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25.7.17

Harry Potter et l'aberration sans nom.


Harry Potter et l'Enfant Maudit.

Auteur : Jack Thorne - sur une idée originale de J.K. Rowling.
Origine : Angleterre.
Nombre de livres : 1.
Date de publication : 2016.
Genre : théâtre.

Grande-Bretagne, dans un avenir proche. Albus Severus Potter, fils cadet du Survivant, supporte très mal le poids de la figure paternelle. Pour beaucoup, il est indigne du nom des Potter : le Choixpeau magique l'a envoyé dans la Maison de Serpentard, il n'aime pas le Quidditch et se révèle très vite un élève médiocre.
Pire, son meilleur ami s'appelle Scorpius Malefoy, fils unique de Drago Malefoy, un Mangemort repenti.

Au détour d'une conversation, Albus apprend la peine d'Amos Diggory, vieux sorcier dont le fils est mort assassiné par Lord Voldemort une vingtaine d'années plus tôt. Or, le Ministère de la Magie, dirigé par Hermione Granger, a récemment saisi chez un ancien Mangemort un Retourneur de Temps.


Bon alors j'te préviens tout de suite, Internet, ça va spoiler dans tous les sens. Pour parler de ce livre comme je le souhaite, je vais devoir le raconter et le commenter. Parce qu'il y a, depuis qu'il est sorti, deux faits évidents à son sujet. Le premier c'est qu'il s'agit d'une merde infâme qui mérite à peine le titre de livre et qui a usurpé son titre de Harry Potter. Le second est que, comme à mon habitude, j'aime beaucoup avoir un avis personnel sur une œuvre donnée, du coup je n'ai lu ce livre que pour confirmer ou infirmer ce que j'en ai entendu et, le cas échéant, constater l'ampleur du désastre.
Ce sera pas faute d'avoir prévenu.



Alors. Harry Potter et l'Enfant Maudit prend pour base l'épilogue du tome 7 de l'heptalogie - c'est comme ça qu'on nomme une série à sept volets - intitulé "Dix-neuf ans plus tard" dans lequel Rowling concluait son histoire en expliquant rapidement quelques points.
Ron et Hermione sont mariés et parents de deux enfants - ce qui n'est pas surprenant, l'univers de Harry Potter étant sujet à la liesse populaire et celle-ci ayant ardemment souhaité voir ce couple être constitué (je déteste cordialement les auteurs qui écrivent en fonction des souhaits du public, jamais de la vie mon lectorat n'aura le pouvoir sur mes textes, regardez le génie Joss Whedon, dans la saison 4 de Buffy contre les vampires, il a donné au public ce que celui-ci voulait, une Buffy heureuse en amour, avec le carnage que l'on sait, précisément pour dénoncer le procédé). Harry Potter est marié à son premier amour, Ginny Weasley, et père de trois enfants pour lesquels son épouse n'a eu à aucun instant le choix des prénoms : James Sirius, Albus Severus, Lily Luna. Ginevra Weasley n'aura servi que d'incubatrice à l'ego d'un connard qui était déjà assez égocentrique comme ça (mais on va y revenir). Drago Malefoy, lui, est père d'un unique enfant et s'entend, disons, froidement, avec le clan Potter-Weasley-Granger.
Albus Severus s'apprête à faire sa rentrée à Poudlard et il a peur d'être envoyé dans la Maison Serpentard (on sait pas pourquoi, on sait pas en quoi c'est une angoisse, d'où ça vient, mais on le sait. Certes).

Voilà, alors ça, c'est pour le socle de base.
Alors, là c'est de l'impression personnelle totalement subjective, mais tel que je le vois, Jack Thorne a dû, à un moment, être en manque d'inspiration, feuilleter son catalogue mental des références connues (inutile de nier, on en a tous un) et se dire "Harry Potter c'est parfait, tout le monde aime, tout le monde voudrait voir une pièce là-dessus, tout le monde voudra l'acheter si elle est publiée", et banco. Je suppose qu'il a alors contacté Rowling pour avoir les droits, et elle les a cédés sans discuter parce que de toute façon Harry Potter c'est la seule bonne idée de sa vie et qu'elle ne renonce jamais à la moindre occasion de se faire encore un peu de fric sur les moutons avec cette idée unique façon George Lucas. Et si vous en doutez encore : Les animaux fantastiques ça va faire 5 films, donc 5 nouveaux livres dont un est déjà sorti. Pourquoi chercher l'inspiration quand on peut vendre une œuvre sous tous les formats possibles ?

