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23.1.17

Dystopie, ville flottante et fusillades.


BRINK.

Développé par : Splash Damage.
Genre : FPS, coopération.
Date de sortie : 2011.
Support : PC, PS3 et Xbox 360.

L'Ark, dernier refuge d'un monde en ruines et en partie submergé par les océans. Alors que la cité flottante, autosuffisante et propre en énergie était prévue pour une population faible, elle a accueilli malgré elle de nombreux réfugiés avec le temps.
De ces arrivées sont nées des tensions entre la Sécurité, dirigée par les fondateurs de l'Ark tournés vers l'ordre et le statut-quo, et la Résistance, qui milite pour le partage de l'espace et des richesses.


Bon alors je précise tout de suite que j'ai jamais joué à aucun Call of Duty et que le jeu le plus récent auquel j'aie joué et qui soit comparable à Call of, c'est Medal of Honor Airborne, un jeu sur les parachutistes américains type Easy Company (Band of Brothers), sympa à jouer mais dramatiquement court. Du coup y'a des mécanismes de jeu que j'ai adorés dans BRINK, mais en vrai ils sont peut-être courants dans beaucoup d'autres FPS.

Bref, BRINK est un FPS dont j'avais lu du bien dans un magazine y'a quelques années et je dois avouer que, si je l'ai trouvé assez court – rapport à la manière dont je l'ai joué – il déborde d'idées intéressantes.
Basiquement c'est l'histoire de la ville flottante utopique et autonome façon Lilypad de Vincent Callebaut, sauf qu'après une brusque montée des eaux, l'Ark est forcé d'accueillir de nombreux réfugiés climatiques – un concept que seule notre époque aura su inventer. Bien joué l'industrialisation. Et du coup, comme dans toute société futuriste et utopiste (=qui aspire à l'utopie), la stratification sociale se charge de mettre en évidence les failles du système, ce qui mène immanquablement à l'affrontement.


Dans la campagne en solo, le joueur peut jouer tour à tour un combattant de la Sécurité, avec l'objectif très ambigu de maintenir le statut-quo favorable aux Fondateurs, ou au contraire un membre du mouvement rebelle qui vise à instaurer l'égalité et le partage des richesses sur l'Ark. La campagne comprend environ une dizaine de missions par faction, ainsi que deux de plus de part et d'autre, qui écrivent un dénouement alternatif lors duquel les rebelles, loin de se laisser abattre par le recul de leurs forces, décident d'atomiser l'Ark pour éliminer les inégalités.

Ce qui est intéressant je trouve, et il est heureux que ce soit toujours le cas même dans les FPS qui n'ont pas vraiment besoin d'un gros scénar pour fonctionner (contrairement aux Borderlands et consorts), c'est que ce jeu repose pas mal sur son intrigue.
Au début de chaque mission et peu importe la faction jouée, une cinématique d'intro lors de laquelle l'escouade est amenée sur le terrain, en bateau, en train ou autre, ce qui offre aux soldats la possibilité de dialoguer, de s'interroger sur leurs motivations et les ordres reçus, même si, dans les faits, ça se traduit souvent par la présence d'un réfractaire qui se dit « nan, les ennemis sont pas si mauvais » et qui finit convaincu par ses potes plus déterminés. D'ailleurs, détail sympa, le personnage incarné par le joueur se trouve toujours dans ces cinématiques, en train de piloter au second-plan ou de se mettre en place vite fait.

A un moment, j'en ai eu marre de m'faire défoncer, j'ai changé de constitution, depuis ça va (un peu) mieux.

Oui parce que, comme les Borderlands, ce jeu permet de personnaliser à fond l'apparence du personnage, ce qui est utile au gameplay. En termes d'affrontement, BRINK repose avant tout sur deux socles : la constitution du personnage, et sa classe.
L'un des trucs les plus délires et intéressants que j'ai rencontrés dans ce jeu est la glissade. En gros, quand on est en train de sprinter et qu'on appuie sur la touche d'accroupissement, le soldat fait une glissade qui ne l'empêche pas de tirer, mais qui permet de passer sous les décombres et les conduites d'énergie qui parsèment l'Ark. Et au passage, ça rend plus difficile à atteindre pour un tireur ennemi. Dès qu'on a compris ça, lancez les savonnettes, BRINK devient un jeu de loutres glisseuses armées jusqu'aux dents.
Bref, tout ça pour dire qu'un soldat de constitution plus légère glissera et courra plus vite et plus loin qu'un type équilibré ou qu'une armoire à glace, même si en contrepartie, il sera moins endurant aux dégâts – raison pour laquelle j'ai vite opté pour un culturiste lent mais solide.

L'autre socle, je l'ai dit, c'est la classe. Quatre dans le jeu : soldat, ingénieur, toubib et opérateur. Chacune dispose de sa spécialité – le premier a des munitions infinies puisqu'il dispose, seul, des kits de recharge, le second peut améliorer les dégâts des coéquipiers, le troisième les soigner et renforcer leur métabolisme, et le dernier peut prendre l'apparence d'un ennemi abattu – ce qui est très drôle et surprenant quand le joueur tombe sur son propre cadavre ou se bat contre un clone de lui-même.
En outre, le soldat est le seul à pouvoir poser des charges explosives, l'ingénieur pose des tourelles armées et des mines et l'opérateur détecte des mines cachées et pirate les systèmes électroniques (tourelles, ordinateurs).

