
Street Fighter.
Film américain de Kitao Sakurai (2026) avec Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang, David Dastmalchian, Leati Anoa'i, Andrew Shultz, Cody Rhodes.
Genre : action, combat.
Vu en VOST.
Les États-Unis, 1993. Ken Masters, ancienne égérie mondiale du karaté de haut niveau avec son frère adoptif Ryu, est désormais une épave, un lutteur de foire narcissique, superficiel et autodestructeur depuis que Ryu a disparu après sa victoire dans le World Warrior Tournament. C'est alors que Chun Li est envoyée par le général M. Bison, maître tout-puissant de la cité-état de Metrolao, pour recruter des combattants venus du monde entier afin de participer au second World Warrior Tournament.
Pour Ken, c'est enfin l'occasion de faire ses preuves, mais pour Bison, l'objectif est de sortir Ryu de sa retraite afin de servir ses sombres desseins.

Alors, ça va être simple, j'ai beaucoup aimé ce film et il m'a furieusement rappelé le reboot de Mortal Kombat débuté en 2021 et poursuivi en 2026, tant les deux licences de jeu vidéo et de films sont comparables :
- elles ont connu leur gloire dès leurs débuts dans les années 1990
- elles ont aussitôt accouché d'adaptations ciné consternantes à la fois par manque de matériau narratif et à cause du mépris des décideurs de ciné envers les récits originaux
- j'ai joué aux deux séries de jeux vidéo quand j'étais enfant, mais n'ai jamais été fan de l'une ou l'autre
- elles visent toutes les deux, par ces reboots, à offrir des adaptations profondes basées sur l'ensemble de la série vidéoludique et de ses récits.
Et à mon sens, les deux licences parviennent à leurs fins avec ces films que j'ai beaucoup appréciés tour à tour, en mai et octobre 2026. Alors certes l'identité visuelle et narrative n'est pas du tout la même, mais, j'ai fait un article à ce sujet après avoir vu le film, je persiste à dire que le Mortal Kombat 2 sorti il y a quelques mois réussit à retranscrire à l'écran l'ambiance mystique et inquiétante de cet univers fait de royaumes et de conquêtes, avec en plus des intrigues secondaires sympa à chaque fois — l'histoire de la lignée de Hanzo Hasashi/Scorpion (malgré la présence de cet archétype inintéressant de Cole Young) puis les deux récits de Johnny Cage qui doit retrouver son honneur et de Kitana qui doit combattre dans le Mortal Kombat pour Shao Kahn mais elle peut pas le blairer ça tourne mal (c'est pas un spoiler, les raisons de la haine de Kitana pour Shao Kahn sont exposées dans les 5 premières minutes du film, ces raisons étant : pour conquérir son royaume il a massacré son père sous ses yeux).

Un bon conseil si vous voulez adapter au ciné une bonne histoire de jeu vidéo japonais : n'en faites pas une histoire nulle étazunienne et dénuée d'identité. Ça va faire du fric et c'est tout. Littéralement la seule qualité de ce film c'est la musique de Green Hill Zone recomposée en mode chill à la fin.
Et bah, Street Fighter c'est exactement pareil, une histoire crédible basée sur l'ensemble de la saga de jeux vidéo et sans trahir le récit original. Non parce que prenez les films Sonic par exemple : dans le jeu vidéo il est question d'un hérisson bleu supersonique (c'est dans le nom) qui a échappé à un savant fou appelé Eggman (parce qu'il est en forme d'œuf) qui veut robotiser les animaux (c'est pour ça que dans le jeu quand on dégomme un ennemi un petit animal apparaît et se sauve), et pareil, y'a eu des adaptations dans les années 90, une à chier très enfantine et une très fidèle, mais du coup sombre et tourmentée. Et depuis quelques années, y'a les films américains Sonic, qui sont à chier parce qu'ils sortent littéralement le personnage de son récit pour écrire à la place une histoire vue un milliard de fois sur un perso qui a un besoin de lien social (une famille quoi) et d'autres perso qui perdent de vue le sens de leur vie mais peuvent fournir au premier du lien social mais du coup tu mets n'importe quoi à la place de Sonic, un extraterrestre, un animal mutant, un pokémon, ça marche aussi (c'est même tellement américanisé que bordel Sonic joue au baseball !), c'est exactement la même démarche qui avait abouti au lamentable film Street Fighter de 1994 : écrire une histoire éculée en sortant les personnages de leur récit fondateur.
Street Fighter en 2026, c'est donc une alternative aux Mortal Kombat de 2021 et 2026, avec l'identité visuelle Street Fighter, et comme les jeux se passent dans le monde réel et dans les années 90, du moins au début, ça donne une esthétique colorée pop décomplexée avec de l'humour pour masquer les problèmes — à titre de rappel du contexte historique, la dernière décennie du 20ème siècle est artistiquement très insouciante (dans la musique et le ciné notamment) mais politiquement baignée de désillusion ("la Guerre Froide est finie mais les problèmes ne sont pas réglés, comment ça se fait ?").
Alors du coup ça donne évidemment l'histoire du grand méchant Bison et de ses projets personnels, qui pour le coup sont vachement moins clichés que "je vais conquérir le monde parce que je suis trop fort" (putain je vous jure le film de 94 est une telle merde O_O), mais autour de ça, les décideurs ont choisi d'écrire une histoire certes pas super originale, mais tout de même pertinente et efficace.
Celle de deux frères, l'un est un prodige et l'autre galère, ce qui dans le contexte de Street Fighter pousse l'un à se méfier de sa propre puissance et l'autre à se démener pour faire ses preuves. Oh, et y'a aussi Chun Li et tous les autres.

