Il y a de ça des années, j'avais écrit un article sur la portée politique des films d'animation Disney, mais c'était il a des plombes, ça datait de mon ancienne plateforme de blog et ici sur Blogger, j'ai tendance à supprimer les articles les plus anciens (notamment parce que niveau mise en page et écriture ils n'étaient pas à mon standard actuel, faudrait que je revoie les articles d'Histoire d'ailleurs), mais c'est idiot parce que ces articles étaient encore valides vu que les Disney en question existent encore.
Et puis y'a quelques mois, j'ai eu par hasard une conversation sur Twitter, sur ce même sujet (la politique dans Pocahontas), du coup j'me suis dit que ce serait l'occasion (je suis long à la détente) pour ressortir le propos.
Par contre, j'ai l'intention d'être un minimum pertinent, alors je vais pas sortir des évidences comme "Blanche-Neige c'est super sexiste" et "le film Dumbo est méga-raciste", ON SAIT, ça fait un siècle que ça a été démontré. En outre, puisque je témoigne du respect à mes collègues de la critique culturelle, je vais pas non plus parler de l'apologie de la religion chrétienne et de la monarchie absolue dans Le roi lion, tout simplement parce que Bolchegeek a fait une vidéo à ce sujet — et aussi sur le sujet du Bossu de Notre-Dame, au passage.
En revanche, sur Disney et la politique, il faut bien comprendre une chose.
Disney est, en particulier après le succès retentissant de Blanche-Neige et les sept nains en 1937, une très grosse entreprise de cinéma, à peu près la seule à faire de l'animation, jusqu'à la naissance de concurrents un peu solides dans les années 1980 (Don Bluth et Fox Animation) et 1990 (Pixar et Dreamworks Animation).
Et me lancez pas sur le studio Ghibli, le vidéaste Misterfox a fait une excellente vidéo(elle dure une heure, mais elle vaut le coup) sur pourquoi Miyazaki a purement et simplement arrêté d'exporter ses films pendant dix ans et pourquoi c'est grâce à la France qu'il a recommencé à le faire (c'est une vidéo sur le doublage calamiteux du Garçon et le Héron, au fait).
À l'heure actuelle, Disney doit certes faire face à une multitude de concurrents dans l'animation, à la fois en Occident et venant du Japon (...Sony c'est japonais, je rappelle), mais ils ont été seuls dans leur domaine pendant si longtemps qu'ils jouaient un rôle central dans la culture occidentale, s'alignant presque systématiquement sur la pensée mainstream. Je dis "presque" parce que parfois ils ne s'alignaient pas sur la culture dominante : ils FAISAIENT la culture dominante. Retenez bien ça pour la suite, ça va aider la compréhension : Disney ils sont CONSENSUELS.
Ils ne révolutionnent rien, ne cassent pas les codes, ne mettent pas en avant les minorités, ou en tout cas ne l'ont pas fait avant Lilo et Stitch en 2002.
Voilà, bon, on entre dans le vif du sujet, et en gros, dans l'ordre chronologique, comme ça c'est pas arbitraire.
Vous le savez sans doute, l'actualité culturelle est à nouveau favorable à l'Autrice-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et à sa licence infâme, puisque le tournage de la série télé a commencé officiellement en juillet dernier mais a probablement accéléré en fin d'année 2025 (je dis probablement parce qu'il faudra visiblement un an à ces branques pour tourner une saison de 8 heures à plusieurs endroits du Royaume-Uni, avec plusieurs équipes et plusieurs réalisateurs, donc possibilité de tournages simultanés, alors qu'il a fallu un an et demi à Peter Jackson tout seul pour tourner 12 heures de films dans toute la Nouvelle-Zélande, avec quelques semaines annuelles de reshoots entre 2001 et 2004. Putain la production de cette série HBO est vraiment à la ramasse.) et du coup à l'ère d'Internet et de la communication permanente, en plus des fuites officieuses, y'a la communication officielle, les premières photos et vidéos sont sorties.
Et si vous me demandez, Nick Frost, c'est cancel. Je l'appréciais mais c'est bon, je veux plus voir sa tronche. Simon Pegg, il a intérêt à faire gaffe aussi, qu'il suive pas son pote du côté obscur.
Du coup c'est une nouvelle occasion pour plein de gens d'appeler au boycott — encore — sur la base de la transphobie de Vous-Savez-Qui — encore — et loin de moi l'idée de les critiquer, au contraire, il faut boycotter, cette femme doit devenir une paria totale et absolue, et malheureusement c'est pas demain la veille parce que sa licence est une planche à billets culturelle.
Par contre, mon problème avec cette médiatisation et ce choix de boycott, c'est que plein de gens le nuancent en essayant de pratiquer la Mort de l'Auteur au motif que finalement Harry Potter c'est sympa, le problème c'est la meuf derrière.
Alors déjà, comme l'a clairement dit l'autrice et vidéaste étazunienne Lindsey Ellis y'a des années, le concept de Mort de l'Auteur* (ouais je continue à faire des notes de bas de page, tu vas faire quoi ? ^^) ne peut pas être appliqué à cette femme parce qu'elle est relativement jeune et en bonne santé, donc on ne peut pas profiter de sa création sans qu'elle en bénéficie financièrement, et ensuite elle met un soin très particulier à attacher très étroitement sa personne à cette création culturelle, qui est son revenu le plus important, donc on ne peut absolument et en aucun cas dissocier l'œuvre et l'autrice.
Donc non, c'est pas possible, vous ne pouvez pas continuer à suivre cette licence sans que ça lui rapporte d'une manière ou d'une autre, et en plus NON, Harry Potter c'est pas sympa, ça n'a jamais été sympa, c'était de la merde dès la création, et cet article va justement l'expliquer. Mes très cher·e·s, on va faire un travail de compilation !
Le fait est que cette licence a été analysée et commentée en profondeur depuis un bail, j'ai moi-même fait un article sur la faiblesse sociétale et politique de cet univers, et j'ai aussi vu deux excellentes vidéos (l'une des deux est beaucoup plus connue que l'autre) que je vais utiliser en complément de mes analyses personnelles dans cet article, je les mettrai en lien à la fin.
Je parlerai tout au long de mon article de compilation de ces deux vidéos comme "celle de Shaun", qui est une analyse globale du style de l'autre enflure depuis la licence infâme jusqu'à ses autres romans (et des comparaisons pertinentes, notamment à Star Trek et au Disque-Monde), et "celle de Kate Alexandra" qui se concentre sur le worldbuilding, la construction d'univers.
Oh, dernière note pour l'intro, je vais évoquer à l'occasion "l'univers étendu de Harry Potter" parce que comme le dit la vidéo de Kate Alexandra (vous voyez je commence dès maintenant), Celle-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom traite son œuvre comme si elle était toujours en cours d'écriture et de développement (notamment via son site internet où elle ajoute régulièrement de nouvelles infos), sans même parler des adaptations et extensions, du coup je vais dissocier l'œuvre canonique, c'est-à-dire les romans publiés par la Transphobe-en-Chef, et l'univers étendu, donc tout ce qui n'est pas dans les romans : le site internet, les adaptations, la pièce de théâtre merdique (pas les jeux vidéo parce que j'me respecte, je mets pas de caca sur mes plateformes).
Allez c'est parti, pourquoi Harry Potter c'est fondamentalement de la merde.
Aujourd'hui je vais vous reparler de ma série télé préférée de tout l'univers, parce que ça fait qu'une bonne centaine de fois qu'elle a été évoquée sur ce blog (plus ou moins... attendez bougez pas je vais une rapide recherche... franchement seulement neuf articles dans lesquels le titre apparaît, c'est peu ^^), et je suis rarement entré dans les détails, alors qu'elle et sa grande sœur sont l'exemple parfait d'un mécanisme super intéressant et nécessaire dans les histoires qu'on aime le plus, l'adversité.