Basiquement, vu que la solidité est plus importante que la mobilité, c'est du sport extrême de jouer un cure-dents.

Je dois avouer que personnellement je n'ai oscillé qu'entre le soldat et l'ingénieur, justement pour être assez costaud et ne pas me soucier de mon stock de munitions. La difficulté du jeu est assez marquée et il est assez rare, finalement, que quand on tombe au sol, un médecin puisse se pointer à temps pour nous relever avant qu'on ne respawne dans un point de contrôle. J'ai joué en mode normal, ou plutôt en mode « j'ai déjà joué à des FPS variés alors ça devrait aller », et je suis mort beaucoup trop souvent pour le compter, même si au fond je m'en suis bien sorti.

Parce que le système de progression est là : des points d'expérience sont glanés par le joueur en éliminant des ennemis, mais aussi en effectuant des actions propres à sa classe (recharger ou renforcer un copain, poser des mines et tourelles, faire sauter un obstacle...), et à la fin du niveau, un classement est établi entre les membres de l'escouade (meilleur tueur, meilleur réussite ds objectifs, meilleur soldat, toubib, ingénieur etc...).
Le tout permet de progresser dans un système de niveaux afin de débloquer des compétences communes ou spécialisées par classe (grenades et tourelles spécialisées, davantage d'utilisations de la compétence avant délai de refresh...), ainsi que des éléments de personnalisation de l'avatar. Chose inhabituelle et intéressante, tous les modes de jeu sont pertinents, on ne se contente pas de faire la campagne et basta : pour débloquer de nouvelles armes et des accessoires (viseurs, chargeurs, poignées...), il faut jouer au mode Défis.


Dans sa structure, BRINK est décrit comme un « FPS à objectifs en coopération », c'est-à-dire qu'une mission donnée est découpée en plusieurs objectifs successifs, et qu'ils sont systématiquement remplis par l'équipe entière. Ce n'est pas un système de quêtes à la Borderlands, ni une progression linéaire comme aux origines du genre. Il est donc tout à fait possible que les objectifs et points de contrôle soient perdus, repris, deviennent l'enjeu de luttes acharnées, et que dans certains cas la défense soit (beaucoup) plus facile que l'attaque, d'autant que l'absence de carte rend parfois le repérage dans l'espace extrêmement difficile.
Cette nature rend le jeu beaucoup plus long et intéressant en coopération en ligne, avec d'autres joueurs humains, raison pour laquelle je l'ai fini si vite ; je l'ai joué en solo avec des coéquipiers gérés par le jeu. Cela dit, ils sont assez malins et remplissent les objectifs aussi souvent que moi, qui me concentrais sur l'escorte et le nettoyage le flingue à la main. En fait, BRINK se termine vite mais dispose d'une grande rejouabilité en ligne avec d'autres joueurs.

Ouais alors l'autre avantage quand on joue un troll c'est que contrairement aux sacs d'os on peut embarquer les mitrailleuses, armes les plus lourdes du jeu, et avoir un fusil d'assaut en arme secondaire, au lieu d'un fusil d'assaut et un pistolet(-mitrailleur éventuellement).

Esthétiquement, parce que quand on écrit une utopie futuriste sur une cité flottante on a intérêt à pas se rater, le jeu se défend pas mal. Les textures et l'architecture font très SF, avec évidemment des plans ouverts, parfois sur l'océan, ainsi que de vastes intérieurs, gares, terminaux d'aéroports et même quartiers défavorisés aux allures de friches industrielles. On est loin des banals entrepôts et bases militaires trop souvent vus dans les FPS.
L'ensemble est dessiné dans une sorte de cel-shading à la Borderlands, à ceci près que le character-design un peu cartonne donne aux personnages des têtes un peu longues, ce qui les rend un peu comiques. Ou grotesques, c'est selon. Par contre, y'a un problème majeur dont je m'étais pas rendu compte avant un moment : y'a pas une seule femme dans le jeu. Genre zéro, nada.


Concernant la bande-son, c'est pas incroyable, j'ai retrouvé des sonorités qu'on entend depuis des années dans les Unreal Tournament. Le style se renouvelle pas des masses mais il est éprouvé dans la SF futuriste, ça marche toujours. Le doublage français est très correct, de même que les effets sonores nombreux. On se retrouve parfois au milieu d'une cacophonie de tirs et d'ordres aboyés, d'autant qu'il n'est pas simple d'identifier les coéquipiers en l'absence de chat écrit pour afficher qui a dit quoi, mais chaque son pris individuellement est assez propre et correct.
Après, comme souvent dans ce genre de jeu, quand on s'est pris trop de coups, on se planque dans un coin en attendant que le rouge disparaisse, mais la vision troublée et le soldat qui vacille avant d'être abattu, c'est une bonne idée, on a vraiment la sensation d'avoir la vue et l'ouïe diminuées.

En bref : c'est pas le jeu du siècle mais il offre, pour un prix assez bas lors des soldes Steam, un divertissement intéressant et plein de bonnes trouvailles. Il semble qu'il soit encore plus appréciable en coop en ligne, et qu'en plus les serveurs soient assez bien fréquentés. Dans l'ensemble, ça reste cependant un jeu très correct en solo, avec une histoire sympa, des mécaniques astucieuses et une durée de vie équilibrée sur les différents modes de jeu. Pas mal du tout !
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