Le problème dans cette création que j'estime être assez vraisemblable, c'est qu'elle ne requiert à aucun moment d'être amateur de la série Harry Potter, ni même de la connaître précisément. Et si j'en arrive à cette conclusion sur la genèse de cette pièce de théâtre, c'est précisément parce que, en l'ayant lu, je VOIS à quel point l'auteur semble ignorer tout ce qui fait la saga littéraire.
Alors je vais être structuré et pragmatique, comme je m'efforce de l'être aussi souvent que possible, et je vais y aller par étapes. C'est parti.


La forme théâtrale.

Vous me connaissez, vous savez que j'adore la narration dans tous les domaines, littérature, cinéma, jeux vidéo, je m'intéresse aux univers. J.K Rowling n'est pas une créatrice d'univers, en tout cas pas une bonne, raison pour laquelle celui de Harry Potter est plein de manquements et de béances. Elle est en revanche une bonne conteuse d'histoires.
Vous savez peut-être aussi que, si j'ai détesté et méprisé Les animaux fantastiques, le film, c'est non seulement parce qu'il est bâti sur du vide - ça commence notamment par 40 minutes de running gag à base de crétin anglais et d'animal à fourrure - mais aussi parce qu'il est incohérent avec le reste de la saga HP.
Bah là c'est pareil.

Dans l'écriture théâtrale, il y a un truc qu'on appelle la Règle des Trois Unités. Unité d'action - la pièce doit n'avoir qu'une intrigue - unité de lieu - elle doit se dérouler dans un lieu unique - et unité de temps - elle doit se dérouler sur plus ou moins une journée.
Alors bien sûr, c'est une convention de théâtre classique, et même pas incontournable. Ma principale référence en matière de théâtre, mon dramaturge préféré, un certain barde anglais du XVIème siècle nommé William, l'a par exemple négligée à plusieurs reprises - et l'a scrupuleusement respectée assez souvent.
Certes, on n'est pas obligé de se tenir à cette règle, on précise quand elle connaît des exceptions - par exemple "la scène est en Italie, à Vérone ET À MANTOUE" (Roméo et Juliette) - et dans le cas présent, cette règle aurait été une gêne plus qu'autre chose, parce qu'un Harry Potter ça dure longtemps et ça bouge beaucoup.


Pour en revenir à la question des univers, je veux bien que, comme on soit au théâtre, on n'ait pas les moyens de rechercher, recruter et payer dix mille acteurs, du coup on élude à peu près tout pour se centrer sur l'intrigue. Sauf que voilà : on est dans Harry Potter et on se centre pas sur l'intrigue. Les 7 romans ont ceci en commun qu'ils mettent énormément en valeur les personnages et intrigues secondaires, l'histoire du monde (malgré, encore une fois, ses béances), la vie quotidienne des protagonistes - par exemple Madame Rosmerta, propriétaire d'une taverne à Pré-au-Lard, formidablement reproduite dans l'adaptation du Prisonnier d'Azkaban, qui parle de James Potter et Sirius Black qu'elle a souvent connus comme clients durant leurs études, mais aussi des Détraqueurs qui pourrissent le commerce - bref on s'attarde énormément sur plein de trucs à priori inutiles ou secondaires juste pour la cohérence et la consistance du truc.
Je dirais bien que J.K. Rowling essaie de reproduire la richesse de l'univers d'un John Tolkien, mais ce serait insulter ce dernier.

Dans cette pièce de théâtre, que dalle, rien du tout.
La famille étendue, pourtant énorme, des personnages ? Niet. Exit tous les Weasley, exit Lily Luna Potter, exit les parents moldus d'Hermione (elle est ministre de la magie, qu'est-ce qu'elle s'en fout des moldus...), et même le frère de Rose Granger-Weasley, Hugo, il faut attendre genre 200 pages avant que l'auteur se rappelle son existence.
L'univers dense et vivant à la manière d'un monde persistant, avec son ministère de la magie fourmillant, son école de magie pleine de vie et son Angleterre plus peuplée que la moitié de l'Asie du sud-est ? On oublie. Il est sous-entendu plusieurs fois qu'Albus est un élève nul, il est clairement montré que c'est Scorpius le geek qui lit beaucoup et sait tout sur tout façon Hermione (d'autant que la présence d'une fille, Delphi, n'est là que pour reproduire le sacro-saint modèle du trio avec deux mecs et une fille, à ceci près qu'elle a quelque chose comme 5 ou 6 ans de plus qu'eux) mais à aucun moment on ne les voit en cours, ou dans la salle commune de Serpentard, ou aller voir Hagrid, ou parler à des profs ou d'autres élèves ni quoi que ce soit. L'école de magie, le truc qui nous a tous donné envie d'aller étudier à Poudlard et qui a créé un indéniable capital sympathie pour la série ? QUE. DALLE.