Et au passage, je vais aussi citer deux exemples assez désastreux, un où le récit est clairement sous-dosé en adversité et un où au contraire il fallait vraiment pas pousser les potards à fond. Avec un poil d'évocation de la réalité aussi. Allez c'est parti. J'te préviens, l'article va être super long. Déso pas déso.
Salut ! Alors, aujourd'hui, un sujet qui me trotte dans la tête depuis des années et qui a eu l'occasion de ressortir dans la sphère publique à plusieurs reprises. Je suis sûr que ça va te parler, t'es quelqu'un qui aime la culture, je suis sûr que t'es du genre à laisser ton esprit vagabonder sur la pop culture et la manière dont les gens la reçoivent, la vivent et en parlent autour d'eux. Pas la peine de mentir, j'le sais, on est entre ptits futés ici ^^
Sinon, y'a des adaptations qui n'auraient jamais dû exister.
Bref : les adaptations au cinéma et à la télé. Ça existe depuis à peu près toujours, de nombreux films et séries cultes sont adaptées d'œuvres originales sans qu'on le sache, mais pendant longtemps ça n'avait pas d'objet dans les discussions et les débats publics, on le découvrait juste au générique de fin et hop, fin de l'histoire.
Et puis, tout un faisceau de nouvelles données est apparu dans la communication publique et collective autour du cinéma et des séries télé : les réseaux sociaux se sont développés, et les adaptations littéraires se sont multipliées. Et c'est de ça que je vais parler.
En matières de jeux vidéo comme dans les autres domaines culturels, j'ai toujours été intéressé par les récits avant le reste, et comme je le dis souvent, j'excuse plus facilement un gameplay pas innovant qu'une histoire ennuyeuse (et des fois j'me tape les deux, comme dans Far Cry 4, quel enfer ce jeu).
Parmi mes préférences vidéoludiques on trouve donc souvent des jeux qui, même dans des genres fondés sur leur gameplay – comme les jeux de plateformes, que j'adore, mais on en reparlera à l'occasion – offrent soit une bonne narration, soit la possibilité d'en écrire une (typiquement, les jeux de stratégie type Civ où on est dans l'uchronie constante, et les jeux de gestion/city-builders où tu développes ton petit univers comme tu veux).
Et donc forcément, en tête de mes préférences, y'a les RPG et les jeux d'action-aventure.
Bonjour tout le monde !
Alors, avant tout j'aimerais préciser que NON, je n'ai pas fait exprès d'écrire et de publier cet article en plein milieu d'une période électorale infernale pour la France parce que ça collait avec le sujet. J'en ai eu l'idée bien avant et j'me suis dit que ce serait d'autant plus intéressant d'en écrire un article que je n'écris plus sur ce blog depuis des années de toute façon. Une sortie d'éclair furtif ou de renaissance, peut-être.
En tout cas, ça va parler fiction post-apocalyptique, tu as lu le titre. L'article va sera peut-être confus à certains moments parce que je partage mes réflexions et mes impressions sur le sujet, en parlant de trucs qui sont déjà un peu connus ou évidents, mais sans perdre plus de temps en intro inutile, allons droit vers le sujet.
Cela fait plus de 30 ans maintenant que les super-héros fournissent régulièrement des films plus ou moins bons à Hollywood, car comme l'a fort bien expliqué la vidéaste Ana D. il y a quelques années, si le phénomène était déjà existant dans les années 1990, il s'est surtout confirmé, après quelques lamentables échecs, par le succès commercial et critique du X Men de Bryan Singer en 2000.
Dans la lignée des mutants de Marvel ont suivi Spider-Man avec trois films par Sam Raimi et, parallèlement, le groupe de Charles Xavier avec la saga X Men qui a même autorisé deux séries personnelles, celle de Wolverine et celle de Deadpool.
De son côté, la Distinguée Concurrence (DC comics) n'est pas en reste avec des films Superman et Batman dès les années 1980-90 malgré un passage à vide seulement interrompu par le Batman Begins de Christopher Nolan en 2005, suivi de près par le Superman Returns de Bryan Singer en 2006, preuve qu'en matière de réalisateurs qui travaillent pour divers studios de comics, Joss Whedon n'a rien inventé ^^
Mais évidemment, quand on pense aux films de super-héros, on pense avant tout aux univers étendus que sont le Marvel Cinematic Universe initié par Iron Man en 2008 et au DC Extended Universe débuté par Man of Steel en 2011 : ce sont eux qui, plus que les précédents, ont nourri l'univers des super-héros dans tous les sens : ils ont permis la création de nouvelles séries télévisées, de nouveaux jeux vidéo et, assez logiquement, de nouveaux comics qui mettent en scène des personnages exhumés pour les films ou pour qui Hollywood a été l'occasion de nouveaux récits.
Autant dire que ces vingt dernières années ont été la période idéale pour se mettre aux comics si vous êtes un peu curieux·se, mais admettons-le : les comics de super-héros, c'est énorme, ça fait à peu près 80 ans que ça existe, 60 ans que les personnages les plus célèbres au cinéma sont apparus, on sait pas par où commencer et à quel moment débuter une série.
C'est là que j'interviens : même si, je le rappelle, les comics, à fortiori ceux de super-héros, ne se résument pas à DC et Marvel, voilà pour moi une sélection personnelle de ma part de quelques one-shots, dans ces deux maisons d'éditions, par lesquels il est possible d'entrer dans l'univers. Allez, c'est parti !
Comme tous les autres arts, le cinéma - dans son sens élargi, donc en incluant les séries télés qui sont une version domestique (à la maison) du cinéma - ne plaît pas universellement à tout le monde.
En matière de genre on a tou·te·s des préférences. Moi par exemple j'adore la fantasy, la science-fiction, le fantastique, un peu le polar, mais je hais les romances et je me méfie de l'historique.
Mais les préférences en matière de style narratif et visuel, c'est quelque chose d'assez apaisé et accepté, vous allez pas sauter à la gorge de quelqu'un parce que cette personne aime un genre que vous détestez, la plupart ne font pas trop polémique.
En revanche, les adaptations, ça met tout le monde sur les dents. On trouve assez peu de personnes qui détestent le principe, je pense (et puis faudrait être stupide, un très grand nombre de films, parfois parmi les plus adulés, sont des adaptations), mais tout le monde a un point de vue sur les films tirés d'adaptations. Et la plupart du temps, ce point de vue brille par la méconnaissance du concept. On trouve une adaptation "bonne" ou "mauvaise" mais il n'y a toujours pas de consensus unique sur ce qu'est une bonne adaptation, si bien qu'on finit souvent par se réfugier dans une critique plus acceptable - est-ce un bon film ou non ?
Perso je pense qu'il faut arrêter de dire de la merde sur les adaptations. Ça me gonfle d'entendre les gens en parler sans savoir la moitié du quart de ce qu'il faudrait envisager pour comprendre le concept.
J'vous préviens, vous allez peut-être vous sentir visé·e par mes propos dans cet article, et si c'est le cas, j'vous présente pas mes excuses par avance, parce que c'est votre faute, pas la mienne. Prenez quand même le temps de me lire, merci ♥
Même si le présent article va parler en bonne partie d'un film que j'ai vu récemment, il ne sera pas au format habituel (avec l'en-tête, le résumé, mon avis et la conclusion) parce que je ne parlerai pas JUSTE de ce film. En fait j'avais tout simplement pas prévu de faire un article à ce sujet même si j'avais en revanche planifié un article sur les adaptations au cinéma en général : celui-ci fera donc office de première partie du propos.