Street Fighter en 2026, c'est donc une alternative aux Mortal Kombat de 2021 et 2026, avec l'identité visuelle Street Fighter, et comme les jeux se passent dans le monde réel et dans les années 90, du moins au début, ça donne une esthétique colorée pop décomplexée avec de l'humour pour masquer les problèmes — à titre de rappel du contexte historique, la dernière décennie du 20ème siècle est artistiquement très insouciante (dans la musique et le ciné notamment) mais politiquement baignée de désillusion ("la Guerre Froide est finie mais les problèmes ne sont pas réglés, comment ça se fait ?").
Alors du coup ça donne évidemment l'histoire du grand méchant Bison et de ses projets personnels, qui pour le coup sont vachement moins clichés que "je vais conquérir le monde parce que je suis trop fort" (putain je vous jure le film de 94 est une telle merde O_O), mais autour de ça, les décideurs ont choisi d'écrire une histoire certes pas super originale, mais tout de même pertinente et efficace.
Celle de deux frères, l'un est un prodige et l'autre galère, ce qui dans le contexte de Street Fighter pousse l'un à se méfier de sa propre puissance et l'autre à se démener pour faire ses preuves. Oh, et y'a aussi Chun Li et tous les autres.

Alors, le background de Chun Li dans les jeux complexifie l'intrigue de ce film, mais au moins il est adapté correctement ! Meilleure adaptation de Chun Li au cinéma. Ouais je sais les autres sont à chier mais par défaut ça fait de cette excellente Chun Li la meilleure Chun Li, comme pour le Lex Luthor de Nicholas Hoult !
Tiens, salut Cammy, qu'est-ce que tu fais là ? Rien du tout ? Bah t'as raison alors, casse-toi ça vaut mieux.
C'est là que le bât blesse un peu : là où Mortal Kombat a infiniment plus de personnages mais a choisi de s'en tenir à un casting restreint dès le reboot (et ce en incluant les personnages massacrés au combat), Street Fighter a décidé de faire tapis dans son premier film, qui est écrit pour avoir des suites. Comme l'a dit un jour un vidéaste que je déteste et méprise (le Joueur du Grenier), si la série de jeux vidéo a été connue surtout grâce à Street Fighter 2, il ne faut pas oublier qu'à la base il y a Street Fighter UN. Et de ce Street Fighter premier du nom débarque un personnage simplement appelé Joe, j'étais genre "mais c'est qui lui, c'est du troll ou quoi ?" et non non, c'est un vrai perso du premier jeu jamais réapparu ensuite. Pareil pour Dan, un des persos principaux, je pensais que c'était genre un concept qui n'avait pas atteint un jeu final, ou un perso caché, mais non, lui aussi est un perso officiel, parodique, dont j'avais jamais entendu parler.