En fait, le principal problème de ce livre, c'est qu'il n'aurait jamais dû exister, et sûrement pas sous forme de pièce de théâtre. Pour développer un univers, il faut narrer énormément, et ça, ça se fait dans un roman. Pour créer une fanfiction Harry Potter (parce que ce livre n'est rien d'autre) de qualité, il faut s'attacher aux personnages et à l'univers, et ça, ça se fait dans un roman. Pour expliquer en long, en large et en travers ce qui s'est passé en 20 ans - du genre que sont devenus les anciens personnages, à moins qu'ils soient tous morts ou passés dans une réalité alternative où l'univers Harry Potter est sympa - il faut, encore une fois, écrire un roman.

Et le problème annexe de la forme théâtrale c'est qu'au-delà de la pauvreté du contenu (dans n'importe quelle autre pièce on parlerait de concision, mais là c'est l'aridité), c'est même pas bien écrit. Genre au début "Harry et Lily poussent le chariot à bagages d'Albus" sauf qu'aux dernières nouvelles Lily est sur les épaules de son père et que nulle part c'est écrit qu'elle en est descendue. Albus et Scorpius montent sur le toit du Poudlard Express pour faire l'école buissonnière, sous les yeux de "la dame aux bonbons" (elle était quand même qualifiée plus respectueusement et traitée avec cohérence dans les romans) parce que nulle part il n'est écrit qu'elle est sortie de scène.
On a des didascalies qui font nawak en se prenant pour des figures littéraires de roman, et le reste du temps on a une absence quasi-totale de didascalie qui rend la mise en scène extrêmement brouillonne et incohérente. Pendant la moitié du bouquin j'étais en mode "attends, comment ils sont passés de ça à ça ?"
Bah oui parce que transformer un univers de roman en univers de théâtre, pourquoi pas, mais la narration, faut bien la remplacer par quelque chose ! On peut pas ne conserver que les dialogues et balancer tout le reste ! Sur les planches, on s'en fout, du manque de didascalies, le metteur en scène dirige ses acteurs, mais dans un livre, il manque la moitié du contenu ! A certains moments, y'a des personnages qui interviennent, ils ont jamais été présentés, on sait pas d'où ils sortent, et on est supposé deviner que ce sont des élèves de Poudlard...




Une écriture des personnages ratée.

La forme n'a aucun sens, certes, passons au fond.
Il y a dans cette pièce environ 3, 456 milliards fois moins de personnages que dans la série originale. Mais est-ce que ceux qui sont là sont cohérents avec ce qu'on sait d'eux ? Héhéhé, pauvres naïfs que vous êtes.

Bon alors commençons par l'ancien trio de tête : Ron Weasley est un balourd pas tout à fait drôle, Hermione Granger oscille entre le stupide et le bourreau de travail (elle met la main sur l'un des objets les plus dangereux qui soient et au lieu de le détruire, elle le met dans son bureau derrière un simple verrou Alohomora), Harry Potter est tantôt arrogant, tantôt insupportable de mélodrame larmoyant. "Tiens Albus, je t'offre la couverture de la réconciliation, ma mère m'enveloppait dedans quand j'étais bébé, c'est tout ce qui me reste d'elle et je suis sûr que Tante Pétunia l'a gardée pour que je te la transmette." Alors 1. je doute que Pétunia Dursley se soit jamais souciée de la potentielle descendance du fils de la sœur qui lui a toujours inspiré honte et mépris. 2. c'est pas en étant dramatique et solennel que tu vas instaurer une relation père-fils appréciable et 3. ça c'est pas une couverture, mec, c'est un fusil de Tchekov. Un élément narratif totalement gratuit placé à l'avance pour être utilisé plus tard.
Et puis pardon mais Harry Potter n'a jamais été mélodramatique, c'est un personnage arrogant et stupide, certes, qui agit souvent de manière impulsive pour jouer les héros, mais il est aussi combattif et totalement investi dans sa volonté de protéger les autres. Larmoyer et se plaindre dans un coin, c'est le truc que le Harry Potter des 7 premiers livres ne ferait jamais.