Allez : parlons de The last airbender, film de M. Night Shyamalan sorti en 2010.
Y'a quelques temps, j'étais tombé un peu par le hasard des recommandations Youtube sur une vidéo dédiée au doublage. Elle disait en gros que le doublage français à l'heure actuelle était devenu complètement naze mais que le métier méritait notre respect parce que "heureusement ça nous a permis d'avoir des doublages magnifiques comme ceux de l'animation des années 90, à la télé avec le Club Dorothée ou au cinéma avec les Disney" et ça continuait en citant "les meilleurs doubleurs" avec des noms lambda que même le grand public connaît, genre Patrick Poivey ou Richard Darbois.
Sincèrement, heureusement que je n'ai pas commenté la vidéo en la voyant et que j'ai ensuite totalement perdu sa trace parce que j'me connais, j'aurais encore insulté des gens.
Le doublage français est une partie intégrante et importante de la culture française. C'est un domaine qui m'intéresse beaucoup, depuis longtemps, et c'est pour ça que j'ai eu envie d'en parler à un moment sur mon blog. Alors autant le faire là, maintenant.
First I want to say that I'm reeeeeally sorry for you people ! If you're a native English-speaker reader and you came on my blog by accident, please accept my apologize : none of this article will be in English, I'll write in French all along, the title just sounds better in English.
Please forgive me and have a good day.
Bon alors.
Ce n'est un secret pour personne, je n'aime pas J.K. Rowling. J'aime un peu Harry Potter, vachement moins qu'à une époque, et les actualités m'ont donné envie d'écrire un article qui me traîne dans la tête depuis très, très, très longtemps.
En tout cas ça vous surprendra pas, je suis du genre rationnel et je vais essayer de structurer mon propos pour vous expliquer pourquoi à mon avis personnel, probablement contestable et tout à fait subjectif, Harry Potter est une série bien chiée.
Ou pour le dire autrement, à mon sens JK Rowling est douée pour raconter des histoires, pas pour construire des univers.
Y'a pas très longtemps j'ai découvert (après tout l'monde, comme d'hab') le dernier Spielberg, Ready Player One, essentiellement dans le but de m'en faire une opinion personnelle puisque je ne m'intéresse plus depuis un moment à ce réal' qui à mon sens n'a pas fait de bon film depuis 2005 avec La guerre des mondes et Munich.
Certes, j'ai vu ce film peu après avoir regardé la dernière vidéo de LicarionRock qui détaillait justement à quel point ce film est mauvais, ce qui contredit la loi que je me suis imposé depuis quelques années de ne jamais rien savoir d'un film avant de le découvrir, pour être le plus neutre possible, mais en même temps, j'ai pas pu échapper au tsunami médiatique provoqué à la fois par la sortie et par la réception de RPO.
Quoi qu'il en soit, et notamment par les défauts que je lui ai trouvés et qui rejoignent ceux cités par Licarion, je suis d'accord avec lui sur le fait que ce film est une hypocrisie dans sa représentation d'une pseudo-liberté numérique, et je trouve également que Ready Player One est une énorme bouillie de placements de produits et de références culturelles sans pertinence ni réflexion sérieuse.
Maintenant, en tant qu'auteur j'aimerais quand même m'appesantir sur le pourquoi et le comment de l'échec évident de cette démarche référentielle, ne serait-ce que parce qu'un de mes prochains romans - L'elfe d'acier - adoptera une posture similaire, quoique de manière moins systématique et gratuite.
Pourquoi vais-je décider de le faire alors que je sais pertinemment que c'est risqué ? En termes d'écriture, déjà, j'ai la flemme d'inventer plusieurs siècles de culture populaire. L'elfe d'acier se déroule dans le futur d'une dystopie centrée autour d'un empire spatial anglo-germain et met en scène des personnages jeunes, un peu geeks pour certains, pour qui la culture populaire est un des fondements de leur univers culturel.
En plus, parce que l'univers de ce futur roman (j'ai pas encore commencé l'écriture, là je suis sur autre chose) est dominé par cet empire totalitaire et fondamentaliste (il sera notamment question de religion), toute la culture et la conscience collective est façonnée pour glorifier le pouvoir en place. En termes de narration, il y a donc un point de l'Histoire dans L'elfe d'acier à partir duquel la culture devient conformiste et académique, ne fait plus que se répéter elle-même dans la valorisation du modèle dominant (celui de l'empire anglo-germain) si bien que les références pertinentes de la pop culture sont anciennes mais toujours d'actualité - les nôtres, celles du XXIème siècle, que je décalerai de cent ou deux cents ans dans l'avenir.
Je compte aussi créer ma "pop culture originale", par exemple j'ai en tête une conversation entre les personnages principaux du récit qui, à un moment, se demandent pourquoi on écrit plus de science-fiction dans leur univers, l'un des personnages explique qu'à partir de la colonisation spatiale la SF est devenu un genre de naturalisme avec des récits de voyage, ça faisait plus rêver personne.
Et les personnages de partager leurs références de SF en fonction de leur culture, puisqu'ils sont de nationalités et d'origines différentes (y'a notamment une Anglaise, un Espagnol, des Françaises et des Étazuniens parmi ces personnages).
Bref, référencer une époque, c'est quelque chose que je compte faire, mais je suis pas le seul, ça a déjà été fait, je l'ai vu assez souvent dans mon parcours culturel, et c'est pour ça que je voulais prendre l'exemple de Ready Player One pour me pencher sur la méthode. (c'était une longue intro, j'admets)
Cher-e lecteurice de mon blog, je te préviens, cet article va être énorme. Je dis pas ça pour embrayer sur un jeu de mots grivois à base de pipe (ou de n'importe quel autre terme en deux syllabes avec également un i dans la première), et cette annonce n'a même pas de vocation humoristique.
C'est vrai : le présent article sera d'une longueur prodigieuse. Il va aussi être plein de liens, de musique et de vidéos. Autant dire que niveau chargement, ça picote un peu ton processeur et ta ram.
En fait je pense à cet article depuis un bail et on me parle souvent des inspirations derrière mes textes de fiction - donc pour l'instant, principalement The Legacy, Les Mille-Griffes et La guerre anthropocène, les deux dernières n'étant pas encore finies (et même à peine commencées) mais dont je parle souvent sur Twitter. Voici donc, pour la première fois, l'intégrité de la playlist que j'ai constituée sur le lecteur VLC et que je mets en fond musical lorsque j'écris ces futurs romans. /!\ Je tiens cependant à préciser une chose : cette playlist est loin d'être arrêtée/!\ Au moment où je commence la rédaction de cet article, nous sommes le 17 novembre 2017, je vais me relancer dans l'écriture exclusive des Mille-Griffes, et il est probablement que ma playlist d'inspirations augmente à l'avenir.
En outre, j'ai déjà parlé d'inspirations musicales à propos de mon écriture, du coup il risque d'y avoir quelques redites de cet article, mais aussi de celui-ci. Enfin, y'a très probablement des morceaux dans cette playlist à propos desquels je n'aurai pas grand-chose à dire dans la mesure où mon imagination et moi adorons avoir à portée d'oreilles plusieurs variations autour d'un thème donné - la forêt, le village médiéval paisible, la narration dramatique, la tension...
Bref, c'est parti pour le commentaire, morceau par morceau, de la playlist de mon écriture, toutes œuvres confondues. Un rapide rappel enfin, sur les univers de mon écriture et donc les futurs romans que j'écrirai, avant que vous ayez au moins une vague idée de ce qui est inspiré par ces musiques, peut être ravivé par la page dédiée ici.
