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20.11.16

Les Animaux Fantastiques [SPOILERS]


Film américano-britannique de David Yates (2016) avec Eddie Redmayne, Katherine Waterson, Alison Sudol, Dan Fogler, Colin Farrell, Jean Murray, Ezra Miller.
Genre : fantasy.
Vu en VOST.

New York, 1926. Newt Scamander, zoologiste magique, arrive d'Europe dans un objectif inconnu. Il transporte avec lui des créatures fantastiques. Très vite, un Niffleur lui échappe et cause un certain chaos, attiré par tous les objets brillants et les bijoux. Il entraîne dans ses mésaventures un humain dénué de pouvoir magiques, Jacob Kowalski.
Pendant ce temps, le Congrès Magique Américain des États-Unis d'Amérique (MACUSA) piétine face aux attaques mystérieuses d'un fléau impossible à attraper, si bien que la communauté magique risque d'être révélée à tous.
Scamander est rapidement soupçonné par Porpentina Goldstein, ancienne Auror du MACUSA.


J'ai été sceptique dès que j'ai entendu parler de l'adaptation des Animaux Fantastiques au ciné parce que j'ai lu cette annexe et qu'elle se prête absolument pas à un film. C'est une petite encyclopédie d'une cinquantaine de pages sans réelle narration, sans intrigue. Cela dit, Peter Jackson a réussi à foirer totalement son adaptation du Hobbit alors que l'univers étendu du Seigneur des Anneaux offre un sérieux matériau narratif sur l'histoire d'Erebor, de l'Anneau et des royaumes (humains et nains) en Terre du Milieu.

Mais ça c'était compter sans ce pignouf de David Yates. Tenez, ça c'est son parcours au cinéma. Voilà voilà.
Le truc, je précise d'emblée que je vais spoiler comme un porc pour expliquer mon propos, si vous voulez un avis rapide allez lire l'En bref en fin d'article, c'est que ce baltringue est incapable d'être cohérent avec son propre travail dans Harry Potter 5, 6, 7 et 7.2. Et le plus hilarant, dans le genre consternant, c'est que le scénario du présent film est signé par une seule personne : J.K. Rowling elle-même, qui parvient également à multiplier des incohérences dans l'univers dont elle est la créatrice. Wiwiwi.

Bref, tout commence avec un personnage particulièrement con, Newt Scamander, qui se montre incapable de contrôler quelques bestioles, de leur balancer le moindre sort, et qui, essaie-t-on de nous faire croire, est le premier sorcier en plusieurs millénaires d'histoire magique à s'intéresser à la zoologie, confronté à des sorciers américains totalement ignorants, arrogants et stupides.
Non parce que bon, basiquement, l'univers de Harry Potter se fait fister au verre pilé et à la limaille de fer par ce film (et par sa propre autrice).
On a un personnage qui passe son temps à lire les pensées des autres, alors que J.K. Rowling a clairement expliqué dans HP6 que la légilimancie ça consiste à dominer, contrôler, influencer et lire les esprits et non pas capter les pensées au vol ni feuilleter l'esprit comme on parcourt un livre ou une bibliothèque, mais OSEF LA CONSISTANCE.

Sincèrement c'est le seul rôle de la blonde : être un love interest pour le Moldu, lire dans les pensées de tout le monde, et montrer que la magie domestique (cuisine, habillement, rangement) ça existe aussi. Enfin Molly Weasley faisait déjà ça, un peu. #LeSexisme

Le Secret Magique, rien à foutre, on passe son temps à balader un Non-Maj/Moldu partout et on livre d'énormes batailles de rue dans le plus grand calme. Les Moldus, considérés en Grande-Bretagne au mieux avec affection et au pire avec dédain sont traités ici comme des sous-merdes ignorantes, agressives et prêtes à tout pour exterminer les sorciers.
...Vingtième siècle et vous avez toujours pas trouvé un moyen de vous protéger des Moldus ?
Et en plus, leur système judiciaire ultra-rigide comprend une peine de mort qui est en fait un suicide suggéré, parce que bon, on se salit pas les mains à exécuter des gens, AUX ÉTATS-UNIS.

Donc voilà, le personnage principal est con, les autres intervenants sont tarés, et il n'y a guère que ce Moldu, Jacob, qui nous ait inspiré de la sympathie et de l'affection, à Ewolk et moi, bien qu'il ne soit pas toujours aussi drôle que le film veut le montrer. Enfin c'est toujours mieux que Scamander qui s'adonne à la parade amoureuse de l'Éruptif. Vous avez bien lu.
L'un des autres problèmes majeurs de ce film, c'est évidemment sa narration, induite par ces personnages teubés. Grosso merdo on passe à peu près une heure à suivre les aventures du zoologiste crétin et des animaux en fuite, avant que soudain, il décide de lancer un sortilège d'Attraction sur son Niffleur. ENFIN.
Non mais ce taré se fait même piquer sa baguette magique par un singe !