M'enfin, question arrogance il est bien aussi, je trouve. Une rumeur court, selon laquelle Scorpius Malefoy ne serait pas fils de Drago, qui ne pouvait avoir d'enfant avec sa femme Astoria Greengrass, mais celui de Voldemort, conçu par Retourneur de Temps.
Alors déjà, c'est totalement fucké à tous les niveaux, ensuite, cette rumeur ruine la santé déjà fragile d'Astoria et quand Drago vient demander à Harry, directeur de la Justice Magique, de publier un communiqué officiel pour le nier, le balafré est en mode "non mais ta gueule, laisse les gens dire, ça va leur passer." Et puis Astoria Greengrass finit par mourir. Le texte dirait exactement "elle ne va pas bien en ce moment." Doux euphémisme pour désigner l'agonie, pendant que l'autre connard à lunettes se morfond parce qu'il peut pas s'entendre avec son fils.
Non mais dans le genre je souffre le martyr alors que, pour une fois, d'autres qu'eux ont vécu beaucoup plus dramatique, Harry et Albus Potter font un concours tout le long du livre, t'as envie de les buter.


Pour ce qui est des nouveaux personnages, ce n'est pas mieux.
Exactement comme Audry Esprint, vidéaste, amoureuse des livres et éditrices chez Magic Mirror, j'ai passé tout le livre à visualiser Albus Potter comme un gosse de 10 ans - on le voit au début, pour sa première année, en mode détestable petit chiard, et comme il ne change pas de caractère durant les 4 années suivantes, il s'est fixé comme ça dans mon esprit. Donc il est stupide, immature, râleur, suffisant, et en plus il est nul en cours.
Scorpius Malefoy est un suiveur sans vraiment de personnalité qui peine à briller face à son père dans la seule séquence où il n'est pas dans l'ombre d'Albus, et Rose Granger-Weasley est d'une arrogance ahurissante. La meuf elle a 11 ans, elle est pas encore scolarisée à Poudlard et elle sort à son cousin "t'en fais pas, on est célèbres, les autres tueront pour être nos amis, on aura qu'à choisir !"
....
Nom de dieu de putain de bordel de merde.

Autre chose, l'onomastique est aberrante et trahit, au choix, le manque de culture ou la fainéantise de l'auteur. J.K. Rowling avait déjà fait de la merde avec les trois enfants de Harry Potter, mais là, on touche le fond.
Oui parce qu'il faut savoir que les noms dans la série Harry Potter ont beaucoup de sens : Minerva, c'est la déesse romaine de la sagesse, Severus (ça veut dire sévère ou strict, bon) c'est le nom d'une dynastie impériale romaine (fondée par l'excellent empereur Septime Sévère), Albus en latin ça veut dire blanc (d'où "albâtre") et la plupart des enfants Weasley portent des noms royaux ou héroïques anglais : William (Bill), Charles (Charlie), Perceval (Percy), Frederick et George (d'ailleurs il existerait l'histoire d'un George qui aurait perdu une oreille et dont le frère Frederick aurait été tué).
Et donc, là, le nouvel ennemi, c'est Delphini, alias Delphi, le dauphin.
...
Le putain de dauphin.



Des intriguérences de partout.

(Intriguérence, pour incohérence dans l'intrigue ou plot-hole en anglais, est un terme proposé par Linksthesun dans son Point Culture)
Delphini qui accessoirement est la fille naturelle de Lord Voldemort et de Bellatrix Lestrange. Parce que oui, quitte à faire de la merde, autant donner dans le fantasme de fanzouze sans cervelle et chier sur la cohérence de la saga en réécrivant le passé. Alors outre que Voldemort est l'un des Méchants les moins susceptibles de toute l'histoire de la culture populaire d'avoir des enfants, à fortiori des enfants naturels, ce personnage concrétise, encore une fois, les délires des Potterhead (un peu comme si les fans de DBZ montaient un combat entre Broly et Bejito et OH PUTAIN DE MERDE).
Oh, attendez, j'ai pas fini !
Delphini est née un peu avant la Bataille de Poudlard (alors qu'à aucun moment des Reliques de la Mort Bellatrix n'est enceinte), et elle a été élevée par l'épouse d'un Mangemort décédé (Thorfinn Rowle, le géant blond présent à Poudlard la nuit de la mort de Dumbledore) puis a reçu d'un autre Mangemort l'histoire de ses parents et surtout son père. Attention, pas d'un Mangemort lambda ou repenti genre Drago Malefoy, noooon. Là on parle de Rodolphus Lestrange, mari de Bellatrix. C'est-à-dire qu'un meurtrier multirécidiviste évadé de prison, chez les sorciers, on lui file même pas perpette ! Au bout d'un moment on le libère et on le laisse aller et venir à sa guise !