J'ai uploadé cette image sans la redimensionner, cliquez dessus si vous souhaitez la voir en taille réelle. Faites pas gaffe au minutage des titres, parce qu'il est fucké x) Et oui c'est le bordel sur les infos, j'étais plus soigneux avec les détails de mes fichiers quand j'avais pas plusieurs dizaines de giga de musique... Ah et puis OUI, JE SAIS : vu que les fichiers sont mal nommés, l'ordre est fucké, genre une musique du Seigneur des Anneaux toute seule, et les autres vingt kilomètres plus bas, ou Le retour du roi avant les deux tours. Tant pis ^^
On m'a récemment demandé – on c'est mon amie Aerlyah mais d'autres s'étaient déjà intéressés à la question avant elle – d'expliciter un peu (encore ^^) mon processus créatif autour des Mille-Griffes.
Alors pour ce qui est de la manière concrète dont j'écris et range les fichiers, les textes et tout, j'ai déjà fait un article dispo à cette adresse. L'article parle aussi, un peu, de comment naît une idée dans ma tête (quand j'ai de la chance. Quand j'en ai pas, c'est un univers entier que j'ai intérêt à coucher sur papier dans les grandes lignes avant de l'oublier)).
Mais c'est pas de ça qu'on va parler.
Là on va parler des inspirations.
L'autre jour j'ai eu l'idée, en relisant le premier chapitre de La guerre anthropocène (qui se trouve ici(et va débuter une histoire où les divinités grecques refont surface et se confrontent à une humanité pollueuse et destructrice en mode On en a gros (j'me relis souvent, même sur mes propres blogs, certes ça fausse les visites mais je peux pas m'empêcher de traquer fiévreusement les fautes de frappe et les petites erreurs))) tout en réécoutant (encore ^^) un des morceaux qui m'inspirent le plus pour l'écriture du personnage de Zeus, de consacrer un article à mes inspirations musicales.
(un clic et une image en taille réelle) Ouais, c'est un peu le bordel dans ma tête.
Sauf qu'il y en a plein et pour, je rappelle, un ensemble qui totalise 5 univers et 9 œuvres. LOL.
Il va de soi qu'il n'est pas possible d'avoir les mêmes inspirations pour deux œuvres données, y compris au sein du même univers (à part peut-être Les Mille-Griffes et leur suite, Les Grands Dragons, lesquels seront de toute façon séparées par la préquelle, Le continent des gemmes).
Même en considérant que toutes mes œuvres à venir sont de la fantasy sauf deux (L'elfe d'acier c'est de la SF et La guerre anthropocène c'est du fantastique. Pour la distinction entre fantastique et fantasy je vous renvoie là), l'ambiance n'est pas du tout la même entre Le clan du troll (un monde à l'humanité déchue, presque totalement dominé par la nature), Les Mille-Griffes (un monde médiéval-fantastique-féodal, avec ce que ça suppose de tensions politiques et culturelles) ou encore Crise de foi (un monde dominé par ses nombreux dieux, avec un habitat et un bâti absolument monumentaux malgré la grande préservation de la nature avec laquelle les mortels vivent en symbiose (faut vraiment que je trouve un nouveau titre)).
Bref, tout ça pour dire que l'ambiance, l'état d'esprit des peuples de ces différents mondes, les événements qu'ils vont vivre sous ma plume (mon clavier en fait), tout fait que je ne peux pas être inspiré de la même manière et par la même chose pour tout.
Par contre je peux mettre quelques morceaux et quelques images qui me semblent vraiment emblématiques. Alors déjà, pour les musiques, j'ai fait un article pas trop ancien avec quelques exemples de musiques et morceaux qui me semblent inspirants en gros (et là en bas je vais entrer dans les détails).
Pour les images je vais me limiter aux Mille-Griffes parce que j'en vois plein et régulièrement sur Internet, et qu'à chaque fois qu'une image correspond à l'idée que je me fais d'un paysage, d'un personnage, d'un lieu, je la prends (ça va oh, y'a pas de violation du droit d'auteur, je les utilise pas à des fins pécuniaires), ce qui fait que chacun des 5 répertoires comporte son dossier Illustrations (Les Mille-Griffes en ayant donc 3, incluant la préquelle et la suite), mais que partager les inspirations visuelles n'a aucun sens si vous ne pouvez pas les confronter au résultat final, publié.
Et à moins que quelqu'un ait réussi à pirater mon pc et/ou mon cerveau, La guerre anthropocène, Crise de Foi, Le 5ème peuple, L'elfe d'acier et Le clan du troll sont pas encore publiés, loin de là.
Allez assez introduit, c'parti pour le vif du sujet.
Fort logiquement, ce morceau s'intitule donc Jupiter : the bringer of Jollity. Au-delà de la joie voulue par le titre, moi j'y perçois clairement ma vision classique de Jupiter-Zeus. La lumière, la force, la grandeur, et surtout, la majesté. Le Zeus que je vais écrire dans La guerre anthropocène est un père de famille et un roi des dieux. Protecteur, colérique, destructeur, aussi impétueux et écrasant que le père de tous les orages, mais aussi juste, équitable, et bâtisseur. Moi c'est pas Jupiter the bringer of jollity, c'est Zeus, celui qui apporte la lumière. Le second et surtout le troisième mouvement expriment, à mon sens, parfaitement ce que je fais de mon Roi de l'Olympe (faites pas gaffe au dernier mouvement, il est léger et sautillant, ça c'est plutôt du ressort des divinités sylvestres, dryades, faunes et satyres ^^).
Registre et genre totalement différents. Afin d'expliciter ce morceau je vais expliquer d'où il vient. Y'a quelques années alors que je jouais à un excellent jeu de stratégie-gestion spatiale par navigateur (Celestus de son ptit nom, je l'ai arrêté essentiellement parce qu'il repose sur le multi et que moi, le multi... → voilà), j'ai entendu ce morceau sur la page de l'alliance à laquelle j'appartenais. Donc j'ai cherché de quoi ça s'agissait.
Alexei Zakharov est un très jeune (il a 31 ans) compositeur russe connu notamment pour avoir composé la bande originale de la série de jeux vidéo X – apparemment X2 : the threat et X3 : Reunion sont assez connus – et qui est, justement une série de stratégie-combat dans l'espace. Du coup j'ai cru que le morceau venait de la BO de cette série, alors qu'en fait pas du tout x)
Alexei Zakharov compose aussi de l'instrumental, de l'électronique ou de la musique d'ambiance (entre autres, parce que ce ptit génie est un touche-à-tout), et du coup Lament Two est de ce domaine-là.
En revanche, puisque, dans L'elfe d'acier, je vais dépeindre une société humaine futuriste qui a entrepris la colonisation spatiale, ce morceau est pour moi une inspiration parfaite. A mes oreilles, il semble porteur d'une certaine sérénité, de l'idée d'infini, de distance, et également emblématique des civilisations très urbanisées, avec de l'architecture de verre et de métal, que la SF nous propose souvent. Lament Two suscite en moi l'image bien connue par les films de grandes villes où les voitures et les gens fourmillent par millions, au milieu d'édifices propres, brillants, élancés vers les cieux, mais aussi celle de lunes lointaines, avec leurs énormes planètes dans le ciel immédiat, de mondes déserts et encore préservés, à l'état sauvage. Plus ou moins ce que je vais écrire dans L'elfe d'acier donc.
Bon allez, assez rigolé. On va passer aux Mille-Griffes.
L'un des premiers thèmes musicaux qui m'ait inspiré pour cette histoire est le premier dont je parlerai. Ceux qui ont joué à l'excellent Final Fantasy X le connaissent bien.