Toute la première partie c'est ça : un running-gag à base de "mon Niffleur pique des bijoux et j'arrive pas à l'attraper." Chiennerie.

Scamander et les bestioles, ça n'a aucun impact sur la trame principale, c'est juste quarante minutes de meublage. Parallèlement, on voit dès la première scène un meurtre, parce que lol, suivi de l'apparition de Colin Farrell (que j'avais direct repéré comme un méchant, parce que Colin Farrell, parce que personnage silencieux et mystérieux, et parce que Colin fuckin' Farrell !!), puis de l'arrivée des Mormons.
Oh attendez, pas tout de suite : Yates a d'abord recyclé ses séquences « les nouvelles de la presse » de l'Ordre du Phénix, ainsi que le thème musical principal de la série, narmol, et puis arrivent les Mormons.
Basiquement, une femme qui protège et recueille des orphelins pour mieux espionner et contrôler la société avec. Des Moldus qui veulent monter l'opinion publique contre les sorciers (comment ils savent qu'il existe des sorciers ?) et qui du coup en appellent au Cinquième Pouvoir avec un patron de presse et son fils politicien qui vise la Maison-Blanche. Ces deux-là ne servent à rien non plus, ils sont juste un prétexte à monter les Moldus contre les sorciers. Pourquoi ? Je vous le donne en mille : parce que Grindelwald.

J.K. Rowling a chié sur sa propre chronologie, championne du monde, connasse.
Graves, officiel américain joué par Colin Farrell, indique au spectateur que Scamander a été viré de Poudlard pour avoir causé la mort d'un élève avec une créature magique (« comme Hagrid », vous dites-vous avec pertinence, parce que Rowling n'est désormais plus capable que de recycler ses idées), et lui demande pourquoi Dumbledore le tient en affection.
Problème : en 1926, Dumbledore, qui doit avoir dans les 60/70 ans au moment de la Seconde Guerre Magique dans les années 90 (Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé), est au mieux un ado, au pire un enfant. Et les journaux du début nous indiquaient que Grindelwald semait la mort en Europe, sauf qu'il a le même âge que Dumby. Donc il devrait encore en être à étudier la magie à Durmstrang.

Déso pas déso ! C'est Johnny Depp qui joue Grindewald. Et il est blond, tout blond presque blanc !

Bref : les journalistes humains, le Congrès Magique Américain, le pignouf avec sa valise de bestioles, son Moldu et sa fausse-copine justicière, les Mormons, l'ombre mystérieuse qui massacre à tout-va, ça fait beaucoup d'intrigues qui donnent à ce film l'apparence d'un puzzle avec des pièces qui vont pas ensemble, ou comme le dit judicieusement Ewolk, d'un brouillon uniquement destiné à préparer les 4 films suivants.
On est d'accord que si on voit Dumbledore dans les suivants, la chronologie est définitivement fuckée ?

Après, le film a de très bonnes idées, comme celle d'intégrer des elfes de maison nombreux et bien pensés (malgré une scène qui repompe totalement Qui veut la peau de Roger Rabbit dans la partie "Jessica Rabbit chante dans un bar"), un Gobelin qui se prend pour un contrebandier/Parrain, et des créatures fantastiques totalement inconnus par ailleurs, particulièrement l'Obscurus, une force magique maléfique, sorte de réflexe d'auto-défense pour les enfants magiques encore non formés, chacun étant pour le coup appelé Obscurial (le pluriel n'est jamais mentionné).


Le problème c'est que les animaux magiques, la grande et seule qualité du film, c'est un peu de l'esbroufe visuelle qui n'apporte rien. On apprend dans ce film que Scamander a l'équivalent de tout un pays dans sa valise (alors on est d'accord que même la magie a certaines limites, pas vrai ?), dans lequel il a installé un genre de parc naturel portable, sauf que ça pose plusieurs problèmes.
Déjà, ça n'a aucun intérêt narratif, ensuite, quand il est dedans, ce pignouf ne protège pas sa valise, ce qui cause évidemment d'autres soucis si elle est, genre, apportée aux autorités. Alors que si cette tête de cul avait annoncé directement ses intentions – ramener dans son habitat naturel d'Arizona un animal sauvé de la contrebande – il aurait sûrement bénéficié de l'approbation des Américains opposés à l'élevage magique.

