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17.11.18

Est-ce que les geeks savent vraiment lire ?

Si y'a bien un truc que j'adore, c'est les partages culturels, les échanges, les discussions, chaque occasion de parler de ce qu'on aime lire, voir, regarder, écouter. J'aime énormément découvrir ce qui fait l'univers culturel des gens que je connais et c'est pour ça que j'apprécie le Geek Contest de Kavaliero (et dans une moindre mesure et une autre temporalité, le TFGA de l'autre baltringue, pardon, j'veux dire Alex-Effect), qui est à un rythme mensuel l'occasion de voir ce que les gens ont à proposer, culturellement, sur un thème unique.

En revanche, je déteste la paresse intellectuelle. Le fait de céder à la facilité plutôt que de faire l'effort de regarder un film, de lire un livre. C'est pour nier la paresse intellectuelle (qui de toute façon ne me concerne pas) que je m'applique soigneusement à regarder un film ou à lire un livre avant d'ouvrir ma gueule dessus, y compris concernant ce que je n'aime pas - par exemple les Hunger Games ou les Twilight, je connais les 16 œuvres que ces deux univers recouvrent (3 livres et 4 films, 4 livres et 5 films respectivement).

Et ben même que je trouve l'univers de Twilight vachement plus intéressant que d'autres trucs, genre Eragon, Percy Jackson, Harry Potter et l'Enfant Maudit, et même des livres de fantasy pourris que j'ai lus au fil des années !

C'est ce qui m'énerve le plus souvent à propos du Geek Contest : c'est facile, on te demande aucune explication, on te file un thème, 5 exigences (jeu vidéo, film, série, livre, objet/personnage célèbre) et tu réponds, t'as même pas besoin de t'expliquer (même si, pour ma part, je mets un soin particulier à chercher des réponses originales, pertinentes, et à les justifier). Imaginez donc ma frustration et mon dédain quand j'ai vu, sur les deux derniers Geek Contests, le niveau abyssal des participations. Sur l'avant-dernier, consacré à la magie, la moitié des participations (11 sur 22) proposaient des réponses autour de Harry Potter (JK Rowling et Voldemort inclus) et ça, c'est sans compter ceux qui ont cité la baguette magique - alors, spoiler, à la base, les magiciens sont plutôt représentés avec un bâton, la baguette, c'est un truc de prestidigitateur de cabaret récupéré par la littérature.

Sincèrement, citer Harry Potter dans les œuvres avec de la magie, c'est le comble de la paresse intellectuelle. C'est encore plus paresseux que de citer une œuvre sans magie mais avec de la prestidigitation (je rappelle, les tours de passe-passe et les illusions visuelles, c'est pas de la magie). Tu n'as même pas besoin de CONNAÎTRE les œuvres en question, elles sont tellement ancrées dans le paysage culturel que c'est évident : dans Harry Potter y'a de la magie. Tu cherches pas l'originalité, tu cherches pas à te démarquer des autres, tu cherches même pas à avoir des idées sérieuses non, tu traites un concept participatif avec dédain et légèreté au lieu de faire l'effort de t'amuser à te creuser les méninges pour trouver des trucs sympa. Même pas tu invoques ta propre culture personnelle, vu que je viens de dire qu'Harry Potter c'est commun et universel. D'ailleurs, j'ai envie de dire que citer Harry Potter quand on parle de magie, c'est probablement un moyen détourné de masquer l'absence total de culture qu'on peut avoir en la matière.


Sur le dernier Geek Contest, 4 participations sur 16 (soit un quart) ont cité le Gastronogeek comme "livre avec de la bouffe".
Alors dans le même ordre d'idées, citer un livre de recettes quand on parle de nourriture, c'est le paroxysme de la paresse intellectuelle. Le Geek Contest n'appelle pas à la facilité et à la paresse, c'est un jeu intellectuel fondé sur deux points : s'amuser à réfléchir autour d'un thème et mobiliser sa propre culture. Forcément, c'est plus difficile quand t'en as pas, de culture !
Un livre de recettes, c'est pas de la culture, c'est un outil. Citez de vraies œuvres avec de la bouffe, putain ! Par exemple, pour les films, sans même me forcer ni m'engager dans le processus de réflexion, je peux vous sortir instantanément deux œuvres et un univers : Julie et Julia avec Amy Adams et Meryl Streep, Ratatouille de Pixar, et la moitié des Ghibli parce que les Japonais adorent représenter la bouffe. Comme ça, sans réfléchir.