Voilà, paf.
Histoire de resituer, le thème Mont Gagazet, comme son nom l'indique, est joué dans les montagnes glacées peuplées par les Ronso, un lieu qui, pour des raisons géographiques (aridité au maximum, végétation : néant, des rochers, des ravins et encore des rochers), narratives (Yuna a tendance à attirer et à répandre la merde autour d'elle) et d'écriture de l'univers (c'est l'étape du voyage des Invokeurs qui est entre la Plaine Félicité où a eu lieu une antique bataille contre Sin mais qui reste assez jolie et paisible et les ruines de la cité de Zanarkand, historiquement la première ravagée par le Kaiju. Autant dire que Gagazet c'est la porte entre le monde des vivants et celui des morts pour des personnages qui ont fait vœu de mourir pour le bien commun. LA GROSSE AMBIANCE.) n'est pas le plus joyeux de FFX.
Histoire de resituer de l'autre côté, je vais essayer dans les prochaines semaines – j'ai bien dit essayer parce que la dernière fois où je dessinais régulièrement j'avais dix ans – de dessiner une carte des Mille-Griffes. Pour vous donner une idée, le territoire des Mille-Griffes est borné à l'ouest par un océan auquel presque personne n'a accès, à l'est par une forêt immense du nord au sud et d'étendue inconnue vers l'est, et au nord par une forêt sombre et hostile qui mène à une toundra.
L'écoute du thème du Mont Gagazet a été l'élément qui m'a donné, pour la première fois, une vision claire du domaine des Loups.
Les montagnes se partagent le paysage avec de hautes collines rocheuses et de nombreuses forêts, mais vu que la narration commence en hiver, il y a exactement la même ambiance. L'omniprésence du froid et de la neige, le danger qui pourrait surgir de n'importe où, la solitude et l'aspect vierge et désolé d'une région en bonne partie dépeuplée. Basiquement on est un peu en Bordeciel, mais sans les landes verdoyantes qui font plaisir et les dragons.
Il arrive assez souvent – c'est le cas pour le morceau suivant – qu'une scène des Mille-Griffes surgisse déjà aboutie dans ma tête, à la faveur d'une musique, d'une image, d'un film ou autre. Ou même à la faveur de rien, comme ça, random, LOL >_>
L'une des raisons qui fait que j'adore Game of Thrones c'est que c'est une série HBO, ce qui suppose un budget de fifou par rapport aux séries médiéval-fantastiques des années 90 (RIP La caverne de la rose d'or (oui je sais c'était un téléfilm, mais ça compte quand même)). Dès l'épisode 1 de la saison 1, après le prologue, en pleine séquence d'exposition t'as le Roi qui débarque avec sa suite, une partie de la garde royale, un certain nombre de soldats Baratheon et Lannister, les trois enfants de sa femme, le Chien de combat géant de Joffrey enfin ça fait du monde à nourrir (→ les Stark sont ultra riches malgré leur pays désolé) et ça impressionne le pécore qui n'a jamais quitté la banlieue de Winterfell.
La musique qui accompagne cette séquence, fort judicieusement intitulée The king's arrival, m'a inspiré une procession similaire dans Les Mille-Griffes, qui se dirige elle aussi vers une certaine ville pour une certaine rencontre, avec des soldats, une suite, des étendards et tout et tout, histoire d'en mettre plein la vue au petit peuple qui n'a jamais voyagé et qui voit des étrangers pour la première fois depuis sûrement des milliers d'années (oui, l'histoire des Mille-Griffes est très ancienne). Et encore une fois, par rapport à la scène que cette musique m'inspire, je trouve son titre fort judicieux ^^
J'vais finir rapidement sur la musique parce que j'en trouve pas des masses là de suite, avec un morceau qui ne m'a pas inspiré une partie de l'intrigue des Grands Dragons, la suite des Mille-Griffes, mais qui m'en a donné une bonne idée visuelle.
Parmi les (rares) nouveaux personnages de la suite des Mille-Griffes, deux en particuliers sont majeurs et dominants. Pas forcément niveau intrigue (bien qu'ils s'imposent assez facilement (faut que j'arrête avec le vocabulaire du gigantisme moi, ça va virer spoiler si ça continue)), mais au moins niveau mise en scène. L'une de mes grandes convictions à l'égard de la fantasy est que, dans le vaste bestiaire qu'elle a déployé au fil des siècles, le dragon est un incontournable parce qu'il est le PAPA. Il a la puissance, l'aura, la légende, il vole bref, dès qu'un ou plusieurs personnages doit-vent poser les burnes sur la table, on met du dragon dans l'équation.
Si vous me connaissez un peu, vous savez que j'aime beaucoup la mythologie nordique (notamment parce qu'elle a une fin flamboyante qui répond au doux nom de Ragnarök). Si vous connaissez la mythologie nordique, ce qui est tout à fait possible, vous avez peut-être déjà entendu parler de Tursas, un grand monstre marin qui incarne l'ambivalence de l'océan, à la fois protecteur et nourricier, mais aussi dévastateur et impitoyable (je vous le donne en mille, y'a un personnage dans La guerre anthropocène, il s'appelle Zeus, (très très très) sévère mais juste, dans Les Grands Dragons il s'appelle Tursas), et de Surtr, un géant de feu qui s'illustre notamment dans le Ragnarök (vous voyez, on y revient) en tuant l'Ase Freyr et, par ses flammes, en provoquant la combustion du monde qui renaît après avoir été inondé pour éteindre l'immense brasier qu'il est devenu. Rien que ça.
Et enfin si vous connaissez la manière dont j'écris les dragons dans l'univers des Mille-Griffes (mais ça m'étonnerait parce que j'en ai pas beaucoup parlé), vous savez que tous mes dragons portent des noms liées aux divinités (sauf un, Zoroastre). Si vous connaissez le contexte narratif de la chanson I see fire d'Ed Sheeran ainsi que la trilogie du Hobbit de Peter Jackson dans laquelle la chanson est jouée, pas la peine d'expliquer pourquoi cette chanson a contribué à illustrer mon écriture de la narration autour du dragon Surtr >_>
Et puis s'il fallait en citer quelques autres, les thèmes Septimus de la BO de Stardust (si vous connaissez pas cet excellent film, restez dans les parages, l'article va pas tarder) et Flying Home/Hit-Girl's Farewell de Kick-Ass et Kick-Ass 2 respectivement (le second étant une vague recomposition du premier) m'inspirent pas mal pour Enara, la fée (elle a évidemment de nombreuses scènes de vol, dont une où elle se sépare de certains personnages, d'où Septimus qui, dans Stardust, accompagne une séquence-transition de voyage, et une où elle "rentre à la maison", d'où Flying Home).
Bon, y'a des thèmes forestiers ou urbains qui m'inspirent aussi pour le sud et l'est des Mille-Griffes, notamment la région de l'Académie (chapitre 5, L'hiver arrive, chapitre 6, Des ombres dans la nuit, et d'autres plus tardifs) mais j'ai déjà cité les références, Jade Cocoon et Conquests Fantasy 1 de Civilization IV, dans l'article sur les jeux vidéo et œuvres inspirantes.
A l'occasion, si je note d'autres musiques qui m'inspirent vraiment pour Les Mille-Griffes, j'en parlerai à l'occasion tout au long de la publication des chapitres ;)
Pour ce qui est des images je vais m'efforcer d'être assez spécifique à nouveau, parce qu'à mon sens, y'a pas grand-chose qui ressemble à un paysage qu'un paysage. Je pourrais vous mettre les photos qui m'inspirent ou enrichissent ma vision du territoire des Loups et des Marches du nord, avec la forêt boréale et la toundra, ou encore les forêts claires de très hauts arbres que je transposent dans mon roman et où je loge mes elfes (parce que oui, il y a des elfes ^^) mais ça n'aurait pas beaucoup de sens.
