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23.8.18

La mythologie gréco-romaine (1) : cadre d'ensemble.

Bonjour tout le monde !
(j'ai réalisé que je disais jamais bonjour au début de mes articles, je devrais trouver un gimmic pour le faire)

Cet article sera le premier d'une série de 3 qui constitueront une approche de la mythologie gréco-romaine. J'en ai eu l'idée d'abord après avoir écrit mon article sur la série littéraire Percy Jackson, ensuite en participant à une série de tweets que j'ai trouvée très sympa :


Bon par contre, désolé de vous décevoir, le tweet est déjà assez ancien, j'ai posté les réponses dans la foulée ^^


Bref, on a souvent tendance à penser que les Romains récupèrent les dieux d'à peu près tout le monde, mais la vérité c'est que la cité italienne n'adopte pas seulement les cultes étrangers (ça évite des conneries aberrantes comme les guerres de religion, encore une bonne idée du monothéisme), elle les modifie selon ses besoins.

Je rappelle, durant l'Antiquité, la religion est présente au quotidien dans la vie domestique, politique, économique ou même militaire, du coup littéralement chaque société peut adapter une divinité aux intérêts locaux.
Eh bien cette multiplicité des variantes divines est très présente notamment en Grèce, puisque le pays n'est jamais unifié politiquement, ce qui fait que les dieux et déesses grecques bénéficient tantôt de cultes locaux, une cité ou deux, tantôt d'un rayonnement panhellénique (comme le sanctuaire de Délos dédié à Apollon et Artémis).

Et donc ensuite, les Romains ont fait pareil, remodeler les divinités pour les faire correspondre au profil romain.
Et c'est de ça que cette série d'articles va parler. Enfin il sera essentiellement question des divinités olympiennes et assimilées, et de leurs évolutions dans le panthéon romain.


Bon je vais pas détailler l'ensemble de la cosmogonie (création du monde) grecque, parce qu'elle est narrée notamment dans la Théogonie (création des dieux, la vache, tu deviens balèze en grec ancien !) d'Hésiode, et que je n'ai pas encore lu ce livre. Mais c'est intéressant de revenir dessus vite fait parce que les Grecs et les Romains n'ont pas le même regard sur les divinités et leurs éventuels regroupements.
Les Grecs, parce qu'ils sont beaucoup plus familiers de leur propre mythologie (forcément), ne font pas le tri entre les divinités : du point de vue grec, il y a les mortels, qui sont mortels (sans blague !), les demi-dieux ou héros, qui sont nés d'un-e mortel-le et d'une divinité, qui sont mortels dans certaines conditions (par exemple Achille faut toucher son talon, sinon ça marche pas), et tous les autres. Sans distinction.
Les nymphes, les Titans, les Olympiens, Aphrodite, Pégase, tout ça c'est de la divinité.

Anonyme, Bellérophon combattant la Chimère sur le dos de Pégase, épinétron attique, v. 425-420 avant J.C., Musée National Archéologique, Athènes.
La croyance antique veut que la principale fonction des héros est d'éliminer les monstres afin de protéger à la fois les mortels et les divinités. Un épinétron est un demi-cylindre muni d'une extrémité plate et fermée, posé sur la cuisse des filandières de laine pour les protéger pendant la manipulation des tissus salissants. L'Attique est la région d'Athènes.

Alors ok, il y a quand même quelques classifications : on sépare les divinités et les monstres - qui sont des être contrefaits, sur une base humaine, divine ou animale, généralement avec des membres en trop ou des membres qui sont pas de la même espèce (par exemple dans certains textes, Pégase est classé monstre, et sinon la Chimère est un cas assez parlant) - et on considère que des héros ou des dieux qui flinguent des monstres, c'est plutôt sympa (coucou les Gorgones).
En fait, l'idée est même que le boulot des demi-dieux est de finir le rangement du monde après le règne des Titans, parce que les Olympiens sont des grosses feignasses arrogantes, et ça se voit surtout chez Héraklès-Hercule, dont les Travaux sont certes en Grèce une démarche d'expiation (pour avoir tué sa femme), mais chez les Romains constituent un projet d'organisation du monde.

Je l'ai dit à propos de l'empereur Commode, Hercule est le modèle du héros civilisateur dans la croyance romaine.

Du coup pour cette série d'articles, je vais m'arrêter surtout sur deux groupes de divinités (enfin surtout sur les Olympiens en fait). Donc parlons-en.

 - Les Titans et Titanides.

