy.
Neil Gaiman, un artisan du genre, qui a contribué à donner ses lettres de noblesse à la fantasy urbaine avec Neverwhere et l'a rapprochée de l'horreur avec Coraline, est donc l'auteur original de cette histoire.


Cherchez pas, elle est juste trop magnifique ♥
Là où ça devient marrant, c'est que quand le reste de la fantasy se place souvent dans un cadre médiéval-fantastique strict ou dans un univers contemporain, Stardust est assez intemporel. La cité de Stormhold est très peu visible dans le livre comme à l'écran et la narration se déplace un peu partout en suivant les personnages. Sans être un road-movie à proprement parler, Stardust reprend le concept classique de voyage initiatique pour un héros qui, rappelons-le, est âgé de 18 ans, parce qu'il faut avoir lu le livre pour le savoir (malheureusement) mais la Foire du Mur à Stormhold a lieu tous les 9 ans exactement et on en voit deux dans le film, celle où se trouve Dunstan, et celle où se trouve Tristan.
Et pour voyager, le personnage de Primus, par exemple, utilise un de ces monstrueux carrosses produits par l'époque moderne, ensuite récupéré par Lamia, la sorcière. De son côté, Sal la souillon se déplace dans une roulotte qui fait très médiéval-moderne, pendant que le capitaine Shakespeare commandant un navire volant chasseur d'éclairs baptisé Caspartine, du nom des enfants de Matthew Vaughn, Caspar et Clémentine. A titre d'anecdote, le nom sera repris pour le yacht/sous-marin de Sebastian Shaw dans X Men First Class du même réal.
Et moi je suis désolé mais j'ai jamais entendu parler de navires volants au Moyen-Âge, à mon avis c'est plutôt du ressort du steampunk, ce qui est quand même vachement la classe.


Bref, tout ça pour dire qu'on a ici affaire à une histoire aussi originale que possible malgré quelques éléments classiques de la fantasy. L'écueil du triangle amoureux est évité puisque, si Tristan comme Humphrey – joué par Henry Cavill avant qu'il ne devienne Superman – convoitent les faveurs de la superficielle Victoria, celle-ci n'en aime qu'un des deux.
Les princes de Stormhold, même morts, jouent encore un petit rôle développé par rapport à ce qu'il était dans le roman (au niveau des dialogues, des réactions aux événements et de l'humour, donc, notamment lors de la séquence dans la demeure des sorcières), la sorcière et ses deux boucs manque de majesté. Un mec est transformé en femme et passe la moitié de la séquence en question à se matter les boobs, les deux personnages principaux passent leur temps à s'engueuler bref, ça détonne parfaitement avec ce que la fantasy offre habituellement, et sans être aussi sombre que le livre, c'est une histoire un peu différente et géniale.

Gnéhéhéhéhé, Robert de Niro et Dexter Fletcher ♥

Basiquement, c'est quand même le récit d'un type qui décide d'aller chercher une étoile tombée du ciel juste pour flatter une nana à son anniversaire et s'aperçoit sur place que l'astre a pris forme humaine en arrivant sur Terre. Claire Danes, absolument magnifique dans ce film, est également sarcastique et irritable. Yvaine est superbement écrite, bourrée de personnalité, tout comme la sorcière Lamia, jouée par Michelle Pfeiffer dont l'un des premiers gestes en retrouvant sa jeunesse est de s'admirer dans un miroir pour kiffer ses propres fesses ♥

 La robe argentée de l'étoile fraîchement tombée du ciel. Spendide ♥

Michelle Pfeiffer qui kiffe son propre cul devant le miroir. Je m'en lasserai jamais x)

Robert de Niro est aussi super dans son rôle de pirate à la réputation sanglante, mais qui tire son imaginaire du « grand barde anglais », surtout dans ses interactions avec Tristan, Yvaine, et aussi Ferdy (joué par l'excellent humoriste anglais Ricky Gervais) ou encore son second, incarné par le super Dexter Fletcher, un de mes acteurs de seconds rôles préférés. Et puisqu'on en est aux rôles secondaires, Jason Flemyng est très bien en Primus, tout comme Peter O'Toole en roi de Stormhold, sans oublier Victoria jouée par Sienna Miller.
A noter, chose intéressante, que Matthew Vaughn a repris Mark Strong, Dexter Fletcher et Jason Flemyng dans Kick-Ass