Vous cherchez Ryu, Honda, Blanka, Guile, Balrog, Vega, Ken, Chun Li, Zangief, Dhalsim, Sagat et Bison ? Ouais bah ils sont juste là en fait, dans le film. TOUSTES. Sans exception !
Genre même Edmond Honda, le sumotori, est présent le temps d'une scène avec Ryu, au Japon — tous les autres sont ou vont à Metrolao pour le Tournoi, et y'a un autre personnage, un antagoniste, bon je savais qu'il existait mais j'ignorais ce qu'il faisait là (parce que je n'ai joué qu'à Street Fighter 2 sur Super Nintendo et Megadrive) bah voilà, maintenant j'ai son background. D'ailleurs, parlons-en : ce film c'est le festival du fan service subtil et appréciable. Les niveaux bonus où on doit fracasser une voiture ou un mur de briques sont intégrés, plein de personnages sont référencés soit par leur niveau du jeu vidéo (Honda est dans des bains, par exemple), soit le plus souvent par leur musique. Tous n'ont pas un rôle très important mais l'adaptation est super respectueuse du background des personnages dans SF2 : Dhalsim est un yogi d'une grande sagesse — ils sont pas spécialement potes avec Guile dans le jeu mais le peu qu'ils ont écrit pour eux dans le film tient la route — ceux qui sont censés être au service de Bison le sont effectivement, vraiment c'est hyper bien fait.
Oubliez l'histoire méga cliché du brave soldat américain qui va sauver les pauvres otages du dictateur fou (bordel ce que le film de 94 est nuuuuuul O_O), ici les persos principaux c'est Ken, Ryu, Chun Li, Bison et c'est marre. Guile est interprété avec une certaine sobriété par le catcheur Cody Rhodes et d'après ce que j'ai lu c'est un excellent choix de casting : d'abord parce que Rhodes est très populaire, a été champion sur le tard et a ce côté vieux combattant honorable (comme Guile protecteur envers Ken, vu que les deux sont Américains, ils se connaissent et se respectent), ensuite parce que le thème musical de Guile est infiniment plus emblématique de Street Fighter, je trouve, que n'importe quel autre, il PÈTE LA CLASSE, ce qui rappelle les entrées des catcheurs sur le ring.
Alors on va pas se mentir, c'est un thème de combat, mais pas une glorieuse musique militaire, c'est pas joyeux-joyeux, on sent qu'il a un peu de drame derrière lui ce perso. Et de fait, Guile est dans Street Fighter 2 pour venger son meilleur ami Charlie tué contre Bison dans le jeu original Street Fighter. Nan, c'est pas Blanka, Carlos Blanka ça existe pas, arrêtez de penser au film de 94, arrêtez de penser à Jean-Claude Van Damme.
Les autres sont dans leur rôle et, je l'ai dit, c'est un peu confus parce que les persos sont vraiment nombreux, y'a pas mal d'intrigues à la fois (au moins 5 en fait, une par perso principal en plus du Tournoi, et concernant Chun Li ils ont même créé des persos originaux jetables), le film force à mort pour que tout le monde soit présent, ce qui donne des pépites comme Blanka joué par Jason Momoa, mais aussi des frustrations parce que d'une part, on ne voit pas beaucoup d'affrontements (notamment pendant le Tournoi), d'autre part, y'a une scène de combat collectif qui a l'air forcée dans le film pour que tout le monde puisse placer ses coups spéciaux (mais c'est pas grave ça reste divertissant ^^).
En effet, un autre point commun avec Mortal Kombat, c'est le fait d'assumer complètement d'adapter les combats avec des artistes martiaux au casting et des techniques spéciales à l'écran. Chacun y va de sa petite signature, c'est vraiment sympa à voir et fidèle aux jeux vidéo, ça participe au fan service dont je parlais. Street Fighter, le film, ne se cache absolument pas d'être kitsch, il en a pas honte, E. Honda balance sa technique des cent claques, Chun Li ses coups de pied super rapides, on a droit au magnifique coup de pied circulaire de Guile et aux projections de Zangief, l'interprète de Dhalsim, en plus d'être grand et super musclé (soit à peu près l'inverse de son personnage ^^) est très souple dans ses mouvements, comme il se doit, et évidemment Ryu n'est pas en reste, ce qui souligne à la perfection le propos amené par le récit. En effet, c'est pas un spoiler et ça n'a que peu d'impact sur l'histoire mais : Ken il a pas de super-pouvoirs, lui.