Bref, je me pose donc désormais sincèrement et sérieusement cette question : est-ce que les geeks savent lire ? Je veux dire, ceux que j'ai rencontrés et avec qui j'échange presque quotidiennement sur Twitter, est-ce qu'ils savent lire vraiment ?
Là je parle pas de déchiffrer des mots, tout le monde sait faire, je parle d'ouvrir un livre de 400 pages et de le parcourir de bout en bout, sans se perdre en chemin, sans céder à la paresse, au découragement, sans passer à côté du message et des enjeux, en assimilant de manière durable le contenu, en pouvant après coup ajouter ce livre à son univers culturel, à son répertoire d'idées et de références ?
Non parce que comme j'écris des romans j'aimerais bien savoir si ceux à qui je pourrais les soumettre seront en mesure de s'y intéresser ou s'ils vont continuer à baigner dans le néant littéraire de leur culture apparente !

Et c'est sur cette longue introduction que je vous propose donc un article que j'ai pensé pendant des mois, que j'ai reporté, annulé, repris, et qui parle uniquement de littérature et surtout qui montre que la fantasy ça s'arrête pas à un binoclard maigrelet représenté par une arrogante et cupide réactionnaire.

Bref, pour le dire simplement, je vais humblement vous proposer ce que je pense être de la bonne fantasy, qui mérite le coup d'œil, pour celleux parmi vous qui lisent vraiment des livres.

6.11.18

Geek contest n°20 : Le Moyen Âge n'est pas un temps obscur !

Comme tous les mois, c'est l'heure de se culturer grâce à Kavaliero des temps médiévaux (le premier qui dit moyenâgeux JE L'EMPALE), qui nous invite cette fois-ci à parler du Moyen Âge (qui n'est pas un temps obscur, je sais je l'ai déjà dit mais j'insiste parce que c'est important).

Comme l'a dit le vidéaste Baf dans son On Va Faire Cours sur les Vikings, une série ou un film n'a absolument pas besoin de se situer dans notre monde pour vulgariser notre Histoire et reproduire des mécanismes de société ou de culture réalistes. Une œuvre de fiction peut se dérouler dans un univers totalement fantaisiste et proposer une vulgarisation historique tout à fait correcte.
Skyrim montre bien l'architecture, les structures politiques et l'équipement militaire en Europe du Nord du Moyen Âge précoce, et Game of Thrones dépeint très correctement le féodalisme et les diversités de cultures et d'armement entre l'Europe du Nord et la Méditerranée.

Et ben voilà, ça va être ça : le Moyen Âge démystifié et rétabli dans son réalisme à travers la culture populaire.
Geek Contest n°20 (merci de m'avoir lu, à dans un mois ! (non je déconne ^^)).

9.10.18

La pratique du détachement

Bon ça va être un article plus personnel (et un peu culturel) que d'habitude, ce sera peut-être un peu confus et bordélique et je suis même pas sûr de pouvoir faire une intro bien nette pour couper avec un marqueur d'extension comme d'hab, donc déso hein.

Y'a quelques temps (le 24 septembre) c'était mon anniversaire (un événement qui occupe mon attention à peu près autant que ma compassion pour les accidentés de l'alpinisme de haute-montagne, c'est-à-dire qu'il existerait pas je m'en foutrais tout pareil), et ça m'a obligé à me rappeler inconsciemment un événement similaire (très exactement un an plus tôt, la vie est bien faite).
Le 24 septembre 2017, mon anniversaire avait été l'occasion d'aller en Ardèche aux funérailles de ma grand-mère en compagnie d'une famille que j'avais pas vue depuis 10 ans, et pour y retrouver encore un peu de famille que j'avais pas vue depuis presque 15 ans.
Vu que j'ai pas adressé à nouveau la parole à mon frère et ma belle-sœur depuis ces trois jours de merde où, disons-le clairement, on a pu constater pourquoi on se parlait pas depuis dix ans, j'ai eu l'idée subite de leur écrire un mail, un an plus tard, pour expliquer pourquoi j'avais pas rétabli les liens et pourquoi, à mon sens, nous étions des étrangers qui n'avions rien à faire ensemble, comme l'avait prouvé ce séjour détestable.

Alors je sais pas si je dois remercier la flemme, la procrastination ou la nuit qui porte conseil, mais j'ai pas écrit ce brouillon de mail immédiatement (il était tard et j'étais en train de jouer à The Elder Scrolls Online), j'ai remis l'idée au lendemain matin (c'était genre le 18 ou 19 septembre, un truc comme ça), et le lendemain au réveil, je me suis rendu compte que c'était une idée de merde.
Elle n'aurait eu pour enjeu que d'avoir le dernier mot et de me justifier auprès d'étrangers pour qui je ne suis rien, que je n'aime pas et sans qui j'ai pu vivre en toute quiétude depuis dix ans.
Bref, j'ai fait preuve de détachement et c'est de ça que je voulais parler dans cet article (ah bah voilà, elle est là mon intro).