Alors je vais mettre du concret.
ET BIM. Ah ça vous pose un homme hein ! Voilà du concret !
En fait je suis tombé sur cette image alors que j'essayais de me rappeler les noms des fringues médiévales pour pouvoir décrire le soldat de base des Mille-Griffes. Donc je vois cette image et deux voix surgissent dans ma tête. La première : "putain on vend vraiment des cosplays de Boromir aussi aboutis que ça, mais WAW O_O". La deuxième : "non non non, alors ça, c'est un Gardien de l'Académie."
Et voilà, chapitre 2 : l'Académie, j'avais mes Gardiens. La tenue standard est PÉTÉE DE CLASSE PUTAIN O_O
Quand j'étais en master 1 d'enseignement, l'une des questions du CAPES d'HG de cette année-là (depuis trois ans sans changement bikoze réformes régulières du format CAPES, c'était lol -_-) était "Le prince et les arts". Italie, France, du XVème au XVIIIème siècle (oui, ils s'attendent à ce que des étudiants absorbent des contenus et des enjeux pareils en six mois et avec 5 autres questions dont 3 de géo. LOL -_-).
Ça c'était en fond d'écran sur le pc du prof qui traitait cette question (donc visible sur l'écran de l'amphi quand il l'allumait en début de cours), du coup j'ai eu le loisir de me renseigner (et d'en faire un de mes fonds d'écran persos). C'est le palais ducal d'Urbino, une ville d'Italie du nord-est (sur la côte adriatique et plus ou moins face à la Croatie), construit à la fin du XVème siècle.
Alors y'a clairement de l'Italien et du chrétien dans le bousin, il est en partie construit autour d'une cathédrale, le dôme et le clocher sont assez symptomatiques aussi... j'vous explique, voilà ce que je vais faire. La grande rangée de bâtiments devant le palais, je vais en faire une épaisse et haute muraille, et laisser la ville en contrebas au premier plan. Je garde aussi la neige, les reliefs en arrière-plan, j'ajoute même une forêt boréale dessus. J'enlève un étage ou deux, je mets des tours plus épaisses avec un toit conique et des chemins de ronde avec des créneaux. Je vire la cathédrale pour y mettre un donjon, la cour qu'on devine à sa droite abritera une forge et un accès à la salle d'armes, des greniers, et au final, je vais appeler ça le château royal des Loups. Et je vais y mettre un certain Tuomas Anarolf, roi des Loups.
Parce que mes Loups culturellement et architecturalement ils tapent plutôt du côté de la Scandinavie et du nord de la Grande-Bretagne, façon Bordeciel.
Ouais ça va être cool.
La narration des Mille-Griffes commence à la fin de l'automne. Dans le nord, il fait déjà bien froid et la neige apparaît très vite. Dans le sud, le chapitre 5 annonce déjà que L'hiver arrive.
L'une des régions où une bonne partie de l'action a lieu est la Lisière : elle est au nord des Plaines Centrales (anciennement Terres Royales) de Toreno (l'ancienne capitale des Mille-Griffes), au sud du Domaine des Loups et à l'est de Thanos (la capitale impériale). Bref, c'est la porte d'entrée du royaume et comme son nom l'indique, elle borde les montagnes forestières des Loups. Les hivers y sont froids et parfois lugubres.
PARFAIT pour ce que je veux y raconter. Cette image, là, pourrait illustrer le chapitre 8 (La fée des toits, le titre est assez éloquent), le début du 9 (Hybride), le 13 (Quarantaine) ou même le 14 (Déchéances, qui se passe non pas dans la Lisière, mais à Toreno, sauf que c'est Toreno en plein hiver).
Dans tous les cas il y a cette impression de menace, de danger dans l'atmosphère lugubre des rues sombres, pendant que là-haut dans les tours de garde ils sont plus ou moins à l'abri des coups de couteaux nocturnes.
Une paire d'images qui contribue pas mal à m'inspirer pour le Marais (à l'ouest des Plaines Centrales de Toreno), qui est le seul accès des Mille-Griffes à l'océan (au nord et au sud se dressent de hautes chaînes de montagnes côtières, séparées par un col sévèrement verrouillé par Thanos, capitale impériale, lequel abrite une route au sommet de vertigineuses falaises qui mène elle-même aux provinces impériales).
Alors il n'y a rien d'asiatique dans la culture des Mille-Griffes et peu de chances de croiser un bestiau pareil dans le Marais, mais je conçois cet endroit comme un mélange de marais et de mangrove. Je sais, pas le même biome, pas le même climat, mais qu'importe. Je visualise cet endroit comme essentiellement aquatique, plein de tourbe, de boue et de sable, avec de la végétation à tous les niveaux et, alors qu'on s'approche de l'océan, des palétuviers qui dominent largement le paysage. Très dangereux, avec des tortues, des crocodiles et des moustiques à perte de vue.
Dans un tel milieu, qui pourtant leur est totalement adapté, il me semble évident que les Reptiles (ooouuuuuuuuh, le sale copieur, il met en scène des Reptiliens comme un milliard d'autres narrateurs !) installent leurs colonies soient dans les rares amoncellements rocheux disponibles dans le Marais, soit sur de hauts pilotis comme ça. Clairement, à mon sens, le Marais est l'un des milieux naturels les plus inhospitaliers des Mille-Griffes, probablement davantage que le nord du Domaine des Loups où les lois de l'évolution poussent pourtant la faune locale au gigantisme.
Ça manque peut-être d'originalité mais dans les Mille-Griffes, la capitale est en position centrale. Historiquement, personne sait d'où sont arrivés les humains à l'origine. Ce dont on se rappelle, c'est que le peuplement a été diffus entre les reliefs bas de ce qui allait devenir la Lisière, les plaines fertiles du centre (la région de Toreno est la plus fertile, d'où le nombre important des bourgades qui gravitent autour de la cité) et les hautes collines riches en métaux de la future Académie et des Cités Franches (dont la région sert aussi de frontière sud-est, et donc de porte d'entrée pour les marchands caravaniers).
Du coup, quand les Clans se sont rentrés dedans puis quand ils ont dû régler leurs différents, c'est au centre qu'ils l'ont fait et la cité de Toreno, alors déjà plaque tournante du commerce, est devenue la capitale.
A mon sens, c'est typiquement la grosse ville médiévale. Bâtie sur une éminence artificielle, elle est fortifiée, ce qui empêche le ruissellement des pluies à moins d'un entretien correct des conduits d'évacuation dans les murailles. C'est un endroit poussiéreux l'été et boueux l'hiver, très populeux en toutes saisons et doté d'un potentiel immense mais largement déclinant depuis la conquête des Mille-Griffes par l'empire dordanien un millier d'années avant le début de la narration.
La ville est pensée pour écraser le paysage, pour impressionner les nouveaux venus, et cette image transmet exactement cette idée à mon sens.
4 images pour terminer sur les Elfes. Dans Les Mille-Griffes, il existe trois peuples elfes dont deux sont de très lointains cousins (y'a eu migration à une époque ancienne et séparation depuis, les deux peuples ne se connaissant même pas au moment de la narration).
A l'est des Mille-Griffes, au-delà des Marches orientales (qui s'étirent elles-mêmes entre le Domaine des Loups au nord, les Plaines Centrales à l'ouest et les Cités Franches au sud), s'étend une immense forêt. Les humains connaissent en gros son étendue du nord au sud, mais pas d'ouest en est, et ils ont pour tradition de ne jamais s'y rendre, parce qu'il est très rare que quiconque en revienne.