Un des trucs que j'adore chez Septimus, Tertius et Primus, c'est qu'ils portent leur numéro jusque sur leurs fringues ^^

Niveau esthétique, là encore on est relativement dans la zone de confiance construite au sein du public par Peter Jackson et son Seigneur des Anneaux. L'époque des tournages entièrement en studio est terminée, et on est pas encore (heureusement) à celle des fonds verts en arrière-plan. Mis à part les intérieurs, Stardust est filmé en plein air en Angleterre, en Écosse et en Islande, offrant de magnifiques panoramas (comme l'île de Skye) qui permettent de faire des ellipses narratives, des plans larges où on voit juste les personnages voyager. C'est vraiment splendide.

Dites-vous que le film est plein de paysages comme ça, parfois dans de superbes séquences de transition en musique ♥

La musique est composée par Ilan Eshkeri, un Anglais qui a notamment travaillé avec son compatriote Henry Jackman sur Kick-Ass, et précédemment sur Layer Cake, deux films de Matthew Vaughn.
Visiblement, Eshkeri a bien révisé puisqu'on entend dans Stardust ce qu'on entend dans le Seigneur des Anneaux, à savoir des thèmes dynamiques et accrocheurs qui se terminent assez souvent par des accords en demi-teinte, signes qu'on n'atteint rarement le paroxysme de l'épique. Oui j'ai pas mal regardé les Partoche de Tyllou sur Lord of the Rings et j'ai retenu les concepts ^^ En parlant de climax sonore, on le trouve notamment dans Shooting Star, évidemment parce qu'un pendentif qui percute une étoile qui s'écrase sur Terre, ça mérite de la grandeur, mais également, logiquement, dans Coronation, majestueuse comme pas possible.



Le reste du temps, des mélodies soignées et surtout de la musique classique : Dvorak, Bach et surtout Offenbach sont présents, le dernier avec son célèbre Galop Infernal (celui qu'on nomme improprement Cancan alors qu'il a été repris pour le French Cancan qui n'est en rien lié à Offenbach) dans une scène mémorable entre le capitaine Shakespeare et Septimus ^^

En bref : de la fantasy pas très connue, mais très originale, et que je vous recommande fortement à tous. C'est certes un de mes films préférés, donc je suis pas objectif, mais c'est surtout une œuvre de qualité qui mérite qu'on la regarde et qu'on en apprécie les subtilités. L'écriture des personnages, de la narration, les paysages et la bande-son font de Stardust l'un des meilleurs films de fantasy des années 2000.


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2 commentaires:

  1. Ce film est magnifique, drôle et super bien fichu. j'ai maintenant très très envie de le revoir grâce à toi *_*
    et surtout... j'ai bien envie de le lire aussi. C'est un grave manquement de ne l'avoir toujours pas fait! Je ne connais pas très bien le style d"écriture de Neil Gaiman, n'aillant lu que Good Omens en collab avec Pratchett, et L'étrange vie de Nobody Owens (the graveyard books). Pour ce dernier, j'avais beaucoup aimé sa plume, très poétique, et les supers idées développées autour de son concept. par contre, j'avais été plutôt déçue par l'intrigue elle-même. je trouvais qu'il y avait plus à exploiter et expliquer, surtout au niveau de certains personnages qui poutraient bien.
    Lire Stardust serait donc une bonne occasion de me faire vraiment une idée sur son écriture et savoir si je craquerais pour d'autres de ses oeuvres...
    D'ailleurs je n'ai toujours pas vu Coraline non plus, c'est pas acceptable!
    Bon, ça va j'ai de quoi être occupée maintenant merci ^^

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    1. Effectivement, faut voir Coraline pour un million de raisons, et notamment pour son réal (Henry Selick) et son excellent doublage (même en VF il est génial, c'est Teri Hatcher et du coup Claire Guyot qui double la mère de Coraline ^^).

      Stardust, le livre, faudra que je le rachète à un moment. Il est assez différent du film mais Neil Gaiman a trouvé intéressant et sympa que l'histoire soit réécrite. Quoi qu'il en soit, les deux sont tops, même si je préfère le film ^^
      *note à moi-même : L'étrange vie de Nobody Owens*

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