À l'origine du monde grec, si on en croit la version la plus fréquente, se trouvent Gaïa, la Terre, et Ouranos, le Ciel - bon, et aussi Pontos, l'Océan (remarque celui-là faut le retenir parce que dans La guerre anthropocène, mes divinités grecques appellent tous les océans de la planète Pontos) et Ouréa, les Montagnes. Faut garder à l'esprit que même si ce sont des éléments fondateurs, ce sont aussi des allégories anthropomorphes.
Non parce que de l'union de Gaïa et Ouranos naissent plusieurs fratries, dont une principale, celle des Titans et Titanides : c'est-à-dire que le ciel et la terre peuvent s'accoupler d'une manière ou une autre. Gaïa étant furieuse que ses enfants soient enfermés dans le Tartare (les Hécatonchires, "êtres à cent mains" et les Cyclopes, ceux-ci étant décrits tantôt comme les enfants de Poséidon, tantôt comme ceux d'Ouranos), elle monte les derniers, les Titans, contre leur père.

Giorgio Vasari, La mutilation d'Uranus par Saturne, XVIème siècle, Palazzo Vecchio, Florence.

Les Titans sont menés par le plus jeune d'entre eux, Cronos, dieu du temps, qui tranche le pénis de son père : le sperme qui tombe sur la Terre donne alors naissance aux Géants et aux Nymphes (entre autres), et d'après la tradition, il en tombe aussi dans l'océan, donnant naissance à Aphrodite, née de l'écume. Écume qui fait à l'occasion soit d'Ouranos soit de Poséidon le créateur des chevaux (notamment dans Percy Jackson).
L'Âge des Titans est souvent décrit comme l'âge d'or du monde, parce que les Titans sont sur Terre au milieu des mortels et gouvernent directement (et avec justice, paraît-il).

Parmi les Titans les plus connus, outre Cronos, on compte aussi Prométhée, qui volera le feu aux dieux pour le donner aux mortels, Mnémosyne, la Mémoire et mère des Muses (elles sont 9, je rappelle, pas 5 comme chez Disney), Hélios et Séléné, le Soleil et la Lune, qui ont tous les deux un char pour balader leur astre respectif, ou encore Océan et Téthys (à ne pas confondre avec Thétis, la mère d'Achille) qui ont engendré ensemble 3000 océanides et 3000 fleuves. Rien que ça.

 - les Olympiens.

Ces divinités seront au centre des deux prochains articles alors je vais faire vite pour l'instant. Retiens juste que pour pas mal d'auteurs antiques, l'âge des Olympiens est l'âge d'argent, donc déjà un déclin par rapport aux Titans. Les Olympiens de première génération sont au nombre de six et sont les enfants de Cronos et Rhéa, sa sœur-épouse : il s'agit d'Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus.
Ce dernier, le plus jeune de la fratrie, est celui qui a vaincu son père : l'histoire est assez connue, Rhéa ne voulait pas que ses enfants meurent alors que Cronos les dévorait à la naissance pour éviter d'être renversé par son fils (ce qu'Ouranos et Gaïa lui avaient prédit), alors elle a fini par donner une pierre à manger à son frère-mari.
Dans une version plus tardive de la Théogonie, Zeus, caché, a pu grandir en sécurité, fait appel à l'océanide Métis aka le Conseil ou la Ruse (c'est une fille d'Océan et Téthys), qui fait avaler un vomitif à Cronos, lequel dégobille ses enfants puis est renversé par Zeus à l'issue de la Titanomachie (avec dans plein de versions l'aide des Cyclopes et des Hécatonchires). D'ailleurs, dans certaines versions, avant de le jeter dans le Tartare, Zeus coupe aussi le pénis de Cronos, pour faire bonne mesure.

Anonyme, Cortège des dieux, Sarcophage de Prométhée, v. 240, Musée du Louvre, Paris.
On reconnaît évidemment le trident qui identifie Poséidon, ainsi qu'Athéna, déesse casquée à l'extrême-gauche de la sculpture. La femme voilée à droite, et tournée vers la gauche, est peut-être Hestia, déesse du Foyer et membre des premiers Olympiens.

Le truc c'est qu'à l'ère des dieux, le monde est déjà formé, fini, et qu'il n'y a plus rien à faire, si bien qu'au lieu de bosser comme les Titans, les Olympiens paressent dans l'Olympe ou s'adonnent à tous les plaisirs. Dans la plupart des versions, les Olympiens et leurs enfants sont décrits comme dotés d'un orgueil assez démesuré qui les rend tyranniques à l'égard des mortels doués de talents plus grands que les dieux - par exemple Athéna qui change Arachné en araignée parce qu'elle tisse mieux que la déesse.
Quand évidemment ces divinités ne sont pas en train de se mettre sur la tronche avec les humains comme enjeux - genre la rivalité entre Athéna et Poséidon pour le patronage de la cité d'Athènes, ou la rivalité entre Athéna, Aphrodite et Héra, encouragées par Éris, la Discorde, qui mène à la guerre de Troie.


Bon allez, je m'arrête là pour cet article, je pourrais parler aussi des monstres, des nymphes ou des divinités mineures, mais c'est moins pertinent par rapport à la suite.
J'espère que ça vous a intéressé-e-s et que vous avez appris des trucs (sinon je suis désolé !) et la prochaine fois j'aborderai les divinités grecques et quelques aspects parfois méconnus à leur sujet.

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