Honnêtement : la demiguise sert à rien. C'est juste une péripétie de plus. La moitié du film c'est du meublage !

Non mais les facilités d'écriture, on trouve que ça. Le cliché des Gentils qui s'opposent entre eux au lieu de s'unir face à une menace plus grande qu'eux et les incohérences qui arrangent bien la scénariste pour raconter une histoire qui ne tient pas.
Comment le plus grand mage noir de tout les temps (jusqu'au prochain) se fait-il capturer par cinq pignoufs américains ? Comment il a pu être arrêté par un crétin qui n'a même pas fini ses études ? Qu'est-ce qu'il foutait en Amérique alors qu'il était supposé semer la dévastation en Europe ? Pourquoi comme par hasard on tombe sur les trois seuls magiciens du début du XXème siècle qui sont disposés à balancer tout le monde magique à un Moldu, OKLM ?
Que devient la seconde Obscuriale, la gamine qui a disparu sans laisser de trace après s'être fightée en pleine rue devant les Moldus avec l'Obscurus principal (qui est son frère) ?
Et puis évidemment, sinon c'est pas drôle, le deus ex machina final qui sauve tout le monde de la mouise. « On peut quand même pas oublietter (balancer un sort d'Amnésie) toute la ville ! - Oh attendez, moi j'ai une créature dont le venin dilué permet d'effacer les souvenirs et une autre qui peut créer une averse, je mélange les deux et paf ! » ce qui nous explique pas comment on arrose New York avec 20 cl de venin. En plus comment il sait que ça efface les souvenirs ? Il l'a testé ?

#DeusExMachina

Esthétiquement, j'ai déjà parlé des animaux fantastiques qui sont la seule prouesse visuelle mais comme on l'a admis ensemble, Ewolk et moi, en 2016 un film ne peut plus se permettre de se reposer sur ses seules qualités visuelles, c'était déjà pas le cas en 2009 avec Avatar. Les décors, les lumières et la trame donnent à ce film un côté sombre et torturé que n'avaient que les derniers Harry Potter, mais avec une écriture pourrie ça sert à rien, autant retourner voir La chambre des secrets et Le prisonnier d'Azkaban.
Les costumes sont basiques, les sorciers n'ayant presque pas évolué presque pas en termes de garde-robe en l'espace d'un siècle, et vouloir donner un côté Doctor Who qui crève les yeux au personnage principal, moi je dis non.

 
Le seul personnage attachant du film, celui qui n'a pas de pouvoirs, à qui on s'identifie logiquement et qui... est apparemment dégagé de l'intrigue à la fin. Sainte merde.

La musique est d'une pauvreté affligeante : déjà, le titre est annoncé sur le thème principal de Harry Potter, ensuite tout le reste est conforme à ce qui faisait déjà l'essence de la saga.
James Newton-Howard – qui brille par ailleurs, pour vous donner une idée il a composé les BO d'Atlantide et La planète au trésor de Disney, d'à peu près tous les Shyamalan, du King Kong de Peter Jackson, du magnifiquement orchestré Peter Pan de P.J. Hogan, et d'à peu près 4 films par an depuis le milieu des années 80 – n'innove absolument pas par rapport à John Williams, qui travaillait pourtant sur les trois premiers Harry Potter uniquement. Franchement en entendant la musique des Animaux Fantastiques j'avais l'impression d'entendre John Williams.

En bref : ce film est une merde. On peut pas le définir autrement. Son écriture à chier bourrée d'incohérences, d'erreurs chronologiques, de facilités d'écriture, ses personnages stupides et peu attachants, tout concourt à le désigner comme une insultante imposture destinée à rapporter du fric à sa feignasse de scénariste. Au passage, on note que Rowling va éditer et vendre comme un livre le scénario du film, au moins aux États-Unis. Cupidité powa.
Les Animaux Fantastiques n'a pour lui que le graphisme intéressant et varié de ses animaux, qui n'ont aucune valeur scénaristique, et pour le reste se contente du moindre effort. Typiquement le genre de film à pirater pour se fendre la poire devant une bouse.

 Le problème c'est que si tu es assez con pour caster des acteurs connus pour une nouvelle licence ciné et qu'en plus tu prends un type habitué à jouer des méchants, on repère ton méchant à dix kilomètres.

1 commentaire:

  1. contente d'avoir lu ton article avant de débourser mon fric pour rien.. je n'irai donc pas le voir au ciné..merci ;)
    a-demi-maux (cowblog)

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