Birds of Prey et la fantabuleuse histoire d'Harley Quinn.
Film américain de Cathy Yan (2020) avec Margot Robbie, Jurnee Smollett-Bell, Rosie Perez, Mary Elisabeth Winstead, Ella Jay Basco, Ewan McGregor et Chris Messina.
Genre : super-héros, action.
Vu en VOST.
Gotham City, de nos jours. Harley Quinn est désemparée. Elle s'est séparée du Joker, le grand amour de sa vie, et se retrouve plongée dans une profonde déprime alors qu'elle semble penser qu'elle n'est plus rien sans lui.
Après avoir violemment rendu publique sa rupture avec le Prince du Crime, elle se découvre de nouveaux problèmes : seule, elle a perdu l'immunité et la protection que lui conférait sa relation avec le Joker, et tous les ennemis qu'elle s'est fait alors cherchent maintenant à la tuer, y compris le redoutable Roman Sionis, alias Black Mask.
Alors.
S'il n'est pas exactement la suite de
Suicide Squad,
Birds of Prey (je ne vais le nommer que comme ça maintenant, pour des raisons évidentes) s'intègre dans le DCEU
(DC Extended Universe, l'extension ciné et télé de DC Comics) dans la continuité de celui-ci, et tire de nombreuses leçons qui font de lui un cas d'école de ce que, à mon avis, DC doit faire au cinéma pour pouvoir répondre à Marvel.
Regardez les films DC précédents : là où
Batman v Superman avait une écriture incroyablement riche et lourde, et essayait de rattraper dix ans de retard sur Marvel,
Justice League au contraire lui est supérieur parce qu'il a une intrigue plus simple, qui permet de se recentrer sur les personnages et leur interprétation : le background de Flash, Cyborg et Aquaman est sommaire, mais suffisant pour qu'ils aient un rôle dans le film
(en plus ils ont ou auront leurs films solos pour en savoir davantage), et l'adversaire, Steppenwolf, est certes oubliable au possible, mais au moins il laisse la place narrative à la Justice League éponyme.
Vous m'ôterez pas de l'esprit que ceci est mon film préféré de DC avec Aquaman.
Quant à
Suicide Squad, ses défauts sont nombreux et on peut les énumérer
(il a été phagocyté par Will Smith, il est monté avec le cul ce qui lui donne un rythme très inégal, sa bande-son est totalement oubliée parce qu'elle ressemble à une playlist de soirée entre amis, il échoue totalement à concrétiser son intention de base qui était de faire un film sur des super-vilains de DC), mais le principal est évident : il est BEAUCOUP trop plein. Sérieusement :
- la sorcière maléfique méso-américaine qui veut détruire le monde,
- le colonel qui veut la neutraliser mais sans la buter parce qu'elle est dans le corps de sa copine,
- Deadshot qui veut faire la fierté de sa fille pour je-ne-sais quelle raison,
- Harley Quinn qui veut se barrer et retrouver son Joker mais qui peut pas parce qu'elle a un collier explosif autour du cou comme les autres,
- El Diablo qui veut prouver qu'il est capable d'exister autrement que par ses pouvoirs infernaux de l'apocalypse,
- Amanda Machin qui veut monter une équipe de super-vilains sacrifiables puis finit par en perdre le contrôle,
- Katana qui veut aider le colonel alors qu'elle a apparemment son travail de deuil marital à faire.
TOUS LES PERSONNAGES OU PRESQUE ont une écriture dans ce film, y'en a beaucoup trop et même des personnages-fonction comme Killer Croc ont un peu de background, c'est tellement plein et tellement le bordel que le Natif-Américain avec ses grappins là, ils l'ont flingué pour éviter d'avoir à en développer un de plus. Ce film est littéralement écrit avec le cul.
Et désormais, en contre-exemple, on a
Birds of Prey, avec moins de personnages, une écriture beaucoup plus simple, et un rythme beaucoup plus égal.