Basiquement il y a gradation, entre les trois peuples elfiques, dans l'intégration de leur habitat à la nature. Ces quatre images me servent à élaborer une idée précise des constructions chez ceux qui sont en partie et totalement intégrés à leur environnement (les derniers ne l'étant pas du tout). Elles peuvent être divisées en deux groupes : la première, et les trois suivantes.
Certains de mes elfes vivent dans la forêt et bâtissent leurs maisons au pied des arbres, dans les clairières, ou autour des troncs. Ils lancent des passerelles de cordes et de planches dans les airs, adoptent un style fait de courbes et de légèreté, et surtout n'utilisent comme système de fixation que les chevilles de bois et les nouages de corde. Hors de question pour eux de clouer dans les arbres.
Le second peuple elfique ne vit pas dans la forêt, mais au-delà de sa lisière orientale (donc très loin des Mille-Griffes). La diffusion arborée est tout de même assez importante pour qu'ils aient choisi de la prendre en compte dans leur habitat. Là encore, par tradition et par usage, ces elfes laissent la nature s'étendre sans s'opposer à elle. Leurs maisons, leurs routes, et même leurs villes entières, qui se trouvent à même le sol, se font une place au milieu des arbres et des buissons. Ils font un usage ancien et très généralisé de l'équitation, si bien que voyager sur leur territoire revient à galoper entre les bois isolés, les étangs et les rares massifs rocheux.
En outre, leur culture fait que les couleurs dominantes de leur style vestimentaire et architectural sont le noir, le blanc et le violet. Leurs maisons sont teintes en blanc, souvent avec des pigments végétaux ou minéraux, et elles sont coiffées de coupoles ovoïdes d'un violet profond, dans un style que j'arrive très facilement à visualiser en regardant la quatrième image ci-dessus. Je ne vous cache pas que c'est clairement un de mes peuples préférés dans Les Mille-Griffes ^^
Bon, j'ai essayé de faire du concret et du précis comme prévu, je pense qu'en tant que lecteur ou lectrice ça peut être amusant de revenir régulièrement à cet article pour confronter ce qu'on a imaginé à la lecture des chapitres du livre et ce qui a inspiré les descriptions et les portraits dans ces chapitres ^^ Comme suggéré par Aerlyah, je vais linker cet article sur l'autre blog, sûrement dans les annexes, et j'en ferai sûrement (avec des paysages, qui sait ^^) à l'avenir à mesure de mes inspirations ;)
J'avais dit il y a quelques temps que je posterais ici deux extraits d'une de mes futures histoires, La guerre anthropocène, mais la vérité c'est que le deuxième est toujours dans ma tête et que j'ai toujours pas fait l'effort d'essayer de l'en sortir. Cela dit, tout à l'heure, je vais passer plusieurs heures loin de mon PC pour garder et nourrir le chat de ma ptite sœur Anduril du coup j'pense en profiter pour écrire le fameux extrait.
En attendant, voilà le premier, qui est également la première partie finie de ce futur roman. C'est un premier chapitre, et s'il est court, je trouve qu'il fait une bonne exposition.
Je rappelle que La guerre anthropocène fait suite à ma nouvelle, The Legacy, qui est toujours lisible à cet adresse, et qu'elle mettra en scène, en gros, l'humanité contemporaine pollueuse et destructrice face à des divinités grecques (au sens large) qui en ont vraiment marre.
Donc ça, là, en-dessous, bah c'est le premier chapitre.
Vous êtes gentils, vous me piquez rien, encore une fois, c'est mon travail. Naméo. Par contre vous avez le droit et vous êtes invités à dire ce que vous en pensez ^^
Chapitre 1. La colère des dieux.
Lors d'une belle journée de printemps comme elle les appréciait beaucoup, Natalie Bowman se surprit soudain à ressentir un élan de nostalgie. Il était un peu plus de midi et elle venait de prendre un repas simple mais délicieux, suivi d'un grand mug de thé. Le journal télévisé, d'un intérêt très discutable, n'avait pas capté son attention très longtemps. Entre autres informations secondaires, il avait évoqué tour à tour un candidat aux élections présidentielles dont le racisme n'avait d'égale que sa mégalomanie et la guerre incessante qui ravageait la région du Moyen-Orient. « Nous terminons ce journal par un fait divers », annonça la journaliste d'un ton neutre et détaché.
La jeune médecin aux cheveux d'un roux flamboyant se tourna vers son écran, guère intéressée. « Dans le Pacifique sud, un bateau de pêche a été retrouvé totalement désert, au large des côtes du Costa Rica. Aucun marin n'était présent à bord et il dérivait, tous moteurs éteints, ce qui a surpris tous les témoins. C'est l'organisation internationale Sea Sheperd, qui avait pris le navire en chasse, qui s'en est saisie et l'a ramené au port. Une enquête a démontré qu'aucun combat n'avait eu lieu à bord et aucune arme n'a été retrouvée, ce qui jette les gardes-côte et la police du Costa Rica dans la plus grande confusion. »
Natalie, bien malgré elle, se mit à penser à sa meilleure amie, Grace Turner. Celle-ci avait quitté, six mois plus tôt, leur ville de Seattle après avoir appris la mort de son père, qu'elle n'avait jamais connu. La jeune femme était repassée rendre visite à Natalie deux fois depuis et, bien qu'elle était toujours mélancolique, semblait de plus en plus heureuse avec le temps. D'après ce qu'elle avait dit de ses voyages, elle vivait désormais entre Boston où se trouvait son frère, l'Irlande et la France, guidée par son ami Patrick Gleeson, qui appartenait justement à Sea Sheperd et y avait intégré Grace. Celle-ci, qui était institutrice, se contentait pour l'instant d'utiliser ses compétences pour sensibiliser le public à la cause environnementale en participant aux opérations de communication à terre des défenseurs de la mer. Natalie espérait donc logiquement que son amie ne serait jamais impliquée dans les étranges événements d'Amérique du sud.
On voyait des choses de plus en plus surprenantes dans le monde moderne, et un bateau qui se trouvait soudainement abandonné était pour le moins déconcertant.
Très loin de là, dans une région déserte, une tempête se préparait. Les versants du mont Olympe étaient totalement dépeuplés. Les Grecs avaient mieux à faire que s'adonner à l'alpinisme depuis que leur pays était en crise. Aucun ne pouvait donc profiter du temps parfaitement dégagé qui régnait sur la Grèce du nord. Loin au-dessus des sommets, dissimulé par le pouvoir des anciens dieux, le palais de l'Olympe Céleste abritait une grande fureur.
Zeus fulminait et faisait les cent pas dans la colonnade du grand hall. Soudain, sans signe avant-coureur, le roi des dieux poussa un long cri puissant. « POSÉIDON !! » Si d'aventure un alpiniste s'était décidé à gravir la montagne au-dessous, il aurait probablement été surpris par le coup de tonnerre qui avait brisé la quiétude du ciel bleu.
Le dieu reprit sa marche d'un pas rageur. Au bout de quelques instants, un forte odeur de sel envahit les lieux. Zeus se retourna. A quelques pas de lui, ruisselant d'eau de mer dans une longue tunique qu'on eût dit faite d'écailles de poissons, le dieu des océans se tenait bien droit, la main serrée sur le manche de son trident. Il affichait, derrière ses longs cheveux gris-bleu entremêlés d'algues, un air neutre et détaché. « Tu souhaites me parler, mon frère ? Je n'ai pas souvent le plaisir de ta compagnie. »
Zeus lui jeta un regard sombre et dédaigneux. « Ne me crois pas aveugle ou stupide, Poséidon. Je n'ignore rien de ce qui se passe chez les mortels. Parle-moi de ces marins.