Ah, et puis j'ai dit qu'on réécrivait le passé ! Parce que bon, c'est quand même là-dessus que repose l'intrigue.
Alors Harry est qualifié d'arrogant et insensible parce qu'il refuse de remonter 20 ans dans le passé pour sauver Cedric Diggory (ON EMMERDE LE PUTAIN DE CONTINUUM ESPACE-TEMPS ET L'EFFET PAPILLON), alors son fils décide de s'en charger. Il se plante, crée une réalité de chiotte, recommence, crée une nouvelle réalité de merde, recommence, fait encore de la daube, et l'histoire se termine en 1981, juste avant que Voldemort ne vienne assassiner James et Lily Potter premiers du nom, manquant de créer un bon vieux paradoxe temporel des familles (oui parce que le plan de Delphini c'était d'empêcher cette attaque, donc la quasi-mort de Voldemort, donc sa propre naissance. Crétine).
Tout ceci dans le seul et unique but de capitaliser sur la nostalgie autour de l'un des événements les plus appréciés de la saga Harry Potter, le Tournoi des Trois Sorciers. Et aussi pour montrer ce que donnerait le monde si la guerre avait été gagnée par Voldemort, mais ça n'est que furtivement évoqué.

J'veux dire, J.K. Rowling a jamais fait preuve de beaucoup de subtilité, dès le tome 1 de la série elle nous dit, à travers Hagrid "beaucoup pensent qu'il est mort mais moi je suis sûr qu'il est là et qu'il attend son heure" -> Voldemort est pas mort et on va se le taper pendant un moment, merci pour le spoiler.
En revanche, dans les tomes 6 et 7, elle utilise à fond le passé des personnages, la jeunesse de Jedusor, la famille Gaunt, Regulus Black, Arianna et Aberforth Dumbledore, c'est extrêmement intéressant et surprenant.
Là, on a juste une greluche qui veut vivre avec son maléfique taré de père et donc empêcher sa disparition, ce qui aurait pour principale conséquence d'annuler sa propre naissance. Sans compter le Polynectar, les Retourneurs de Temps et quelques autres trucs qui sont pas du tout raccord avec l'univers déjà posé, mais bon...


Non mais clairement, ce livre, ça aura été une des lectures les plus nulles que j'aie jamais faites. Par comparaison, cette merde de 3ème Hunger Games est plutôt moyen, à côté. J'veux dire, prenez Twilight, c'est objectivement de la merde sexiste et réactionnaire écrite par une connasse de mormone ignorante et stupide, mais y'a une certaine cohérence, le truc des pouvoirs personnels de chaque vampire, tous les vampires qui débarquent dans le 4ème livre, l'histoire autour des Loups Quileutes, la famille Volturri, ça a un peu de sens et d'intérêt.
Alors que là, bah y'a rien. Harry Potter et l'Enfant Maudit n'invente absolument rien, il se contente de publier et de vendre très cher ce que les fans ont supposé ou rêvé sur Internet depuis des années. Et en moins bien. Non parce que des bonnes fanfics sur Harry Potter, ça existe, et ce sont des romans. Gratuits.


En bref : ce livre, c'est de la merde. C'est juste une daube destinée à apporter du fric à J.K. Rowling et au trouduc de dramaturge qui n'aurait jamais dû écrire cette pièce. C'est faible, inutile, ça n'apporte rien d'autre que des facepalms et du néant narratif. Ce n'est pas un roman, ni une pièce de théâtre, c'est juste le brouillon d'une ébauche d'histoire bancale même pas comparable aux bonnes fanfics Harry Potter. L'intrigue est absurde et incohérente à tous les niveaux, les personnages détestables, et le tout occupe 300 pages pour 21 euros. Les moutons adorent se faire tondre, dirait-on.

Voir aussi :
 - Harry Potter et l'Enfant Maudit : le fail en 5 points, par Audry Esprint du Carnet Enchanté.

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