1.10.18

Geek Contest n°19 : la technologie.


MEUAHAHAHAHAHAHAHA, le Geek Contest que je voulais, moi qui adore les enjeux de société dans la fiction, la SF et les robots \o/
(bon, un peu moins les robots, et certainement pas autant que ma ptite sœur Caroline dont le site sur les arts est toujours aussi intéressants)

Aujourd'hui pour le Geek Contest n°19 de Kavaliero le Robot (c'était facile), on va parler technologie !

Et avant d'entrer dans le propos je tiens à l'expliquer un peu : vous me connaissez, mon truc c'est de m'intéresser aux sociétés, aux mécanismes sociétaux et aux contextes généraux. Dans ce Geek Contest j'ai voulu sélectionner des œuvres dans lesquelles la technologie est un ENJEU de la narration, et pas un MOYEN.
Je voulais des personnages qui s'interrogent sur la technologie, qui la remettent en cause, qui questionnent ses implications sociétales, sa nature et son influence.

Pour vous donner un exemple, je ne propose pas les films Matrix parce qu'à mon sens, ce n'est pas un film sur la technologie : je pense qu'elle est dans cette narration un moyen de raconter une histoire sur l'individu, la communauté, le choix et l'arbitraire.
Niveau jeux vidéo, je n'ai pas cité le premier Deus Ex, épisode fondateur de la série, parce que de mon point de vue, il ne raconte pas la technologie, mais ce qui découle d'elle. Le jeu se déroule en 2052, on est déjà APRÈS la révolution sociétale des nano-augmentations et de la Peste Grise (et aussi du terrorisme endémique). Ce qui est en question dans ce jeu n'est pas la technologie, mais les forces qui gouvernent le monde.

Voilà, donc sur ce, parlons technologie et enjeux de société.

3.9.18

Geek Contest n°18 : on passe en ligue pro !


ET ON SE MET AU SPORT !
Ouais parce qu'on est début septembre et la rentrée c'est le moment idéal pour prendre des bonnes résolutions. Début janvier c'est mort, on a trop bâfré et trop bu, on a la flemme et on veut juste dormir. Pendant l'été pareil, mais avec un Indice50 partout sur le corps et de l'eau fraîche à portée de main.
Nan, le sport on le fait en période active, et là c'est la rentrée.

Donc on va faire du sport avec Kavaliero Candeloro, et ce sera un peu plus PATATE que du patinage artistique, promis !

23.8.18

La mythologie gréco-romaine (1) : cadre d'ensemble.

Bonjour tout le monde !
(j'ai réalisé que je disais jamais bonjour au début de mes articles, je devrais trouver un gimmic pour le faire)

Cet article sera le premier d'une série de 3 qui constitueront une approche de la mythologie gréco-romaine. J'en ai eu l'idée d'abord après avoir écrit mon article sur la série littéraire Percy Jackson, ensuite en participant à une série de tweets que j'ai trouvée très sympa :


Bon par contre, désolé de vous décevoir, le tweet est déjà assez ancien, j'ai posté les réponses dans la foulée ^^


Bref, on a souvent tendance à penser que les Romains récupèrent les dieux d'à peu près tout le monde, mais la vérité c'est que la cité italienne n'adopte pas seulement les cultes étrangers (ça évite des conneries aberrantes comme les guerres de religion, encore une bonne idée du monothéisme), elle les modifie selon ses besoins.

Je rappelle, durant l'Antiquité, la religion est présente au quotidien dans la vie domestique, politique, économique ou même militaire, du coup littéralement chaque société peut adapter une divinité aux intérêts locaux.
Eh bien cette multiplicité des variantes divines est très présente notamment en Grèce, puisque le pays n'est jamais unifié politiquement, ce qui fait que les dieux et déesses grecques bénéficient tantôt de cultes locaux, une cité ou deux, tantôt d'un rayonnement panhellénique (comme le sanctuaire de Délos dédié à Apollon et Artémis).

Et donc ensuite, les Romains ont fait pareil, remodeler les divinités pour les faire correspondre au profil romain.
Et c'est de ça que cette série d'articles va parler. Enfin il sera essentiellement question des divinités olympiennes et assimilées, et de leurs évolutions dans le panthéon romain.