- Je ne suis pas responsable des actes de mes divinités, répondit posément le roi des mers. Elles demeurent libres, vois-tu.
- Ne te joue pas de moi, répliqua son frère. Si tu n'as pas ordonné cette agression, tu l'as tolérée. » L'expression désinvolte de Poséidon l'agaça au plus haut point. « Nous sommes les Olympiens, pas des tyrans ! Durant maintes générations nous avons apporté l'ordre, la lumière et la sécurité aux mortels. Nous avons été leurs protecteurs, leurs guides et leurs seuls repères ! Nous n'avons pas vaincu Baal et ses séides pour nous abreuver de leur sang ! Enfin, songes-y, des mortels ont été tués par tes sirènes », rugit Zeus. Dehors, le ciel limpide fut traversé par un éclair puissant, qui fut suivi par un craquement de tonnerre long et sec comme une canonnade.
« Certes, admit Poséidon. Et que vas-tu faire ? Me réprimer comme un enfant qu'on punit, ou bien t'en prendre à mes gens, te pavaner comme un justicier simplement parce que...
- Il suffit, mon frère !, coupa Zeus. Je ne t'ai pas convoqué pour entendre tes doléances ! Il est vrai que les mortels se sont détournés de nous, qu'ils ont choisi leur voie il y a bien longtemps, et en aucun cas nous n'avons le droit de nous immiscer dans leur devenir ! Tu vas rappeler tes sirènes, tes néréides ou je ne sais quelles impertinentes créatures ont osé outrepasser leurs droits et, tu vas...
- Je n'en ferai rien, en réalité.
- Qu'est-ce que... as-tu oublié à qui tu t'adresses ? Je suis le maître de l'Olympe et tu vas te plier à...
- Non..., l'interrompit Poséidon dans un grondement sourd.
- Comment ? fit Zeus, désarçonné. ...ne t'aventure pas à me provoquer, frère ! Ne t'y risque pas !
- ASSEZ ! explosa le dieu des océans, provoquant dans le ciel un amoncellement soudain de nuages sombres et orageux. Tu as toujours eu le beau rôle, quoi que tu puisses en dire ! Tu dis vrai, les mortels nous ont abandonnés et ont oublié la sagesse et l'humilité de notre règne, c'est exact ! Leurs perceptions sont émoussées, ils ne nous voient plus, ne nous entendent plus, mais cela ne les rend pas moins dangereux ! »
Zeus ne reprit pas la parole, s'était immobilisé, désarmé par la sortie exceptionnelle de son frère.
« Depuis toujours tu te prélasses dans ton palais de marbre blanc, tu te dores au soleil comme le gros paresseux que tu es, mais tu ne vis pas là, en bas, et tu ignores tout de leurs usages ! Ils sont destructeurs, vains et arrogants, et toi, tu oses prétendre que nous n'avons aucun droit ? Cela fait très longtemps, trop longtemps que nous subissons et supportons leur nuisance, et je n'empêcherai aucun de mes sujets de se défendre s'il se sent agressé. »
Poséidon se détourna comme pour quitter les lieux, quand Zeus le menaça. « Je te préviens, mon frère, n'outrepasse pas mes interdictions, c'est un conseil que je te donne. » Il ne reçut pour toute réponse qu'un rire narquois. « Les mortels ne s'intéressent plus à nous depuis bien des générations, Dieu du Ciel, et cela fait aussi longtemps que ton autorité ne s'étend plus au-delà de ces colonnes. »
Abasourdi par une insolence aussi insouciante, Zeus ne trouva rien à répliquer cependant que son frère s'évanouissait dans une gerbe d'eau, laissant derrière lui une large flaque tachée d'algues et de sable. Pour couronner le tout, le ciel lourd et noir fut crevé d'un coup au son d'un vent tonitruant, et d'extraordinaires trombes d'eau entreprirent de marteler la terre et, avant elle, le palais de l'Olympe Céleste.
Bouillonnant de rage et de frustration, le roi des dieux ne se contenait plus. Par à-coups, sa tension naissante avec son frère se muait en combat aérien, les éclairs frappant les nuages sombres sans pouvoir vider sa colère. Au bout d'un long moment de réflexion furieuse, il lança une nouvelle convocation, vociférant plus qu'il ne parlait. « Hermès !! »
N'ayant rien manqué de la tension qui régnait, le dieu messager apparut en un instant et quelques battements de ses sandales ailées. « Oui, Père ?
- Hermès, j'ignore si tu en es informé, mais ton oncle a défié mon autorité, il a causé de graves problèmes chez les mortels.
- Mais... comptez-vous l'affronter ? s'inquiéta le jeune dieu.
- Non. Ne m'interromps pas. Je veux que tu fasses venir Athéna, Artémis et Apollon ici, aussi vite que possible. Nous serons peut-être confrontés à un monde dont nous ignorons tout. Tu reviendras avec eux, j'aurai aussi à te parler.
- Très bien, Père, j'y vais immédiatement ! s'écria le dieu ailé en s'éloignant.
- Attends, l'appela Zeus après un instant de réflexion. Tâche aussi de trouver Aphrodite. »
Avec un hochement de tête, l'autre disparut à tire-d'aile.
Le dieu du ciel contempla la tempête qui se déchaînait, maussade. Il l'avait involontairement provoquée, mais un sentiment confus lui disait que ce n'était rien par rapport à ce qui s'en venait. Il ne prenait aucun risque, en tout cas, à se préparer à tout. Les mortels ignoraient peut-être les circonstances de la disparition des leurs, mais l'indolence des divinités marines ne devait pas rester impunie, afin qu'elles comprennent qui détenait l'autorité suprême.
Même sans ressentir de cruauté, Zeus se voyait déjà ramener l'ordre par un usage juste et nécessaire de la force, comme il en avait, ou plutôt avait eu, l'habitude. Plongé dans ses pensées, il n'entendit donc pas son épouse s'approcher derrière lui.
« Quel est son nom ? » fit Héra d'une voix étrangement sévère. Zeus se retourna, interloqué. « ...qui donc ? Aphrodite ? » La reine des dieux leva les yeux au ciel. « Cette mortelle que tu convoites, comment s'appelle-t-elle ?
- Que... mais, ma reine, il n'y a aucune mortelle, répondit son époux, désormais totalement éberlué.
- Ne me mens pas ! Il y a toujours une mortelle ! J'ai entendu la voix de Poséidon, ne vit-il pas chez eux ? insista la déesse-mère.
- Si, mais enfin... mon épouse, comment peux-tu me croire infidèle, après tellement de temps ? »
Héra eut l'air de s'adoucir, adressa à son frère et mari un sourire apparemment indulgent. « Je t'en prie, mon cher ami... ne me crois pas sotte ! Après des générations passées loin des mortels, voilà que tu t'intéresses à nouveau à eux ? Je te connais, cela cache forcément quelque chose. »
Sa déclaration fut ponctuée d'un éclair aveuglant, suivi d'un puissant coup de tonnerre. « J'ai déjà bien assez de problèmes sans avoir besoin d'y ajouter tes fantasmes, femme ! explosa Zeus. Va donc t'amuser chez les mortels, s'ils accaparent tant ton attention ! rugit le dieu en quittant le hall à grands pas furieux. »
Héra contempla à son tour le déluge qui sévissait dehors, se disant pour elle qu'elle n'en resterait sûrement pas là. Elle regretta également que le temps fût si mauvais, alors qu'elle était persuadée d'avoir été réveillée le matin même par un ciel magnifique.