Là par exemple vous avez dans Street Fighter 2 le Japon de Ryu (qui n'est pas le même que le Japon de Honda, ce sont des bains, suivez un peu) avec Ryu qui réalise un hadôken et Ken qui fait un shôryuken, parce qu'ils ont exactement les mêmes techniques.
Dans les jeux Street Fighter, et ce dès le premier, Ken et Ryu partagent les mêmes techniques, c'est un peu la base de la série, ils ont eu le même maître d'arts martiaux, les mêmes coups spéciaux, la seule différence c'est que Ken est un poil plus rapide et Ryu un poil plus fort, mais dans le film, Ryu est en mesure de sortir des Shôryuken et des Hadôken un peu plus rares (c'est genre le kamehameha de Sangoku, tu le gardes pour les grandes occasions).... et Ken, bah, il fait du karaté. Ce qui sert brillamment l'intrigue d'ailleurs : on aurait pu avoir le point de vue principal du personnage en rédemption, avec un passé tourmenté et des ténèbres à surmonter, bah nan. Au lieu de ça on a l'underdog qui en prend plein la tronche, et c'est trop bien. J'ai adoré.

Bref, question interprétation (mis à part David Dastmalchian mi-effrayant mi-bouffonesque en Bison), mise en scène et effets visuels c'est vraiment bien fichu, d'autant plus qu'au début on est un peu pris par surprise. Dès les premières minutes ça commence en animation, j'étais genre "mais attends c'est pas un film en prises de vues réelles ?" et si si, seulement tous les flashbacks du film sont en animation ce qui déjà permet de très bien démarquer les deux périodes temporelles (celle du récit et le passé), ensuite permet des mises en scène ultra-vénères, genre le combat Ryu vs Sagat est d'une violence délirante, et ensuite c'est super bien animé.
L'esthétique années 90, notamment autour de Ken, est super classe et la musique est cool avec de bonnes chansons dont les paroles sont souvent révélatrices du récit, je maintiens que c'est vraiment dommage d'avoir voulu en faire des caisses, d'autant plus que, à l'image du Mortal Kombat de 2021 qui est plus ou moins une grosse préparation — le sorcier Shang Tsung veut forcer la Terre à perdre le Mortal Kombat par forfait en éliminant tous ses kombattants avant le tournoi — ce Street Fighter pose les bases de l'univers, notamment concernant les antagonistes, et promet clairement une suite si le succès est au rendez-vous. Franchement, j'espère !


Parmi ses rôles les plus connus récemment il y a le pote de Scott Lang dans les Ant Man et Polka Dotman dans le Suicide Squad de James Gunn, donc on peut comprendre qu'il veuille tenter un rôle plus sérieux et plus inquiétant, mais le problème c'est que pour avoir quelque chose à lui faire faire dans ce film, plutôt que de jouer Bison il lui font jouer l'origin story de Bison, et c'est pas aussi effrayant quoi. Bison dans les jeux il apparaît il est déjà au sommet de sa puissance, il fait flipper et tout.
Après ça reste moins pire que Raul Julia dans la merde de 1994.
L'esthétique années 90, notamment autour de Ken, est super classe et la musique est cool avec de bonnes chansons dont les paroles sont souvent révélatrices du récit, je maintiens que c'est vraiment dommage d'avoir voulu en faire des caisses, d'autant plus que, à l'image du Mortal Kombat de 2021 qui est plus ou moins une grosse préparation — le sorcier Shang Tsung veut forcer la Terre à perdre le Mortal Kombat par forfait en éliminant tous ses kombattants avant le tournoi — ce Street Fighter pose les bases de l'univers, notamment concernant les antagonistes, et promet clairement une suite si le succès est au rendez-vous. Franchement, j'espère !

En bref : Street Fighter est la deuxième licence de jeu vidéo japonais depuis quelques années à prouver qu'il est possible d'écrire des histoires profondes et intéressantes sans trahir l'identité visuelle et narrative du matériau original (Sonic putain, je te déteste). Je dis japonais parce qu'avant ça on avait aussi eu le très bon Warcraft mais les fans de WoW sont des connards, ils ont tué le film. Bref, Street Fighter est un film un peu plus éparpillé et confus que Mortal Kombat, avec plus de persos, plus d'intrigues, mais reste un divertissement très satisfaisant, coloré et endiablé, avec de bonnes bagarres, des émotions touchantes et de l'humour. Tout ce que doit faire un bon film d'action quoi.
Bon par contre, maintenant qu'on sait qu'il est possible d'adapter des jeux d'baston en grandes histoires épiques et dramatiques, EST-CE QU'ON PEUT AVOIR UN FILM SOUL CALIBUR ?!? Nan parce qu'en termes d'épopée dramatique ça se pose là !
Bon par contre, maintenant qu'on sait qu'il est possible d'adapter des jeux d'baston en grandes histoires épiques et dramatiques, EST-CE QU'ON PEUT AVOIR UN FILM SOUL CALIBUR ?!? Nan parce qu'en termes d'épopée dramatique ça se pose là !

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